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PEUGEOT 304

PEUGEOT 304

Récits sur la vie et les péripéties d'une Peugeot 304S cabriolet

ANNEE 2012/2013

ANNEE 2012/2013

Un peu d'histoire...

Je pourrais commencer cette histoire par "il était une fois" mais ce serait tellement banale ! Non, je vais donc commencer par "il était une Peugeot 304"... qui dormait dans un endroit poussiéreux depuis un temps incertain. On croirait le début de la belle au bois dormant mais toute ressemblance s'arrêtera là. La belle (la Peugeot, pas la belle au bois dormant) attendait donc sagement qu'un prince ... (mince voilà que ça me reprend), un brave acheteur vienne la sortir de sa longue léthargie. Elle était née en l'an de grâce 1973, par une belle journée d'automne (je suppose car je n'ai que sa date de première mise en circulation en septembre et j'ignore totalement s'il faisait beau ce jour là). A première vue, elle semblait avoir traversé les années tranquillement et sans encombre jusqu'à cette année 2012 ou une remorque plateau vint la déloger de son repère pour l'emmener dans une autre région. Ce n'était pas pour elle que la remorque était venue mais pour une autre Peugeot plus convoitée. Il me semble que s'était pour un cabriolet 404. Les deux furent donc rapatriées dans l'Ain. La petite 304 resta quelque temps dans un atelier en attendant que l'on s'occupe d'elle. Une petite précision s'impose avant de continuer ce récit : il s'agit d'un cabriolet blanc, ce qui a sont importance pour la suite.

 

Premiers contacts:

Un beau jour (ça aussi c'est banale mais je n'ai rien trouvé d'autre), un jeune homme, qui n'est autre que mon fils adoré, décida de la sortir de cet atelier pour lui faire prendre l'air, à l'occasion de l'anniversaire de mariage de ses grands-parents (donc, de mes parents). C'était par un beau samedi de ce début d'été 2012 (et là c'est vrai). Après un bref dépoussiérage, la belle eu un premier retour à la vie active en fanfare. Elle servit de décors pour quelques photos des vieux mariés. Qu'ils étaient beaux la dedans ! De plus, la date de naissance de la belle correspondait presque à la date de leur mariage. Tout un symbole

C'est aussi à cette occasion qu'elle et moi entamâmes une belle histoire et de belles galères, mais à ce moment là, je l'ignorai encore (pour les galères). Je ne sais pas si c'est son odeur de vieille caisse un peu moisie, son bruit d'échappement issu d'un autre temps, ses commandes déroutantes pour tout ceux qui auraient moins de 40 ans, sa boite à vitesse dont les pignons de marche arrière émettaient un hurlement sinistre si j'avais le malheur de ne pas brusquer le levier, comme si je souhaitais le faire passer entre les 2 sièges, son air de petite voiture de sport avec un avant de berline de pépère ou la sensation grisante d'avoir le vent dans les cheveux ... disons sur le crâne parce que pour ce qui est des cheveux ! Enfin bref, je me suis épris de ce tas de ferraille blanc aux craquements sinistres émis au moindre défaut de la chaussée et au bruit de tôle que l’on emboutie à chaque claquement de portières. Objets inanimés, avez vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ... Bon ça, c'est pas de moi, mais ça colle bien. Je me suis donc mis dans l'idée d'acquérir ce petit cabriolet. Il me fallut quelques temps et quelques nuits blanches pour prendre la décision. Après en avoir débattu avec ma compagne, avoir pesé le pour et le contre, envisagé tous les bons moments que nous pourrions partagés au volant de ce petit jouet, je fis le grand saut. Le prix était dans nos moyens de l'époque, et c'est donc le cœur battant que je réglais l'addition à celui qui ne savait pas encore dans quelle galère il s'embarquait.   

Ca y est! Elle est à moi :

C'est après avoir fait le nécessaire auprès de l'administration, c'est à dire le service cartes grises, et avoir pris l'assurance indispensable, que je pu entrer en possession de mon bien. Quel plaisir que ces premiers instants au volant de "mon" cabriolet, vous ne pouvez pas savoir ! Je le ramène donc à la maison, fier comme si j'avais un bar tabac, crâne au vent car bien entendu, pas question pour moi de rouler capote relevée. A quoi ça sert que Peugeot se décarcasse ... à faire un cabriolet si c'est pour rouler avec un pseudo toit ? Premier constat : A 90 km/h, le crâne est très ventilé. S'il me restait suffisamment de cheveux, je pourrais dire : "ça décoiffe" ! Il m'était arrivé de rouler dans une Peugeot 307CC, mais là, ça n'avait rien à voir. Que d'air ! C'est là aussi que je me suis fait la réflexion suivante : à quoi pourrait servir un autoradio ? Entre le vent, et les bruits intrinsèques de l'auto, moteur et carrosserie compris, plus de place pour de la zique! Ouf, des frais en moins ! Heureusement car des frais, il va y en avoir ! Et encore, je n'en ai payé qu'une très petite partie. D'ailleurs, le premier cadeau que me fit mon ami vendeur fût le rétro de gauche, retiré sans doute par le propriétaire précédent.

Premiers achats:

Arrivée à la maison, j'ai garé l'auto à l'abri, à la place de ma Peugeot 407 en me disant : "il faut que j'investisse dans une bâche de protection, sans quoi, j'en connais une qui va se régaler... la rouille".

En effet, suivant les vents, la pluie pouvait atteindre cette fragile carrosserie. Déjà qu'au premier regard, elle n'a pas besoin de ça. Un rapide coup d’œil me fait prendre conscience qu'il n'y a pas que dans la bâche qu'il faut que j'investisse mais aussi, dans une remise en état de certains points de carrosserie et sans doute, dans un traitement de fond si je ne voulais pas voir un jour mon beau jouet se partager en deux au sortir d'un gendarme couché. Il faut dire qu'à l'époque de la fabrication de cette voiture, les grands constructeurs français (même étrangers), ne brillaient pas par leur savoir faire en matière d’anticorrosion. Je suis cependant heureux de voir qu'à près de 40 ans, ce spécimen n'a pas trop mal vieilli. L'aspect extérieur est même tout à fait honorable. Il est vrai aussi qu'elle avait dû passer dans les pattes d'un carrossier. Pas besoin d'être expert ni devin pour voir ça puisqu'il y a un autocollant avec le nom du quidam juste à côté du feu arrière gauche. Quand je dis carrossier, je ne sais pas si le terme est bien approprié ! Au fil des observations, je dirais plutôt ... maquilleur ? Bricoleur ? Allez ! Disons la vérité ... gougnafier ! Vous connaissez l'expression "peinture sur m... égal propreté" ? Et bien là, on y est ! Mais ne crions pas haro sur le baudet. Elle est sans doute maquillée comme une star de ciné, belle de loin et pas de trop près, mais c'est plutôt de loin que les gens verrons mon petit joujou. Alors, qu'à cela ne tienne et ne boudons pas notre plaisir. C'est aussi en la photographiant sous tous les angles pour la montrer à mes potes qu'un premier défaut apparaît. Par Internet, l'un d'eux me fait la remarque suivante : "T'as vu… ton feu arrière droit n'est pas le bon ! " Oups... Il a raison le bougre. Cet élément de carrosserie n'a même rien à voir avec celui de gauche. Même pas vu à l'achat... Comme quoi, l'amour rend aveugle.   

 

 

                                     

Petit tour chez Monsieur "Internet" pour ce premier investissement. Premier constat : les pièces pour ce genre d'auto ne courent pas le Web. Je réussis quand même à dénicher un feu dans un état tout à fait correct. En le remplaçant, je constate jusqu’où est allée la perfidie du gougnafier cité plus haut. Le feu en place devait être celui d’une Fiat mais pour le fixer, ce brave homme n’avait rien trouvé de mieux que de percer la jupe arrière et de faire tenir le tout à l’aide d’une plaque métallique, tout ça bien caché par le revêtement intérieur du coffre. Quel vicieux ! Ce feu fût mon premier achat avec l’allume cigare manquant, acheter chez le chat blanc aux yeux trop verts (comprenne qui veuille).

                                   

C'était loin d'être le dernier car je savais qu'en faisant l'acquisition de cette ancienne, je m'engageais dans du bricolage et divers achats. Je dirai même que j'aurais été déçu si je n'avais rien eu à faire dessus. Avec le recul, je peux dire que je ne pensais pas être si peu déçu !

Inventaire:

En regardant Titine (eh oui, c'est le nom que j'ai décidé de lui donner), son look ne me satisfaisait pas pleinement, comme si il y avait des vides à combler. Je décide donc de faire l'inventaire de tous ces petits riens qui ne sont pas dérangeants au premier abord mais qui, à la longue, vous agacent. Une petite liste à la Prévert commence à voir le jour avec son pendant : une somme d'Euros à dépenser. Allez, au diable les varices comme diraient les anciens. Commençons par fouiller sur la toile pour voir ce qu'on peut y trouver ! Il manque les deux reposes tête, le pare soleil côté passager avec son miroir de courtoisie, la calandre qui n'est pas d'origine et qui est toute rafistolée (encore un coup du gougnafier), plus quelques pièces à remplacer comme les tapis de sol, les joints des portières et les joints lèche-vitre extérieurs.

    

Quel plaisir de rechercher dans ce vaste magasin que représente Internet. On a l'impression que l'on va tout trouver ! Mais ça, ce n'est qu'une impression ! En réalité, on s'aperçoit très vite qu'il y a moult liens qui vous renvoient vers des fournisseurs qui ont soit disant tout, mais pas ce que vous cherchez. Bon ! C’est pas grave, je vais passer par les clubs de Peugeot 304. Ces derniers ont tous une rubrique "achat-vente". En effet, il y a bien des boutiques en lignes mais là aussi, on constate rapidement que ce que vous cherchez, c'est précisément ce que les autres recherchent aussi. Mal barré le Nanar ! Et là je me dis : "Titine n'est pas près de retrouver son look de jeune fille" ! En attendant, rien ne m'empêchera d'avaler des kilomètres et de me laisser griser par la fraîcheur et les odeurs de la campagne d'automne.

Le début d'une longue série :

Première balade et premiers problèmes. J'ai à peine fait 3 km que Titine se met à tousser. Se serait-elle enrhumée sous son abri ? Je pense de suite à un problème d'allumage. J'insiste en maintenant l'accélérateur enfoncé mais Titine rechigne comme un étalon qui refuse l'obstacle. Elle ralentit, tousse, puis dans un dernier crachotement, le petit 1300 s'arrête brutalement. Què passa ? Je débraie en vitesse et j'arrive à me garer sur l'inertie. Petit tour sous le capot. A première vue, rien de bien flagrant. Mes quelques connaissances en mécanique m'orientent d'abord vers l'allumage. Vérifions des bougies! Heureusement, j'ai ma panoplie du parfait mécano dans le coffre à savoir, une caisse pleine de clefs, tournevis, pinces et tout ce qu'il est inutile d'embarquer en secours dans une voiture moderne. Les bougies sont sèches donc j'oriente mes investigations vers la partie essence en commençant par la pompe. C'est en trifouillant vers celle-ci que je remarque un filtre à essence, assez difficile d'accès. Celui-ci revêt une couleur suspecte, du genre 'vieux marc de café'.

Après m'être bien labouré les mains en essayant de dévisser les colliers et avoir maltraité mon estomac sur l'aile droite de Titine, je réussis à sortir ce foutu filtre à essence. Beurk... Il est vraiment sale. Cependant, je n'hésite pas une seconde à souffler dedans pour voir si ce dernier a des chances de laisser passer le précieux carburant. Le premier souffle est difficile et un vieux jus noir en sort. Bon ! Mon problème a l'air de venir de cette partie. Ce filtre est peut-être aussi vieux que Titine et son remplacement devra être envisagé. Après m'être époumoné à souffler dedans et l'avoir remonté, je retourne dans l'habitacle pour tenter de redémarrer. Quelques coups de clef pour rappeler l'essence et ... Youpi ! Le moteur repart. Bien décidé à continuer ma route jusqu'à chez mon vendeur, je renoue avec le plaisir d'entendre le petit moteur ronronner. Mais après deux ou trois kilomètres, rebelote ! Toux rauque du tubard, crachotement et arrêt. Même motif, même punition ! Me revoilà dans le capot pour retirer l'élément filtrant et pour constater que ce dernier est de nouveau bouché. Cette fois, plus de doute, le réservoir doit ressembler à ces vieilles bouteilles de vins oubliées au fin fond d'une cave avec une épaisseur de dépôt indiquant que toute manipulation brusque va transformer le précieux nectar en café turc. C'est exactement ce qui doit se passer dans le réservoir de Titine, et ce dépôt, attiré par la pompe à essence, vient colmater le filtre après quelques kilomètres parcourus. C'est la tuile car il va falloir vidanger le réservoir, le démonter, le nettoyer puis le remonter. Bon ! Comme la jauge indique un niveau "très bas détresse" et que la concentration en dépôt doit être au max, je décide, dans un premier temps, de faire un plein. Ceci permettra sans doute de diluer toute cette crasse. C'est ce que je fais à la première station, sans oublier l'additif car le moteur tourne encore à l'essence plombée. Bon plan puisque Titine peut continuer son chemin et me ramener à la maison. Cependant, le risque de panne n'est pas vraiment écarté et le nettoyage du réservoir reste de mise.

Cela ne m'empêche pas de faire quelques petites virées dans les environs de chez moi, juste pour le plaisir et pour décrasser Titine qui n'a plus roulé régulièrement depuis des lustres.

Premier gros malaise :

Me voilà de retour d'une de ces petites virées quand Titine fait un premier malaise. Quand je dis malaise, je suis en dessous de la vérité car en réalité, cela ressemble plus à la chronique d'une mort avancée. Alors qu'elle vient de me prouver que son petit moteur est encore bien fringuant sur une grande ligne droite, et qu'on arrive tranquillement à un panneau stop à l'entrée de mon village, un bruit étrange de crécelle, mélangé à celui de bielles qu'on maltraite, vient heurter ma sensibilité de mécano amateur. Que faire ? Couper le contact, par précaution (au risque de ne pouvoir redémarrer), ou tenter de rejoindre le premier refuge qui se trouve à un peu moins de 100 mètres, avec le risque de tout casser? Vu l'étrange mélodie que fait le petit 4 cylindres, mélodie qui ressemble à ces musiques contemporaines faites uniquement de percussions, j'en déduis que le mal est fait et qu'il y a peu de chance que cela s'aggrave en quelques mètres. Un coup de première pour quitter ce stop et... le petit moteur, si fringuant quelques minutes plus tôt, vient de se transformer brutalement en vieillard invalide. Très vite je m'aperçois que les 4 cylindres ont perdu l'un des leurs. C'est donc sur 3 pattes que Titine arrive toute essoufflée à ce refuge miracle. Impossible d'aller plus loin! Il faut appeler à la rescousse. C'est naturellement que je fais appel à ce brave collègue qui m'avait vendu Titine. Donnons lui aussi un nom car vous le verrez, il fût sans doute le mécano le plus patient que j'ai pu rencontrer. Appelons le JP avec P comme patience. Il arrive donc 20 minutes plus tard avec sa remorque et nous ramenons Titine au bercail. Quelle tristesse de la voir ainsi, incapable de bouger par ses propres moyens ! Il faut faire quelque chose et en premier lieu, trouver d'où vient l'étrange mélopée. C'est mon fiston qui vient à la maison avec un de mes anciens collègues de boulot, tous deux experts en mécanique et en démontage rapide de moteur. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les pistons voient le jour après extraction de la culasse. Catastrophe ... La culasse, les soupapes et le piston du cylindre 4 sont comme attaqués au marteau piqueur.

   

Que s'est il donc passé ? Un étrange bout de métal traîne là, dans un coin du cylindre massacré. C'est sûrement lui le fautif mais d'où vient-il ? Mystère ! Comment est-il venu là ? Il est sans doute entré par une soupape, il y a de grandes chances (ou plutôt malchances), mais sa place devrait être ailleurs. Où ? A l'heure où j’écris ces lignes, le mystère reste entier. Impossible de réparer ou tout du moins, de réutiliser la culasse. Cette dernière est fendue entre les soupapes d'admission et d'échappement. Une chape de plomb me tombe sur les épaules. J'ai parcouru à peine 300 km avec Titine. Elle ne peut me lâcher comme ça ! Il faut réagir. Allez Monsieur Internet, fait des miracles pour une fois ... Première chose, regarder de quel type de moteur est équipée Titine. Grosse surprise. Alors que la carte grise annonce fièrement une S, le moteur en place n'est qu'un XL3, équipant les modèles précédents et les berlines de l'époque. Retour dans la documentation très fournie, cette fois, de la toile, et là, pas de doute, la carrosserie est bien celle d'une S mais pas le moteur. Encore un coup de Monsieur gougnafier ? Bon, on ne va quand même pas tout lui mettre sur le dos ! Ce remplacement est peut être plus ancien. Que faire? Trouver une culasse de XL3 et garder ce moteur aux performances moindres (sans compter la perte d’authenticité de Titine) ou trouver un moteur de "S" ?

Après quelques semaines de recherches intensives, tenter de remplacer la culasse seule s'avère un fiasco. C'est donc vers un moteur XL3S complet et à bas prix que mon choix se porte. Par contre, il faut le rapatrier des Landes (pour ceux qui ne le savent pas, j'habite dans l'Ain). Je fais donc appel à un transporteur qui me prend le même prix que le moteur. Malgré cela, l'affaire parait bonne. C'est étonnant comme on a tendance à employer les expressions comme paraître ... peut-être... si tout va bien...Vous allez très vite voir que le doute est de mise et que les certitudes n'ont plus cours quand on essaie de refaire vivre ces mamies. C'est donc après quelques jours d'attente que le "moteur" (remarquez les guillemets) est livré chez JP (et oui, encore lui). Le vendeur m'avait bien prévenu que ce dernier avait été stocké depuis longtemps mais vu son apparence, il ne m'avait pas parlé de siècles ... Comment pourrait on définir ce qui trône là, sur la palette, emballé comme s'il risquait encore quelque chose ? Un tas de rouille graisseuse ? Comment mon fiston et ce brave JP allaient-ils faire pour en sortir quelque chose qui ait une chance de propulser de nouveau Titine sur les routes de campagne ? Il faut vraiment croire aux miracles !

Et bien, ils y ont cru ! Première étape, désosser toute cette masse informe et cela, jusqu'au plus petit écrou pour voir ce qui pourrait être remis en état. J'aurais voulu participer à ce challenge mais pas question, il faut que cette opération soit faite à l'abri des regards non avertis. Le spectacle doit être trop pénible à regarder, un peu comme un chirurgien qui essaierait de rafistoler, pour le faire revivre, un quidam passé sous un TGV lancé à pleine vitesse. Pour moi, et à première vue, les chances de réussir doivent être les mêmes.

Il faut croire que les mécanos (ceux-là du moins) sont plus doués que les chirurgiens car, après pas mal d'heures et quelques déboires, ils réussirent à rendre la bête plus que présentable. Mais ça, c'était après !

Dans la série je démonte et je découvre, je voudrai ... le bloc moteur. Après un lavage digne de celui d'un clochard effectué par la croix rouge pour en faire un top modèle, un bloc moteur rutilant sort de la lessiveuse. Incroyable ! Hélas, l'habit ne fait pas le moine et à y regarder de plus près, le constat est sans appel. Ce beau bloc est en réalité rongé jusqu'à la moelle. Une méga fente sillonne le puits par où doit passer un goujon de culasse, reliant de ce fait le circuit d'eau au circuit d'huile. A part les dijonnais, aucun mécano n'a envie de voir de la mayonnaise dans un carter d'huile. Que faire ? C'est là que toute l'expérience et le génie de mon duo de mécanos opère. Le bloc du XL3 est presque le même que celui du XL3S. Il n'y a qu'à récupérer l'ancien qui n'a pas souffert du concerto en piston/culasse mineur ! C'est ce qui est fait ! Le remontage peut commencer !

Etant très pris par ailleurs, Je n'assiste pas aux différentes opérations, mais l'enfant se présente bien, d'après mon fiston adoré. Je peux cependant admirer avec quelle minutie ce dernier s'occupe du cœur de Titine. Un vrai chirurgien plastique ! Pas de ceux qui repatassent les stars pour les transformer en Donald Duck ! Non ! Je parle des vrais ! Ceux qui vous refont un visage tout neuf alors que vous aviez tenté de lécher un pare brise, en même temps que votre calandre tentait de pénétrer en force dans le coffre de la voiture de devant. Je le surprends même à passer à la brosse métallique tournante, des écrous qui, après quelques minutes, ressortent comme neufs alors que l'instant précédent, il était impossible de savoir si c'était du 13 ou du 15. Je suis rassuré. Jusque là, tout parait se dérouler pour le mieux (remarquez le "parait") !

Résurrection : 

Nous sommes au printemps et le fiston vient récupérer, à la maison, la carcasse de Titine pour lui greffer son cœur tout neuf. Cette fois, c'est avec plaisir que je la vois partir sur la remorque. Je sais que c'est pour la bonne cause.

Quelques jours viennent de passer. Un coup de fil de mon grand me fait retomber une chape de plomb sur les épaules. Une pastille de sablage (ou de sûreté) vient de lâcher sur le moteur tout neuf, alors que ce dernier vient juste d'être remis en place. Dijonnais, nous voilà! Quelle poisse ! Certes, le mal n'est pas irréparable, mais il faut refaire une opération à cœur ouvert. J'entends déjà celle qui était alors ma compagne me dire gentiment à l'oreille : "il y en a marre de cette poubelle ! Elle est toujours en panne et je n'ai même pas pu en profiter !" Que répondre à ça ? C'est vrai qu'elle n'est jamais montée à bord (ou si peu) et que cela fait quelques mois que Titine est en salle d'opération. Je ne peux donc la blâmer d'émettre de telles critiques. Même si j'essaie de lui sortir certains arguments de défense de derrière les fagots, je sais qu'elle a entièrement raison. Cela ne fait que rajouter à mon désarroi.

Au fait, pourquoi dis-je toujours "celle qui était alors ma compagne" et pourquoi ne pas l'appeler "celle qui allait devenir mon épouse" ? Il faut savoir que ce changement de statu, sans en être tout à fait convaincu à l'époque, lie intimement l'avenir de Titine à notre passage devant Monsieur le maire.

Deuxième gros malaise :

Nous voilà donc en mai ou juin 2013. Titine vient de réintégrer le domicile avec un cœur plus neuf que jamais. Tout brille, même le carburateur ! Les parties noires ont été repeintes ou nettoyer à fond (filtre à air, cache culbuteurs etc...). Tout parait nickel (encore le mot paraître).

  

Déjà, je sens monter en moi une vague de bonheur. Vite, il me faut l'essayer ! D'abord un petit tour de quartier ! Il ne faut pas trop la brusquer ! Elle est encore en convalescence ! Heu... en rodage. Puis un tour du canton. Tout va bien mis à part le ralenti qui n'est pas stable. C'est peut-être une question de réglage du carburateur (remarquez le "peut-être"). Ah, quel plaisir de se retrouver de nouveau la casquette au vent (et oui, j'ai adopté ce type de couvre-chef pour affronter le blizzard qui souffle dans l'habitacle). Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. C'est même dans cet état d'esprit que j'inscris Titine à la Traboulée, une bonne petite balade entre anciennes et en convoi dans Lyon.

En attendant, je prends la décision de la faire rouler le plus possible pour la rôder. Il faut dire qu'aller à Lyon (40 km d'autoroute) puis monter à Caluire et se balader en ville à travers la circulation ne sera pas une mince affaire, surtout pour un moteur qui n'a même pas passé l'âge biberon. Je pars donc le plus souvent possible en direction de Chalamont, une belle route avec peu de déclivités et de belles lignes droites qui permettent à Titine de se maintenir à un régime correct et relativement constant. L'idéale quoi ! J'aurai dû me méfier la fois où, arrivé à Chalamont, un des 4 cylindres décida brusquement de se mettre en grève sans préavis. Constat : la bougie du cylindre 4 est noyée. Un petit coup de nettoyage de cette foutue bougie et hop, c'est reparti ! C'est l'avantage de ces voitures ! On peut les dépanner au bord de la route à condition, comme moi, de transporter un atelier complet dans le coffre.

La Traboulée :

Juillet 2013. Titine et moi attendons d'autres anciennes à un péage de l'autoroute A 42 pour rejoindre Lyon. Malgré un ralenti qui joue toujours au yoyo entre 400 et 2000 tours/ minutes, tout va bien. L'air est humide et frais mais qu'importe, quand on aime on ne s'attarde pas à ce genre de détail. Avec un peu de retard sur l'horaire fixé, un petit groupe de 3 anciennes nous rejoint. Dans ma tête je me dis : ça y est, l'aventure va commencer. J'entendais par "aventure", un premier regroupement autour d'un café à Caluire, une bonne petite balade agrémentée par d'autres petits regroupements sympas dans Lyon sous les applaudissements de quelques aficionados heureux de nous voir, puis un pique-nique au soleil dans le parc du musée Malatre à Rochetaillée sur Saône ! En réalité, c'est presque ça! Je dis presque car Titine n'est pas dans son assiette. Elle commence par me refaire le coup du cylindre en grève, mais cette fois sur l'autoroute, en partant. Bizarre ! Après un arrêt sur une aire de repos, auscultation des bougies et... toujours le cylindre 4 noyé. Un petit coup de nettoyage et tout le monde repart. Pas pour très longtemps car en pleine côte, ce foutu gréviste revient à la charge. Mais qu'est ce qu'il revendique? Tant pis, je ne peux pas demander aux autres de s'arrêter toutes les 5 minutes. C'est donc sur 3 pattes que nous montons à Caluire pour le premier regroupement. Je jongle avec l'accélérateur (pour ne pas caler à cause de ce maudit ralenti), avec l'embrayage (pour éviter de trop faire brouter Titine à cause du gréviste) et avec le frein (pour éviter d'embrasser l'arrière de la MG qui me précède), le tout simultanément et avec 2 pieds seulement (j'ai beau être un extraterrestre comme l'affirme ma compagne, je suis normalement constitué). Nous arrivons enfin à bon port. Sur place, je tente un petit tour sous le capot, histoire d'aller un peu plus loin dans mes investigations. A part la bougie qui ne sait pas nager (elle se noie tout le temps), je ne trouve rien. A partir de là, on met tout en doute ! Est-ce un problème d'allumage ? (c'est possible), de carburation? (moins probable vu la configuration de l'admission) ou de compression? (pourquoi ? Tout est neuf). Rien ne me parait évident. Vu le lieu où nous sommes, seul l'allumage peut être vérifié (et encore). Je décide donc de nettoyer une fois de plus cette foutue bougie mais sans grand espoir. Je vérifie le faisceau d'allumage mais rien ne saute aux yeux. Bon ! Je refuse de baisser les bras et puisque le quatrième cylindre ne veut pas travailler, et bien qu'il reste dans son coin ! Ce sera comme dans la fonction publique, les autres travailleront pour lui. C'est donc sur 3 cylindres que Titine monte à la Croix Rousse, descend vers St Jean, circule dans Lyon, Villeurbanne et Gerland, remonte dans les contreforts des monts du Lyonnais et se dirige péniblement vers Rochetaillée.

Pour couronner le tout, le ciel est devenu si menaçant qu'il faut remettre la capote en abordant les quais de Saône. Manquerait plus qu'il pleuve !

Arrivé à destination, je suis presque soulagé. La pluie s'est manifestée pendant le pique-nique pour faire corps avec le cylindre gréviste et pour me faire ch... ! Comme il est prévu de visiter le musée en guise de digestif, je profite de cet intermède pour faire retomber la pression. De retour de la visite, je m'aperçois que beaucoup de conducteurs ont levé le camp et notamment, ceux qui sont venus avec moi. C'est donc seul que je reprends la route du retour, sous une pluie battante, avec une capote qui laisse passer l'eau au niveau du pare-brise et derrière les sièges, des essuies glaces qui font la grève du zèle (balayage très lent pour ne pas laisser une goutte d'eau sur leur passage) et un éclairage qui ne connait que la position feux de position. Pour ce dernier, la position feux de croisement amène irrémédiablement la température du fusible au delà de ce qu'il peut supporter.

Malgré cela, je me sens bien . Titine me ramène à la maison, péniblement certes mais je sais qu'elle ira jusqu'au bout (après tout ce qu'elle vient de subir...!). Je tente quand même un baroud d'honneur en m'arrêtant une dernière fois sur une station d'essence vers Neuville sur Saône pour nettoyer la bougie à l'abri d'un toit qui protège les pompes à essence. En reprenant la route, je me surprends à rêver que le gréviste a repris le travail, car le petit moteur tourne de nouveau rond. Cependant, je ne me fais pas trop d'illusions. Une panne ne disparaît pas d'un coup de chiffon et de brosse magique. Cependant, le simple fait d'entendre le doux ronronnement des cylindres réunis me fait monter une bouffée de plaisir. Je me rappelle avoir eu cette réflexion : "tout kilomètre parcouru dans ces conditions est un kilomètre de galère en moins". Comme il m'en reste encore une quarantaine à faire, je peux espérer avaler une bonne partie du trajet tranquillement. Titine roule pendant presque 10 km avec l'ensemble de ces 4 cylindres quand soudain, l'autre râleur décide de repartir dans ses revendications. Tant pis! Je rentre comme ça ! La journée s'achève donc sous la pluie et à bord d'une Titine malade mais courageuse. Quand je vous disais que l'aventure commence...

Une recherche de panne laborieuse :

Bon, c'est pas tout d'être rentré, il faut trouver ce que revendique cylindre N°4. Première manip, je change le faisceau d'allumage et les 4 bougies. Monsieur "Oscar", bien connu des mécaniciens privés adeptes du Web, a ça dans son magasin. Résultat : après ce remplacement, pas de retour au travail du contestataire. Deuxième manip, changer la tête d’allumeur ! Toujours aucune amélioration. Un doute m’assaille ! Et si c’était de l’huile qui noie la bougie ?

"Allo JP ! Que penses-tu de mon diagnostic ? " Peu probable " me dit-il ! Il faut regarder les compressions ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Après lui avoir emprunté l’outil adéquat, vérification des 4 cylindres. Rien de remarquable. Le contestataire est même légèrement meilleur que ses 3 frères. Quelle guigne ! Où chercher ? Si de l’huile arrive à la bougie, il faut chercher par où elle peut transiter. Un guide soupapes ou un segment cassé ? L’envie de déculasser me démange, mais le fiston m’en dissuade rapidement. Nous sommes dans le domaine du TPPC (Touche Pas ça Petit Con). Comment voir ce qui se passe dedans sans démonter ? Reste l’outil du proctologue, celui qui pénètre par le petit trou pour voir ce qui se passe à l’intérieur. Autrement dit, un endoscope. Il se trouve que, bien que n’étant pas dans la partie médicale, j’ai un engin de ce type. Les mécanos amateurs savent que, quand on bricole dans un moteur, il y a toujours un écrou, ou une pièce indispensable qui tombe en suivant la loi de Murphy, à savoir dans un endroit inaccessible et bien à l’abri des regards. C’est après avoir été confronté moult fois à une telle situation que j’avais décidé d’acquérir ce matériel. Ce dernier possède un petit écran et fonctionne de façon autonome avec des piles. Sa ressemblance avec l’outil médical s’arrête au principe suivant: une fibre optique souple reliée à un capteur et deux autres fibres pour guider la lumière issue de LED, le tout servant à éclairer le lieu d’observation. Tout cet ensemble est glissé dans un petit tuyau souple annelé qui pourra se contorsionner dans les recoins inaccessibles.

 

C’est donc par le trou de la bougie que je fais pénétrer le petit tuyau. Impossible de voir l’intégralité du piston à cause du manque de souplesse de mon engin (je parle de l’endoscope évidemment). Cependant, en comparant le cylindre rebelle et le travailleur d’à côté, il y a une différence de couleur. « Pas suffisant comme preuve » me disent en cœur mes deux chirurgiens mécanos. « C’est peut-être de l’huile mais cela ne nous dit toujours pas d’où elle vient ». « Si c’est un guide-soupape, il faut vérifier avant de déculasser » me soumet JP. Le seul moyen pour ça, retirer les pipes d’admission. C’est donc avec un regard dubitatif que j’analyse ce qu’il va falloir démonter.

Bon ! A première vue, ça parait simple (toujours se méfier du « à première vue »). Il faut retirer les manchons souples qui relient les pipes d'admissions à la culasse. Hé oui ! Sur ces moteurs, la partie carburateur plus pipes d'admission n'est pas fixée directement sur le bloc moteur mais est reliée à ce dernier par 4 manchons (1 par cylindre). Ces derniers sont fait d'une matière qui ressemble à celle des durites d'eau. Pour moi, ce démontage est une première sur Titine car jusqu'à présent, je n'avais pas eu le droit de toucher. C'était réservé à mon duo de chirurgiens. Quel plaisir de pouvoir enfin mettre les mains dans le cambouis ! Quand je dis cambouis, c'est une façon de parler parce que, pour ce qui concerne Titine, tout a été nettoyé à fond lors du remontage. Ce ne sont pas les quelques 300 km parcourus depuis sa réintégration au domicile qui ont pu "cochonner" quelque chose. C'est alors plein d'espoir que je m'attaque à ce chantier. Je pensais naïvement que sur ces moteurs, les designers des années 70 n'avaient pas encore été frappés par la maladie qui consiste à faire ch...r tout amateur de bricolage qui souhaiterait se dépanner avec de simples outils en dehors du réseau du Lion. Que nenni comme dirait mon ami Francis ! Cette foutue maladie avait déjà commencé à leur ronger les neurones. C'était moins flagrant que pour les modèles des années 2000 mais à l'époque, ils avaient déjà trouvé l’astuce vicieuse de maintenir le carburateur par deux pattes métalliques, reliées entre elles à une des extrémités d'un sillent bloc, lui même vissé par l'autre extrémité sous le collecteur d'admission. Bon ! Vous allez me dire : "Et alors ?". Ben, sachez que si on veut dévisser cet écrou, il faut être muni de mains non potelées de bébé contorsionniste pour passer entre les différents organes comme le maître cylindre de frein, les tuyaux du récepteur d'embrayage, les durites d'eau... et j'en passe. Tout ça, bien évidemment, dans une position où vous commencez à regretter d'avoir entrepris ce chantier après déjeuner (rapport à la compression que vous faites subir à votre estomac en vous vautrant sur l'aile gauche de l'auto). C'est aussi sans compter avec le risque de voir vos dents goutter du cache culbuteur après que vos pieds aient quitté malencontreusement le sol suite à cette foutue loi physique qui précise que l'équilibre d'un corps n'est assuré que lorsque le centre de gravité ne sort pas de la base de sustentation. Mesurant 1,80 m, j'arrive très vite à ce point de non équilibre en me couchant sur l'aile de Titine. Autre solution, désaccoupler les deux fameuses pattes côté bloc moteur. Mais là aussi, il faut essayer de passer une clef à rallonge entre les pipes d'admission, rallonge fine qui irait jusqu'au niveau du carter d'huile : pour les non-initiés, plus d'une trentaine de centimètres. Hélas, malgré ma panoplie du parfait mécano, je n'ai pas ça. C'est donc en m'arcboutant sur l'aile et en passant mes mains où, il faut se rendre à l'évidence, les designers n'avaient pas prévu qu'un fada essaierait de passer en force, que j'atteins ce foutu boulon pour le desserrer quart de tour par quart de tour. Quel idée de mettre des boulons aussi longs ! Après avoir mis mes petites menottes dans le même état que celles de la malheureuse assistante vétérinaire qui croyait naïvement qu'elle pouvait maîtriser à mains nues, notre vieille chatounette pour lui retirer des points sans anesthésie, je réussis enfin à désolidariser l'ensemble pipes carbu du moteur. Reste plus qu'à désaccoupler les manchons cités plus haut. Pour démonter, pas de problème. Il suffit de tirer dessus en s'aidant d'un tournevis pour décoller les premiers centimètres. Mais pour le remontage, ce sera une autre paire de manches. J'en eu la confirmation un peu plus tard.

Les manchons retirés, il me reste encore à inspecter l’orifice ainsi dégagé. Là aussi, il y a une petite différence de couleur mais rien de probant.

  

J’aurais aimé voir couler de l’huile comme lorsqu'on presse un beignet trop gras de chez Macdo. Mais là, rien de tout ça. Il y a de quoi s’arracher les cheveux (s’il m’en restait sur le caillou). Nous sommes déjà au mois de septembre et aucun test n’a abouti. Pourtant, ça phosphore chez JP. Malgré toute son expérience de moteur capricieux, impossible de trouver pourquoi le cylindre sournois se plait à noyer sa bougie. C'est donc la mort dans l’âme que nous prenons la décision de soulever la culasse. Manque de bol, au même moment, JP prend une autre décision : transférer tout son matériel vers son ancien local. Titine restera donc quelques temps à la maison avant de retourner chez son médecin favori.

Après le retrait de la culasse, une nouvelle chape de plomb me tombe sur les épaules (ça finit par être lourd tout ça). Le cylindre numéro 4 n’est pas gréviste mais bien malade, voir mourant. Sa chemise toute neuve est rayée comme un 45 tours passé sous les roues d'un 35 tonnes, et les segments de son piston sont brisés comme mon moral. Oh rage ! Oh désespoir ! Oh jeunesse ennemie ! N’en ai-je donc trop bavé que pour cette connerie... Bon, c'est pas du Corneille (l'écrivain, pas le chanteur), mais cela retranscrit bien l'état d'esprit dans lequel je suis à cet instant ! Une nouvelle opération à cœur ouvert s’impose donc afin de trouver la cause de ces dégâts.

Là, il fallait vraiment l’œil averti des deux chirurgiens pour voir le défaut ! Un tout petit défaut qui, comme l’effet papillon, a eu de grandes conséquences. La bielle du cylindre incriminé présente un voile, pas forcément visible à l’œil nu mais flagrant lors d’un passage sur le marbre. Conséquence : le piston ne remontant pas droit dans sa chemise, ceci a eu pour conséquence de raboter les segments, puis la chemise, laissant passer l’huile dans la chambre de compression, arrosant au passage, la malheureuse bougie qui n’était pas formée pour brûler ce liquide visqueux. Je vois déjà vos réactions : "mais ça devait fumer bleu côté échappement !" . Ben non ! Car pour fumer, il aurait fallu qu'il y ait combustion et je vous rappelle que la bougie se noyait rapidement, avant de faire pouf ! Peut-être qu'il y a eu quelques signaux pour les Indiens mais je n'ai jamais eu le regard tourné du bon côté au bon moment.

Publié par Bernard

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