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PEUGEOT 304

PEUGEOT 304

Récits sur la vie et les péripéties d'une Peugeot 304S cabriolet

20 Novembre 2019

LA SAGA d’UNE 304 CABRIOLET

Un peu d'histoire...

Je pourrais commencer cette histoire par "il était une fois" mais ce serait tellement banale ! Non, je vais donc commencer par "il était une Peugeot 304"... qui dormait dans un endroit poussiéreux depuis un temps incertain. On croirait le début de la belle au bois dormant mais toute ressemblance s'arrêtera là. La belle (la Peugeot, pas la belle au bois dormant) attendait donc sagement qu'un prince ... (mince voilà que ça me reprend), un brave acheteur vienne la sortir de sa longue léthargie. Elle était née en l'an de grâce 1973, par une belle journée d'automne (je suppose car je n'ai que sa date de première mise en circulation en septembre et j'ignore totalement s'il faisait beau ce jour là). A première vue, elle semblait avoir traversé les années tranquillement et sans encombre jusqu'à cette année 2012 ou une remorque plateau vint la déloger de son repère pour l'emmener dans une autre région. Ce n'était pas pour elle que la remorque était venue mais pour une autre Peugeot plus convoitée. Il me semble que s'était pour un cabriolet 404. Les deux furent donc rapatriées dans l'Ain. La petite 304 resta quelque temps dans un atelier en attendant que l'on s'occupe d'elle. Une petite précision s'impose avant de continuer ce récit : il s'agit d'un cabriolet blanc, ce qui a sont importance pour la suite.

 

Premiers contacts:

Un beau jour (ça aussi c'est banale mais je n'ai rien trouvé d'autre), un jeune homme, qui n'est autre que mon fils adoré, décida de la sortir de cet atelier pour lui faire prendre l'air, à l'occasion de l'anniversaire de mariage de ses grands-parents (donc, de mes parents). C'était par un beau samedi de ce début d'été 2012 (et là c'est vrai). Après un bref dépoussiérage, la belle eu un premier retour à la vie active en fanfare. Elle servit de décors pour quelques photos des vieux mariés. Qu'ils étaient beaux la dedans ! De plus, la date de naissance de la belle correspondait presque à la date de leur mariage. Tout un symbole

C'est aussi à cette occasion qu'elle et moi entamâmes une belle histoire et de belles galères, mais à ce moment là, je l'ignorai encore (pour les galères). Je ne sais pas si c'est son odeur de vieille caisse un peu moisie, son bruit d'échappement issu d'un autre temps, ses commandes déroutantes pour tout ceux qui auraient moins de 40 ans, sa boite à vitesse dont les pignons de marche arrière émettaient un hurlement sinistre si j'avais le malheur de ne pas brusquer le levier, comme si je souhaitais le faire passer entre les 2 sièges, son air de petite voiture de sport avec un avant de berline de pépère ou la sensation grisante d'avoir le vent dans les cheveux ... disons sur le crâne parce que pour ce qui est des cheveux ! Enfin bref, je me suis épris de ce tas de ferraille blanc aux craquements sinistres émis au moindre défaut de la chaussée et au bruit de tôle que l’on emboutie à chaque claquement de portières. Objets inanimés, avez vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ... Bon ça, c'est pas de moi, mais ça colle bien. Je me suis donc mis dans l'idée d'acquérir ce petit cabriolet. Il me fallut quelques temps et quelques nuits blanches pour prendre la décision. Après en avoir débattu avec ma compagne, avoir pesé le pour et le contre, envisagé tous les bons moments que nous pourrions partagés au volant de ce petit jouet, je fis le grand saut. Le prix était dans nos moyens de l'époque, et c'est donc le cœur battant que je réglais l'addition à celui qui ne savait pas encore dans quelle galère il s'embarquait.   

Ca y est! Elle est à moi :

C'est après avoir fait le nécessaire auprès de l'administration, c'est à dire le service cartes grises, et avoir pris l'assurance indispensable, que je pu entrer en possession de mon bien. Quel plaisir que ces premiers instants au volant de "mon" cabriolet, vous ne pouvez pas savoir ! Je le ramène donc à la maison, fier comme si j'avais un bar tabac, crâne au vent car bien entendu, pas question pour moi de rouler capote relevée. A quoi ça sert que Peugeot se décarcasse ... à faire un cabriolet si c'est pour rouler avec un pseudo toit ? Premier constat : A 90 km/h, le crâne est très ventilé. S'il me restait suffisamment de cheveux, je pourrais dire : "ça décoiffe" ! Il m'était arrivé de rouler dans une Peugeot 307CC, mais là, ça n'avait rien à voir. Que d'air ! C'est là aussi que je me suis fait la réflexion suivante : à quoi pourrait servir un autoradio ? Entre le vent, et les bruits intrinsèques de l'auto, moteur et carrosserie compris, plus de place pour de la zique! Ouf, des frais en moins ! Heureusement car des frais, il va y en avoir ! Et encore, je n'en ai payé qu'une très petite partie. D'ailleurs, le premier cadeau que me fit mon ami vendeur fût le rétro de gauche, retiré sans doute par le propriétaire précédent.

Premiers achats:

Arrivée à la maison, j'ai garé l'auto à l'abri, à la place de ma Peugeot 407 en me disant : "il faut que j'investisse dans une bâche de protection, sans quoi, j'en connais une qui va se régaler... la rouille".

En effet, suivant les vents, la pluie pouvait atteindre cette fragile carrosserie. Déjà qu'au premier regard, elle n'a pas besoin de ça. Un rapide coup d’œil me fait prendre conscience qu'il n'y a pas que dans la bâche qu'il faut que j'investisse mais aussi, dans une remise en état de certains points de carrosserie et sans doute, dans un traitement de fond si je ne voulais pas voir un jour mon beau jouet se partager en deux au sortir d'un gendarme couché. Il faut dire qu'à l'époque de la fabrication de cette voiture, les grands constructeurs français (même étrangers), ne brillaient pas par leur savoir faire en matière d’anticorrosion. Je suis cependant heureux de voir qu'à près de 40 ans, ce spécimen n'a pas trop mal vieilli. L'aspect extérieur est même tout à fait honorable. Il est vrai aussi qu'elle avait dû passer dans les pattes d'un carrossier. Pas besoin d'être expert ni devin pour voir ça puisqu'il y a un autocollant avec le nom du quidam juste à côté du feu arrière gauche. Quand je dis carrossier, je ne sais pas si le terme est bien approprié ! Au fil des observations, je dirais plutôt ... maquilleur ? Bricoleur ? Allez ! Disons la vérité ... gougnafier ! Vous connaissez l'expression "peinture sur m... égal propreté" ? Et bien là, on y est ! Mais ne crions pas haro sur le baudet. Elle est sans doute maquillée comme une star de ciné, belle de loin et pas de trop près, mais c'est plutôt de loin que les gens verrons mon petit joujou. Alors, qu'à cela ne tienne et ne boudons pas notre plaisir. C'est aussi en la photographiant sous tous les angles pour la montrer à mes potes qu'un premier défaut apparaît. Par Internet, l'un d'eux me fait la remarque suivante : "T'as vu… ton feu arrière droit n'est pas le bon ! " Oups... Il a raison le bougre. Cet élément de carrosserie n'a même rien à voir avec celui de gauche. Même pas vu à l'achat... Comme quoi, l'amour rend aveugle.   

 

 

                                     

Petit tour chez Monsieur "Internet" pour ce premier investissement. Premier constat : les pièces pour ce genre d'auto ne courent pas le Web. Je réussis quand même à dénicher un feu dans un état tout à fait correct. En le remplaçant, je constate jusqu’où est allée la perfidie du gougnafier cité plus haut. Le feu en place devait être celui d’une Fiat mais pour le fixer, ce brave homme n’avait rien trouvé de mieux que de percer la jupe arrière et de faire tenir le tout à l’aide d’une plaque métallique, tout ça bien caché par le revêtement intérieur du coffre. Quel vicieux ! Ce feu fût mon premier achat avec l’allume cigare manquant, acheter chez le chat blanc aux yeux trop verts (comprenne qui veuille).

                                   

C'était loin d'être le dernier car je savais qu'en faisant l'acquisition de cette ancienne, je m'engageais dans du bricolage et divers achats. Je dirai même que j'aurais été déçu si je n'avais rien eu à faire dessus. Avec le recul, je peux dire que je ne pensais pas être si peu déçu !

Inventaire:

En regardant Titine (eh oui, c'est le nom que j'ai décidé de lui donner), son look ne me satisfaisait pas pleinement, comme si il y avait des vides à combler. Je décide donc de faire l'inventaire de tous ces petits riens qui ne sont pas dérangeants au premier abord mais qui, à la longue, vous agacent. Une petite liste à la Prévert commence à voir le jour avec son pendant : une somme d'Euros à dépenser. Allez, au diable les varices comme diraient les anciens. Commençons par fouiller sur la toile pour voir ce qu'on peut y trouver ! Il manque les deux reposes tête, le pare soleil côté passager avec son miroir de courtoisie, la calandre qui n'est pas d'origine et qui est toute rafistolée (encore un coup du gougnafier), plus quelques pièces à remplacer comme les tapis de sol, les joints des portières et les joints lèche-vitre extérieurs.

    

Quel plaisir de rechercher dans ce vaste magasin que représente Internet. On a l'impression que l'on va tout trouver ! Mais ça, ce n'est qu'une impression ! En réalité, on s'aperçoit très vite qu'il y a moult liens qui vous renvoient vers des fournisseurs qui ont soit disant tout, mais pas ce que vous cherchez. Bon ! C’est pas grave, je vais passer par les clubs de Peugeot 304. Ces derniers ont tous une rubrique "achat-vente". En effet, il y a bien des boutiques en lignes mais là aussi, on constate rapidement que ce que vous cherchez, c'est précisément ce que les autres recherchent aussi. Mal barré le Nanar ! Et là je me dis : "Titine n'est pas près de retrouver son look de jeune fille" ! En attendant, rien ne m'empêchera d'avaler des kilomètres et de me laisser griser par la fraîcheur et les odeurs de la campagne d'automne.

Le début d'une longue série :

Première balade et premiers problèmes. J'ai à peine fait 3 km que Titine se met à tousser. Se serait-elle enrhumée sous son abri ? Je pense de suite à un problème d'allumage. J'insiste en maintenant l'accélérateur enfoncé mais Titine rechigne comme un étalon qui refuse l'obstacle. Elle ralentit, tousse, puis dans un dernier crachotement, le petit 1300 s'arrête brutalement. Què passa ? Je débraie en vitesse et j'arrive à me garer sur l'inertie. Petit tour sous le capot. A première vue, rien de bien flagrant. Mes quelques connaissances en mécanique m'orientent d'abord vers l'allumage. Vérifions des bougies! Heureusement, j'ai ma panoplie du parfait mécano dans le coffre à savoir, une caisse pleine de clefs, tournevis, pinces et tout ce qu'il est inutile d'embarquer en secours dans une voiture moderne. Les bougies sont sèches donc j'oriente mes investigations vers la partie essence en commençant par la pompe. C'est en trifouillant vers celle-ci que je remarque un filtre à essence, assez difficile d'accès. Celui-ci revêt une couleur suspecte, du genre 'vieux marc de café'.

Après m'être bien labouré les mains en essayant de dévisser les colliers et avoir maltraité mon estomac sur l'aile droite de Titine, je réussis à sortir ce foutu filtre à essence. Beurk... Il est vraiment sale. Cependant, je n'hésite pas une seconde à souffler dedans pour voir si ce dernier a des chances de laisser passer le précieux carburant. Le premier souffle est difficile et un vieux jus noir en sort. Bon ! Mon problème a l'air de venir de cette partie. Ce filtre est peut-être aussi vieux que Titine et son remplacement devra être envisagé. Après m'être époumoné à souffler dedans et l'avoir remonté, je retourne dans l'habitacle pour tenter de redémarrer. Quelques coups de clef pour rappeler l'essence et ... Youpi ! Le moteur repart. Bien décidé à continuer ma route jusqu'à chez mon vendeur, je renoue avec le plaisir d'entendre le petit moteur ronronner. Mais après deux ou trois kilomètres, rebelote ! Toux rauque du tubard, crachotement et arrêt. Même motif, même punition ! Me revoilà dans le capot pour retirer l'élément filtrant et pour constater que ce dernier est de nouveau bouché. Cette fois, plus de doute, le réservoir doit ressembler à ces vieilles bouteilles de vins oubliées au fin fond d'une cave avec une épaisseur de dépôt indiquant que toute manipulation brusque va transformer le précieux nectar en café turc. C'est exactement ce qui doit se passer dans le réservoir de Titine, et ce dépôt, attiré par la pompe à essence, vient colmater le filtre après quelques kilomètres parcourus. C'est la tuile car il va falloir vidanger le réservoir, le démonter, le nettoyer puis le remonter. Bon ! Comme la jauge indique un niveau "très bas détresse" et que la concentration en dépôt doit être au max, je décide, dans un premier temps, de faire un plein. Ceci permettra sans doute de diluer toute cette crasse. C'est ce que je fais à la première station, sans oublier l'additif car le moteur tourne encore à l'essence plombée. Bon plan puisque Titine peut continuer son chemin et me ramener à la maison. Cependant, le risque de panne n'est pas vraiment écarté et le nettoyage du réservoir reste de mise.

Cela ne m'empêche pas de faire quelques petites virées dans les environs de chez moi, juste pour le plaisir et pour décrasser Titine qui n'a plus roulé régulièrement depuis des lustres.

Premier gros malaise :

Me voilà de retour d'une de ces petites virées quand Titine fait un premier malaise. Quand je dis malaise, je suis en dessous de la vérité car en réalité, cela ressemble plus à la chronique d'une mort avancée. Alors qu'elle vient de me prouver que son petit moteur est encore bien fringuant sur une grande ligne droite, et qu'on arrive tranquillement à un panneau stop à l'entrée de mon village, un bruit étrange de crécelle, mélangé à celui de bielles qu'on maltraite, vient heurter ma sensibilité de mécano amateur. Que faire ? Couper le contact, par précaution (au risque de ne pouvoir redémarrer), ou tenter de rejoindre le premier refuge qui se trouve à un peu moins de 100 mètres, avec le risque de tout casser? Vu l'étrange mélodie que fait le petit 4 cylindres, mélodie qui ressemble à ces musiques contemporaines faites uniquement de percussions, j'en déduis que le mal est fait et qu'il y a peu de chance que cela s'aggrave en quelques mètres. Un coup de première pour quitter ce stop et... le petit moteur, si fringuant quelques minutes plus tôt, vient de se transformer brutalement en vieillard invalide. Très vite je m'aperçois que les 4 cylindres ont perdu l'un des leurs. C'est donc sur 3 pattes que Titine arrive toute essoufflée à ce refuge miracle. Impossible d'aller plus loin! Il faut appeler à la rescousse. C'est naturellement que je fais appel à ce brave collègue qui m'avait vendu Titine. Donnons lui aussi un nom car vous le verrez, il fût sans doute le mécano le plus patient que j'ai pu rencontrer. Appelons le JP avec P comme patience. Il arrive donc 20 minutes plus tard avec sa remorque et nous ramenons Titine au bercail. Quelle tristesse de la voir ainsi, incapable de bouger par ses propres moyens ! Il faut faire quelque chose et en premier lieu, trouver d'où vient l'étrange mélopée. C'est mon fiston qui vient à la maison avec un de mes anciens collègues de boulot, tous deux experts en mécanique et en démontage rapide de moteur. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les pistons voient le jour après extraction de la culasse. Catastrophe ... La culasse, les soupapes et le piston du cylindre 4 sont comme attaqués au marteau piqueur.

   

Que s'est il donc passé ? Un étrange bout de métal traîne là, dans un coin du cylindre massacré. C'est sûrement lui le fautif mais d'où vient-il ? Mystère ! Comment est-il venu là ? Il est sans doute entré par une soupape, il y a de grandes chances (ou plutôt malchances), mais sa place devrait être ailleurs. Où ? A l'heure où j’écris ces lignes, le mystère reste entier. Impossible de réparer ou tout du moins, de réutiliser la culasse. Cette dernière est fendue entre les soupapes d'admission et d'échappement. Une chape de plomb me tombe sur les épaules. J'ai parcouru à peine 300 km avec Titine. Elle ne peut me lâcher comme ça ! Il faut réagir. Allez Monsieur Internet, fait des miracles pour une fois ... Première chose, regarder de quel type de moteur est équipée Titine. Grosse surprise. Alors que la carte grise annonce fièrement une S, le moteur en place n'est qu'un XL3, équipant les modèles précédents et les berlines de l'époque. Retour dans la documentation très fournie, cette fois, de la toile, et là, pas de doute, la carrosserie est bien celle d'une S mais pas le moteur. Encore un coup de Monsieur gougnafier ? Bon, on ne va quand même pas tout lui mettre sur le dos ! Ce remplacement est peut être plus ancien. Que faire? Trouver une culasse de XL3 et garder ce moteur aux performances moindres (sans compter la perte d’authenticité de Titine) ou trouver un moteur de "S" ?

Après quelques semaines de recherches intensives, tenter de remplacer la culasse seule s'avère un fiasco. C'est donc vers un moteur XL3S complet et à bas prix que mon choix se porte. Par contre, il faut le rapatrier des Landes (pour ceux qui ne le savent pas, j'habite dans l'Ain). Je fais donc appel à un transporteur qui me prend le même prix que le moteur. Malgré cela, l'affaire parait bonne. C'est étonnant comme on a tendance à employer les expressions comme paraître ... peut-être... si tout va bien...Vous allez très vite voir que le doute est de mise et que les certitudes n'ont plus cours quand on essaie de refaire vivre ces mamies. C'est donc après quelques jours d'attente que le "moteur" (remarquez les guillemets) est livré chez JP (et oui, encore lui). Le vendeur m'avait bien prévenu que ce dernier avait été stocké depuis longtemps mais vu son apparence, il ne m'avait pas parlé de siècles ... Comment pourrait on définir ce qui trône là, sur la palette, emballé comme s'il risquait encore quelque chose ? Un tas de rouille graisseuse ? Comment mon fiston et ce brave JP allaient-ils faire pour en sortir quelque chose qui ait une chance de propulser de nouveau Titine sur les routes de campagne ? Il faut vraiment croire aux miracles !

Et bien, ils y ont cru ! Première étape, désosser toute cette masse informe et cela, jusqu'au plus petit écrou pour voir ce qui pourrait être remis en état. J'aurais voulu participer à ce challenge mais pas question, il faut que cette opération soit faite à l'abri des regards non avertis. Le spectacle doit être trop pénible à regarder, un peu comme un chirurgien qui essaierait de rafistoler, pour le faire revivre, un quidam passé sous un TGV lancé à pleine vitesse. Pour moi, et à première vue, les chances de réussir doivent être les mêmes.

Il faut croire que les mécanos (ceux-là du moins) sont plus doués que les chirurgiens car, après pas mal d'heures et quelques déboires, ils réussirent à rendre la bête plus que présentable. Mais ça, c'était après !

Dans la série je démonte et je découvre, je voudrai ... le bloc moteur. Après un lavage digne de celui d'un clochard effectué par la croix rouge pour en faire un top modèle, un bloc moteur rutilant sort de la lessiveuse. Incroyable ! Hélas, l'habit ne fait pas le moine et à y regarder de plus près, le constat est sans appel. Ce beau bloc est en réalité rongé jusqu'à la moelle. Une méga fente sillonne le puits par où doit passer un goujon de culasse, reliant de ce fait le circuit d'eau au circuit d'huile. A part les dijonnais, aucun mécano n'a envie de voir de la mayonnaise dans un carter d'huile. Que faire ? C'est là que toute l'expérience et le génie de mon duo de mécanos opère. Le bloc du XL3 est presque le même que celui du XL3S. Il n'y a qu'à récupérer l'ancien qui n'a pas souffert du concerto en piston/culasse mineur ! C'est ce qui est fait ! Le remontage peut commencer !

Etant très pris par ailleurs, Je n'assiste pas aux différentes opérations, mais l'enfant se présente bien, d'après mon fiston adoré. Je peux cependant admirer avec quelle minutie ce dernier s'occupe du cœur de Titine. Un vrai chirurgien plastique ! Pas de ceux qui repatassent les stars pour les transformer en Donald Duck ! Non ! Je parle des vrais ! Ceux qui vous refont un visage tout neuf alors que vous aviez tenté de lécher un pare brise, en même temps que votre calandre tentait de pénétrer en force dans le coffre de la voiture de devant. Je le surprends même à passer à la brosse métallique tournante, des écrous qui, après quelques minutes, ressortent comme neufs alors que l'instant précédent, il était impossible de savoir si c'était du 13 ou du 15. Je suis rassuré. Jusque là, tout parait se dérouler pour le mieux (remarquez le "parait") !

Résurrection : 

Nous sommes au printemps et le fiston vient récupérer, à la maison, la carcasse de Titine pour lui greffer son cœur tout neuf. Cette fois, c'est avec plaisir que je la vois partir sur la remorque. Je sais que c'est pour la bonne cause.

Quelques jours viennent de passer. Un coup de fil de mon grand me fait retomber une chape de plomb sur les épaules. Une pastille de sablage (ou de sûreté) vient de lâcher sur le moteur tout neuf, alors que ce dernier vient juste d'être remis en place. Dijonnais, nous voilà! Quelle poisse ! Certes, le mal n'est pas irréparable, mais il faut refaire une opération à cœur ouvert. J'entends déjà celle qui était alors ma compagne me dire gentiment à l'oreille : "il y en a marre de cette poubelle ! Elle est toujours en panne et je n'ai même pas pu en profiter !" Que répondre à ça ? C'est vrai qu'elle n'est jamais montée à bord (ou si peu) et que cela fait quelques mois que Titine est en salle d'opération. Je ne peux donc la blâmer d'émettre de telles critiques. Même si j'essaie de lui sortir certains arguments de défense de derrière les fagots, je sais qu'elle a entièrement raison. Cela ne fait que rajouter à mon désarroi.

Au fait, pourquoi dis-je toujours "celle qui était alors ma compagne" et pourquoi ne pas l'appeler "celle qui allait devenir mon épouse" ? Il faut savoir que ce changement de statu, sans en être tout à fait convaincu à l'époque, lie intimement l'avenir de Titine à notre passage devant Monsieur le maire.

Deuxième gros malaise :

Nous voilà donc en mai ou juin 2013. Titine vient de réintégrer le domicile avec un cœur plus neuf que jamais. Tout brille, même le carburateur ! Les parties noires ont été repeintes ou nettoyer à fond (filtre à air, cache culbuteurs etc...). Tout parait nickel (encore le mot paraître).

  

Déjà, je sens monter en moi une vague de bonheur. Vite, il me faut l'essayer ! D'abord un petit tour de quartier ! Il ne faut pas trop la brusquer ! Elle est encore en convalescence ! Heu... en rodage. Puis un tour du canton. Tout va bien mis à part le ralenti qui n'est pas stable. C'est peut-être une question de réglage du carburateur (remarquez le "peut-être"). Ah, quel plaisir de se retrouver de nouveau la casquette au vent (et oui, j'ai adopté ce type de couvre-chef pour affronter le blizzard qui souffle dans l'habitacle). Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. C'est même dans cet état d'esprit que j'inscris Titine à la Traboulée, une bonne petite balade entre anciennes et en convoi dans Lyon.

En attendant, je prends la décision de la faire rouler le plus possible pour la rôder. Il faut dire qu'aller à Lyon (40 km d'autoroute) puis monter à Caluire et se balader en ville à travers la circulation ne sera pas une mince affaire, surtout pour un moteur qui n'a même pas passé l'âge biberon. Je pars donc le plus souvent possible en direction de Chalamont, une belle route avec peu de déclivités et de belles lignes droites qui permettent à Titine de se maintenir à un régime correct et relativement constant. L'idéale quoi ! J'aurai dû me méfier la fois où, arrivé à Chalamont, un des 4 cylindres décida brusquement de se mettre en grève sans préavis. Constat : la bougie du cylindre 4 est noyée. Un petit coup de nettoyage de cette foutue bougie et hop, c'est reparti ! C'est l'avantage de ces voitures ! On peut les dépanner au bord de la route à condition, comme moi, de transporter un atelier complet dans le coffre.

La Traboulée :

Juillet 2013. Titine et moi attendons d'autres anciennes à un péage de l'autoroute A 42 pour rejoindre Lyon. Malgré un ralenti qui joue toujours au yoyo entre 400 et 2000 tours/ minutes, tout va bien. L'air est humide et frais mais qu'importe, quand on aime on ne s'attarde pas à ce genre de détail. Avec un peu de retard sur l'horaire fixé, un petit groupe de 3 anciennes nous rejoint. Dans ma tête je me dis : ça y est, l'aventure va commencer. J'entendais par "aventure", un premier regroupement autour d'un café à Caluire, une bonne petite balade agrémentée par d'autres petits regroupements sympas dans Lyon sous les applaudissements de quelques aficionados heureux de nous voir, puis un pique-nique au soleil dans le parc du musée Malatre à Rochetaillée sur Saône ! En réalité, c'est presque ça! Je dis presque car Titine n'est pas dans son assiette. Elle commence par me refaire le coup du cylindre en grève, mais cette fois sur l'autoroute, en partant. Bizarre ! Après un arrêt sur une aire de repos, auscultation des bougies et... toujours le cylindre 4 noyé. Un petit coup de nettoyage et tout le monde repart. Pas pour très longtemps car en pleine côte, ce foutu gréviste revient à la charge. Mais qu'est ce qu'il revendique? Tant pis, je ne peux pas demander aux autres de s'arrêter toutes les 5 minutes. C'est donc sur 3 pattes que nous montons à Caluire pour le premier regroupement. Je jongle avec l'accélérateur (pour ne pas caler à cause de ce maudit ralenti), avec l'embrayage (pour éviter de trop faire brouter Titine à cause du gréviste) et avec le frein (pour éviter d'embrasser l'arrière de la MG qui me précède), le tout simultanément et avec 2 pieds seulement (j'ai beau être un extraterrestre comme l'affirme ma compagne, je suis normalement constitué). Nous arrivons enfin à bon port. Sur place, je tente un petit tour sous le capot, histoire d'aller un peu plus loin dans mes investigations. A part la bougie qui ne sait pas nager (elle se noie tout le temps), je ne trouve rien. A partir de là, on met tout en doute ! Est-ce un problème d'allumage ? (c'est possible), de carburation? (moins probable vu la configuration de l'admission) ou de compression? (pourquoi ? Tout est neuf). Rien ne me parait évident. Vu le lieu où nous sommes, seul l'allumage peut être vérifié (et encore). Je décide donc de nettoyer une fois de plus cette foutue bougie mais sans grand espoir. Je vérifie le faisceau d'allumage mais rien ne saute aux yeux. Bon ! Je refuse de baisser les bras et puisque le quatrième cylindre ne veut pas travailler, et bien qu'il reste dans son coin ! Ce sera comme dans la fonction publique, les autres travailleront pour lui. C'est donc sur 3 cylindres que Titine monte à la Croix Rousse, descend vers St Jean, circule dans Lyon, Villeurbanne et Gerland, remonte dans les contreforts des monts du Lyonnais et se dirige péniblement vers Rochetaillée.

Pour couronner le tout, le ciel est devenu si menaçant qu'il faut remettre la capote en abordant les quais de Saône. Manquerait plus qu'il pleuve !

Arrivé à destination, je suis presque soulagé. La pluie s'est manifestée pendant le pique-nique pour faire corps avec le cylindre gréviste et pour me faire ch... ! Comme il est prévu de visiter le musée en guise de digestif, je profite de cet intermède pour faire retomber la pression. De retour de la visite, je m'aperçois que beaucoup de conducteurs ont levé le camp et notamment, ceux qui sont venus avec moi. C'est donc seul que je reprends la route du retour, sous une pluie battante, avec une capote qui laisse passer l'eau au niveau du pare-brise et derrière les sièges, des essuies glaces qui font la grève du zèle (balayage très lent pour ne pas laisser une goutte d'eau sur leur passage) et un éclairage qui ne connait que la position feux de position. Pour ce dernier, la position feux de croisement amène irrémédiablement la température du fusible au delà de ce qu'il peut supporter.

Malgré cela, je me sens bien . Titine me ramène à la maison, péniblement certes mais je sais qu'elle ira jusqu'au bout (après tout ce qu'elle vient de subir...!). Je tente quand même un baroud d'honneur en m'arrêtant une dernière fois sur une station d'essence vers Neuville sur Saône pour nettoyer la bougie à l'abri d'un toit qui protège les pompes à essence. En reprenant la route, je me surprends à rêver que le gréviste a repris le travail, car le petit moteur tourne de nouveau rond. Cependant, je ne me fais pas trop d'illusions. Une panne ne disparaît pas d'un coup de chiffon et de brosse magique. Cependant, le simple fait d'entendre le doux ronronnement des cylindres réunis me fait monter une bouffée de plaisir. Je me rappelle avoir eu cette réflexion : "tout kilomètre parcouru dans ces conditions est un kilomètre de galère en moins". Comme il m'en reste encore une quarantaine à faire, je peux espérer avaler une bonne partie du trajet tranquillement. Titine roule pendant presque 10 km avec l'ensemble de ces 4 cylindres quand soudain, l'autre râleur décide de repartir dans ses revendications. Tant pis! Je rentre comme ça ! La journée s'achève donc sous la pluie et à bord d'une Titine malade mais courageuse. Quand je vous disais que l'aventure commence...

Une recherche de panne laborieuse :

Bon, c'est pas tout d'être rentré, il faut trouver ce que revendique cylindre N°4. Première manip, je change le faisceau d'allumage et les 4 bougies. Monsieur "Oscar", bien connu des mécaniciens privés adeptes du Web, a ça dans son magasin. Résultat : après ce remplacement, pas de retour au travail du contestataire. Deuxième manip, changer la tête d’allumeur ! Toujours aucune amélioration. Un doute m’assaille ! Et si c’était de l’huile qui noie la bougie ?

"Allo JP ! Que penses-tu de mon diagnostic ? " Peu probable " me dit-il ! Il faut regarder les compressions ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Après lui avoir emprunté l’outil adéquat, vérification des 4 cylindres. Rien de remarquable. Le contestataire est même légèrement meilleur que ses 3 frères. Quelle guigne ! Où chercher ? Si de l’huile arrive à la bougie, il faut chercher par où elle peut transiter. Un guide soupapes ou un segment cassé ? L’envie de déculasser me démange, mais le fiston m’en dissuade rapidement. Nous sommes dans le domaine du TPPC (Touche Pas ça Petit Con). Comment voir ce qui se passe dedans sans démonter ? Reste l’outil du proctologue, celui qui pénètre par le petit trou pour voir ce qui se passe à l’intérieur. Autrement dit, un endoscope. Il se trouve que, bien que n’étant pas dans la partie médicale, j’ai un engin de ce type. Les mécanos amateurs savent que, quand on bricole dans un moteur, il y a toujours un écrou, ou une pièce indispensable qui tombe en suivant la loi de Murphy, à savoir dans un endroit inaccessible et bien à l’abri des regards. C’est après avoir été confronté moult fois à une telle situation que j’avais décidé d’acquérir ce matériel. Ce dernier possède un petit écran et fonctionne de façon autonome avec des piles. Sa ressemblance avec l’outil médical s’arrête au principe suivant: une fibre optique souple reliée à un capteur et deux autres fibres pour guider la lumière issue de LED, le tout servant à éclairer le lieu d’observation. Tout cet ensemble est glissé dans un petit tuyau souple annelé qui pourra se contorsionner dans les recoins inaccessibles.

 

C’est donc par le trou de la bougie que je fais pénétrer le petit tuyau. Impossible de voir l’intégralité du piston à cause du manque de souplesse de mon engin (je parle de l’endoscope évidemment). Cependant, en comparant le cylindre rebelle et le travailleur d’à côté, il y a une différence de couleur. « Pas suffisant comme preuve » me disent en cœur mes deux chirurgiens mécanos. « C’est peut-être de l’huile mais cela ne nous dit toujours pas d’où elle vient ». « Si c’est un guide-soupape, il faut vérifier avant de déculasser » me soumet JP. Le seul moyen pour ça, retirer les pipes d’admission. C’est donc avec un regard dubitatif que j’analyse ce qu’il va falloir démonter.

Bon ! A première vue, ça parait simple (toujours se méfier du « à première vue »). Il faut retirer les manchons souples qui relient les pipes d'admissions à la culasse. Hé oui ! Sur ces moteurs, la partie carburateur plus pipes d'admission n'est pas fixée directement sur le bloc moteur mais est reliée à ce dernier par 4 manchons (1 par cylindre). Ces derniers sont fait d'une matière qui ressemble à celle des durites d'eau. Pour moi, ce démontage est une première sur Titine car jusqu'à présent, je n'avais pas eu le droit de toucher. C'était réservé à mon duo de chirurgiens. Quel plaisir de pouvoir enfin mettre les mains dans le cambouis ! Quand je dis cambouis, c'est une façon de parler parce que, pour ce qui concerne Titine, tout a été nettoyé à fond lors du remontage. Ce ne sont pas les quelques 300 km parcourus depuis sa réintégration au domicile qui ont pu "cochonner" quelque chose. C'est alors plein d'espoir que je m'attaque à ce chantier. Je pensais naïvement que sur ces moteurs, les designers des années 70 n'avaient pas encore été frappés par la maladie qui consiste à faire ch...r tout amateur de bricolage qui souhaiterait se dépanner avec de simples outils en dehors du réseau du Lion. Que nenni comme dirait mon ami Francis ! Cette foutue maladie avait déjà commencé à leur ronger les neurones. C'était moins flagrant que pour les modèles des années 2000 mais à l'époque, ils avaient déjà trouvé l’astuce vicieuse de maintenir le carburateur par deux pattes métalliques, reliées entre elles à une des extrémités d'un sillent bloc, lui même vissé par l'autre extrémité sous le collecteur d'admission. Bon ! Vous allez me dire : "Et alors ?". Ben, sachez que si on veut dévisser cet écrou, il faut être muni de mains non potelées de bébé contorsionniste pour passer entre les différents organes comme le maître cylindre de frein, les tuyaux du récepteur d'embrayage, les durites d'eau... et j'en passe. Tout ça, bien évidemment, dans une position où vous commencez à regretter d'avoir entrepris ce chantier après déjeuner (rapport à la compression que vous faites subir à votre estomac en vous vautrant sur l'aile gauche de l'auto). C'est aussi sans compter avec le risque de voir vos dents goutter du cache culbuteur après que vos pieds aient quitté malencontreusement le sol suite à cette foutue loi physique qui précise que l'équilibre d'un corps n'est assuré que lorsque le centre de gravité ne sort pas de la base de sustentation. Mesurant 1,80 m, j'arrive très vite à ce point de non équilibre en me couchant sur l'aile de Titine. Autre solution, désaccoupler les deux fameuses pattes côté bloc moteur. Mais là aussi, il faut essayer de passer une clef à rallonge entre les pipes d'admission, rallonge fine qui irait jusqu'au niveau du carter d'huile : pour les non-initiés, plus d'une trentaine de centimètres. Hélas, malgré ma panoplie du parfait mécano, je n'ai pas ça. C'est donc en m'arcboutant sur l'aile et en passant mes mains où, il faut se rendre à l'évidence, les designers n'avaient pas prévu qu'un fada essaierait de passer en force, que j'atteins ce foutu boulon pour le desserrer quart de tour par quart de tour. Quel idée de mettre des boulons aussi longs ! Après avoir mis mes petites menottes dans le même état que celles de la malheureuse assistante vétérinaire qui croyait naïvement qu'elle pouvait maîtriser à mains nues, notre vieille chatounette pour lui retirer des points sans anesthésie, je réussis enfin à désolidariser l'ensemble pipes carbu du moteur. Reste plus qu'à désaccoupler les manchons cités plus haut. Pour démonter, pas de problème. Il suffit de tirer dessus en s'aidant d'un tournevis pour décoller les premiers centimètres. Mais pour le remontage, ce sera une autre paire de manches. J'en eu la confirmation un peu plus tard.

Les manchons retirés, il me reste encore à inspecter l’orifice ainsi dégagé. Là aussi, il y a une petite différence de couleur mais rien de probant.

  

J’aurais aimé voir couler de l’huile comme lorsqu'on presse un beignet trop gras de chez Macdo. Mais là, rien de tout ça. Il y a de quoi s’arracher les cheveux (s’il m’en restait sur le caillou). Nous sommes déjà au mois de septembre et aucun test n’a abouti. Pourtant, ça phosphore chez JP. Malgré toute son expérience de moteur capricieux, impossible de trouver pourquoi le cylindre sournois se plait à noyer sa bougie. C'est donc la mort dans l’âme que nous prenons la décision de soulever la culasse. Manque de bol, au même moment, JP prend une autre décision : transférer tout son matériel vers son ancien local. Titine restera donc quelques temps à la maison avant de retourner chez son médecin favori.

Après le retrait de la culasse, une nouvelle chape de plomb me tombe sur les épaules (ça finit par être lourd tout ça). Le cylindre numéro 4 n’est pas gréviste mais bien malade, voir mourant. Sa chemise toute neuve est rayée comme un 45 tours passé sous les roues d'un 35 tonnes, et les segments de son piston sont brisés comme mon moral. Oh rage ! Oh désespoir ! Oh jeunesse ennemie ! N’en ai-je donc trop bavé que pour cette connerie... Bon, c'est pas du Corneille (l'écrivain, pas le chanteur), mais cela retranscrit bien l'état d'esprit dans lequel je suis à cet instant ! Une nouvelle opération à cœur ouvert s’impose donc afin de trouver la cause de ces dégâts.

Là, il fallait vraiment l’œil averti des deux chirurgiens pour voir le défaut ! Un tout petit défaut qui, comme l’effet papillon, a eu de grandes conséquences. La bielle du cylindre incriminé présente un voile, pas forcément visible à l’œil nu mais flagrant lors d’un passage sur le marbre. Conséquence : le piston ne remontant pas droit dans sa chemise, ceci a eu pour conséquence de raboter les segments, puis la chemise, laissant passer l’huile dans la chambre de compression, arrosant au passage, la malheureuse bougie qui n’était pas formée pour brûler ce liquide visqueux. Je vois déjà vos réactions : "mais ça devait fumer bleu côté échappement !" . Ben non ! Car pour fumer, il aurait fallu qu'il y ait combustion et je vous rappelle que la bougie se noyait rapidement, avant de faire pouf ! Peut-être qu'il y a eu quelques signaux pour les Indiens mais je n'ai jamais eu le regard tourné du bon côté au bon moment.

  ANNEE 2014

Recherche désespérément...!

Le mal trouvé, j'ai dû attendre quelques temps pour que la bielle handicapé, la chemise inutilisable et les segments cassés soient remplacés par du neuf. L'attente fût longue car il a fallu attendre la fin du déménagement de JP, mais la réparation a été rapide. Par contre, le malheureux joint de carter de distribution, fatigué d’être monté et démonté, rendit l’âme lors de ce troisième remontage. Je croyais pouvoir trouver facilement son remplaçant sur Internet…Et bien Nada! Personne n’a ça en stock ou au fond de son garage. Ah ! Ça commence à bien faire. Alors que mon moral prend une inclinaison négative en direction de mes chaussettes, accentué par des remarques du style : « t’aurais pas dû l’acheter », « je monterai jamais dedans car j’aurai plus confiance », l’espoir revient lorsqu'un collègue me donne l’adresse d’un gars qui est réputé pour avoir plein de pièces de Peugeot et de Citroën. Un petit tour dans son magasin (dans son fourbi devrais-je dire) me fait vite déchanter dans un premier temps. Il a des pochettes pour d’autres modèles de Peugeot ou de Citroën mais pas pour 304. Par contre, il a du joint en rouleau. L’idée de fabriquer moi-même l’objet manquant me redonne l’espoir. Et là, allez savoir pourquoi, ma bonne fée intervient. Un vieux bonhomme, au look proche de celui du père Fourra (sans la robe), sans doute perdu dans ce capharnaüm depuis les années 20 (1920) sans jamais avoir retrouvé la sortie, m’interpelle pour me dire (sans rire) : « il me semble que j’ai vu une pochette de joints pour un XL3S il n’y a pas si longtemps » ! Il m’emmène donc dans l’arrière-capharnaüm, encore plus mal rangé que mon bureau (difficile à croire), là où les araignées n’ont pas dû voir d’humains depuis Neandertal. Impossible d’imaginer que Mathusalem ait pu entrevoir la moindre pièce dans ce cloaque. Avec beaucoup de suspicion et de respect pour son âge canonique, je le laisse soulever des tôles, des carters, des caisses et autres objets indéfinissables, tout ça sous des étagères dont la surcharge me laisse envisager qu’un simple éternuement pourrait se transformer en véritable cataclysme. M….de, les miracles existent donc vraiment ? Sur le coup, me voilà prêt à prendre la soutane ! Mes yeux ébahis voient, dans les mains calleuses de ce vénérable ancêtre, une pochette, certes pas très fraîche, mais complète, de joints de 304. Impensable ! Comment ce Dieu vivant a t-il pu savoir que dessous ce brique à braque (même un gitan cleptomane en manque de rapine n’aurait jamais osé s'en approcher), il y avait une pochette de joints d’époque, avec le prix écrit encore en Francs ? Je n’en reviens toujours pas. Je pense qu’à force de chercher la sortie, il a dû passer des milliers de fois par les mêmes endroits, mémorisant ainsi les moindres détails de ce qui était devenu son univers. Le prix aussi est surprenant car pour une quinzaine d’Euros, je repars avec mon trophée rejoindre Titine chez son médecin. Fière comme Ulysse rentrant de ses épopées (un rigollot à côté de ce que je viens de vivre) je rapporte, au garage, l'objet tant convoité plus le carter de distribution que m’avait confié mon fiston comme modèle. Reste plus qu’à finir le remontage.

Premier tour de l'Ain raté...

Entre temps, j’ai inscrit Titine pour qu'elle fasse partie de la caravane du tour de l’Ain cycliste qui se déroule en août 2014. Compte-tenu du retard pris dans le remontage, c’est en tant que passager d’une Porsche 944 que je prends part à cette manifestation.

La veille du tour, Titine est revenu à la maison mais impossible de lui faire subir cette épreuve, trop contraignante pour une convalescente. Sans compter qu'il faut que je règle encore plusieurs problèmes, certains mineurs, d’autres carrément gênants. Je vous les ai passés sous silence aux vues de ce que nous avions vécu, Titine et moi, depuis 2 ans, mais il faut bien en parler un jour.

Réparations ...

Mis à part les reposes têtes manquant que je finis par acheter, après deux ans de recherches intensives, chez un particulier en régions parisienne (non recouvert de leur Skye naturel) et le pare soleil côté passager trouvé sur Internet, il faut encore régler quelques dysfonctionnements et effectuer certaines réparations de carrosserie.

Côté carrosserie, le remplacement des tapis de sol, ou tout du moins ce qu'il en reste, semble plus qu’indispensable. Ces derniers ressemblent à la literie d’un jeune pitbull qui n’a rien trouvé d’autre pour se faire ses dents. Ce sont en fait des morceaux de ce qui avait dû être un tapis de sol que l’on avait regroupés là, au hasard sur le plancher, recouvert d’un autre tapis sans doute acheté chez le chat blanc aux yeux vert (déjà cité plus haut) quand cette enseigne fût créé. Je commande donc de nouveaux tapis « spéciale 304 cabriolet » chez un spécialiste et un grand tapis caoutchouc (conçu pour ce modèle) chez un particulier.

Ayant reçu toute ma commande, je m’empresse de vérifier si tout est bien conforme. Côté chauffeur, tout est au top ! Ce côté de l’habitacle a maintenant fière allure. « Faisons la même chose côté passager » me dis-je plein d’assurance. Oups ! Enfer et damnation ! Après avoir retiré les lambeaux du tapis, je vois…. Devinez quoi ? Le sol ! Pas celui de la voiture, mais celui en gravier situé sous la voiture. Autrement dit, le plancher côté passager n’existe plus qu’en rêve. Il reste cependant quelques bouts de tôles qui retiennent les restants de tapis mais c’est tout. Allo JP ! « Peux-tu me remplacer ce semblant de plancher par une tôle plus solide » ? « Pas de problème » me dit le brave garçon ! « Il faudra seulement attendre samedi car pour l’instant, j’ai trop de boulot ». Quelle chance que j’ai de l’avoir connu ce JP !

Le samedi en question, je lui apporte Titine et la réparation est faite dans la journée. Me voilà rassuré sur le confort de mes futurs passagers. Il aurait été fort dommageable de les faire participer au freinage à l’aide de leurs semelles de chaussures !

Après la mise en place des tapis de sol, je me mets à rénover le reste des revêtements intérieurs et notamment, les tapis qui longent les portières et les côtés sous le tableau de bord. Pour cela, j'ai acheté de la moquette noire à poils raz, comme celle que l'on trouve dans pas mal de voitures des années 70. Je prends soin de faire de belles découpes et de masquer le plus possible les raccords. Le résultat correspond bien à mes attentes. Il commence à avoir une meilleur allure mon petit cabriolet !

Reste toujours le problème du ralenti et du démarreur.

 

Réparation démarreur :

Ah oui, le démarreur ! J’ai omis de vous parler de cet olibrius. Je ne sais pas à qui appartenait Titine avant, mais de nombreuses fonctions ont pris la sale manie de se mettre en grève quand on a le plus besoin d’elles. C’est notamment le cas du démarreur. Ce dernier choisit toujours le moment le moins approprié pour partir en revendication. En langage clair: un refus obstiné de sa part, de se mettre en rotation pour lancer le moteur. La plupart du temps, j'entends bien les clac, clac de son lanceur quand je tourne la clef, mais son travail ne va pas plus loin. Pour le forcer à remplir sa mission, je suis obligé de passer la quatrième et par des mouvements de va et vient (pas forcément ridicules) des roues, j’arrive "parfois" à débloquer cet adepte du débrayage intempestif. Parfois, il remplit sa mission plusieurs fois de suite, me laissant espérer qu’il a enfin compris ce que j’attends de lui. Que nenni ! Le bougre est aussi capricieux qu’une starlette de cinéma. Compte-tenu qu’il est aussi fiable qu’un mange disque chinois, je décide de le sortir de son logement et de le trépaner pour le remettre au boulot. Une opération que j’appréhende particulièrement vu l’endroit où il dort. Pourtant, mis à part le démontage de la moitié de ce qui se trouve sous le capot pour le sortir, l’opération se fait sans trop de douleur.

Une fois sorti, je passe le forban sur la table de dissection.

Euréka. Le défaut me saute aux yeux comme un morpion sur un poil… (Cela doit rester un récit lisible par tous). Quelques menues brindilles métalliques, coincées sur le collecteur à charbons, viennent mettre en court-circuit certains enroulements du rotor.

Un petit coup de papier de verre très fin sur le collecteur et un petit coup lame de cutter entre chaque lamelle de cuivre de ce même collecteur et le tour est joué.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reste plus qu’à refermer la partie opérée (sans oublier de graisser avec parcimonie toutes les pièces en mouvement) et Titine va retrouver un démarreur beaucoup plus docile.

En effet (et je touche du bois) celui-ci a retrouver un fonctionnement tout à fait correcte.

La carburation...

Revenons à l’autre problème récurant : le ralenti. Impossible de rouler confortablement avec un régime moteur qui oscille entre zéro et 2000 tours minutes à chaque stop ou feu rouge. J’ai appris à dompter la bête en jouant avec les trois pédales et mes deux pieds mais ce n’est pas très sérieux. J’entreprends donc de faire une recherche de panne. Tout y passe ! Le démontage complet du carburateur, le remplacement des joints et d’une membrane, le contrôle du jeu des axes, la planéité des plans de joint … Tout ! Mais rien à faire, le défaut persiste. J’entreprends donc une manip qui me rebute, et pour cause : le remplacement des manchons d’admission. Je suppose que l’un d’entre eux peut être responsable d’une entrée d’air. Car c’est bien de ça dont il s’agit… une entrée d’air ! Mais où ?

Après avoir reçu les manchons neufs commandés sur la toile, j’entreprends le démontage des anciens. Cette opération se passe avec les même galères que la première fois (je ne vois pas par quel miracle les choses auraient changé), griffures de mains comprises. Cette fois, je profite de ce que tout soit démonté pour vérifier le bloc des pipes d’admission. Malgré une inspection minutieuse digne d’un fonctionnaire du fisc épluchant les comptes de Florent Pagny, je ne trouve rien de suspect. Tout est nickel et très propre. Etape suivante : remettre les manchons neufs ! C'est là que je rencontre une deuxième galère. Il faut emmancher de force et simultanément, les 4 manchons en poussant les pipes d’admission en direction du bloc moteur.

Ce qu'Il faut savoir, c'est que ces manchons, relativement souples à chaud mais rigides à froid, (surtout quand ils sont neufs) ont la fâcheuse tendance à se replier sur eux même au niveau de leur emmanchement sur les parties mâles.

Ces replis empêchent toute pénétration de la partie femelle (les manchons) dans la partie mâle (les pipes). Pour corser la difficulté, les concepteurs de cette merveille de technologie n’ont rien trouvé de mieux que de placer des boursouflures au niveau de la pénétration de 2 pipes dans les manchons, rendant cette pénétration encore plus délicate. Une heure plus tard et 2 kilos en moins (à cause de la transpiration), les 4 manchons ne sont toujours pas à leur place. Ah oui, j’ai oublié de préciser que ces manchons doivent être serrés sur la culasse et les pipes par 8 colliers métalliques. Détail qui a son importance puisque les dits colliers se placent autour des manchons, sans serrage, et avant tout début d'assemblage. Pourquoi est-ce important ? Tout simplement pour que vous imaginiez que, guider quatre manchons avec deux mains, tout en poussant les pipes d’admission vers le moteurs en maintenant les 8 colliers (2 par manchons), ceci pour éviter que ces derniers n’aillent se balader dans le bas du moteur (de préférence dans un endroit bien planqué où même la lumière n’ose pénétrer), ressemble plus à un numéro de jonglage qu'à l'intervention d'un mécano. Comme évoqué plus haut, j’ai beau être un Alien, je n’ai que deux bras prolongés par deux mains qui, en l’occurrence, ont été mises à rudes épreuves dans cette manip. Evidemment, tout ça se fait en comprimant un maximum l’estomac sur les bords de l’aile. Ah ! Joie de la mécanique, quand tu nous tiens… Soudain, il me vient une idée de génie ! Puisque les manchons sont plus souples à chaud qu’à froid et donc plus faciles à emmancher, pourquoi ne pas les monter en température ! Pour cela, il me faut une source chaude que je pourrais amener au plus près du compartiment moteur. J'envisage le sèche-cheveux mais chauffer suffisamment les quatre manchons simultanément avec un appareil que je n'utilise plus depuis ma calvitie naissante, me semble techniquement peu réaliste. Pourquoi ne pas les plonger dans de l’eau très chaude ? J'adopte cette solution qui me semble pertinente (normal, puisque c'est moi qui l'ai trouvée). Il me faut donc trouver un récipient suffisamment grand pour chauffer les 4 manchons à la fois et que je pourrais placer sur le gaz pour la montée en température (bannir donc tout récipient en plastique). En passant en revue toutes les cases mémoires de mon cerveau (ce qui est vite fait), je me rappelle avoir conservé une poissonnière (pas la femme … la casserole) dans la cave. Heureusement, je ne suis pas responsable du rangement de cette dernière ce qui me permets de retrouver rapidement l’objet convoité. Les grandes dimensions de cet ustensile de cuisine collent tout à fait à l’usage que je veux en faire. Il faut savoir, parfois, détourner les objets de leur fonction première. De toute façon, rares sont les occasions où nous faisons cuire un gros poisson entier. Une fois la casserole remplie, je mets l'eau à bouillir sur la cuisinière puis je plonge mes manchons dans le liquide frémissant (après les avoir raccordés et serrés un par un sur les sorties de la pipe d’admission). Arrivée en température, je porte le tout vers le capot ouvert de Titine afin de présenter l’ensemble devant les orifices de la culasse. Youpi ! Les manchons pénètrent dans leur logement respectif comme papa dans maman. Quel con je suis de ne pas y avoir pensé plus tôt ! Au passage, je me suis quand même cramé les mains en prenant l’ensemble d’admission qui est en métal. Comme chacun le sait, quand on plonge un corps métallique dans l’eau chaude, mis à part le fait qu’il coule, il chauffe aussi. J’aurais peut-être du prendre des gants. Bon ! Après avoir remonté le tout, place aux essais.

Déception, le canard est toujours vivant. Aucune amélioration constatée. Je commence à voir rouge. La perspective de transformer ce foutu carburateur en missile balistique m’effleure quelques instants l’esprit. Je suis pratiquement sûr, à présent, que le défaut ne peut venir que de lui. Il faut trouver une solution !

Je vois déjà poindre les critiques ! « Mais alors, elle est toujours en panne ta caisse ! » Et moi de vous répondre : « p’t’être ben qu’oui ou p’t’être ben que non » ! Réponse de vieux normand que je vais de suite éclairer. Certes, Titine n’est pas au mieux de sa forme mais cela ne m’a pas empêché de faire de belles sorties en cette année 2014. M’étant inscrit dans un club de voitures anciennes (le CMBA) l’année précédente, il n’était pas question de laisser passer de belles occasions de rencontres sympathiques. Etant devenu un virtuose du « concerto à trois pédales et deux pieds » et du « un pas en avant, un pas en arrière » pour remettre ce fainéant de démarreur au travail quand il a décidé de faire un somme (avant sa réparation), je gouttais aux joies de rouler, casquette au vent et en convoi sur les belles routes de ma région. Quel plaisir de pouvoir profiter de toutes ces bonnes odeurs qui jonchaient nos balades ! Odeurs de foins fraîchement coupés, de fleurs sauvages, de forêts humides, de buis … etc. Même si parfois, c’était celle de l’échappement d’une des voitures du club, rien ne m’aurait fait recapoter. Mes collègues avaient fini par accepter cette petite voiture blanche capricieuse mais si attachante. Parfois même, ils m’évitaient le pas de deux en poussant Titine pour lancer le petit 1300 sans réveiller l’autre faignasse (je parle du démarreur… vous aviez compris !). Rien que pour tout ça, je ne regrettais pas mon investissement. Je savais de toute façon qu’une Peugeot de plus de 40 ans ne pouvait reprendre du service sans anicroche. J’étais donc heureux de partir à son volant le matin à la fraîche, de faire des centaines de kilomètres au son bien particulier de son petit 1300, son grave quand j’appuyais sur le champignon pour ouvrir le double corps (m’informant au passage que j’étais en train d’enrichir les actionnaires de chez Total), plus aigu quand le régime établi maintenait l’aiguille du compteur autour du 100 (90 chrono), plus hurlant quand je tentais un frein moteur dans une descente un peu trop raide pour économiser plaquettes et tambours, son d’ailleurs identique quand je tentais un passage rapide en troisième pour lui faire cracher ses 74 cv ( il les fallait bien tous pour rejoindre les Porsche, Chevrolet Camaro, Ford Mustang et autres 309 GTI qui avaient pris quelques avances à la suite d’un faux plat). Depuis que j’avais trouvé et réparé le responsable de la fusion du fusible d’éclairage, je ne craignais plus de rentrer après la nuit tombée, chauffage à fond sur les mains et les pieds mais toujours capote baissée.

C’est donc avec un peu de nostalgie que le soir, en rentant à la maison, je devais recouvrir Titine de la bâche achetée spécialement pour elle, bâche qui la protégeait de la pluie et du soleil quand elle dormait tranquillement sous son abri ouvert aux 4 vents.

 ANNEE 2015

Relooking obligé...

L’hiver 2014, 2015 étant là, je laisse passer quelques temps sans rien faire côté moteur. Cependant, quelques éléments d’habillage, comme la calandre et les repose-têtes, mériteraient un petit relooking. Il faut aussi remplacer la capote qui présente des signes de fatigue (les trous sont-ils un signe de fatigue ?). Ces réparations deviennent même urgentes puisque nous avons décidé, ma chère et tendre future épouse et moi-même, que Titine sera la voiture de la mariée. Et oui, nous avons prévu de convoler en justes noces au mois de mai 2015, après plus de 10 ans de vie commune dans le pêché et une amitié de plus de 30 ans.

La capote...

Pour la capote, certains fabricants spécialisés proposent, dans leur catalogue, des modèles adaptés à un grand nombre de véhicules, soit en vinyle, soit en alpaga. La Peugeot 304 faisant partie des voitures dont les capotes sont disponibles en stock, je choisis d’en commander une en Vinyle (il ne faut pas susciter la convoitise). Après réception de cet élément couvrant, je décide d’attendre une journée ensoleillée pour démonter l’ancienne et mettre en place la nouvelle. Il vaut mieux qu’il fasse chaud pour ramollir le vinyle.

C’est donc par une belle journée de mars 2015 que je me lance dans cette aventure qui, tout compte fait, ne se passe pas trop mal. J’ai dit « pas trop mal », je n’ai jamais dit « sans soucis ». Je rencontre juste un premier petit problème en voulant démonter la barre centrale servant à tendre la capote dans son centre. Gougnafier premier a dû se trouver à court de vis lors de sa pseudo remise en état de Titine car il a remplacé celle maintenant la barre côté droit par une vis à tête fraisée et emprunte droite (démontable avec un tournevis plat). Que s’est-il passer par la suite ? A-t-il serré cette vis avec un couple capable de faire tourner une fusée Saturne 5 sur sa base ? A-t-il utilisé de la colle Cyanoacrylate pour bloquer le filetage (vous savez, cette colle servant à coller des chaussures au plafond avant que leur propriétaire cravaté n’ai eu le temps de les retirer ?). Difficile à dire mais le résultat est là : impossible de retirer cette vis. Tant pis, je la laisse ! Je ne vois pas en quoi cela peut être gênant ! La barre étant libre côté gauche (la vis de ce côté ayant pu être démontée), je retire l’ancienne capote sans problème. Je pense naïvement que l’opération inverse doit être aussi facile. Encore une fois « que nenni ». Si pour le démontage la gravité vous aide, car le poids de la capote l’attire vers le sol, l’aidant ainsi à glisser, cette même gravité devient fort handicapante pour le remontage. En effet, il faut essayer d’enfiler cette foutue barre dans une capote dont le passage est à peine plus gros que la dite barre, capote qui se plisse irrémédiablement, rendant la pénétration encore plus difficile, le tout en soulevant une masse importante de vinyle à hauteur du menton (c’est là que la gravité intervient). La barre aurait été retirée, il n’y aurait pas eu de réelle difficulté mais là, elle est encore sur Titine. J’ai beau mettre du lubrifiant comme pour un préservatif qui ne veut pas glisser, la barre ne rentre pas. Je commence à désespérer. Le MacGyver que je suis ne peut baisser les bras devant cette difficulté. Je finis par adopter la méthode utilisée pour enfiler un nouvel élastique dans un slip usagé. En allant lentement, je glisse la barre centimètre par centimètre tout en tentant de supprimer les plis crées par cette insertion à sec (le lubrifiant n’a aucune action positive). Après 2h00 de souffrance, la barre ressort enfin de l’autre côté. Pour le reste du montage, rien à signaler, à part un des câbles qui n'a pas supporté la traction que mes faibles muscles lui ont imposée. Je remplace ce dernier par un câble de vélo dont j'ai adapté l'embout à coup de lime. Un deuxième souci apparaît lors de la fermeture de cette nouvelle capote. Malgré la chaleur encore présente, le nouveau vinyle est trop tendu pour que les crochets d’arrimage à l’avant s’insèrent dans leur logement et soient verrouillés. L’espace d’un instant, j’ai peur qu’à force d’user de toute mon énergie pour gagner les quelques centimètres manquants, la nouvelle capote ne cède dans un craquement sinistre. Mais non ! C’est donc avec un grand soupir de satisfaction que je bascule les deux leviers de blocage après plus d’une demi-heure de fitness. En regardant cette nouvelle capote noire rutilante, je vois qu'un pli disgracieux apparaît au niveau de la maudite barre citée plus haut.

C’est là que je constate que, non seulement elle n'est pas démontable à cause de la vis de Monsieur gougnafier, mais qu’en plus, elle est tordue, ce qui explique le fameux pli. Tant pis ! On reverra ce problème plus tard. Pour l’instant, j’ai d’autres 'chiens' à fouetter (car je ne fouetterai jamais mes chats)...

Retour à la carburation ...

Revenons au carburateur !

Mes recherches sur Internet pour voir si d’autres ont eu des problèmes similaires me poussent à la conclusion suivante : seule la poubelle peut être une suite honorable. Tous classent ce type de défaut comme irréparable. Il me faut donc trouver un remplaçant à ce sinistre individu. Dans un premier temps, Je le remplace, par son petit frère, le simple corps prélevé sur le moteur précédent. Hélas! Même lui présente des défauts similaires.

C’est là que mes quelques neurones, utilisés exclusivement pour la fonction mémoire, se réveillent. Lors de l’achat de mes repose-têtes, mon brave vendeur parisien m’avait laissé entendre qu’il possédait un carburateur SOLEX 35EEISA retiré d’une de ses 304 qui roulait encore juste avant de passer sur le billard.

Après avoir retrouvé les coordonnées de ce brave homme, un coup de fil m’apprend qu’il l’a toujours et qu’il me le vend pour une somme raisonnable. Plus d’hésitation ! En mission à Paris les prochaines semaines, je prends rendez-vous avec mon sauveur.

Le jour retenu, j’arrive plein d’espoir à la Garenne Colombe et à l’heure indiquée. Un exploit en région parisienne compte tenu des aléas techniques et permanents des transports en commun. Il ne manquerait plus qu’une panne de métro me fasse louper le rendez-vous et passer à côté de l’objet tant convoité ! Bon ! J’arrive devant chez lui. Tout se passe bien jusqu’à présent. En sonnant à la grille, Je reprends confiance. Ce Monsieur est bien là et me présente ce fameux carburateur. A première vue, il n’est pas terrible d’aspect (le carbu... pas le monsieur). Que faire ? L’acheter quand-même au risque de me retrouver avec une autre mer… ou en chercher un autre ? Je n’ai pas affronté la foule odorante et tassée de l’underground, et les joies des trains de banlieue pour reculer à quelques centimètres de celui qui pourrait me redonner tout le plaisir de conduire ! Aller, je fais confiance à ce brave homme ! Après qu'il me l’ait emballé dans un coffret de luxe en vinyle haut de gamme (un sac en plastique de chez Auchan) et après avoir réglé la somme convenue, me voilà de retour à mon hôtel situé dans une autre charmante banlieue : St Denis. Là, je prends le temps de l’observer. Le carburateur a bien l’air complet et ce qui dépasse de la crasse ne me parait pas en mauvais état. Il ne manque que la vis pointeau de richesse. Je la récupérerai sur un des deux autres carburateurs. J’ai quand-même hâte de le monter sur Titine.

Dès mon retour, c'est ce que je fais. Compte tenu de mes expériences passées avec l’ancien qui était d’une propreté absolue, je décide de remonter celui-ci tel quel, avec toute sa garniture graisseuse et la vis pointeau extraite du simple corps (l'autre a dû servir de fléchette dans une plaque d'acier vu la qualité de sa pointe). Après l'avoir fixé sur l’ensemble pipes d’admission, et effectué le raccordement des câbles et des durites, c’est le cœur battant que je tire sur le starter et tente un coup de démarreur. Le petit 1300 tousse puis se cale de suite à un régime de 3500 t/mn. Une petite poussette sur le starter et le régime se stabilise à 2000 t/mn. Que le mot « stabilise » est merveilleux. Enfin un moteur qui tourne rond avec un régime régulier ! J’en pleurerai de joie. Je demeure cependant très prudent. Il reste à faire redescendre ce ralenti à 800 ou 900 t/mn via les réglages appropriés. Pour cela, Il faut attendre que Titine atteigne sa température de fonctionnement et lui titiller la petite vis qui va bien. Le cœur battant par crainte de tout gâcher, je tourne lentement la vis du ralenti. Toujours aucun soucis pour cette opération. Petit à petit, le ralenti commence à flirter avec les 1000 puis 900 et enfin 850 t/mn. La vis pointeau ayant été réglée approximativement avant montage, je ne la touche pas. Reste à remonter le filtre à air et ses deux durites et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pour ça, mieux vaut couper le moteur et éviter que la loi de Murphy ne sévisse. Je vous ai déjà parlé de cette loi qui fait systématiquement tomber un objet à l’endroit où il fera le maximum de dégâts, alors que ce dernier aurait pu choisir des tas d’autres coins où sa chute n’aurait rien provoqué ? Le puits béant de l’entrée d’air du carburateur est trop tentant pour une vis ou un écrou souhaitant prendre la poudre d’escampette ! La première casse du cœur de Titine avait sûrement eu ça comme origine, mais à cette époque là, je n‘y étais pour rien.

Aller ! Un petit tour pour essayer ! Quel plaisir de s’arrêter à un feu et de voir l’aiguille du petit compte-tour rester tranquillement autour des 900 t/mn sans avoir besoin de jongler avec l’accélérateur ! C’est décidé ! Même s’il est sale comme les pieds d’un clochard, je ne chercherai pas à nettoyer ce carburateur.

Les reposes têtes :

Bon ! Que me reste-t-il à faire pour que Titine puisse remplir sa mission importante du mois de mai ? Les repose-têtes à recouvrir de vinyle ou de cuir noir ! En effet, impossible d’imaginer la coiffure de la mariée reposant sur une mousse jaunâtre et disgracieuse. J’avais bien contacté un spécialiste de la sellerie voiture mais mon ami JP m'a trouvé une personne très douée pour faire ce genre d’habillement, rapidement et pour moins cher.

Venant de récupérer mes deux repose-têtes, Je ne suis pas déçu par son choix car le résultat s’avère plus qu’honorable.

Qu’elle commence à être belle ma Titine !

Le réservoir :

Dernier point restant et qui m’empêche de profiter du grand coffre de la belle: le réservoir d’essence. Suite aux nombreux problèmes d'encrassement du filtre à essence rencontrés lors des premières sorties (qui me valurent d'investir dans mes premiers outils logés à demeure à l'arrière de Titine), J.P démonta le réservoir d'origine très encrassé et le remplaça par celui d’une Volvo qu'il plaça dans le coffre de façon temporaire (et encombrante). Ce montage provisoire (qui comme tout provisoire a tendance à durer) se justifiait par l'attente du beurrage intérieur en résine du réservoir d’origine (après passage à l'acide pour ôter toute trace de rouille). Ce point, que je n’ai pas soulevé depuis le début de mon récit, car très marginal par rapport aux autres soucis, commence à agacer sérieusement ma chère future épouse. « Où allons nous mettre les valises si on doit partir en balade avec Titine » me dit-elle pleine d’enthousiasme ! Que lui répondre ? « Je vais en parler à JP » lui dis-je pour calmer le jeu ! Hélas, ce pauvre JP, même s’il a fait plus que des miracles jusqu’à présent, se retrouva bien dépourvu, quand le produit eut disparu. Le décapage à l’acide a bien été fait en 2013 mais depuis, plus rien. La société, contactée pour faire le beurrage, ne pouvait plus utiliser le produit prévu, sans doute suite à la décision irréfléchie d’un quelconque rond de cuir, siégeant dans un bureau démesuré par rapport à ses fonctions et sans doute à ses capacités d’analyser la situation dans laquelle il nous mettait, Titine et moi. A l’heure où j’écris ces lignes, la situation est toujours bloquée. Cela ne m’empêche pas de rouler. Mais quand je passe à la pompe, ce qui est relativement fréquent vue l’autonomie de mon destrier, les autres consommateurs me regardent d'un œil étrange lorsqu’il me voit ouvrir le coffre pour dévisser un bouchon d’essence, style aviation, et y glisser le tuyau d’où le liquide onéreux va sortir. Roulant au diesel depuis quelques années, je suis toujours surpris de voir à quelle vitesse le compteur des Euros tourne quand il s'agit de faire le plein avec du Super 98. Je vois déjà vos yeux exorbités me fusiller en criant : "sabotage" ! "Du SP98 dans une ancienne et sans additif, mais vous allez la tuer !" Ben non ! Je vous rappelle que le XL3S de Titine a été refait de A à Z et qu’au passage, mon fiston adoré a remplacé les sièges de soupapes pour que le moteur puisse tourner au sans plomb. Ca vous en bouche un coin hein ?

La voiture de la mariée 1 :

Enfin arrive le beau mois de mai. Nous sommes à la veille de cette journée magnifique que devrait être notre mariage. Je bichonne Titine comme jamais, sans doute, elle ne l'a été. Elle n’en revient pas la coquine et si elle pouvait ronronner de bonheur, moteur à l’arrêt, c’est sûr qu’elle le ferait. Tout y passe. Les chromes, les plastiques intérieurs et extérieurs, les vitres, le tableau de bord, les pare-chocs, les jantes, les enjoliveurs de roues et enfin la belle carrosserie blanche que je Polishe comme jamais je ne l'ai fait. Même les bas de caisse noirs (sans doute pour imiter les lignes à mazout des bateaux) ont vu leurs légères imperfections refaites avec un petit pinceau à maquette. La touche finale est apportée par l’adjonction de jolis rubans verts posés en V sur le capot et accrochés à la calandre par un gros nœud de la même couleur. D’autres nœuds décorent les rétroviseurs et la Véronique chromée du coffre. Pour demain, Il faudra qu’elle soit belle notre Titine... et elle l’est.

Le soir venu, je la couvre de sa bâche pour éviter de la salir et surtout, pour que les mirons de passage évitent de laisser l'emprunte de leurs patounettes boueuses sur la carrosserie ou le pare brise. Tout se présente bien jusque là mais en mon fond intérieur, je ne peux m'empêcher de prier pour qu’elle ne nous fasse pas le coup de la panne ! Si en d’autres temps, celle qui est encore ma future épouse avait appréciée le batifolage parmi les grillons et les sauterelles, je crois que ce jour là, une panne me fera connaître d’autres bestioles, beaucoup plus grosses et moins sympathiques.

Mes craintes s'étaient réveillées quelques jours plus tôt lors du passage au contrôle technique. La date limite de ce dernier était dépassée depuis quelques mois déjà, mais compte-tenu des aléas de fonctionnement que Titine avaient eu jusqu’à ce jour, impossible de la présenter plus tôt à cette visite médicale. Faire accepter Titine au contrôle technique aurait eu autant de chance de réussir que de faire accepter Ribéry à l'Académie française pour son parfait français. C'est donc après avoir réglé tous les problèmes cités précédemment que j'ai pris rendez-vous avec un contrôleur reconnu pour passer des anciennes (Je parle de voiture là). Je l'ai présentée quelques jours avant notre mariage pour être en règle avec la maréchaussée et rouler tranquille en cette merveilleuse journée. C'est là que le brave contrôleur me diagnostique trois défauts nécessitant une contre visite: un gros déséquilibre de freinage sur l'arrière, un phare qui a tendance à prendre la poudre d’escampette dès qu’on le touche et un niveau de liquide de frein trop bas, sans doute en relation avec le problème de freinage.

En ce beau jour, j'omets donc volontairement de mentionner ces défauts à ma future épouse pour éviter de l'inquiéter. Je sais qu'en roulant pépère et en adoptant le comportement requis pour une conduite sure, nous ne risquons rien. Par précaution, comme chaque fois que je sors avec la belle (je parle de la voiture là !), je transforme le coffre de Titine en sac de Marie Poppins ou de Joséphine Ange Gardien, selon vos propres références culturelles. Pour être clair, j'y place toutes mes caisses à outils (au nombre de 3), un bidon d'huile, un bidon de liquide de refroidissement, du liquide de frein, une baladeuse électrique à LED, un multimètre, un stroboscope pour régler l'allumage, un jeu de vis platinées, une tête d'allumeur, quelques durites et tout ça, autour du réservoir provisoire qui tient plus de la moitié du coffre (merci JP). Vous comprendrez facilement que je commence à craindre le pire quand deux jours avant notre passage devant Monsieur le maire, ma Chère et tendre me propose de passer notre nuit de noce à l'hôtel. "Super idée" lui dis-je! en pensant tout bas : "mais où va t’on fourrer les valises» ? Je ne peux sacrifier l'outillage. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de dépanner une voiture avec une valise pleine de sous-vêtements, de chemises, de trousse de maquillage et autre trousse de toilette, mais personnellement, je ne sais pas faire ? Au temps où les femmes mettaient encore des collants, on pouvait encore espérer remplacer une courroie d'accessoire en dénudant les cuisses de madame mais là…! Heureusement, nul besoin de reléguer au second plan ma panoplie du parfait petit garagiste car notre Titine a une ressource de rangement cachée, à savoir, un bel espace juste derrière les sièges, place inutilisable pour transporter les Grimlins que sont nos petits enfants mais suffisante pour deux grosses valises.

 

Dire que je suis cent pour cent confiant en ce beau samedi de mai serait une contre vérité. Les voitures anciennes, c'est un peu comme les vieux: faut pas les bousculer. Aussi, j'ai pris moult précautions pour ne pas contrarier Titine.

Comme la météo n'est pas vraiment sure, nous avons pris la décision suivante: je descends seul à la mairie avec Titine, mais capote relevée (pour une fois). Par tradition, la mariée s’habille en dehors de ma vue et descend peu après dans un autre cabriolet, la non moins capricieuse Peugeot 307CC de son fils ainé.

Mon arrivée sur la place de la mairie interpelle quelques curieux comme chaque fois que je sors mon destrier blanc.

La cérémonie, passée, nous remontons à la maison, ma nouvelle épouse et moi même, à bord de notre petit cabriolet qui tourne comme une horloge. « C’est normal qu’elle fasse autant de bruit » me dit ma dulcinée inquiète ? Elle ne doit plus se rappeler le temps où elle et sa sœur faisaient les folles à bord d’un coupé 304. « Ne t’inquiète pas » lui dis-je plein d’assurance, « elle tourne comme une horloge » ce qui, en l'occurrence est vrai à l'instant présent. Petite séance de photo à la maison puis direction le restaurant à quelques 30 km de là. Toujours capote relevé pour ne pas décoiffer madame, Titine nous amène à destination dans le bruit caractéristique de son 1300 et de son échappement (qui pourrait faire croire qu’il en manque un morceau), plus quelques sifflements strident dû à l’air qui s’engouffre avec furie dans les interstices de sa capote. Quand je dis avec furie, il faut redescendre d’un cran car à moins de 90 km/h, nous sommes loin d’une tempête tropicale. Arrivés à destination, le soleil étant de retour, je m'empresse de descendre la capote toute neuve et de mettre le cache tonneau, (manœuvre que je commence à connaître par cœur vu que Titine dort toujours capote relevée et roule toujours capote baissée). C’est dans cette version cabriolet que nous sommes pris en photo sous tous les angles. C’est vrai que nous avons fière allure dans notre mignonne petite auto !

               

Pour la nuit de Noce, Titine retrouve sa capote pour passer sa première nuit à la belle étoile.

Le lendemain, après avoir glissé nos bagages derrières les sièges comme nous l’avions fait la veille, nous reprenons la route du retour mais en passant par le chemin des écoliers, histoire de goutter aux joies de l’air frais qui nous donne bonne mine. Cependant nous nous sommes équipés, moi d’une casquette pour éviter que le Dieu RA ne viennent mettre en ébullition les quelques neurones qui œuvrent dans mon pauvre crâne, et Madame, d’un foulard pour éviter de détruire trop vite, une coiffure qui a pris pas mal de temps à notre coiffeuse (et amie) et qui a creusé un petit trou dans notre compte en banque. Que du bonheur !

Les freins :

Après ce week-end merveilleux qui restera gravé dans nos souvenirs (et je pense, dans ceux de nos invités), Titine resta quelques temps sous sa couverture jusqu’à ce que je décide d'intervenir sur ses freins arrières (rappelez-vous : contre visite obligatoire du contrôle technique). Après avoir démonté la roue et le tambour incriminé, un bref regard me fait comprendre qu’il n’y a pas que la carrosserie qui présente cette couleur un peu rouge, signe que la sournoise rouille est en train de grignoter tout métal qui se trouve à sa portée. Il faut dire que les temps d’immobilisation de Titine n’ont rien arrangé de ce côté-là. Tout le monde le sait : une voiture qui ne roule pas se dégrade par la corrosion. Et là, la sale bête a déjà bien commencé. Un rapide nettoyage me fait espérer que les dégâts ne sont pas si importants qu’il n’y paraît au premier abord et qu’une remise en état du cylindre récepteur est tout à fait envisageable. Premier constat : aucune trace de liquide de frein ! Il n’y a pas donc pas de fuite de ce côté là. Ben alors ! D’où vient le niveau bas dans le réservoir de frein ? » Mystère ! Je verrai ça plus tard ! A présent, comment vérifier si les mâchoires bougent quand j'appuie sur la pédale de frein ? J’ai beau être un extraterrestre, je n’ai pas les pieds assez longs pour appuyer sur la pédale et regarder les freins arrière en même temps, surtout quand il s'agit de la roue droite ! Mais une fois de plus, quelques neurones se mettent en branle dans mon pauvre cerveau et me suggèrent d’utiliser mon appareil photo en mode vidéo. J’installe donc mon appareil reflex sur un trépied en face de la zone d’observation, le mets en mode vidéo puis monte dans la voiture pour actionner la pédale de frein trois ou quatre fois. Il ne me reste plus qu’à visualiser le petit court métrage que je viens de faire. C’est beau la technique et ça marche ! Youpi… ! Le défaut me saute aux yeux comme un Pitt Bull sur une petite vieille (le coup du morpion a déjà été utilisé plus haut). Une seule des deux mâchoires travaille (encore un gréviste). Le cylindre récepteur de frein ne fonctionne qu’à moitié. Motif : l’autre moitié est complètement grippée.

Reste plus qu’à le remplacer car côté organe de sécurité, je ne répare pas, je change. A vrai dire, il faut que je remplace aussi celui de l’autre roue, car pour éviter les conflits de générations, pas question de laisser un vieux travailler avec un jeune. C’est donc muni de la carte grise que je vais acheter les pièces chez un revendeur que je connais bien et dont le magasin se trouve à Meximieux, à une vingtaine de kilomètres de là (pas chez JP cette fois).

Hélas, la loi de Murphy frappe encore une fois. Arrivée à la maison, malgré toutes les références de tous les catalogues de ce brave revendeur, je m'aperçois que les pièces ne sont pas les bonnes. Shitt ! Comme dirait nos amis d’outre manche ! Une seule solution : démonter l’ancien pour amener le modèle. Quand on s’embarque dans un tel démontage, des tas de galères peuvent vous tomber sur le paletot. La plus probable, c’est encore la rouille qui vient vous mettre des bâtons dans les roues en vous faisant forcer comme un malade sur un écrou. Dans ce cas là, trois possibilités s'offrent à vous :

- La première, c’est l’écrou qui lâche d’un seul coup, vous fracassant les phalanges contre le premier obstacle venu.

- La deuxième, la clef mal adaptée qui, non comptant d’arrondir la tête de l’écrou, le rendant indesserrable par des moyens conventionnels, vient à lâcher d’un seul coup vous ramenant à la première possibilité.

- La troisième, enfin, est l’utilisation de la bonne clef, de marque de préférence, que l’on utilise après avoir aspergé les écrous d’un puissant dégrippant.

Tenant à mes phalanges, je choisis la troisième méthode.

Deux heures de mécanique intensive plus tard, les freins arrière de Titine retrouvent un aspect plus conventionnel. Reste à faire la purge du circuit. La aussi, impossible d’être au niveau des purges pour les serrer ou les desserrer en même temps qu'au niveau de la pédale de frein pour pomper comme un Shadok. Il faut donc faire appel à un Shadok de passage. Justement, voici le petit dernier de la famille qui passe. Comme il squatte à la maison depuis quelques années, autant qu’il se rende utile. A deux, nous avons pu faire la purge comme il se doit. La partie freins est donc ad hoc.

Pour le phare, un petit coup de lime sur le cran en plastique usée qui sert à clipser l’optique et le tour est joué, (à condition de ne pas trop le toucher)

Suite à ces réparations, Je reprends donc rendez-vous avec le garagiste du Contrôle Technique. Cette fois c’est avec brio que Titine réussit son examen. Me voilà enfin avec le papier m’autorisation à rouler librement pendant deux ans. Ah oui ! Je ne vous ai pas dit, Titine n’a pas une carte grise de collection mais une carte grise normale.

La commande d'embrayage :

Au début de cette histoire, je vous ai dit que les pièces de rechange sont difficiles à trouver. Et bien là, j’ai la confirmation de mes dires. Comme quoi, je ne dis pas que des con…ies . Après avoir quémandé auprès de mon ami JP, être allé chez mon revendeur de pièces détachées préféré (celui qui m’avait vendu les pièces pour les freins), avoir fouillé toute la toile dont le célèbre vendeur ayant un nom commence par O et fini par scaro.com, rien à faire ! Certes, il y en a plein des récepteurs ! J’en trouve pour des 404, des 204 des 304 berlines et pour d’autres voitures plus modernes, mais pas pour Titine. Mais qu’a-t-elle donc de spéciale cette voiture pour que toutes les pièces soient différentes de celle que l’on peut trouver partout ? Aurai-je acheté la loi de Murphy personnalisée ? D’ailleurs, la loi de Murphy a aussi un autre nom plus populaire : la loi de l’emmerdement maximum. Et là, je suis en train de toucher du doigt toute la magnificence de cette loi. Cependant, il faut faire quelque chose. Je me résous donc à démonter l’engin pour voir si une remise en état ne peut être envisagée. Boudiou ! Que l’accessibilité de ce dernier n’est pas évidente ! Je commence par démonter le filtre à air puis le support moteur en prenant la précaution de mettre un cri sous le carter (des fois que le dit moteur veuille rejoindre brutalement le plancher des vaches). Toujours pas d’accès aux vis. Bon, je démonte les durites d’eau en prenant soin de faire baisser le niveau pour éviter d’asperger ce pauvre moteur. Toujours pas d’accès. Aller, dernier point bloquant, le carter du calorstat fixé par trois boulons ! Ah shit ! Malgré le nombre de clefs en tout genre que j’ai dans mes caisses, (nombre qui rendrait jaloux le concessionnaire du Lion), aucune ne me permet d’atteindre le dernier boulon. C’est encore un de mes petits neurones restant dans un coin obscur de ce qui me sert de cerveau qui m’interpelle en douce : "Eh ! Tu te rappelles avoir acheté une petite boite avec un petit cliquet et plein d’embouts ? " "Mais bon sang ! Mais c’est ... bien sûr ", comme l’aurait dit un commissaire célèbre ! En effet, dans cette énième boîte à outils se trouve l’objet miracle. Grâce à ce dernier, je peux démonter le carter du calorstat. Ceci m'autorise le démontage d’autres écrous dont le retrait me permet d'accéder enfin, aux boulons de fixation du récepteur d’embrayage. Ne nous plaignons pas ! Sur les voitures modernes, il aurait fallu tomber les sièges, le tableau de bord et le pare choc arrière pour arriver au même résultat. Pas étonnant que les réparations soient si chères ! Vingt Euros de pièces, deux mille de main d’œuvre. Bon ! Revenons à mon récepteur. Une fois retirer et dans mes mains, je constate en effet qu’il est plein d’huile.  

Ca, c’est un fait ! Mais je constate que son piston se bloque au trois quart de sa course. C’est sans doute suffisant pour passer les vitesses mais impossible de sortir ce piston de son logement. Et là, Mac Gyver frappe encore une fois. Je le reconnecte au circuit d’huile et en pompant sur la pédale d’embrayage, je finis, petit à petit, par faire ressortir le piston. J’y vais avec précaution pour éviter de voir ce dernier se transformer en projectile et finir dans les tréfonds du moteur, de préférence dans un lieu sombre et glauque où il sera difficile de le repérer. L’opération réussit pleinement. J’ai dans les mains tous les composants de l’objet introuvable c’est-à-dire : le bloc du récepteur, un piston avec son joint torique, un manchon extérieur servant aussi de cache poussière, une tige de commande et un ressort de rappel.

Un œil à l’intérieur du bloc me fait comprendre rapidement la cause de la fuite. L’oxydation a quelque peut attaqué cette surface qui devrait être plus lisse que les fesses d’un nouveau né.

Un petit coup de papier de verre 600 et la surface redevient acceptable (j’ai pas dit parfaite, et vous verrez que ça à son importance). Reste à remonter tout ça avec un peu de … ? Huile ou graisse ? Un coup d’œil chez monsieur Internet pour voir ! Surprise ! Je lis: surtout ne pas graisser avec le liquide de frein mais avec une graisse spéciale ! Re re shit ! Ou vais-je trouver rapidement cet ingrédient ? Je me retourne naturellement vers mon ami JP. « Ah oui ! » me dit-il confiant, « j’en ai commandé et reçu il y a peu de temps ! ». Tous ceux qui auraient pu être là auraient vu un large sourire se dessiner sur mon visage. Ah, ce brave JP ! Quelle ressource ! Aussitôt dit, aussitôt fait, le voilà parti dans une recherche effrénée, laissant tomber le travail en cours.

- « Elle doit être par là me dit-il » plein d’assurance ! Que nenni. « Ah bon, elle doit être dans mes derniers arrivages ! » Que nenni pour la deuxième fois. « Sur cette étagère ? ». Toujours rien.

- « Laisse tomber JP ; Perd pas ton temps ! ».

Rien à faire, le brave garçon se met en quatre pour me trouver ce petit tube de couleur jaune ou blanc. Au bout d’une demi-heure de recherche qui tient plus à celle du chien d’avalanche cherchant sur deux hectares un moribond enfoui sous deux mètres de neige, l’objet reste introuvable. Pauvre JP ! Il faut dire que, pour ceux qui connaissent l’atelier de JP, chercher un petit tube de pommade dans ce bric à brac revient à chercher une aiguille dans toutes les meules de foins de France et de Navarre. Pour beaucoup, ce n’est pas un atelier mais la caserne d’Alli Baba.

- « Essayez chez le vendeur de moto, je sais qu’il en a eu » me dit-il avec une petite lueur d’espoir.

Me voilà parti comme une flèche chez le dit vendeur.

- « Nous en recevons de temps en temps » me dit le brave homme « mais nous n’en avons plus pour l’instant. Il faut les commander par grosses quantités ».

Bouhhh ! Quelle poisse. Dernier recours, et là sans conviction, mon concessionnaire du Lion qui se trouve être sur la route du retour. Il est déjà presque 19h00 et la fermeture est proche. J’arrive juste avant la dite fermeture.

- « Nous n’avons pas ça en magasin et notre chef d’atelier vient de partir ».

La poisse me poursuit comme mon ombre. De retour à la maison, je me précipite sur mon ordinateur pour supplier Monsieur Internet de venir à mon secours, même si cela me prend quelques jours. Euréka ! Je trouve l’objet de tous mes espoirs chez un revendeur de lot qui en a encore quelques un en stock. Je passe donc commande et attends patiemment la livraison.

Le petit tube arriva quelques jours plus tard.

Je peux donc remonter les pièces du récepteur et ce dernier sur Titine. Je pensais naïvement que la purge de ce circuit aurait été un jeu d’enfant. Etant seul, il me faut trouver un moyen pour pomper et maintenir la pédale d’embrayage enfoncée pendant que je resserre la vis de purge. Tout mon génie entre en action. Grâce à une planche que je bloque entre le siège et la pédale, je peux effectuer cette manœuvre. En réglant la course du siège, j’obtiens juste la longueur souhaitée. Côté hydraulique, un petit tuyau partant de la purge, essaie tant bien que mal de rejoindre un bocal avec un petit niveau d’huile placé à même le sol. C’est trop facile au vu de toutes les manips que j’ai faites jusqu’à présent. C’est là que je m’aperçois, au bout d’une demi-heure et d’un demi litre d’huile perdu, que cette manip n’est pas la bonne. Après avoir réussi à évacuer toute la vieille huile qui ressemble plus à du Coca Cola daubé qu’à cette huile transparente exempt de toute impureté, et une fois la vis de purge fermée, la pression sur la pédale reste toujours mole. Un petit essai, moteur tournant, me fait vite comprendre qu’aucune vitesse ne souhaitera passer dans ces conditions. Que faire ? J’essaie de visualiser ce qui se passe. « L’air, qui est plus léger que l’huile, n’a aucune chance de vouloir se diriger vers le bas dans le petit pot, et l’huile, contenu dans ce même pot, de se diriger vers le haut ». Maître Yoda aurait dit : Si l’huile à toi ne peut venir, l’huile par chemin plus évident te sera conduit ! Traduction : « T’as qu’à faire descendre l’huile en mettant le bocal en haut, banane ! ». Bon ! On peut pas être au top de sa forme en permanence. J’accroche donc le bocal au crochet du capot levé et relie ce dernier à la vis de purge par mon petit tuyau. D’entrée je vois que cette solution n’est pas la bonne non plus. Je remplace donc le bocal par un entonnoir avec une adaptation de diamètre à sa sortie, la sortie de l’entonnoir étant trop grande par rapport au tuyau. Bon ! C’est un peu mieux, car une fois l’entonnoir rempli d’huile, des bulles d’air commencent à remonter le long du tuyau transparent. Mais certaines de mes connaissances en physique ont dû m'échappé, notamment qu'une des différences entre l’huile, l’eau et l’air, c’est la densité. L’huile très visqueuse (et non vicieuse comme quand je parlais de la fuite) a du mal à descendre dans un tuyau de si faible diamètre. Qu’à cela ne tienne. Je prends un tuyau plus gros et c’est vers la purge que je fais une restriction, pour que mon montage s’adapte parfaitement sur la purge. Ah ! Enfin ! Je vois l’huile descendre et les bulles remontées. Encore une bonne demi-heure de galère et l’embrayage commence à répondre correctement. Quand, moteur tournant, j'arrive à passer la marche arrière, la plus capricieuse et la moins synchronisée des vitesses, je me sens soulagé et heureux. Un petit tour du quartier me permet de voir que tout va bien. J’en ai bavé, mais ma réparation tient, c’est l’essentiel.

Deuxième tour de l'Ain :

Je pourrai donc participer à toutes les manifestations futures, et notamment, à la caravane du tour de l’Ain 2015.

Pour cette occasion, je déroge à la règle que je m’étais fixée, à savoir laisser Titine dans la même configuration qu’elle était lors de son premier achat. Afin de la rendre plus festive, je l’équipe d’un klaxon multi tons sur l’air de la Cucaracha, tout en laissant son Klaxon beuglant mais peu audible d’origine.

Il me faut jouer d’astuce pour placer les 5 cornes et le compresseur de cet engin. Même si les moteurs de cette époque sont encore visibles, capot ouvert, et qu’il existe quelques espaces dégagés autours, la place est quand même comptée. C’est donc en plaçant deux cornes dans le phare gauche, trois cornes sur l’intérieur de la jupe avant, le compresseur sous la fixation centrale du capot et le relais sur la vis de fixation du beuglant, que je finis par tout placer sans que cela ne se voit trop de l’extérieur.

  

 

Une prouesse technique due à toute l’expérience des glutes que j'ai intégrées dans mes premières voitures. Pour basculer d’un Klaxon à l’autre, j'installe, dans un espace libre à gauche du volant, un interrupteur du même modèle que ceux équipant le tableau de bord. La cucaracha ne colle pas avec un coup de Klaxon de sécurité et je dois pouvoir la faire taire quand je roule normalement.

Ce tour de l’Ain est la première sortie club que je fais avec Titine et mon épouse adorée. Nous nous sommes inscrits à deux étapes dont le prologue dans Bourg en Bresse.

 

Titine, malgré une allure qu’elle n’aime pas trop (à savoir, un régime qui nécessite des passages fréquents de troisième en quatrième et vis versa), se comporte comme une grande. Evidemment, sa capote reste baissée et nous avons beaucoup de plaisir à rouler, casquette et foulard au vent. Je sens que ma chère et tendre commence à reprendre confiance dans notre destrier.

Nous avons donc passé deux très belles journées. Suite à ça, ma dulcinée participa à toutes les autres sorties de la saison, sauf à celle d’Artemare. Mais ça, c'est une autre histoire.

Sortie Artemare:

En ce matin du 13 septembre 2015, je ne suis pas très chaud pour faire la sortie d'Artemare à cause de la météo. Cependant, une vue sur le déplacement des nuages visualisé hier via Météosat me rassure un peu. C’est donc capote baissé et équipée d’une casquette et d’une veste polaire que je me rends au lieu de rendez-vous, notre brasserie favorite. Je suis le seul cabriolet et tous pensent que cela va être marrant quand on va se chopper la pluie. Bien fait pour eux ! A part du brouillard, point de pluie il n’y eu. C’est même avec le soleil que nous passons cette journée très sympathique. J'en profite, comme d'habitude, pour faire quelques photos des belles totos présentes.

             

La pluie ? Elle arrive le soir alors que je viens juste de remettre la couverture nocturne de Titine. Les Dieux étaient avec moi pour une fois.

Mise à part les sorties groupe, nous avons décidés, ma dulcinée et moi, de profiter un max de notre petit cabriolet. Pour ce, nous avons fait quelques belles balades à deux dans la région et même deux sorties restaurant. Le pied !

Sortie avec St Claude : sans problème ?

Dimanche 4 octobre : Encore une belle sortie en voitures anciennes. Le club de voiture « Pipe et manivelle SANCLAUDIENNES » a rejoint notre modeste petit club avec pas moins de 25 voitures (ils sont presque 50 habituellement).

              

Après un apéro amical dans notre fief, nous nous dirigeons en convoi vers le col du Cerdon pour déjeuner au restaurant. Sur place nous remplissons le parking.

                                       

L’après-midi, après un bon repas avec une spécialité locale (viande flambée sur potence), redescente vers le village de JUJURIEUX pour une visite du musée situé dans la dernière usine de soierie. Là, Titine se met à faire des siennes. Elle se met à chauffer dans la descente du Cerdon. Je vois l'aiguille taquiner la zone rouge. Mon inquiétude doit se voir car mon épouse me prie de m'arrêter. Chose impossible à faire dans cette zone. Il faut attendre d'être en bas. Arrivé au pied de la descente, arrêt obligatoire dans un beau nuage blanc (oupssss). Une 304 transformée en fumerole digne des plus beaux volcans… De la vapeur sort par tous les trous, même par l’arrière au niveau de pare choc. Après ouverture du capot, le constat est sans appel … De l’eau partout (sauf dans le radiateur). Heureusement, un brave couple faisant partie de nos amis jurassiens, à bord d’une Alpine A310, s’arrête derrière nous et de braves chasseurs (je pense rarement ça d’eux en principe mais pour ceux-là…) nous offrent un bidon de liquide de refroidissement. Un petit coup de démarreur et ….. Rien de particulier. ? Aucune fuite apparente. Qu’est-ce qui est passé par la tête (ou plutôt le moteur) de Titine ? Un caprice de vieille sans doute ? Pendant ce temps-là, notre ami Thierry nous a rejoints à bord de sa Porsche 924 avec quelques litres d’eau.

                                        

Un petit complément et hop… on repart. Un œil attentif et perspicace sur la température d’eau m’indique que tout va bien. Plus de zone rouge ni de montée dangereuse ou anormale de cette foutue aiguille. En première analyse : un problème d’électro-embrayage ou de calorstat ? A vérifier à la première occasion. Pourvu que le joint de culasse n’ait pas lâché ? Bon, après cet incident, nous pouvons rejoindre les autres pour visiter le musée de JUJURIEUX avec le deuxième groupe.

                             

Pour mettre un bon terme à cette visite très intéressante, une traditionnelle photo de famille, un au-revoir à nos amis de la Pipe et direction la brasserie des rives de l'Ain où nous avons prévu de boire un coup entre membre du club et clore ainsi, amicalement, cette belle journée. Arrivé sur place, un coup de fil nous apprend que notre collègue (en abbé sur la photo) est resté en rade au bord de la route avec sa Traction noire (une 11CV).

                               

Quelle poisse ! Comme je suis le seul à avoir des outils plein le coffre (sait-on jamais), je décide de revenir en arrière pour jouer à l’assistance. Un rapide diagnostique sur la traction et le constat est sans appel… pompe à essence HS. Heureusement un autre collègue, Michel de son prénom, a aussi une traction (un break bicolore très rare). De retour chez lui, ce dernier prend l’initiative de démonter sa pompe à essence et de la confier à notre cher Président pour nous l’amener.

                               

En l'attendant, je sors tous mes outils, mon label de garanti (rien à voir avec ceux du plombier de la chanson) et on entreprend de démonter cette foutue pompe. Une fois retirée, plus de doute ! Elle a un souci mécanique (sans doute un axe cassé à l’intérieur). La nuit commence à tomber lorsque la pompe de rechange arrive à destination. A première vue, c’est la même . Mais à bien y regarder, l'arrivée et le départ sont inversés sur ce modèle. Qu’à cela ne tienne, on tire un tantinet sur les durites et, après un amorçage assez long (Thierry à même essayé le bouche à bouche avec la durite d’arrivée… beurk !), le gros moteur redémarre avec le bruit caractéristique des voitures de l’époque. Oufff...!

Mon sens du devoir m'interdisant de laisser notre collègue rentrer seul chez lui (à 20km), je me propose, en tant qu’assistance technique, de l’accompagner jusque dans son garage. Il fait nuit et je n’ai pas le temps de recapoter. C’est donc capote plier, chauffage à fond et bien orienté que j’accompagne notre collègue jusqu’à Ste JULIE. Après un au-revoir, me voilà reparti pour rentrer à la maison. Par expérience, rouler en cabriolet la nuit par 10°C perd beaucoup de son charme mais quand on aime !

Quelle journée … mais c’est ça le charme des vieilles voitures. J’adore !

Récepteur d’embrayage : enfin !

Nous voici de retour en ce beau début d’automne. Malgré ma première réparation de fortune, Titine a toujours son problème de récepteur d’embrayage qui fuit.

                                     

Je me vois déjà, démontant de nouveau l’engin pour un polissage de la surface intérieure et un remplacement des joints. Mais là, coup de chance !

Je suis à Paris. Alors que je m’ennuie à mourir en écoutant d’une oreille distraite, une présentation sur la stratégie d’entreprise d’une grosse société, thème aussi soporifique qu’un mauvais épisode de Derrick, je plonge mes yeux torves de poisson pas frais sur le micro qui est devant moi (c’est un peu le regard que j’ai quand je lutte contre les lois de la gravité qui tentent de faire tomber mes paupières du haut sur celles du bas). L’idée me vient, allez savoir pourquoi, de taper « Récepteur d’embrayage 304S » sur Google. Oups… Miracle !... Je tombe pile sur « LE » récepteur qui va bien en vente sur eBay à l’état neuf. Ma carte bancaire étant à porté de main, je m’empresse discrètement de passer commande. Pas question de louper cet achat car l’occasion ne se représentera peut-être pas.

De retour à la maison et quelques jours, plus tard, je reçois le colis. Après un déballage rapide, je jette un regard anxieux pour voir si l’objet est bien le bon. Pas de soucis ! Ma bonne étoile est toujours avec moi. Reste à trouver l’instant propice pour faire le remplacement.

C’est un incident sur une de mes autres voitures qui m’en procure l’occasion la semaine suivante : le remplacement du mécanisme de lève vitre de ma C5.

La matinée prévue pour le remplacement du mécanisme se termine donc par le remplacement du récepteur d’embrayage de Titine (quand on a les mains dans le cambouis, autant aller jusqu’au bout). C'est fait en deux temps trois mouvements vue que j’ai acquis une certaine expérience. Pas besoin de revue technique ni d’un quelconque document. Tout dans la tête le Nanar. Même la purge du circuit est expédiée en moins de temps qu’il n'en faut pour le dire. Ah ! Quand on est bon, on est bon…

                                   

Juste un petit coup de marche avant et marche arrière pour vérifier que les vitesses passent bien et hop, voilà Titine prête à reprendre la route. Va-t-il y avoir d’autres galères ? Sûrement, sinon, où est le charme de la vieille mécanique.

Problème de ralenti :

Nous voici début novembre 2015 et ce week-end du 8 et 9 semble très prometteur.

En premier lieu, le samedi, pour fêter l’anniversaire de ma chère et tendre épouse, nous décidons de nous faire un bon restaurant. La question cruciale est : faut-il prendre Titine ou la Citroën ? Etonnamment, l’idée de prendre Titine ne me fait pas frémir de plaisir comme à l’accoutumé. Est-ce prémonitoire ? Nous restons donc sur l’option Citroën. Titine devant m’emmener au salon Epoqu’Auto demain dimanche, pas de grosse frustration à craindre.

C’est en rentrant du restaurant que je décide de faire le plein d’essence de la belle pour être sûr de ne pas me retrouver en rade demain. Un petit coup de starter, quelques pompages avec la pédale d’accélérateur, un tour de clef et hop : le petit quatre cylindres se met à ronronner avec plaisir. Petite marche arrière pour sortir, puis première et seconde en repoussant le starter. Arrivé au stop au bout de ma rue, le ralenti me semble un peu haut mais pas de panique, tout tourne rond. Cependant, en voulant ralentir dans la traversée du hameau, mes sens en éveil me signalent que quelque chose ne va pas ! Au lieu de ralentir, voilà que Titine se met à accélérer. Ah non ! Pas la veille d’une sortie quand même… Bon ! On verra ça à la station d’essence.

Arrivé à la pompe, ouverture du capot d’où se dégage une légère fumée. Le moteur tourne bien, mais beaucoup trop vite. Un déplacement de la gaine du câble d’accélérateur fait retomber le ralenti à un régime normal. Ouf… Ce n’est apparemment que ça. Sans doute le mauvais positionnement de cette gaine, suite aux dernières réparations, doit apporter une contrainte qui empêche le câble de manœuvrer correctement. Quand à la fumée, je mets ça sur le compte de quelques gouttes d’huile tombées sur l’échappement lors du dernier complément fait la veille. Le retour à la maison se fait sans problème.

Réparation urgente :

Dimanche : Le rendez-vous avec les autres collègues a été donné à 9h30 pour un départ en groupe à 10h00. Comme je dois retirer quelques billets au distributeur et chercher du pain pour le reste de la famille, je pars avec Titine un peu plus tôt. Zut ! Voilà que le coup de l’accélérateur recommence ! Un petit mouvement de va et vient avec la commande du Starter et le ralenti retombe à un régime correct. « Euréka ! J’ai trouvé » comme dirait un grand philosophe Grec dont je ne me souviens plus du nom, ce dont je me fous complètement. C’est la gaine du câble de starter qui a dû être mal replacée lors du remplacement du récepteur. Je verrai donc ça plus tard. Titine tournant bien une fois le starter repoussé correctement, rien à craindre pour cette belle journée. Comme prévu, je m'arrête pour prendre du pain. En faisant la queue dans la boulangerie, je regarde la belle stationnée juste en face avec des yeux plein d’admiration. Qu’elle est belle avec sa belle robe blanche et… Tiens ! Qu’est-ce que c’est que cette tache humide sous le moteur ? Je ne me souviens pas qu’elle fût là quand je me suis garé ! Mon cœur commence à s’emballer. Bon inutile de s’affoler ! J'ai peut-être mal vu et cette tache était peut-être là avant que j’arrive ! Cependant, je sors mon regard 343 bis, celui qui ne me permet pas de faire tomber les minettes mais qui me permet d’affiner ma vision de loin. Et là, stupeur ! Je vois clairement des gouttes tomber sournoisement de Titine. Celle-ci n’étant pas équipée de la climatisation (on se demande bien à quoi elle pourrait servir), le problème ne peut venir que d'une perte d’un des liquides vitaux. Shit comme diraient nos amis anglo-saxon ! Une petite panique commence à pointer son nez. Pris entre le « qu’est-ce qu’il vous faut ?» de la boulangère et une agitation neuronale digne d’un ordinateur Crays (pour ceux qui connaissent les gros ordinateurs), impossible de sortir un début de cause à cet écoulement que j’envisage déjà comme dramatique. Ma journée allait-elle être compromise ? Après avoir donné mon choix à la boulangère et réglé mon dû, je traverse la route en vitesse, bien décidé à tirer les choses au clair (rien à voir avec les attributs d’un assistant notaire). Un coup d’œil rapide sous la Titine me renseigne immédiatement sur la nature du fluide dégoulinant : du liquide de refroidissement. Ouf ! Allais-je dire. Ce n’est pas de l’huile. Mon anxiété tombe d’un cran. Capot ouvert, je me mets à scruter tous les recoins et cherche désespérément par où ce foutu liquide pourrait sortir. A cet instant, mon collègue Thierry, l’homme à la Porche devenu l’homme à la 205GTI, le même qui m’avait apporté de l’eau lorsque Titine s’était transformée en fumigène (voir quelques pages plus haut), s’arrête près de moi pour connaître la raison de ce relevage de capot. « J’ai une fuite » lui dis-je plein de perplexité. « Tu veux de l’eau » me dit-il avec un air malicieux. Se moquerait-il le bougre ? « Non » lui répondis-je avec le sourire jaune d’un hépatique alcoolique. « J’en ai plein le coffre pour une fois !». Là-dessus, il se met à scruter le moteur avec moi et pointe le doigt vers cette foutue fuite. « C’est la durite de réchauffage du carburateur qui pisse !». C’est pourtant vrai. Un passage expert du doigt sous cette durite confirme le diagnostique. « Bon ! J’y vais » me dit-il ! « Tu nous rejoins au point de rendez-vous ? ». Cruel dilemme. Un regard bref sur ma montre suivi d’une agitation neuronale intensive me permettent de faire une estimation sur les probabilités de rejoindre le groupe à temps. Il me faut retourner à la maison, déposer le pain et réparer la fuite. Deux chiffres résument la situation : 6 km et 15 minutes ! Oups ! Il va falloir faire vite. Un peu de liquide dans le radiateur histoire de compenser la fuite sur le trajet et me voilà en route. Il faut éviter de faire trop chauffer Titine car je vais devoir ouvrir le radiateur à chaud (pas le temps de laisser retomber la température), couper la durite sans me brûler, rebrancher le tout sans faire tomber le collier de serrage et refaire le plein de liquide...! Arrivé à la maison, je saute de la voiture, ouvre le capot et le radiateur (seul un petit pschitt se fait entendre), puis cours poser le pain, reviens à la voiture en vitesse pour ouvrir le coffre et récupérer le bidon de liquide, un tournevis et la cisaille à ferraille (très pratique pour couper une durite). Puis je débranche la durite en laissant couler le liquide relativement chaud (pas le temps de mettre une cuvette dessous), coupe la durite en amont de ce qui me semble être la zone abîmée, rebranche cette dernière en cafouillant avec le collier de serrage, puis remets de l’eau dans le radiateur. Temps passé : 4 minutes ! Mieux qu’à Fort Boyard ! Heureusement que le coffre de Titine rendrait jaloux le rayon outillage de chez Castorama. Après la fermeture du capot, je remets le moteur en marche et redescends rejoindre le groupe. Pari tenu. Je peux même prendre un café chez notre ami restaurateur de la brasserie des rives de l'Ain.

Visite du salon Epoqu’Auto 2015

En sirotant ce nectar, on me fait la proposition d’emmener notre collègue Obélix dont l’Alpha est en exposition au salon.

« Pas de problème » dis-je plein d’espoir ! « J’aurai au moins de l’aide en cas de panne ! ». C’est juste un trait d’humour car je n’ai nullement l’intention de tomber en panne. Un petit coup d’œil sous le capot avant de partir me permet de vérifier que tout est rentré dans l’ordre. Bien que notre collègue ait quelques difficultés à rentrer dans Titine, à attacher sa ceinture (tâche qu’il abandonne à regret après pas mal de contorsions), à être dans l’impossibilité de rouvrir la porte une fois à l’intérieur (encore un problème à résoudre), tout va pour le mieux et c’est en tête du cortège que Titine se dirige vers le salon situé à 60km de là. Pour certains, il valait mieux que nous soyons devant vu la probabilité forte que nous tombions en panne, plus le risque qu’ils ne voulaient pas courir de nous semer en route en allant trop vite. Les gens sont mesquins quand-même. Mais le dépannage rondement mené nous permet de parcourir la distance sans encombre.

Le reste de la journée se passa sans histoire. Et toc ! Pour les mauvaises langues.

 

A l'entrée du salon, j'ai pris contact avec les membres d'un club de 204/304. Ils avaient mis en exposition la sœur de Titine.

Quand je dis sa sœur, c'est vite dit. Disons une version de luxe de Titine directement sortie d'un salon de toilettage. Sans doute un modèle d'exposition qui ne devait pas prendre souvent la route vu son état général. Pas une trace de terre ni d'insectes et pas une égratignure. J'ai essayé de laver et briquer Titine de la sorte pour notre mariage mais je ne suis jamais arrivé à un tel résultat. Mais après tout je m'en fou. J'ai sans doute eu plus de plaisirs et d'aventures avec mon petit tas de ferraille blanc que le propriétaire de ce joujou de luxe. Je me suis quand même inscrit auprès du club dans le but de faire quelques sorties avec eux en 2016.

En fin d'après-midi, c'est avec plaisir que je rejoins mon petit cabriolet sur le parking du salon. D'ailleurs, c'est à l'extérieur que le spectacle est le plus intéressant. Sur ce parking réservé aux anciennes, plusieurs centaines de belles autos trônent là, pour le plaisir des yeux et pour susciter le rêve auprès des nombreux curieux flânant à travers les allées.

  

Vers 16h30, notre petit groupe reprend la route du retour. Titine prend même l’autoroute et se comporte à merveille (sans dépasser le 120 km/h au compteur, faut pas pousser…) Ah ! La brave petite voiture…

   ANNEE 2016

Le réveil de Titine :

Nous voici en janvier 2016. L'hiver a été doux mais une sortie de Titine n’aurait pas forcément été une bonne chose vu l’humidité relative qui risquerait, d’une part, d’accélérer cette foutue corrosion et d’autre part, d’amener l’intérieur de Titine à se transformer en piscine olympique au regard d’une étanchéité générale très approximative. D’abord, qui aurait l’idée saugrenue de sortir un vieux cabriolet en hiver? La réponse vint de mon fiston adoré : « Toi » me dit-il ! « Pour mon mariage, je voudrai que la 304 soit la voiture de la marié ! ». Pas glop ! Le mariage est prévu pour début mars ! Si vous avez suivi l’histoire, elle était déjà la voiture de la mariée pour mon propre mariage en mai 2015 et voilà qu’elle sera de nouveau requise pour celui de mon fils en mars 2016. Et oui ! Après le père, le fils, à croire que l’on n’est pas saint d’esprit dans la famille ! (pour ceux qui ont des références chrétiennes). Bon ! Il va falloir régler certains problèmes récurrents avant ce fameux mois de mars. Première chose à faire : rendre étanche Titine à commencer par le dessous de la caisse. En effet, lors du contrôle technique, j’avais remarqué que quelques points de cette partie ressemblaient à du papier à cigarette après une partie de fumette. En résumé : des bouts de tôle disparates maintenus à des parties plus saines par l’opération du Saint Esprit. Comme je ne peux pas faire ce travail couché par terre, je décide de louer un box avec un pont élévateur pour passer sous Titine sans me transformer en contorsionniste. Avant de louer le box, vérifier si ma brave petite auto peut démarrer. Cela fait presque 3 mois que je n’ai pas entendu le son harmonieux du petit 1300. Après avoir extrait Titine de sa bâche de protection et m’être installé à son bord, imprégné de cette odeur persistante de vieille caisse humide, je mets le contact le cœur battant. Une adrénaline de plaisir diffuse dans tout mon corps. Un petit tour de clef et les voyants d’huile et de charge s’allument. Un petit coup de démarreur et… Mer… aucun clac n’est émis par le lanceur et plus aucun voyant n’est allumé ! Bon, pas de panique ! La batterie a dû se décharger au cours de ces 3 mois d’immobilisation. Démontage de cette dernière pour la charger au chaud. Tiens !… encore un blème… La cosse, vissée sur la borne plus, présente une faille, pour ne pas dire une brisure nette, qui ne me dit rien qui vaille. Impossible de réutiliser cet élément qui finira par me lâcher au mauvais moment (comme s’il existait des bons moments pour tomber en panne, surtout à présent que je suis marié).

Pendant un séjour à paris, je réserve le box pour le mardi 1 février. Le samedi précédent, j’achète deux nouvelles bornes équipées de robinet pour une déconnexion rapide (on sait jamais, vu l'état du câblage qui date d'un autre temps). Après avoir réduit un peu la section des câbles de batterie pour les faire pénétrer de force dans le logement prévu de mes nouvelles bornes, je reconnecte l’ensemble sur la batterie. Petit retour dans l’habitacle pour tenter un démarrage. Premier cran sur la clef de contact, les voyants s’allument, deuxième cran… tout s’éteint. Re mer… Un petit coup d’œil sur les bornes et je constate que celle du « moins » brandigole sur la cosse du même nom. Pourtant, le robinet est vissé à fond. Réfléchissement … comme dirait Dany Boone avec Jean-Pierre dans son sketch ‘le culturiste’. Il est évident que le système à griffe de cette foutue borne est trop large ou que la cosse moins de la batterie est trop petite (ce qui revient au même). Ne pouvant augmenter le diamètre de la cosse de batterie, il faut réduire le diamètre de la borne. C’est ce que je fais en cintrant un peu plus toutes les griffes. Après remontage, le serrage du robinet sur sa cosse redevient correct. Petit retour dans l’habitacle, nouveau tour de clef et… Re re mer… plus rien ne s’allume. Avant de pousser le hurlement primaire qui vous calme tout en effrayant tous les oiseaux, chats et chiens du quartier, je prends une nouvelle bouffée d’air frais (on est toujours en hiver) et pars sur une nouvelle phase de réfléchissement. Et si c’était la batterie qui me faisait l’effet d’un purgatif (pour rester poli) ! Etant électronicien de formation, j’ai toujours un bon vieux multimètre à portée de main. Un petit coup d’œil sur la tension de la batterie : 6 volts… Re re re merd… Le verdict vient de tomber : cette foutue batterie, que j’avais chargée avec amour pendant 2 semaines, est morte de chez morte ! Reste plus qu’à en racheter une autre. Aux vues de la taille et la capacité de cette dernière, cela ne devrait pas me coûter une fortune (remarquez encore le verbe« devoir »). Direction, mon revendeur préféré de pièces détachées. Il a bien la bête mais me fait remarquer que cette dernière est particulière : les bornes + et – sont inversées par rapport à la majorité des autres batteries. Bon ! Et alors ! Alors, la note aussi fut différente et c’est après avoir réglé la modique somme de 130 Euros que je retourne vers Titine. Décidément, la facture n’arrête pas d’augmenter. De toute façon, vu l’échéancier, je n’ai pas le choix et n’ai plus le temps de commander chez OSCARO.

Le problème batterie étant réglé je tire sur le démarreur un petit moment pour rappeler l’essence qui s’est endormie dans le réservoir. Elle tourne ! Ouf ! Je peux donc me rendre chez le loueur de box comme prévu.

Compte à rebours...

La caisse :

Arrivé sur place, j’ai quelques appréhensions quand je vois le responsable des box placer des cales sous la caisse pour soulever Titine ! Pourvu que ces dernières ne montent pas toutes seules en oubliant le châssis ! Je dis ça par expérience car j’ai eu l’occasion, au cours d’un changement de roue sur une Ami 6, de voir le cric monter contre le volant pendant que la caisse redescendait à chaque coup de manivelle. Mais là, tout se passe pour le mieux et Titine prend de la hauteur sans problème. « Boudiou ! Va y avoir du boulot » me dis-je en voyant les dessous de mon destrier ! Première chose, enlever les bouts de rouille qui pendent lamentablement. Je commence avec une pince coupante puis avec une cisaille à ferraille. Malgré l’aspect papier à cigarette brûlé, ces bougres de lambeaux métalliques ne veulent pas se séparer des parties saines. Il me parait évident qu’il faut utiliser des moyens plus radicaux. « Avez-vous une disqueuse » me risquais-je auprès du responsable ? « Pourquoi faire ? » me dit le brave homme ! « Ben… pour découper proprement tout ce qui ne veut pas tomber » lui rétorquai-je timidement ! « On ne prête pas de disqueuse à cause des risques incendie ! » me répond le bougre que je commence à trouver moins sympathique ! Pourtant, impossible de me passer de cet outil. Je lui fais donc mon regard à la Roger GICQUEL (identique à celui d’un Cocker triste ou du chat dans Shrek) pour le faire changer d’avis. Et ça marche ! Il me prête donc une petite disqueuse pneumatique en vérifiant, au préalable, que je ne vais rien faire près du réservoir. Je vois de la surprise dans son regard quand il constate que ce dernier est absent de son logement. Je le rassure : « je l’ai retiré, provisoirement ! Son remplaçant est placé dans le coffre ». Il doit bien se douter que je ne suis pas venu en poussant la voiture. Bon ! Il me reste 2 heures pour faire tomber toute cette rouille, mastiquer les trous éventuels, injecter le produit spécial corps creux dans les doublures accessibles et badigeonner tout le dessous de la caisse avec un produit antirouille contenant de la cire. Côté disqueuse, tout se passe pour le mieux, même si j’ai du mal à savoir où commencent les parties saines. Idem pour les injections de mastique (de la colle PU) qui a le double avantage d’assurer l’étanchéité et le maintien mécanique des parties encollées. Reste l’injection du produit corps creux ! Pour cela, il faut relier le petit pistolet adapté au bidon de produit à un compresseur dont la pression ne doit pas dépasser 4 bars (pour ne pas faire exploser le réservoir de produit et crépir tout l’atelier, votre serviteur y compris). Deux nouveaux problèmes pointent leur nez (ça vous étonne ?). Le raccord du pistolet et du tuyau d’air comprimé ne sont pas compatibles et le réservoir du compresseur est à 7 bars. Pour l’air comprimé, il me suffira de dégonfler le réservoir en empêchant le compresseur de redémarrer sur pression basse C’est ce que je fais en utilisant, comme un malade, une soufflette qui chasse les débris de rouille cachés dans des petits coins, bien à l’abri des regards inquisiteurs. J’ai dû souffler plus de 10 minutes pour extraire une grande partie de ces forbans. A la suite de cette opération, la pression du réservoir d’air est tombée à 4 bars, pression requise pour pulvériser le produit « corps creux ». Pour le raccord, heureusement pour moi, mon loueur de box s’est installé à proximité d’un magasin de bricolage qui a la pièce adéquate (on ne peut pas toujours jouer de malchance). En revenant sous Titine, je pense naïvement que tout va aller pour le mieux ! Vous vous en doutez, il fallait qu’il y ait un bug. Pour injecter cette résine dans les coins inaccessibles, j’ai équipé la sortie du pistolet d’un petit tuyau souple. J’introduis donc ce dernier dans un trou et commence à appuyer sur la gâchette. J’entends le produit sortir et vois déjà, par la pensée, ce dernier tapisser toutes les parois non visibles. C’est en extrayant mon petit tuyau que je m’aperçois que le produit ne sort que sous forme de petits postillons. J’ai beau secouer le réservoir, le contenu est trop pâteux pour être injecter sous forme de bruine tel que je l’imaginais. Que faire ? Il ne me reste plus que 45 minutes de location pour tout finir. Tant pis ! Je laisse tomber temporairement ce traitement pour me consacrer à ce que je ne pourrai pas faire hors du pont. Je dois encore traiter tout le dessous avec le même produit. Le système pistolet ne fonctionnant pas, il faut improviser. Vite ! Retourner au magasin d’à côté pour acheter un pinceau, de préférence une queue de morue (rien à voir avec une file d’attente de femmes médisantes et grossières). Je dois pouvoir m’en servir pour tout barbouiller. C’est ce que je fais avec le maximum d’attention. Ne pas oublier la moindre surface sinon, j’en connais une qui va en profiter : la rouille ! C’est donc juste à temps que je finis le traitement des dessous de Titine, non sans profiter du pont pour retendre la courroie d’accessoire qui joue des castagnettes depuis quelques temps. Il vaut mieux faire ça par-dessous, car par le capot, la mission est très compliquée et délicate, surtout si je veux garder tous mes doigts en état. Tout compte fait, je suis content de moi et vois d’un autre œil, une sortie éventuelle sous la pluie, même si tout n’est pas encore étanche.
C’est en passant chez Tonton la bricole (autre enseigne de bricolage dont je terrai le nom réel) que je suis interpelé par un de ces petits écrans qui vous rabâche, à longueur de journée, la même pub sur le produit situé juste dessous. Ce dernier prône les vertus d’un produit en bombe qui, une fois sec, vous assure solidité et étanchéité des surfaces traitées ainsi que protection contre la rouille et colmatage des petits trous. La pub montre même une feuille de papier qui, traitée avec ce produit miracle, retient l’eau aussi bien qu’un liner de piscine. Pas possible me dis-je ! Je rêve ! Juste ce que je cherche pour les dessous de Titine ! Aurais-je de la chance pour une fois ? De plus, ce produit existe en plusieurs couleurs dont le blanc et est recouvrable par de la peinture une fois sec. Dans ce cas là, on se demande où est l’arnaque ! C’est trop beau ! Je fais donc l’acquisition d’une première bombe pour voir. Arrivé à la maison, je me mets à lire la notice écrite en tout petit sur la bombe, en japonais, en anglais, en russe et en … je ne sais quoi, mais pas en français. Bon, j’aurai du prendre mes lunettes pour aller chez tonton ! Un petit tour chez mon pote Google pour trouver une traduction de la dite notice. Je trouve en effet cette dernière traduite dans un français approximatif mais suffisamment explicite pour voir qu’il ne faut pas utiliser le produit en milieu non aéré, ni se le projeter vers les yeux (on s’en serait douté), ni…. Ni par température inférieure à 10 degrés. Et mer…. ! Je vous rappelle que nous sommes début février, dans l’hémisphère nord, dans la région lyonnaise et pas en été sous les tropiques. Il faut donc attendre un peu de soleil pour tenter un essai de calfeutrage. Je n’ai pas à attendre longtemps. Quelques jours plus tard, le Dieu RA pointe son nez, amenant les quelques degrés nécessaires à l’opération. C’est donc couché sur le dos, la tête bien engagée sous l’arrière de Titine que je commence à pulvériser le produit miracle à la place où devra être replacé le réservoir d’origine. Je ne vous fais pas de dessins concernant l’utilisation d’une bombe dans la position du cafard flytoxé ! Je me gèle le dos sur le gravier tout en m’imprégnant les doigts du produit miracle, tout ça en apnée pour ne pas respirer à pleins poumons un gaz sans doute proche du gaz moutarde (à utiliser dans un milieu bien aéré qu’ils disent !). Bref ! Ce produit s’applique assez bien et même s’il a tendance à faire des stalactites aux endroits où il est trop épais, le résultat correspond bien à mes attentes. Je peux donc acheter d’autres bombes pour traiter tout le dessous de la caisse. Sur la notice, il est écrit qu’une bombe couvre environ 3 mètres carrés. Je ne savais pas que j’avais fait l’acquisition d’un semi remorque car j’ai utilisé 3 de ces bombes. Malgré cela, certains coins restent encore à recouvrir mais ça ira quand-même. Je verrai ça plus tard...

                                         

L'Accélérateur :

Bon ! Que me reste-t-il a faire avant le mariage du fils prodigue ? Remplacer le câble d’accélérateur et la fixation, sur le carburateur, du câble de starter dont la vis de blocage s’est cassée lors du remplacement du dit carburateur. Cela devrait être simple et rapide (encore ce foutu verbe « devoir »). J’avais acheté, sur Internet, le câble d’accélérateur et sa gaine et je pouvais récupérer la partie défaillante du starter sur la vacherie de carburateur que je m’étais retenu de satelliser (heureusement). Côté câble d’accélérateur, je me mets à l’ouvrage sans notice puisque, ni la Revue Technique Automobile, ni l’Expert Automobile ne mentionnent cette opération. Pas con Nanard ! Il suffit de regarder comment il arrive sur la pédale d’accélérateur pour voir comment le décrocher de ce côté. Côté carbu, aucun soucis, vu le nombre astronomique de fois où je l’ai enlevé pour faire suite à mes problèmes de ralenti. « Voyons côté pédale ! » C’est dans la position ‘dite’ à la Fosbury que je glisse ma tête sous le tableau de bord. Pour ceux qui ne connaissent pas cette position prise par certains sportifs pour le saut en hauteur, il faut sauter la tête en avant, le dos cambré tourné vers le sol et les genoux pliés pour franchir l’obstacle. A part le fait que je n’ai pas d’obstacle à sauter, ma position est la même (genoux pliés pour passer le seuil de la portière côté chauffeur tout en laissant les pieds sur le plancher des vaches). Pour corser la difficulté, il me faut tenir la baladeuse d’une main et un tournevis de l’autre ! Pas mal à Presque 61 ans ! C’est donc dans cette position des plus confortables que je constate que l’opération n’est pas si simple. Il faut sortir la pédale complète car la tête du câble est emmanchée dans une espèce de fourreau métallique et cylindrique, lui-même fixé sur la dite pédale.
 

Après avoir retiré le clip (sans le perdre) qui maintient l’axe traversant l’ensemble pédale support, il faut encore sortir cet axe. Au vu de la position qu’a pris mon corps réputé rigide comme un passe lacet, l’affaire n’est pas gagnée. Cependant, au bout d’un certain temps que j’estime à 15 minutes vu les courbatures qui commence à naître dans mes jambes, mon dos, mes épaules et ma nuque, je réussis à sortir l’ensemble pédale et câble d’accélérateur ! Ouf ! Une fois extrait de ma position non répertoriée dans le Cama sutra, c’est avec la démarche d’un vieillard centenaire et bossu que je rejoins mon atelier pour dépiauter tout ça au chaud. Je pensais, naïvement (une fois de plus), que j’avais fait le plus dur. Que nenni ! Le fameux fourreau dans lequel la tête du câble est emmanchée s’avère être un système permettant de continuer à enfoncer la pédale d’accélérateur, même si les papillons du carburateur ont réalisé leur course maximum (pour les malades qui aiment crever le plancher). Ce fourreau renferme un ressort assez raide qui pousse une petite plaque cylindrique du diamètre intérieur du fourreau et retenue par un axe traversant ce dernier. Cet axe a pour but d’éviter que la dite plaque ne s’envoie en l’air, poussée par le ressort. Le câble traverse cette plaque en est arrêté par sa tête moulée.​

                                          Dessin mécanisme pédale d'accélérateur

Pour sortir le câble, il faut donc passer cette tête entre l’axe retenant la plaque et les bords du fourreau. Et c’est là que les choses se compliquent ! Je ne sais pas quel est l’ingénieur de pacotille qui a étudié ce système mais l’espace requis est insuffisant. Il faut donc sortir l’axe. Ce dernier étant fortement comprimé, il faut pousser la plaque vers le fond du fourreau à l’aide d’un tournevis pour écraser le ressort et libérer les contraintes exercées sur l’axe. Pour corser la difficulté, ce fourreau est réalisé à partir d’un bout de tôle en acier à ferrer les ânes. Ceci interdit donc tout serrage à l’étau sans risquer de transformer le cylindre en un ellipsoïde inutilisable (la petite plaque circulaire retenant le câble devant circuler à l’intérieur du fourreau comme le piston dans sa chemise). C’est après 45 minutes de galère, en manquant d’y laisser un doigt à cause du dérapage du tournevis, que l’axe finit par sortir à moitié, permettant à la tête du câble de passer. La rouille s’étant installée sur l’ensemble fourreau, plaque et ressort, le mouvement de va et vient de la plaque dans le cylindre émet le bruit caractéristique du vieux sommier maltraité par des amants en surpoids et en plein effort. Ayant de la graisse en bombe, je profite d’avoir l’ensemble accessible pour badigeonner le tout et faire cesser ce bruit évocateur. Pour le remontage, il ne reste plus qu’à faire les opérations à l’envers à savoir : passer le nouveau câble dans la petite plaque circulaire, à travers le ressort et dans le fond du fourreau, pousser la plaque avec un tournevis pour comprimer le ressort, remettre le petit axe de retenu, retourner dans Titine en se replaçant dans la position Fosbury, passer le câble dans le trou de la planche de bord en le tirant côté compartiment moteur, replacer la pédale sur son axe en replaçant le clip, puis glisser le câble dans sa gaine côté moteur (après avoir coupé cette dernière à la bonne longueur) et fixer le tout sur le carburateur en essayant de régler la tension du fameux câble pour ne pas avoir trop de mou ni maintenir une accélération permanente. Ouf ! Je vous ai énuméré toutes ces opérations en une seule phrase, ce qui a pris, vous vous en doutez, moins de temps à écrire qu’à réaliser. Reste à remplacer le système de blocage du starter. Ce fût plus rapide, même si, faute de pouvoir retirer le câble du mécanisme à cause de la vis de serrage cassée en position bloquée, je dû couper ce câble et un bout de sa gaine pour conserver la bonne longueur hors gaine. Le remontage du nouveau système pris sur l’ancien carburateur ne présenta pas de difficulté. Enfin un truc qui a marché presque sans accroc.

Evidemment, comme après chaque intervention, une phase d’essais est nécessaire. Après un petit réglage du ralenti, moteur chaud, je prends Titine pour aller faire le tour du quartier, histoire de vérifier que tout va bien. Au premier carrefour, alors que je relâche la pédale d’accélérateur, Titine refuse de ralentir, trop contente sans doute de retrouver le plaisir de rouler. « C’est quoi encore cette galère ? » Un coup bref sur l’accélérateur et le ralenti revient lentement à son régime normal de 900 t/mn. Retour à la maison pour voir. Démontage du filtre à air pour libérer l’accès aux commandes des papillons et … Euréka, j’ai trouvé. J’ai laissé un peu trop de longueur au câble après la vis de serrage et ce bout en trop vient buter contre la planche de bord, empêchant l’accélérateur de revenir à zéro. Bon ! J’arrange tout ça, je remonte pour la 572éme fois le filtre à air, redémarre le moteur, puis deux ou trois coups d’accélérateur pour vérifier le retour au ralenti et hop, me voilà reparti pour un tour de quartier. Et hop ! De nouveau ce foutu ralenti qui ne revient pas ! Grrrrrrrrrrrrrrrrrr. Dois-je envisager la satellisation de ce deuxième carburateur ? " Oh rage, oh désespoir, oh carburation ennemie, n’ai-je donc tant souffert pour te remettre à niveau, qu’en cet instant cruciale, tu m’refais ton numéro ?" Une bouffée d’angoisse me bloque la gorge et me fait venir la boufaillisse comme ils disent du côté de Nice. Réfléchissement Nanard ! Allez, je démonte pour la 573ème fois le filtre à air et jette un œil dubitatif sur le mécanisme de commande des papillons d’accélérateur. Rien ! Je ne vois rien ! J’ai beau manœuvrer ces derniers à la main, tout me semble correct. Quelle poisse ! Cependant, au fond de mon cerveau embrumé, une petite voix me dit : « t’es sûr que t’as suffisamment de jeux sur le réglage de la pompe de reprise et t’es sûr que ce carbu, que t’as toujours refusé de nettoyer depuis que tu l’as acheté à Paris, n’a pas besoin d’un peu de graisse neuve ? » Ouais ! On peut toujours essayer ! Après un petit desserrage de la vis de la pompe de reprise pour laisser le jeu nécessaire et après avoir bombé de la graisse neuve sur tous les axes et mécanismes du carbu, me voilà reparti pour un troisième tour de quartier. Ah ! Que ma petite voix est parfois intelligente ! Tout est rentré dans l’ordre. Allez, puisque tout marche bien, je décide de faire un grand tour pour m’assurer que cette victoire sur l’adversité n’est pas un mirage ! Bon ! Le coup du tour d’essai, c’est une excuse pour les autres. En réalité, j’ai envie de goûter à la joie de rouler avec Titine sur les routes de campagne, même si exceptionnellement, la capote doit rester dépliée (rouler à 90 par 0 degré revient à placer ses mains et ses neurones dans un congélateur au froid ventilé). C’est donc après avoir fait une cinquantaine de kilomètres que je reviens à la maison, le cœur léger et heureux d’avoir retrouver une Titine en forme.

Nouveau réservoir :

Dans la série, « qu’est-ce qu’il me reste à faire avant le mariage » je voudrai : « le réservoir ! Il faut le traiter contre la corrosion interne et le remonter ». Cela fait 15 jours qu’il est revenu à la maison après un séjour de 2 ans dans les ateliers de JP (tiens, ça fait un moment qu’il a disparu de mon récit ce brave JP). Afin de se faire pardonner de n’avoir pu le terminer après un si long délai, ce dernier me fit cadeau du Kit de traitement.

                                                    Le réservoir peint avant traitement

Je lis attentivement la notice avant de m’engager dans cette manip. La notice dit :
« si le réservoir présente des traces de gras, utilisez le dégraissant « Tartempion » ». Bon !, JP avait déjà fait cette opération et le réservoir était parfaitement dégraissé.
« Afin d’enlever les traces de rouille, utiliser le produit « Trucmuche ». S’il l’avait fait, les deux ans de stockage dans son atelier a permis à cette rouille de revenir sournoisement. C’est en passant l’endoscope dans l’orifice… de remplissage (je vous ai déjà dit que je ne suis pas Proctologue) que j’ai pu constater le retour sournois de cette bête métallophage. Il me faut faire ou refaire cette manip. Je verse le bidon de « Trucmuche » à l’intérieur du réservoir en ayant pris soin de boucher tous les orifices au préalable, sauf celui de remplissage évidemment. Un coup de scotch pour fermer ce dernier, et me voilà parti pour jouer à la machine à laver. Et que je te secoue ce récipient dans tous les sens, style manège « Number One » (pour ceux qui connaissent) afin de ne laisser aucune chance à ce cancer métallique de se reproduire. Ne vous inquiétez pas ! « Trucmuche » étant un acide sans doute assez costaud, je prends la précaution de mettre mes mimines dans des gants en latex. Inutile de rajouter un trauma à mes pauvres paluches déjà bien esquintées. Après avoir bien secoué le réservoir dans tous les sens pendant une durée conforme à la notice, je vide le « Trucmuche » devenu brun, dans un bidon vide de 5 litres que j’ai déniché dans mon bric à brac. Pas question de vider ça dans un évier ou pire, dans la nature.

Ensuite, la notice dit : « Prendre des précautions pour éviter que les orifices ne se bouchent lors du traitement avec la résine ». Pour cette partie, un bout de câble électrique placé dans le tuyau de sortie d’essence fait l’affaire.    

                 Un bout de câble pour boucher la sortie de l'essence

Un petit coup d’endoscope à l’intérieur du réservoir pour voir si le câble débouche bien à l’intérieur et… « Qu’est ce que c’est que cette espèce de toile métallique toute déchirée ? » Mince ! La crépine…

Reste du treillage de la crépine vue à l'endoscope

Bon ! Que faire ? La laisser et amener la résine à se déposer dessus, bouchant ainsi la sortie essence ? L’enlever et se passer de ce filtre qui de toute façon ne fera plus du tout son office ? Aucune hésitation ! Etant donné que Titine a un autre filtre juste avant la pompe à essence, je prends la décision d’enlever ce restant de grillage filtrant. Problème … ! Comment arracher ce treillage métallique soudé au fond du réservoir en passant par l’orifice de remplissage ? Je me retrouve donc avec la problématique du chirurgien qui essaierait de faire l’ablation d’un appendice en passant par la bouche du patient avec une pince à épiler : Trop loin, trop étroit et avec des outils trop courts. La seule chose que je réussis à faire, c’est de déchirer un peu plus ce gracile treillage à l’aide d’un fil de fer recourbé, suffisamment pour qu’il ne soit plus gênant. Je verrai plus tard pour l’extraire complètement si nécessaire.
« Répartir ensuite le produit dans les différents compartiments et faire circuler celui-ci en faisant tourner le réservoir lentement dans tous les sens. Contrôler la vitesse d’écoulement du produit en laissant un orifice ouvert. Tourner le réservoir pendant … 2 heures minimum ? » Oups ! Je comprends maintenant pourquoi ce pauvre JP n’a jamais eu le temps de finir cette mission. Bon ! Restons sereins et envisageons calmement comment intervenir. Une idée intéressante m’a été proposée par mon fiston adoré (celui dont le mariage approche à grand pas). « T’as qu’à le fixer sur ta bétonnière et la faire tourner à la main en jouant aussi sur l’inclinaison ! » Il est vrai que la cinématique de ce système devrait permettre de badigeonner tout l’intérieur du réservoir sans trop de fatigue, même si un mécanisme entièrement électrique et automatique aurait été la panacée. Mais comme j’aime bien me fatiguer pour rien et comme le temps imparti se réduit comme peau de chagrin, je laisse tomber la solution automatique. J’envisage déjà le système de fixation du réservoir sur la bétonnière quand un détail de la notice me saute aux yeux comme une puce sur un chien galeux ! « La résine ne doit pas être appliquée à une température ambiante …inférieure à 15 degrés ». Ahr ! Scheisse… comme on dit outre Rhin… Mais qu’est-ce qui m’a pris d’engager ces travaux en février ? Et d’abord ! Pourquoi mon cadet se marie-t-il en mars ? Les mariages se font en mai ou juin d’habitude ! Ne pouvant décaler le mariage à des fins de restauration de réservoir, va falloir faire la manip du ‘j’te r’tourne dans tous les sens’, style rock sauté, à la main et au chaud.


Je ne raconterai pas en détail cette manip qui se déroula sans trop de problèmes, mise à part la douleur dans les épaules, le produit sur les doigts et par terre suite à une sortie intempestive de celui-ci par l’orifice de remplissage alors que je croyais qu’il était trop pâteux pour avoir envie de se carapater à l’extérieur. Deux heures trente sont nécessaires pour que le produit ne soit plus considéré comme pouvant s’accumuler sur les points le plus bas. Au bout de 5 heures, j’enlève le bout de câble servant à boucher la sortie essence avant que la résine ne soude celui-ci, bouchant définitivement cette sortie et rendant le réservoir potentiellement inutilisable (si j’avais su ce qui m’attendait…). Un petit coup de soufflette dans le tuyau (à la bouche puisque je ne suis pas équipé en air comprimé) pour vérifier que cet orifice n’est pas obstrué et il n’y a plus qu’à attendre 7 jours avant la mise en essence. Pas de problème, j’ai d’autres travaux en vue et le mariage à lieu dans 12 jours.

La Carrosserie :

Il me reste donc 12 jours pour arranger la carrosserie en supprimant ces craquelures disgracieuses générées par les réparations de gougnafier premier. Les plus importantes se situent au niveau des feux arrière. J’en profite pour virer l’étiquette indiquant le patronyme de gougnafier. Pour moi, c’est une première car jusqu’à présent, je me suis contenté de faire du rafistolage sur mes premières voitures dans le but de corriger des défauts de carrosserie provoqués par quelques accrochages. Je ne m’étais jamais engagé à essayer de faire du parfait. Titine mérite bien que je lui consacre du temps et de la patience pour lui redonner un aspect presque neuf.

Bon, voilà qu’il se met à faire beau ! Ceci qui signifie que les travaux dans le jardin passent en priorité. Qu’à cela ne tienne, j’attaquerai Titine à la nuit tombante.

Première chose à faire, trouver la référence de la peinture d’origine. Cette mission a été plus facile que prévu grâce au Web. Sa couleur d’origine s’appelle « blanc Alaska ». Un nom qui évoque plutôt le froid alors que je ne suis pas en froid avec elle, même en tenant compte de toutes les galères que nous avons rencontrées jusqu’à présent. Avec ce nom, je trouve un fournisseur de bombe et de stylo de peinture qui peut me les faire parvenir rapidement et surtout, avant la date fatidique du 5 mars 2016.

Deuxième étape : démonter tous les accessoires qui ne doivent pas être peints à savoir… tout ce qui est démontable à l’arrière. Ceci comprend les feux, la plaque minéralogique et son support, les feux de recule et le pare choc. Malgré un grippage léger des écrous de ce dernier, cette tâche ne me pose pas de problème (encore une mission sans accroc). Troisième étape, faire sauter les morceaux de mastique qui ne demandent qu’à tomber. Pour ça, j’avais acheté, lors d’un rassemblement d’anciennes en 2015, un nécessaire de brosses métalliques « spéciale carrosserie » adaptables sur perceuse. Je fixe donc une de ces brosses sur ma perceuse et m’attaque frénétiquement à faire sauter ces lambeaux de mastic. Le pied ! J’arrive facilement à mettre la tôle à nu et m’aperçois, avec plaisir, que celle-ci ne semble pas en mauvais état (encore le verbe « sembler »). Je continue allègrement autour du feu arrière gauche jusqu’au moment où j’atteins la tôle sous le feu. Oups ! Dans ce petit coin, la carrosserie ressemble au dessous de Titine c’est-à-dire avec l’aspect fumé de vieux joint papier (couleur comprise). Pour être plus précis, ce coin de carrosserie ne tient plus que par l’opération du Saint Esprit. Gougnafier premier avait réussi à coller les morceaux de rouille avec le mastic. Il ne reste plus qu’un lambeau de tôle d’un centimètre de large pour solidariser le bas du panneau arrière avec l’aile gauche.


                                                        Vue du dessous du feu arrière gauche

Bon ! Je verrai comment renforcer cette partie une fois que j’aurai tout nettoyé. Le reste du panneau arrière ne laisse pas apparaître d’autres signes avant coureur d’une rupture avancée. En regardant de plus près, je m’aperçois que rien n’est droit sur cette partie de carrosserie. La double tôle intérieure présente même un cintrage étrange que j’ai du mal à justifier. Autre chose : une dissymétrie flagrante me saute aux yeux, Le renfoncement du bandeau arrière situé normalement sous la plaque minéralogique est plus profond à droite qu’à gauche.

                                             Dissymétrie autour du renfoncement de la plaque.

Allez ! Autant tout remettre d’aplomb avant de mastiquer. Un petit coup de pince par ci, un petit coup de marteau par là et…. Crac ! « Comment ça ‘Crac’ » me dis-je en essayant de visualiser le lieu d’où émanait ce bruit sinistre ! Oups ! Damned ! Le petit centimètre de papier à cigarette vient de se rompre comme le tibia du grabataire atteint par la maladie des os de verre. C’est là que je comprends, un peu tard, toute la subtilité développée par gougnafier premier. Toutes ces déformations de tôles, internes et externes, n’avaient pour unique but que de soulager les contraintes subites par le panneau arrière suite à un mauvais alignement des pièces après réparation. Le fait de vouloir tout remettre d’aplomb n’a fait que restaurer ces contraintes avec pour conséquence, la déchirure du métal fragilisé par la dame en brun (la rouille). Que faire ? J’ai beau essayer de redresser ce qui peut l’être, la partie inférieure du bandeau n’est plus du tout en ligne avec la partie encore accrochée à l’aile gauche. Comment réparer tout ça ? Je suis autant carrossier que pâtissier c’est-à-dire que je suis aussi doué pour redresser (proprement) ou souder des tôles fines que pour dresser une pièce montée avec du caramel. Je ne me suis jamais essayé, ni sur l’un ni sur l’autre ! Sans faire montre d’un pessimisme notoire, je n’ai aucune idée sur la démarche à adopter. Le seul matériel que j’ai sous la main, pour la soudure, est un poste à l’arc et les seules soudures réalisées jusqu’alors l’ont été sur de la grosse ferraille, style « fer à béton de diamètre 12 mm ». De plus, je n’ai que de la baguette de 3,5 millimètres. Pour les non connaisseurs, souder de la tôle avec ce matériel revient à coller un cheveu avec un pistolet à colle sans que ça se voie ! Pourtant, c’est ce que j’essaye de faire et apparemment, ça marche. Je vois déjà s’esclaffer les soudeurs confirmés : « t’as fait qu’un collage et pas une soudure ! ». Certes ! Mais ça tient. Le plus dur a été d’aligner les deux morceaux et de provoquer le premier amorçage sans foutre en l’air cet alignement. Un astucieux montage à base de planche et de grosses pierres me permet de repousser le bout de tôle qui flotte et de caler l’ensemble. La suite n’est qu’un apport de matière par fusion de la baguette, en essayant de ne pas recréer un trou. Toujours pour les non spécialistes, souder une tôle dans ces conditions se transforme très vite en fusion de la tôle. Celle-ci a tendance à fondre plus vite que la baguette de soudure (sauf si on utilise des baguettes fines avec la bonne intensité, ce que je n’ai pas sous la main). Une fois cette soudure ‘collage’ réalisée et après avoir fait un premier surfaçage à coup de meule, reste plus qu’à combler le manque de tôle avec de la choucroute. Non ! Pas la spécialité alsacienne issue du choux mais celle, beaucoup moins comestible et beaucoup plus efficace pour ce travail, constituée de résine et de fibre de verre.
 

Renforcement à la choucroute

J’en vois encore qui se moquent ! « Ce n’est que du maquillage et pas de la réparation ! ». C’est vrai ! Mais je vous rappelle que l’horloge tourne et que Titine doit paraître propre le 5 mars. Pour la suite, il ne devrait pas y avoir de difficulté. J’ai simplement oublié une chose : le mastic ne doit pas être utilisé et appliqué si la température ambiante est inférieure à 15 degrés ! Manque de bol, je dois travailler le soir. L’hiver, qui n’avait pas encore pointé son vrai museau jusqu’à présent, vient de se réveiller brutalement, rien que pour me faire ch… ! Impossible de laisser Titine dans cet état là et aucun abri connu pour travailler au chaud. Ah oui, j’ai oublié de vous dire que tout ce que j’ai fait dernièrement l’a été sous l’abri ouvert aux quatre vents, celui sous lequel Titine passe ses nuits et ses jours lorsqu’elle ne roule pas. Nouveau réfléchissement …. ! Y'a qu’à chauffer juste la partie à travailler !
Ah oui ! Mais avec quoi ? Ben ! Avec quelque chose qui chauffe … banane !
Je passe en revue tout ce qui pourrait chauffer et qui serait déplaçable quand mon regard tombe sur le projecteur halogène, accroché sous l’abri depuis la dernière fête avec les voisins (soit depuis 8 mois). C’est vrai que ce projecteur a deux avantages : il chauffe et il éclaire. Mais chauffera-t-il assez ? N’ayant pas d’autre solution, c’est la méthode que j’utilise tout au long de la semaine après avoir investi dans une bâche pour protéger la zone de travail (et le carrossier amateur) d’une pluie éventuelle.

                                                   Après masticage et avant ponçage

Nous voila à la fin de semaine et l’arrière de Titine est mastiqué et poncé. Plus que 6 jours (5 si je veux garder du temps pour la nettoyer à fond et m’assurer que rien ne cloche).
A présent, il faut couvrir tout ça avec 2 ou 3 couches d’apprêt. Même motif, même punition ! Pour pulvériser l’apprêt, il faut que le mercure soit un peu plus haut. Qu’à cela ne tienne, utilisons la même méthode de chauffage ! Comme la peinture sèche plus vite que le mastic, je décide de balader le projecteur à raz la surface peinte jusqu’au séchage. Tout en essayant de n'oublier aucune partie, je fais gaffe à ne pas me cramer les doigts. Et ça marche… J’ai cependant laissé un peu de temps entre chaque couche pour être sur que l’apprêt soit sec.

Reste plus qu’à peindre en blanc … à condition d’avoir reçu la peinture, ce qui n’est toujours pas le cas en ce milieu de dernière semaine.

Plus que 3 jours. Une certaine inquiétude m’envahit ! « Et si la peinture n’arrivait pas à temps ? ». Questionnement en interne à moi-même ! Ai-je prévu un plan B ? Pas pour l’instant ! On attend encore 1 jour pour voir. Ce qui est rassurant (si on veut), c’est que le site du vendeur m’affirme que mon colis est bien parti et qu’il est en cours de livraison. Afin de ne pas tourner comme un lion en cage, je profite de cette attente pour finir de badigeonner le dessous de Titine avec le produit miracle blanc d’étanchéité. Toujours dans la position du cafard flytoxé (sur le dos les pattes en l’air), je tente de le pulvériser sous tout le châssis en insistant sur les endroits présentant quelques petit trous. Comme pour mes premiers essais, j’en ai encore plein les doigts. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de pulvériser un produit en bombe avec le trou de la buse tournée vers le haut, mais une des plus grandes découvertes de Newton se vérifie présentement. Cette foutue gravité a la fâcheuse tendance à ramener le liquide non pulvérisé vers le sol, rencontrant au passage le doigt de la buse qui appuie sur la buse. C’est en essayant de me laver les mains que je m’aperçois que la pluie n’est pas prête de lessiver ce produit. Même encore frais, il faut que je m’enlève les premières couches de l’épiderme à l’alcool à brûler pour retrouver mes pattes de devant dans un état acceptable. J’aurai pu essayer l’Acétone mais j’ai déjà eu ma dose de gaz moutarde sans y rajouter une snifette de stupéfiant. Il parait que, pour ceux qui en sont équipé, ça leur bouffe les neurones !

Autre problème que j’ai oublié: les essuies glaces, vu que je m’en sers rarement ! Je vous en avais déjà parlé. Mais si ! Lors de mon retour de la Traboulé, vous savez, quand Titine tournait sur 3 pattes… Et bien depuis, je n’ai rien fait, et ceux-ci font toujours la grève du zèle (balayage très lent pour être sur de ne pas oublier une goutte d’eau au passage). Je m’attaque donc à démonter la grille avant pour atteindre les biellettes du mécanisme et tout graisser, convaincu que tout doit être gommé la dessous. C’est en démontant la grille que le petit bout de plastique de l’essuie glace gauche (côté chauffeur) émet un craquement sinistre et que le balai me reste dans la main. Oups ! La tuile… Allez Nanard, ce n’est pas si grave ! Tu vas racheter des balais neufs et remonter tout ça ! Ni vu ni connu… Et bien devinez… ? Et oui, une galère de plus. Les balais neufs en question, pourtant prévus pour ce modèle de 304, sont montés avec des fixations prévues pour des bras se terminant par un crochet alors que ceux de Titine sont droits avec une petite aspérité. Retour chez le vendeur pour trouver la pièce en plastique qui va bien. Evidemment, loi de Murphy oblige, la pièce n’est pas disponible. Dire que ma femme pense être un chat noir et qu’elle attire la poisse ! "Cette fois ma puce, tu n'y es pour rien, je te le jure !" On fait un beau couple à tous les deux. Même quand elle n’est pas à mes côtés, ça merde quand même. Pas étonnant que je ne gagne jamais au Loto !

Le brave vendeur essaye de trouver une solution en regardant tous les balais d’essuie glace qu’il a en magasin mais aucun n’a ce montage. Il doit se résigner à fouiller dans son catalogue, gros comme le bottin téléphonique de Paris et sa banlieue. Après 30 minutes de recherche que je trouve très longues, me mettant à la place des autres clients qui attendent après moi. Je perçois une hostilité qui me feraient bien passer l’envie d’acheter ce bout de plastique. Avant qu'ils ne me jettent dehors par la peau des fesses, le brave homme me trouve les références de l’objet convoité. « Je ne l’ai pas en stock mais je peux vous l’avoir pour samedi matin 9h00 ». Re Oups ! Le jour du mariage. « Bon ! Je tenterai de passer samedi, sinon, ça devra attendre une semaine » lui réponds-je sans être sûr d’avoir le temps de m’occuper de ça le jour J. De retour à la maison, je continue de sortir la grille qui m’a valu le déboire de l’essuie glace. Elle tient par 5 vis dont une casse net au premier coup de clef (encore la rouille). Ne pouvant extraire la partie de la vis restée à l’intérieur de la carrosserie, je prends la décision de remonter, plus tard, cette grille avec 4 vis seulement.

Le mécanisme de l’essuie glace étant apparent, j’entreprends de graisser le tout en prenant soin de replier le bras du balai gauche. Il faut éviter que ce bout de métal (lorsque je ferai tourner le moteur pour faire pénétrer la graisse) ne vienne transformer le pare brise en patinoire après une démonstration de Philippe Candelero. Après cette opération, j’ai l’impression que le moteur force moins et que l’essuie glace balaie plus vite. Même à grande vitesse, on est encore loin de la vitesse lente des voitures modernes ! Mais bon ! Faut pas trop en demander. Là-dessus, je me dis que je profiterai de l’arrivée de la peinture pour remettre un coup sur l’intérieur de cette grille. Une petite pulvérisation de Rustol pour arrêter un début de rouille naissante et je rentre le tout au chaud jusqu’à la mise en peinture.
J-2 : J’attends fébrilement le facteur en regardant l’horloge comme un fonctionnaire avant la pose de midi ou en fin de poste. Treize heure : Toujours pas de courrier. Quatorze heures : je n’y crois plus ! Je vais quand même jeter un œil dans la boite, des fois que le colis ait été déposé subrepticement pendant que j’avais le dos tourné ! Youpiiiiiiii ! Il y un colis à mon nom ! N’ayant rien commandé d’autre, je me précipite pour l’ouvrir, le cœur battant comme une jouvencelle attendant son premier rencard. C’est bien ça ! Tout y est ! La bombe de peinture et le stylo ! Cependant, les explications sur le mode d’application de la peinture sont totalement absentes de la surface de la bombe. C’est encore une fois vers mon pote Internet que je me rapatrie. Perdu ! La peinture, comme tout le reste depuis une semaine, doit être pulvérisée sous une température ne descendant pas en dessous de 15 degrés (décidément !). Il va donc falloir de nouveau appliquer la méthode chauffage Nanard. Je commence par le bout d’aile arrière gauche qui était piquée et que j’ai essayé de réparer comme j’ai pu.

                                      Aile arrière refaite avant peinture

La couleur semble être la bonne et la peinture couvre bien. Hélas, quelques minutes plus tard, des cloques disgracieuses font leur apparition. Fait-il trop froid ? Aller, on essuie ce qui veut bien partir, petit coup de ponçage au 600 à l’eau, on chauffe la tôle avec le projecteur et on repasse une autre couche… Cette fois, ça colle. Quelques allers-retours de projecteur au plus près de la peinture jusqu’au séchage et le résultat ne me semble pas trop mauvais. Evidemment, le brillant n’est pas au rendez-vous mais je ne peux pas faire mieux pour l’instant. De toute façon, il faut finir avant ce soir si je veux consacrer la journée de demain pour tout remonter. Je pratique donc la même opération sur tout le bandeau arrière en ayant pris soin de calfeutrer le joint et le couvercle du coffre arrière. L’après-midi est bien avancé lorsque j’attaque la troisième couche de peinture. Je ne suis pas très fier du résultat vu que les surfaces qui me semblaient très lisses au toucher après ponçage, présentent des irrégularités visuelles une fois en peinture. Il y a même une légère coulure. Tant pis ! Je reprendrai tout ça plus tard, quand il fera plus chaud, car le chrono tourne de plus en plus vite.

J-1 : après avoir fait quelques courses indispensables pour le mariage, je m’attaque au remontage de ce que j’avais enlevé en commençant par les feux arrière. Bon ! Ceux-ci se positionnent bien et la courbure suit bien la partie de la carrosserie que je viens de refaire. Un petit essai pour voir si tout est ok ! Mince! Ils fonctionnent mal ! Les feux de position s’allument en alternance avec les clignotants. C'est un problème connu ! Je démonte le bloc phares, passe un coup de brosse métallique sur la partie ou se fixe la vis de maintien de l’ensemble et qui sert de retour à la masse, et je remonte le tout. Cette fois, ça fonctionne. Puis vient le tour de la plaque minéralogique avec son support. Un petit « clong » se fait entendre quand je tente de serrer l’écrou de gauche à l’intérieur du coffre (toujours cette contrainte sur la tôle). En appuyant sur la plaque, un deuxième « clong » me fait comprendre que la tôle est revenue à sa place. Encore un truc à voir plus tard.

Troisième remontage : les feux de recule. Pas de problème de remontage sauf pour celui de gauche. Ce dernier, comme celui de droite, tient par deux vis dont les écrous sont placés à l’intérieur du coffre, au raz de la double paroi. Les déformations de celle-ci recouvrent à moitié cet écrou, m’empêchant de passer la moindre clef. Tenterai-je de ramener un peu cette tôle en prenant le risque de voir ma réparation de dessous le phare s’envoyer en l’air ? Si cela devait arrivée, je serai dans le caca ! D’un autre côté, si je ne fais rien, impossible de serrer ce deuxième écrou, laissant le feu de recul brin ballant. C’est donc avec une multiprise et beaucoup de précautions que je déforme la tôle pour laisser la place à une clef plate. Ouf ! Rien n’a lâché… Reste à rebrancher ces feux et à les essayer. « Tiens, ça marche pas ? ». J’ai pourtant bien mis le contact et passer la marche arrière mais aucun des deux ne s’allume. Un petit coup de voltmètre aux bornes des ampoules : 0 volt. Normale quelles ne s’allument pas. Bon ! Pas le temps de me pencher plus sur le problème. Je regarderai sur le schéma de la RTA pour voir par où transite le 12 volt. De plus, ces feux de recule ne servent pratiquement à rien vu qu’il est très difficile de voir à travers la lunette arrière et qu’ils n’éclairent pas suffisamment pour reculer avec les rétros. Juste une précision : Tous les schémas que j’ai pu visualiser ne font pas apparaître ces feux.

Reste encore à replacer la grille de prise d’air sous les essuies glace et à recoller provisoirement la fixation plastique du balai gauche (pour le cas où la pièce commandée ne soit pas arrivée ou que je n’aie pas le temps de la chercher). La principale précaution à prendre pour le remontage de cette grille, c’est d’empêcher le bras de l’essuie glace gauche (celui qui n’a plus de balai) de revenir brutalement sur le pare brise ce qui se traduira par un bris de glace des plus problématique et très fâcheux. Bon ! Mise à part la vis cassée, pas de problème particulier pour cette opération.
 

                                                               La grille remontée

                                                         Vis de grille cassée

Le collage de la pièce avec de la colle cyanoacrylate me parait correcte, mais c’est vraiment du provisoire.

Dernière chose à remonter : le pare choc. Je m’attends à rencontrer plus de difficultés pour cette étape. Mais tout se passe relativement bien (encore une affaire sans accroc). Une fois remonté, les petits défauts de carrosserie passent presque inaperçus et le résultat me parait assez correcte.

Arrière refait et remonté

DerniErS INSTANTS avant le mariage :

Il est 19h00 ce dernier vendredi et je viens de finir le remontage arrière. Cependant, malgré cette heure tardive, impossible de résister à l’envie de faire un tour d’essai. C’est donc sans manger que je prends le volant pour un petit tour de campagne. De retour à la maison, je me rends compte que j’ai parcouru 50 km et que tout va bien !
Nous sommes le samedi matin, jour du mariage et il me reste à remonter le réservoir d’origine, chercher la fixation de l’essuie glace chez mon vendeur de pièces détachés et nettoyer l’intérieur et l’extérieur de Titine. Côté réservoir, plus la peine de se casser la nénette vu que la jauge, qui équipe celui placé provisoirement dans le coffre, n’est pas la bonne. De plus, ce brave JP ne m’a pas rendu celle d’origine. Pour la pièce de l’essuie glace, coup de bol (et oui ça m’arrive de temps en temps). Devant me rendre en ville pour une autre raison, je m’arrête chez mon revendeur. Euréka ! Il a bien reçu la pièce et celle-ci correspond bien à ma demande. C’est aussi là que je m’aperçois à quel point c’est chiant d’attendre que le client précédent soit servi alors qu’on est pressé. L’envie de lui gueuler « mais tu peux pas te grouiller pauvre tâche ! » me vient à l’esprit mais ne va pas plus loin que mon troisième neurone. Je sais me tenir quand même ! De toute façon, il est trop costaud pour moi. Seul un regard non équivoque et fréquent sur ma montre extériorise mon impatience. Bien que le temps me paraisse interminable, il ne s’est écoulé que 10 minutes depuis mon entrée dans la boutique. Enfin, le quidam précédent daigne payer et sortir du magasin. Illico, je suis servi et paie mon dû.

Il est 10h00 : Vite ! Retourner à la maison pour finir ce qui doit l’être. Il me reste 4 heures pour ça, sans compter qu’il faut encore que je déjeune, que je me lave (il parait que ça se fait à cette occasion) et que je me fasse beau (là, je ne garantis pas le résultat).

Dix minutes pour remplacer les essuies glace. Ouf ! Tout c’est bien passé. Il faut maintenant passer aux derniers préparatifs.

 

Pièce de fixation du balai d'essuie glace

Derniers préparatifs :

Il me faut vingt minutes pour retirer du coffre tout ce qui n’est pas utile pour cette journée. Je ne laisse que la caisse à clous, la tête de Delco de rechange, le multimètre, le bidon de 5 litres d’huile, le bidon de 5 litres de lave glace, le bidon de 5 litres de liquide de refroidissement, les deux bidons de liquide de frein, la baladeuse, des chiffons, un entonnoir, un jerrican de 10 litres d’essence … J’en vois qui se moquent ! « C’est quoi ton coffre ? Le sac à main de Marie Poppins, de Joséphine Ange Gardien ou la centrale d’achat de Castorama ? ». D’autres de se dire : « il se fout de nous, ça peut pas rentrer dans le coffre d’un cabriolet !». Et moi de vous répondre : « Eh ben si ! » Et en plus, tout ça a été placé proprement à côté du réservoir provisoire de 50 litres qui monopolise la moitié du coffre. Etonnant, n’est-ce pas ? Après ce premier rangement, il me reste à passer le Polish sur toute la carrosserie, mettre un coup d’aspirateur à l’intérieur, bomber tous les plastiques avec du rénovateur, resserrer un bout du tableau de bord qui m’agace à force de vibrer, enlever à l’alcool, deux traces blanches qui tachent les sièges (non ! ne fantasmez pas. il s’agit vraisemblablement du produit miracle bombé sous Titine) , faire briller les chromes, nettoyer toutes les glaces avec du produit à vitre et décorer Titine à l’aide de rubans et de nœuds verts. Un vrai Marathon.

Il reste 1h30 pour ranger le matériel de nettoyage, déjeuner et me préparer : ça devrait le faire ! Et ça le fait. Ouf…! Reste à embarquer la mariée pour qu’elle arrive un peu en retard à la mairie (par tradition, la mariée doit arriver la dernière).

 

Le mariage :

14h45 : A ce niveau là, on peut dire que c’est dans la poche et que plus rien ne peut vous retarder. Trente minutes pour rejoindre la mairie située à 10 kilomètres, c’est plus qu’il n’en faut. Cependant, en garçon prudent et en tant que futur beau-père, je préfère partir un peu plus tôt pour ne pas prendre de risque (des fois que Titine me fasse un coup de Calgon juste au moment du départ). Autre raison de ce départ un peu avancé, un fort assombrissement du ciel dans la mauvaise direction pour nous. Vous savez, un ciel qui vous fait penser au film « les dix commandements » quand Dieu se fâche à la fin ! (ça s’est pour les amateurs de cinéma ou les plus de 60 ans). Manquerait plus qu’on reçoive une radée phénoménale au moment de monter dans Titine ! Sans précipitation, j’envisage donc de rejoindre l’habitacle pour installer, au sec, ma future belle-fille. Epique est le mot qui me vient à l’esprit. La robe est tellement volumineuse qu’il me faut près de 5 minutes pour tout faire rentrer et fermer la portière côté passager sans coincer un morceau de tissus. Une fois assis à ma place de chauffeur, je cherche la boucle de la ceinture de sécurité de ma passagère. Me voilà parti en exploration à travers les froufrous de cette robe gigantesque pour tenter de la récupérer. Introuvable ! Question bête : était-elle encore là ce matin ou l’avais-je démontée dans un moment d’égarement ? Ouf ! La voilà. Pas besoin de régler la longueur de la ceinture, en l’occurrence un peu grande, car le serrage requis pour une efficacité optimum aurait déformé cette jolie robe. De plus, vue l’épaisseur de tissus, ma passagère se trouve équipée d’un airbag, même si l'option n’existe pas sur Titine. Après avoir lancé le moteur, je ne me sens pas sortie d’affaire pour autant. Je dois encore faire une marche arrière. Je la tente au bruit car impossible de voir dans le rétro de droite. En allant doucement, je limiterai les dégâts. Mais bon ! Ça passe. Pour la conduite, il me faut conserver une main en permanence sur le levier de vitesse pour éviter de passer quelques secondes précieuses à le chercher à travers les froufrous de la robe à chaque changement de vitesse. A part quelques gouttes sur le pare brise, histoire de tester les essuies glace et de justifier l’intervention speed du matin, nous arrivons en ville un peu en avance et sans encombre. Avec l’accord de la future mariée, je fais un passage au centre pour perdre du temps. Timing impeccable ! C’est avec le son harmonieux et discret de la « Cucaracha » émanant du klaxon de Titine que nous arrivons bons derniers sous le porche de la mairie.

 

Pour le reste de la journée, tout se passa pour le mieux. Le stationnement sous le porche de la mairie pendant la cérémonie évita à Titine de prendre une douche froide. Pour le convoi jusqu’au restaurant, mon petit cabriolet blanc servi de voiture balai, la mariée ayant pris place à bord d’une des deux « Porsche » conduites par son mari (mon fils) et empruntées pour la journée à un ami à lui. Encore un happy end…

Remontage du réservoir :

Nous voilà déjà le 18 mars et demain, c’est la première sortie club que Titine va faire en 2016. Je nous ai inscrits pour faire parti de la caravane d’une course cycliste. Cependant, je prends la décision (peut-être stupide) de remettre en place le réservoir d’origine. Pourquoi stupide me direz-vous ? Parce que mon optimisme notoire me fait croire que tout va se dérouler comme sur des roulettes. Tout avait été bien préparé et ce remontage n’aurait dû être qu’une simple formalité. La semaine passée, j’avais pu récupérer une jauge à essence neuve auprès de ce brave JP. Il faut dire que l’ancienne a disparu on ne sait où ! La chercher aurait nécessité tout un bataillon de volontaires équipés de chiens spécialement entraînés à sniffer la vieille essence. Autant de chance de retrouver cette jauge disparue depuis 2 ans dans la caverne de JP que de retrouver le St Graal. L'ustensile fournit par JP, indispensable au remontage du réservoir (je parle de la jauge), n’est cependant pas conforme à l’original. Quelque part, ça m’arrange. Je vous rappelle que la crépine du réservoir est réduite en lambeaux ce qui signifie que la moindre cochonnerie ira directement boucher le tuyau allant au carburateur. La nouvelle jauge étant équipée d’une belle crépine toute neuve, l’une remplacera l’autre. Par contre, la sortie essence se fait au niveau du couvercle de jauge alors que sur le réservoir d’origine, elle se fait sur le bas de ce dernier. Bon! Il suffira de boucher la sortie d'origine pour éviter que l’essence ne s’échappe par là. Tout va donc aller pour le mieux et me voilà parti pour remonter la bête sous Titine.

En premier lieu, enlevé l'ancien qui squatte dans le coffre depuis trop longtemps. Cette opération est indispensable puisque la sangle, qui sert à le maintenir en position, passe par le trou de la jauge d'origine. Pas de démontage de cette version provisoire revient à ne pas pouvoir remonter l'original. Une fois sorti, je récupère l'essence dans un autre bidon en me rinçant les mains et les pieds au passage. Vu le prix de ce liquide nauséabonde, cela me donne un peu plus de valeur.

Maintenant, remontage du réservoir tout neuf. Je reprends la position du cafard flytoxé, ma position favorite pour voir ce qui se passe sous la caisse et commence à visualiser comment fixer ce foutu réservoir. Pas facile d’accès tout ça ! Va falloir lever Titine avec un cric et retirer la roue ! Lever Titine avec cet outil est toujours une crainte car un mauvais placement de celui-ci et je risque de le voir pénétrer à l’intérieur de l’habitacle sans y être invité et sans passer par la portière. Mais tout se passa bien ! Deuxième chose, enlever le réservoir provisoire car ce dernier me gène pour remettre l’ancien. Je fais donc sauter la sangle qui le fixe et qui transite par le trou de la jauge dans le coffre puis retire ce réservoir de l'emplacement qu’il a squatté depuis plus de deux ans.

Bon ! Maintenant, il me faut 4 boulons de 8mm, la durite de remplissage que j’ai acheté neuve il y a quelques temps, les deux colliers de serrage de cette dernière… et ça doit être tout ! Avant tout remontage, je dois vérifier que la jauge est compatible avec l’indicateur du tableau de bord. Après un petit raccordement électrique rapide de la jauge aux fils allant au tableau de bord en laissant cette dernière à l’extérieur du réservoir (pour pouvoir lui titiller le flotteur), et après avoir mis le contact, tout me semble normal. L’indication est un peu faible pour la position réservoir plein mais tant pis, je verrai si je ne peux pas étalonner ça plus tard avec quelques résistances additionnelles. Pour la position « vide », aucun problème. Je fixe donc la jauge sur le réservoir avec un nouveau joint et les vis neuves achetées quelques semaines plus tôt.


                                                                          Montage de la nouvelle jauge

Maintenant, il me faut chercher 4 vis, 4 rondelles et 4 écrous pour la fixation sous Titine. J’ai beau avoir un stock de visserie, constitué patiemment aux fils de mes 40 années de bricolage, trouver 4 ensembles identiques ou compatibles s’avère un peu plus difficile que prévu. Je finis quand même par trouver mon bonheur après une bonne demi-heure de recherche. Retour sous Titine et présentation du réservoir. Zut ! Comment vais-je emmancher la durite de remplissage dans cette position ? Il me faut tenir le réservoir de la main droite et tendre le bras gauche pour essayer de faire pénétrer la partie mâle de l’orifice de remplissage (au niveau du bouchon d’essence) puis essayer de mettre un ou deux boulons de fixation afin de ne pas prendre le réservoir sur le nez ! Il faudrait être plusieurs où être la déesse Kali (celle qui a 8 bras) ! Etant seul, de sexe masculin et ne faisant pas partie des Dieux Indiens, me voilà mal barré. Allez Nanard ! Réfléchissement… « Ben t’a qu’à démonter la trappe à essence… Banane ! ». C’est vrai qu’en démontant cette partie, ça sera plus facile d’y fixer la durite, le réservoir étant à l’extérieur.

  

                                     Montage de la durite de remplissage

                                           La trappe à essence est démontée

La rouille ayant quelque peu rongé les vis de fixation, ce démontage me pris quelques temps, mais j’y suis arrivé quand même. Retour sous Titine. Ah mince ! Je n’avais pas vu qu’un des boulons de fixation était cassé dans son logement ! Que faire ? Je n’ai pas envie de laisser le réservoir fixer uniquement par 3 points ! Nouveau réfléchissement… Percer ce boulon pour en mettre un autre à la place ! La crainte, c’est de casser le forêt dans le trou et vue la position de perçage, la probabilité est grande. Mais bon ! Quand on est doué ! Aller, je me remets en position pour fixer les 4 boulons. C’est fou ce que ce réservoir parait lourd quand on le maintien d’une main en faisant attention qu’il reste suffisamment de temps en place pour placer au minimum un boulon.

Trois heures que je suis dessus et le réservoir vient juste d’être maintenu par ces 4 fixations.

Reste à refixer la trappe à essence. Pour ce, il faut desserrer le collier qui maintien la durite sur le réservoir et retirer légèrement celle-ci pour que la trappe revienne à la bonne position. Evidemment, la durite se dégage complètement et me voilà en train d’essayer de la remettre en place. Enfin, après encore une demi-heure de galère, la durite, la trappe et le réservoir sont en place. Vous allez me dire : mais pourquoi passer tant de temps à raconter cette opération tout à fait banale ? Simplement pour que vous compreniez que, quand je m’aperçois que je n’ai pas bouché l’ancienne sortie et que celle-ci n’est plus dans ma ligne de mire, il me vient comme un coup de blues ! Démonter l’ensemble n’est même pas envisageable, vu le temps qu’il me reste et vue l’état dans lequel se trouvent mes nerfs… C’est donc avec le doigté du proctologue à la recherche d’une prostate que je cherche ce petit bout de tuyau. Après m'être écorché avec quelques aspérités traînant par ci par là, je réussis à mettre le doigt dessus. Bon ! Il n'est pas visible mais légèrement accessible. Il faut maintenant y introduire un bout de câble ou de fil électrique enduit de pâte à joint pour boucher ce trou. Facile me direz-vous ! Et ben non, car j’ai bien une espèce de mastic pouvant faire l’affaire mais celui-ci sèche lentement et reste souple. Sur le flacon, il est écrit que le produit résiste à l‘eau mais résistera-t-il à l’essence ? Je peux lire aussi qu’il a une forte adhérence sur la pierre, le bois, le ciment mais quand est-il du métal et du plastique ? N’ayant rien d’autre sous la main (je vous rappelle que Titine doit pouvoir prendre la route demain), je prends donc le pari de fixer mon bout de gaine ayant le bon diamètre avec ce mastic. Après avoir mis autant de mastic sur le bout de tube et la fameuse gaine que sur mes doigts, je me couche un peu plus sous la voiture pour voir le résultat. Oupss… Ce que je vois ne me dit rien qui vaille. Cette foutue sortie est trop proche du silencieux d’échappement. Et alors me direz-vous ! Ben ayant autant confiance dans mon colmatage que dans le placement de toutes mes économies chez un bookmaker mafieux, j’envisage déjà une projection d’essence sur ce corps chaud, ce qui aurait pour inévitable conséquence de transformer Titine en Bonze suicidaire. Une recherche minutieuse dans mon bric à brac, que ma chère et tendre appelle mon merdier, et je trouve un bout de durite en PVC qui, emmanché sur mon bout de tuyau, ira détourner une fuite éventuelle vers un endroit plus sûr. Evidemment, cette solution est provisoire ! Jusqu’à ce que mes quelques Neurones restants envisagent une solution plus rationnelle. Me voila de nouveau sur le dos, les yeux tournés vers les dessous de Titine (n’y voyez aucun vis), la main droite tenant le bout de durit entouré d’un petit collier et plein de mastic et cherchant le bout de tube dépassant du réservoir. De nouveau, me voilà avec la main mastiquée et collante. Mais j'y arrive. Quelle galère !

C’est vers 18h00 que je finis enfin le remontage du réservoir en ayant pris soin de tout reconnecter et avoir rebranché la durite venant du moteur. Ouf ! Reste à transférer l’essence contenu dans l’ancien réservoir dans le nouveau. En transitant par un jerrycan, je pu sauver une grande partie de ce précieux liquide, l’autre partie ayant rejoint le sol, mes mains et mes chaussures. Au total, j’estime avoir récupéré une quinzaine de litres, soit de quoi faire entre 100 et 150 km (et oui, ça consomme ces petites bêtes). Je remonte dans la voiture et met le contact pour voir ce qu’indique la jauge … Sur la réserve ! Comment ça sur la réserve ? Le réservoir aurait-il la capacité de celui d’un semi remorque ? Bon, je vais en avoir le cœur net. Je démarre le petit 1300, jette quand même un coup d’œil pour voir si l’essence ne se fait pas un billet de parterre, prends les papiers et la carte bleue et… et si je décapotais ! Soyons fou ! Il ne fait pas trop froid (10 degrés) et le soleil me donne l’envie de grand air. Après avoir récupéré la partie du costume indispensable à la protection de mes neurones, c’est-à-dire ma casquette, me voilà parti en direction de la station la plus proche (7 kilomètres). Titine tourne rond et j’aime ça. Arrivé à la station, c’est avec fierté que j’ouvre le bouchon d’essence sur l’aile droite, ce qui n’était pas arrivé depuis plus de deux ans. D’habitude, j’essaie d’être discret en faisant le plein car ouvrir le coffre pour y mettre le pistolet, même si ça paraissait amusant au début, fait tâche au niveau de l’authenticité de cette mamie. Après être sûr de ne plus pouvoir faire rentrer une goutte de carburant dans le réservoir, je regarde le totalisateur de la pompe : 34 litres. Si je calcule bien, il est rentré presque 50 litres. Pour un réservoir qui a une capacité maximum de 42 litres, c’est pas mal non ! Bon ! De toute façon, le réservoir est plein et la jauge indique… sur la réserve. Et merde ! Va falloir chercher le bug. Je n’ai plus le temps de trouver la panne et ça ira bien pour demain. Par précaution, je rempli le jerrycan ce qui m’assurera une autonomie de 500 à 600 km.

Nouvelle Galère :

Samedi matin 8h30, je suis prêt et retire la bâche de protection de Titine. Elle est toujours décapotée et même s’il ne fait que 2 degrés, le soleil étant déjà là, je décide de ne pas remettre le faux toit. Quand ma chère épouse me voit prendre ma casquette, signe évident que je vais rouler en version cabriolet, elle me prend pour un neuneu. Je mets quand même des gants, un polaire et une écharpe et me voilà parti pour rejoindre le groupe à notre QG, la Brasserie des rives de l'Ain. Puis, direction Neuville sur Ain à quelques kilomètres de là. Fait pas chaud mais tant pis. Là les copains ne sont pas très sympas car si jusqu’à 80 km/h, le froid est supportable, me faire monter à 120 km/h (au compteur) frôle le sadisme. Mais je suis obligé de suivre, ne connaissant pas le lieu de rendez-vous. N’oublions pas que la température apparente est égale à la température ambiante moins la vitesse du vent divisée par 10 ce qui fait dans mon cas 2- 12 = -10 degrés. Rouler en cabriolet en Sibérie, c’est pas top du tout. Arrivée sur place, je me réchauffe avec un café puis après quelques occupations diverses, nous voilà, Titine et moi, dans la caravane qui doit faire le circuit des cyclistes avant que ceux-ci ne commencent leur parcours.
 

                                                                                         Titine dans la caravane
 

C'est un circuit de 9 kilomètres que nous parcourons une première fois avant les plus jeunes coureurs puis une deuxième fois avant les cadors de la petite reine.

                                                                La caravane en mouvement

Premier tour, tout va bien et Titine retourne au point de départ après avoir joyeusement joué de la Cucaracha à chaque traversée de villages. J’ai oublié de vous parler d’un détail qui aura son importance. Avant le départ, nous attendions un membre de notre groupe qui devait nous rejoindre avec sa 4CV. Ce dernier était tombé en panne sur le trajet. L’entre aide des membres du club lui avait permis de nous rejoindre avant le départ.


                                                                    La belle 4CV

Lors du deuxième tour de la caravane, alors que nous roulons au pas, voilà que la 4cV s’arrête sur le bord de la route. Arrivée à côté d’elle, je me renseigne de ce nouvel arrêt : « même problème d'allumage que tout à l’heure » me répond le collègue ! Sur ce, je redémarre quand…. Pan !!! Comment ça pan ? Un gros panache de fumée sort du capot et du dessous de Titine ! Ah non ! Pas le coup du Cerdon ! Cette fois, je n’ai rien vu venir. Il faut s’arrêter de suite. Je coupe le contact et ouvre le capot. Boudiou ! De la flotte de partout. Sans doute le même problème que fin 2015. Je regarde perplexe le liquide dégouliner du moteur et la vapeur se dissiper.

                                                                             Oups! Ça fume!

Cependant, quelque chose me vrille le cortex. Cela n’arrête pas de couler. Oupss… Cette fois, c’est la tuile car ça parait plus grave ! Mon collègue Michel, qui me suivait avec sa Porsche 914, s’arrête à ma hauteur : « qu’est-ce qui t’arrive ? ». « Je sais pas encore mais ça m’inspire pas ». Pendant ce temps, le liquide continue de couler. On jette un œil (ou plutôt plusieurs puisqu’on est deux et normalement constitués). Un jet très net sort du radiateur. Constat sans appel : le radiateur a explosé ! C’était ça le « Pan » que j’avais entendu. Bouhhhh ! Que faire ? « Il faut dégager ta voiture car les coureurs ne vont pas tarder ». Thierry, qui était déjà dans le coup pour le Cerdon, m’indique qu’il y a un chemin un peu plus loin pour me réfugier. Je redémarre Titine en souhaitant que cette deuxième absence d’hydratation n’ait pas raison du petit 1300. J’entrevois déjà le joint de culasse sur son lit de mort en train de rendre son dernier soupir. Je coupe le contact et laisse Titine en roue libre sur quelques mètres. Pas suffisant pour rejoindre le refuge. Un deuxième démarrage et j’arrive enfin sur le lieu indiqué. Michel s’arrête aussi pour m’aider. J’envisage déjà tous les stratagèmes pour me sortir de ce mauvais pas. Vais-je devoir appeler JP à la rescousse ? Difficile car, contrairement aux petits sketchs « Service après-vente j’écoute… », ce dernier répond rarement au téléphone. Il rappelle toujours… mais plus tard. Appeler le fiston ? Il est chez Mickey ! Je reste là, les yeux perdus dans le vague, en train de faire bouillir mes neurones tout en rajoutant quelques synapses au réseau déjà pas mal connecté de la partie du cerveau correspondant au système « démerde », quand Michel me tire de cette phase ‘réfléchissement’ : « j’ai un radiateur de 204 chez moi ! Si tu veux, je t’emmène pour le récupérer en espérant que c’est le même ! ». Aurai-je une bonne étoile qui me protège et m’apporte toujours une solution quand je suis dans le caca ? La température de mon cortex cérébral chuta brutalement pour rejoindre celle d’avant la panne. « Merci Michel ! Tu me sauves la mise ». En route pour chez lui dans sa Porsche. Tout en roulant, il me glisse : « j’espère que ma femme est là car j’ai pas les clefs de la maison ! » Mince ! Il manquerait plus qu’on soit coincé dehors avec l’objet convoité à quelques mètres derrière une porte ! Allez ma bonne étoile, je te fais confiance ! Arrivé chez lui, la voiture de son épouse n’est pas là. Madre de dios ! Heureusement, il y a la voie B qui nous permet d’entrée. Le radiateur est en effet là, perché sur une étagère. Il ressemble assez bien à celui de Titine. La position du bouchon est légèrement différente mais les sorties semblent bien au bon endroit. C’est vrai qu’il est un peu couleur rouille, contrairement au mien qui est d’un noir rutilant, mais dans ce cas, il pourrait être rose avec des poids bleus que ce serait le cadet de mes soucis. De retour vers Titine, je sors tous mes outils et m’attaque au remplacement de la source du problème.


                                                                        Le radiateur est retiré

Extraire l’ancien n’a pas présenté de difficulté particulière à part le desserrage du collier de la durit inférieure. C’est avec la petite boite à cliquet de Michel que j’ai pu accélérer cette opération. Comme il fait beau, je considère cette réparation comme un moment de détente faisant partie des joies de 'rouler' en anciennes. Compte-tenu de l’incertitude sur le fonctionnement du ventilateur (ventilateur débrayable commandé, quand il y pense, par un électro aimant), je profite que le radiateur soit déposé pour bloquer le ventilo afin qu’il tourne en permanence (un conseil de Michel au vu des problèmes que j'avais déjà rencontrés). A deux, nous n’avons même pas mis 30 minutes pour faire l’échange. Un brave ancien, signaleur bénévole de la course de vélo, nous tient compagnie, prenant au passage quelques cours de mécanique dispensés gratuitement par mon ami Michel. Après avoir tout resserré et remonté la calandre, l’instant cruciale de la mise en eau arrive.

                                                                         Tout est remonté.

Le coffre de Titine étant aussi fourni qu’un magasin d’accessoires automobile, j’ai tout ce qu’il faut au niveau des fluides vitaux à savoir, huile, eau, liquide de refroidissement, essence, lave glace et liquide de frein. Je vide donc le bidon de 5 litres de liquide de refroidissement tout en faisant tourner le moteur pour faire la purge du circuit. En me penchant sur le radiateur, je reçois quelques gouttes d’eau dans la figure. Je mets ça sur le compte de ce qui reste sur le moteur, projeté par le ventilateur, avant de m’apercevoir que le raccordement de la durit du haut fuit légèrement. N’ayant plus de réserve d’eau, j’évite un démontage en déplaçant simplement le collier plus près du radiateur. Et ça marche ! Plus de fuite en vue. Les cyclistes ne tardant pas à revenir, je repars vers notre point de rencontre, précédé de la Porsche de Michel. Un œil attentif sur la température d’eau m’affole un peu. Celle-ci monte inexorablement vers la zone rouge. En tant qu’extraterrestre, je dois avoir un œil de plus, car malgré la fixation hypnotique de mes deux yeux normaux sur cette foutue aiguille, j’arrive à suivre Michel sans embrasser l’arrière de sa Porsche. L’aiguille continue de monter jusqu’à chatouiller la zone rouge. Que faire ? m’arrêter ? Difficile avec les vélos qui ne vont pas tarder à nous rattraper ! Soudain, l’aiguille redescend à vitesse grand V et vient taquiner, cette fois, la limite froide. Je suis rassuré, même si ce yoyo thermique ne m’inspire rien qui vaille. Tout en roulant, je constate que la température ne bouge plus. Nous arrivons enfin à destination sous les regards rassurés de nos collègues. Je ne remercierai jamais assez ce brave Michel et c’est là que je prends conscience qu’une structure club à des bons côtés. Quelque-soit les moyens financiers et le type de véhicule des uns et des autres, il y a toujours un élan de solidarité pour sortir un pote d’une mauvaise passe.

Le soir, après avoir démonté notre chapiteau, nous nous rendons dans un premier temps au vin d’honneur offert par les organisateurs. La distance n’est pas assez longue pour faire chauffer Titine. Ouf ! Comme il commence à faire nuit et froid, je profite de cette halte pour remettre la capote. Après ce petit moment de convivialité, nous nous donnons rendez-vous à notre auberge favorite devenue presque notre QG. Toujours un œil fixé sur l’aiguille de température, je vois celle-ci commencer à gravir les échelons des degrés, tel un alpiniste tentant de rejoindre le sommet convoité. Les kilomètres passent et ça grimpe toujours, malgré le froid extérieur. J’aimerai bien que cette foutue aiguille se fixe un objectif moins ambitieux que la zone rouge, mais pour l’instant, elle ne calme pas ses ardeurs. Elle n’est plus qu’à quelques dixièmes lorsque je la vois redescendre, tel un soufflé sorti trop vite du four. Ouf ! Je l’ai échappé belle. Elle resta dans cette position jusqu’à notre arrivée à l’auberge. C’est donc détendu que je finis la soirée en compagnie de joyeux drilles.

De retour à la maison, je recouvre Titine de sa bâche, bien décidé à tout remettre ça en ordre à la première occasion. D’ailleurs, la nuit portant conseil, je me lève à 4h00 du matin pour commander un autre calorstat chez Osc…o. C’est sûrement cette cochonnerie qui me joue des tours à moins que ce ne soit le joint de culasse qui ait rendu l’âme suite au vapeur de Titine dans le Cerdon… 

Remplacement du calorstat

24 mars 2016 : Venant de recevoir le nouveau calorstat, je décide de tirer les choses au clair (toujours rien à voir avec les attributs du collaborateur du notaire). J’ai horreur de rester dans l’expectative. De plus, la mécanique est pour moi comme un jeu d’enquête. Je cherche, je réfléchis, je me fais des scénarii et je finis par me retrouver avec une foule de suspects potentiels. Dans le cas présent, j’ai comme suspects :

- En 1 : le joint de culasse qui ferait monter le circuit de refroidissement en pression. J’ai déjà eu ça sur une R12. Cela s’était soldé par une rupture de tout ce qui pouvait lâcher sur le circuit d’eau (radiateur de chauffage compris). J’avais comme indice majeur une odeur d’essence dans le vase d’expansion et des durite très raides. Je vais donc vérifier ce point

- En 2 : le calorstat qui s’ouvrirait trop tard ou quand il aurait envie (encore un qui en ferait rien qu’à sa tête). Possible qu’il soit handicapé par une pression haute et j’en reviens au joint de culasse. Pas très rassurant.

- En 3 : Le ventilateur qui ne se mettrait pas en service au bon moment. Cela aurait pu être vrai suite à un faux contact sur le thermo contact mais comme j’ai bloqué le ventilateur pour qu’il soit en rotation permanente et que la température est montée quand même, va falloir chercher un autre suspect.

Procédons par ordre. J’ouvre le bouchon du radiateur (à froid) et me fais un coup de snifette. A part l’odeur caractéristique du liquide de refroidissement qui est déjà rentré en ébullition, pas d’odeur d’essence. Ouf ! C’est rassurant. Reste à démonter le calorstat pour voir. Étonnamment, à cet instant précis me vient une idée des plus loufoques qui ne m’était pas venu à l’esprit au cours de mon enquête méticuleuse. Mais je ne vous en dis pas plus. Ce démontage est une opération que j’avais déjà effectuée pour remplacer le cylindre récepteur d’embrayage. J’avais dû passer par là pour pouvoir accéder à une vis de fixation de ce dernier, inaccessible autrement. Première opération : vider le circuit d’eau. Pour ne pas vider ce précieux liquide sur le gravier de mon abri mais aussi pour pouvoir le réutiliser par la suite, je me confectionne un réceptacle à partir d’un vieux bidon d’eau déminéralisée. Ne criez pas au géni car j’ai pompé cette idée sur Internet en lisant les mésaventures d’un autre mécano. L’idée reste cependant géniale, car non seulement on peut récupérer le liquide mais en plus, on peut le reverser proprement dans le radiateur à la fin des opérations (à condition de ne pas avoir deux mains gauches ce qui m’arrive par moment lors de grandes fatigues et qui se traduit par une arrivée intempestive du liquide sur le sol et les pieds). 

Ayant mis, ce matin, un coup de bombinette de dégrippant sur le robinet de vidange du radiateur, c’est avec beaucoup de précautions que je commence à desserrer ce dernier avec une pince multiprise. Eureka, il s’ouvre !

Le bidon ayant été bien placé, le liquide coule dans ce dernier grâce au petit tuyau prolongeant la sortie du robinet. Première opération réussie.

Je démonte ensuite la durite d’entrée d’air du carburateur…

et place un bout de vinyle sur l’alternateur car c’est bien connu, l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage.

Je débranche ensuite la durite d’eau supérieure. Le couvercle du calorstat apparaît. Je sais qu’il n’y aura pas de problème pour l’ouvrir.

Reste plus qu’à retirer les 3 vis qui le retiennent et le tour est joué...

Et là ! Tous les bons mécanos, amateurs ou professionnels, voient ce que je vois… Allez ! Regardez bien… Le premier qui trouve a le droit à ma haute considération. En attendant, moi je passe pour un branquignole. Vous avez trouvé ? Je ne sais pas ce que j’ai fumé à l’époque où j’ai changé le récepteur d’embrayage mais ça devait être du lourd ! (pourtant, je fume plus depuis des années). J’en vois déjà qui se marrent comme des madeleines et il y a de quoi. Mon égo vient d’en prendre un sacré coup. Et oui ! Pour les non initiés, le calorstat est monté à l’envers… La partie visible est celle contenant la cire qui doit se dilater avec la chaleur. Elle devrait, normalement, si votre couillon de serviteur ne l’avait pas mal montée, se trouver du côté du bloc moteur. En effet, le principe de cet organe est de s’ouvrir à une température d’eau avoisinant les 90 degrés et ceci, grâce à l’action combinée de la cire qui se dilate dans le tube en laiton (ou en cuivre) compensée par le ressort visible sur la photo. Pour les néophytes, vous trouverez, sans doute, des explications plus claires sur le Web. Je vais donc devoir faire 10 Paters et 30 Avés auprès du Dieu des mécanos pour me faire pardonner cette bourde monumentale. Honte à toi, mécano de pacotille. Bon ! N’étant pas adepte du SM prônant la flagellation, je vais arrêter de me fustiger. Je suis cependant heureux d’avoir trouvé une cause très probable de mes ennuis.

Même si l’état du calorstat semble très satisfaisant, je le change quand même. J’en profite pour remplacer les joints toriques et refaire un état de surface propre.de la sortie du couvercle. Il me reste à remonter l'ensemble. D'abord le calorstat, en prenant soin, cette fois, de le monter à l'endroit ...

… puis le couvercle.

Comme le circuit d’eau est vide, je me tâte pour remettre en conformité le ventilateur. Souvenez-vous, je l’avais bloqué pour qu’il tourne en permanence, ce qui n’est pas très bon pour le moteur en inter saison. Allez ! Je démonte le radiateur pour accéder au ventilo et rendre la liberté à celui-ci. Ne sachant pas comment régler ce dernier, je décide de desserrer les 3 vis de blocage puis d’amener la première au contact (le ventilateur est bloqué) et ensuite de desserrer celle-ci d’un quart de tour (le ventilateur devient libre). Pourquoi un quart ? J’en sais rien mais je trouve sympa cette façon de faire. Je fais la même chose pour la seconde et la troisième. Pour vérifier si ça fonctionne, rien de plus simple. Je mets le contact sans démarrer le moteur (je vous rappelle que le circuit d’eau est ouvert et vide) et court-circuite les deux fils du thermocontact que j’avais débranché du radiateur. J’entends le clac de l’électro embrayage et essaie de tourner le ventilo à la main. Celui-ci est bien bloqué car couplé à la sortie du vilebrequin via la courroie d'accessoires. J’enlève mon court-circuit et le ventilo tourne librement. Eurêka ! Ça marche… Il parait que j’aurai dû vérifier l’entrefer avec un jeu de cales mais vous avez sans doute remarquez que j’aime bien improviser.

Reste plus qu’à remonter le radiateur, les durites, et à remettre l’eau avant de faire un essai. Après avoir vidé le contenu de mon bidon de récupération dans le radiateur (bien pratique cette technique), je passe à la phase essais.

La montée en température se fait correctement et l’aiguille n’a pas l’air de vouloir atteindre des sommets. Allez ! Je vais faire un petit tour. J’en profiterai pour rendre le réservoir provisoire et l'autre jauge neuve à JP. Au passage, je lui montrerai le radiateur explosé afin qu’il me donne son avis d’expert. Me voilà donc parti pour effectuer les 10 km nécessaires tout en ayant un œil attentif sur l’aiguille de température. Je vois celle-ci monter, monter, monter …. Monter et finir par atteindre la zone rouge. « Non de Dieu… Tu vas redescendre saloperie ! » Me dis-je en moi-même. Rien à faire, elle ne veut pas rejoindre sa position normale. Grrrrrrrrrr ! Bon ! Vite trouver un refuge avant de revoir les fumerolles des Solfatares (pour ceux qui connaissent les alentours du Vésuve). Un arrêt en catastrophe sur une entrée de chemin de terre et je coupe le contact. J’attends quelques secondes… Rien ne se passe. Pas de geyser en vue ni d’odeur nauséabonde. Ouf ! J’ai sans doute évité le pire. Maintenant, il faut voir ce qui se passe. Ouverture du capot : Rien de particulier. Un petit tour dans le coffre pour récupérer un chiffon et tenter d’ouvrir le bouchon du radiateur. C’est avec beaucoup de précaution que je débloque légèrement le bouchon à l’aide du chiffon. Pschitt... fait la vapeur en essayant, en vain, de me brûler les paluches. Au bout de quelques instants, quand la pression est retombée, je retire complètement le bouchon. Oups ! Je vois quelque chose que je n’aurai pas du voir par le trou ! Le haut des éléments du radiateur. Autrement dit, le niveau d’eau est en dessous, voir très en dessous du niveau normal. Je regarde un peu partout. Aucune fuite apparente ! Bon ! Il est vrai que je n’ai pas vérifié si le niveau avait baissé avant de partir. Quel gland tu fais Nanard ! Un petit tour dans le coffre pour récupérer un bidon d’eau et… Scheisse ! Comme un idiot, j’ai retiré le bidon d’eau du coffre pour le modifier et j’en ai pas remis un autre ! C’est pas vrai d’être aussi c… ! C’est chaque fois que j’en ai besoin qu’il m’en manque un. Réfléchissement Nanard ! Retourner à la maison à pied et récupérer un bidon ? Cela fait 5 kilomètres aller retour soit environ une heure. Pas le temps ! Récupérer de l’eau dans la rivière avec un récipient quelconque ? J’ai rien dans le coffre qui s’y prête ! T’as plus qu’à refaire le chemin dans l’autre sens en espérant que Titine ne chauffe pas trop. Ma phase de réfléchissement ayant duré quelques minutes (j’ai le cerveau lent), la température est redescendue suffisamment pour tenter l’expérience. C’est donc l’œil toujours fixé sur l’indicateur impliqué (et parfois sur la route) que je reviens en vitesse à la maison. Ouf ! L’aiguille n’a pas eu le temps de rejoindre la zone critique. N’ayant plus de liquide de refroidissement en stock, c’est avec de l’eau du robinet que je fais le complément. Il manque facilement 2 litres. Allez ! Je repars chez JP en vitesse avant qu’il ne ferme. Cette fois, l’aiguille a du mal à monter mais j’aime mieux ça. Il fait à peine 5 degrés et je me dis que ça me fait une réserve pour les beaux jours.

Et le radiateur ?

Arrivé chez JP, je lui montre le radiateur. Son œil expert me fait immédiatement remarquer la grosse marque couleur cuivre qui couvre la partie basse.

"Vous avez pris quelque chose qui a marqué tout le bas du radiateur ! Regardez, il y a plusieurs faisceaux percés ! Il ne manque pas des ailettes au ventilateur des fois ? »

C’est vrai qu’il a raison ce brave JP ! Quand j’avais vu la fuite, l’eau semblait sortir du milieu du radiateur mais en réalité, elle devait remonter avec la pression et la fuite était plus basse. Un léger sourire étire mes lèvres. Cet incident n’a rien à voir avec mon erreur de montage du calorstat. J’avais bien vu cette marque au démontage mais je l’avais mise sur le compte d’un choc lors du démontage du radiateur sur le bord de la route. En réalité, c’était vraiment la source de mon problème. Que s’est-il donc passé ? Mon cerveau de fin limier fait une reconstitution du crime. J’ai du prendre une branche d’arbre ou quelque chose du même genre. Cet objet néfaste s’est coincé, dans un premier temps, entre le radiateur et le ventilateur bloquant ce dernier. Tant que la température de Titine est restée inférieure à un certain seuil, le ventilateur, débrayé (et bloqué), n’a pas été entraîné par le moteur. Il est donc resté immobile. Pendant cette phase, il ne s’est rien passé. Le fait de suivre la caravane, la température a commencé à monter sans atteindre le seuil critique. L’arrêt à côté de la 4cv a permis à cette foutue température de dépasser le seuil d’enclenchement du ventilateur. A ce moment là, le ventilo a entraîné brutalement l’objet coincé, massacrant en passant le bas du radiateur. C'est ce qui a provoqué la fuite… CQFD. Tout se tient. Il est vrai que quelques instants avant cette panne idiote, j’ai entendu un bruit sourd sous Titine. Cette dernière émet tellement de bruits étranges, comme si elle perdait en permanence des morceaux, que je n’y ai pas prêtés attention. De plus, ça explique le 'pan' entendu juste avant la fuite et l’à-coups ressenti au même moment. Le moteur a dû être légèrement bloqué par l'objet jusqu'à ce que celui-ci se casse ou soit éjecté. J'aurai dû inspecter le lieu de la panne pour trouver l'arme du crime. Une erreur de débutant.

« Il y a une société qui répare ce type de radiateur à Bourg » me dit ce brave JP. « Vous n’avez qu’à les appeler ! ». Ah oui, j’ai oublié de vous dire : le ‘vous’ vient du fait qu’il n’arrive pas à me tutoyer, même s’il est le témoin de mariage de mon fiston adoré, que cela fait des années que je le connais et que depuis le temps que je l’enquiquine avec Titine, il aurait pu m’envoyer balader dans un « tu me gonfles avec ta caisse ». Mais le ‘P’ de JP est vraiment synonyme de Patience et de Perle. Heureusement que je l’ai, même si j’hésite de plus en plus à faire appel à lui.

Je suivrai donc son conseil pour voir si mon radiateur est réparable et à quel prix. On ne sait jamais ! Des fois qu’un autre objet hétéroclite prenne idée de se reloger au même endroit ! …

Vous avez dit "feux de recul" ?

Dimanche de Pacques 2016 : Nous avions prévu, ma chère et tendre et moi, de sortir avec Titine demain lundi, mais la météo prévoit un sale temps. Je me rabats donc sur la vérification des feux de recul. Pourquoi ces derniers ne fonctionnent-ils pas ? Toutes mes recherches sur internet ne m’ont pas permis de localiser le contacteur sur la boîte à vitesse. J’ai bien trouvé une vague explication sur un forum, indiquant qu’il faut retirer le filtre à air et les pipes d’admission pour y voir plus clair, mais vu la galère que cela représente, je vais tenter autre chose. Je pratiquerai une auscultation minutieuse des moindres recoins de la boîte pour localiser ce foutu contacteur. Etant donné que j’y vois autant que dans les fondements d’un homme de couleur, c’est donc avec l’aide de mon outil de prédilection, l’endoscope, que je commence à farfouiller tout autour des zones susceptibles de planquer l’objet convoité. Toujours dans la position du cafard flytoxé, seule position me permettant de me glisser sous Titine sans la lever, je commence par vérifier le bas de la boite. Rien ! Je passe de l’autre côté et continue à faire le tour. Toujours rien ! Voyons par en dessus ! Je débranche la batterie par précaution car l’endoscope va farfouiller du côté du démarreur et là, il y a une arrivée directe de la batterie. Un court jus est si vite arrivé ! Je fouille et refouille. Toujours rien en vue ! Cependant, quelque chose attire mon regard ! Un bout de scotch de carrossier entoure apparemment deux fils électriques ! Serait-ce un début de piste ? Je glisse mes mimines entre le maitre cylindre de frein, des tuyaux d’eau et de liquide de frein, des pattes de fixation coupantes, laissant au passage quelques morceaux de mon ADN sous forme de prélèvement sanguin et de cellules épithéliales et j’atteints ce fameux bout de scotch, non s’en m’être démis à moitié l’épaule. Pourquoi faut-il que ce que je convoite se trouve toujours dans des coins inaccessibles ? Je tire donc sur les fils accrochés au scotche et constate que ce dernier isole en réalité deux cosses électriques femelles. Bon ! La piste se resserre ! En effet, le contacteur possède, normalement, et d’après les photos que j’ai pu voir, deux prises mâles. Ceci complète bien le diagnostique. Petite vérification ! Soyons fous ! Je court-circuite les deux fils après avoir enlevé le scotch puis mets le contact. Un petit tour à l’arrière pour constater qu’en effet, les feux de recul sont bien allumés. Question ! Pourquoi ces deux fils sont-ils scotchés et si la réponse me semble évidente, pourquoi avais-je la certitude que ces feux fonctionnaient avant mes réparations de carrosserie. Je vous rappelle que c’est suite au remontage que j’avais constaté qu’ils ne fonctionnaient plus. En réalité, ils ne servaient à rien depuis… le remplacement du moteur il y a maintenant presque 4 ans. Pas glop tout ça ! Sans doute que le fiston, lorsqu’il avait remonté le moteur refait dans Titine, ne savait pas où les rebrancher et qu’il avait décidé de les isoler, précaution que je ne saurai lui reprocher.

Un doute m’envahit ! Et si ce moteur, équipé de sa boîte, était plus vieux que je ne pensais ? Dans ce cas, il se pourrait bien qu’il ne fût pas équipé du contacteur ? Une vague de tristesse m’envahit. Quel dommage ! Refusant de céder trop vite à cette idée, je continue mes investigations en scrutant centimètre par centimètre, les moindres recoins de la BV et plus particulièrement, la zone que la longueur des fils m’indiquait. Mais rien de rien ! Il faut se rendre à l’évidence ! Cette boite est celle équipant un moteur d’avant 73, bien que le moteur soit bien un B02 (numéro frappé sur le bloc). Il faut que je demande au fiston pour connaitre le fin mot de l’histoire.

Petits réglages carbu. :

Je profite que le capot soit levé pour jeter encore un œil sur la partie carburateur, car le ralenti a toujours tendance à ne pas revenir systématiquement à la bonne valeur. Après avoir enlevé le filtre à air pour la énième fois (je ne compte plus), je place l’endoscope à l’intérieur de l’entrée d’air du carbu pour voir manœuvrer les papillons d’accélérateur. Après avoir manœuvré délicatement ces derniers par la commande de l’accélérateur, je ne trouve rien d’anormal. Mon œil expert (en conneries sans doute) pointe en direction de la commande de la pompe de reprise. Je vois nettement que le piston de celle-ci est sollicité dès que je titille l’accélérateur, même avec un déplacement des plus minimes. Conclusion : la pompe est pratiquement toujours en service. Vu les jeux qu’il y a un partout sur les commandes de ce carburateur, rien d’étonnant que par moment, il me faille jouer avec un retour brutal de la pédale d’accélérateur pour tout ramener à sa position initiale. J’avais constaté en effet qu’après avoir rouler à vitesse maintenue pendant quelques kilomètres, le ralenti ne revenait pas à 900 tours/minutes mais restait autour des 2000. Un coup brutal et rapide sur la pédale permettait à celui-ci de rejoindre sa position de repos. Je desserre donc la vis de réglage de la pompe de près d’un tour avant de constater un léger jeu entre la commande et le piston (la photo a été prise sur l’ancien carbu car j’ai la flemme de démonter le filtre à air pour l’illustration).

                                             Commande pompe de reprise

                                             Vis de réglage pompe de reprise

       Lien commande pompe de reprise avec la commande de l’accélérateur

 

Je remonte tout et redémarre le petit 1300. Celui-ci tourne rond, sans doute même plus rond qu’avant le réglage. Je le laisse chauffer sur son starter puis descend doucement celui-ci. Tout se passe bien. Je fonce me changer pour faire un tour d’essaie… Bon ! Ben ce sera pour une prochaine fois car il est presque 20h30 et Madame m’attend pour manger. Je range donc à regret Titine sous sa bâche en attendant une prochaine sortie.

Une bonne balade :

Fin d’après-midi du lundi de Pacques 2016. L’envie de prendre l’air au volant de Titine me titille la zone du plaisir. Il reste quelques rayons de soleil filtrant à travers de gros nuages. Vite, je retire la bâche de protection, baisse la capote, récupère la casquette et le pull polaire (outils indispensables en cette saison) et contact. Le moteur tourne rond comme jamais. Un vrai plaisir. Une marche arrière pour sortir, et direction…. Le col du Cerdon. Vous savez ! Celui où Titine a fait sa première bouffée de chaleur alors que j’étais accompagné de Madame. Pour essayer mes réglages et mes dernières réparations, rien de tel que de belles lignes droites, une bonne montée en lacet et quelques villages à traverser. Il ne fait pas très chaud (à peine 10 degrés) mais Titine tourne comme une horloge. Pas une ratée, pas de ralenti qui reste coincé, pas de trou à l’accélération. Première ligne droite, l’aiguille de température reste sagement à sa place et l’aiguille du compteur taquine le 100 km/h. Le petit 1300 émet, à chaque accélération, ce son rauque que j’aime et qui me fait vibrer. Je sens toutes les odeurs extérieures et même si l’air frais me gèle les oreilles, rien ne me fera regretter cette sortie. J’attaque la montée du col en quatrième. Titine monte comme si elle était encore sur le plat. Le tachymètre indique toujours 100. Un 4x4 BMW me suit mais il décroche à chaque virage. Je suis grisé. Les virages s’enchainent et Titine suis la route comme si elle était sur des rails. Même pas un couinement de pneu. Un petit coup de troisième à chaque attaque d’épingle à cheveux et retour en quatrième en sortie. Elle ne bronche pas et remonte à sa vitesse de croisière sans problème. Le BMW est toujours derrière. Je sais que sur une ligne droite, il va me dépasser mais je ne suis pas utopiste. Ce ne sont pas les 75Cv de Titine qui vont faire le poids mais elle n’a pas à rougir, elle reste à la vitesse autorisée et n’est pas un boulet pour la circulation. En haut du Cerdon, demi-tour et retour à la maison. Une descente impeccable. En chemin, petit détour par le village de Cerdon. Quel plaisir de traverser ces vieilles ruelles où l’échappement de Titine résonne comme s’il s’agissait d’une Ferrari. C’est aussi ça le plaisir du cabriolet, une communion avec l’environnement, aussi bien olfactif qu’auditif ou tactile. On a toutes les senteurs extérieures, de l’odeur des sous bois à celui, moins agréables, des échappements. On entend tout, du chant des oiseaux à celui du moteur. On ressent tout, de la caresse d’un rayon de soleil à celle plus piquante d’une fraîcheur nocturne, ou, dans mon cas présent, du vent froid sur les mains et les oreilles. Il suffit de choisir ses sorties pour qu’elles se transforment en instants de pur bonheur. Allez ! Même une sortie en ville en plein hiver reste du plaisir, ne serait-ce que parce que cette petite voiture est atypique et que toutes les sensations de conduite ne se retrouvent plus dans une voiture moderne.

Au sortir du village, je reprends la route principale. De petites gouttes d’eau viennent se coller contre le pare-brise. Un petit instant d’inquiétude avant de m’apercevoir qu’il s’agit d’un peu de pluie. Le ciel est en effet menaçant. J’accélère un peu et rejoint un Picasso Citroën. Il lambine à 80 et je commence à le doubler. Cet enf… é accélère au moment où je suis à la hauteur de sa portière avant. J’écrase l’accélérateur de Titine (je vois maintenant à quoi peut servir le système à ressort de l’accélérateur évoqué plus haut), Titine grimpe dans les tours comme une jeunette. Une vitesse indécente s’affiche au compteur, qu’il faut cependant relativiser vu que ce dernier est un peu faux (je sais, c’est pas bien). La casquette tiens le coup mais les oreilles aimeraient mieux un bonnet (conduire Titine avec un bonnet… N’importe quoi !) C’est l’occasion ou jamais de voir ce que ce petit 1300 a dans le ventre. De plus, de grosses gouttes commencent à asperger le pare brise. Il ne faut plus lambiner si je ne veux pas recapoter. Le Picasso ralentit enfin et je peux me rabattre tranquillement, rejoignant une vitesse raisonnable. Mes doigts commencent à ressentir les affres du froid mais je suis heureux. Je pousse la commande du ventilateur de chauffage et un air tiède vient me caresser les mains. Que c’est bon… ! C’est à 100 mètres de la maison que la pluie commence à s’intensifier. Pourtant, je ne reçois aucune goutte sur moi. Le profil de Titine très anguleux et le fait de ne pas être à l’arrêt y sont sans doute pour beaucoup. Le portail étant ouvert, je rentre Titine en vitesse et la laisse tourner quelques minutes sous son abri, histoire de percevoir le bruit régulier de son petit moteur et de son échappement d’un autre temps. Cette fois, ce furent soixante bornes d’une balade aux petits oignons. Quel pied ! …
Et oui ! Pour une fois, pas de panne et pas de galère. En fait, cette petite Pigeot est une voiture adorable. Faire des sorties avec elle reste un vrai plaisir. Inutile de tâter du chichon. Une vraie dose d’anxiolytique. Par contre, méfiance ! Il y a accoutumance et l’état de manque arrive très vite. Être à son volant est un véritable trip. Vivement la prochaine sortie...

Balade au pays de la pipe :

Et oui ! Me revoilà en cette "plus ou moins belle" année 2016. Nous sommes en avril et Titine fait sa deuxième sortie groupe de l'année. Une balade au pays de la pipe (ni voyez pas du vice, il s'agit de St Claude dans le Jura). Onze voitures sont inscrites pour cette sortie, plus une dizaine de motos du club.

               

Ma chère et tendre se joint à nous et je dois avouer qu'elle me surprend. En effet, si nous descendons rejoindre les autres avec la capote relevée (à peine 2 km), mon épouse adorée est partante, sur place, pour retirer cet élément disgracieux. Même si elle est neuve (la capote, pas mon épouse… Encore que !), elle enlève beaucoup de charme à Titine lorsqu'elle est dépliée. Je vois votre étonnement d’ici : En quoi le retrait de la capote est-il surprenant. Je vous rappelle que nous sommes en avril et qu'en avril, le proverbe dit de ne pas se découvrir d'un fil. Et là, le proverbe à raison. Il fait à peine 6 degrés ce 14 avril et sans capote, rien n'arrête le blizzard provoqué par la vitesse apparente de notre destrier blanc. Par précaution, j'encourage notre chef de fil à modérer sa vitesse afin de ne pas descendre à la température de l'azote liquide. "Ne t'en fait pas" me dit-il d'un air rassurant. « On va rouler pénard... ». « Les motos prenant une autre route, nous pourrons garder une allure correcte ». J'aurai dû me méfier ! Pénard pour une Porsche 944 n'a pas la même signification que pour une 304 de 43 ans. Pourtant, tout avait bien commencé et sur les 15 premiers kilomètres, l'aiguille du compteur de vitesse de Titine n'avait pas franchit la barre des 100 km/h, soit, un petit 87 chrono (vérifié grâce à un GPS et à quelques radars pédagogiques pas trop faux). Même à cette vitesse, la température ressentie passe en dessous de celle de la glace fondue. Pas trop grave puisque ma dulcinée est équipée de lunettes de soleil, d'un foulard dans les cheveux et d’une doudoune. De mon côté, je me suis équipé d’un polaire et arbore ma casquette fétiche. Seul hic, dans les deux cas, nos oreilles n’étant pas protégées, c'est par cet appendice que notre température corporelle chute inexorablement (c'est toujours par les extrémités qu'on prend froid). A cette vitesse, c'est encore supportable mais voilà t'y pas que nos chers collègues qui nous précèdent, voyant sans doute l'heure tourner trop vite, décident d'augmenter la cadence... Que faire ? "Si on s'arrête, je remets la capote" dis-je plein d'amours à mon épouse transie. Hélas, pas d'arrêt, et c'est avec l'impression de traverser le pole nord en petite tenue que nous parcourons les rives de l'Ain, de temps en temps au soleil mais le plus souvent à l'ombre. Heureusement, le chauffage de Titine, s'il ne nous réchauffe pas le haut, nous apporte les quelques degrés nécessaires aux pieds et aux mains pour éviter la paralysie. Malgré cela, la balade est superbe et vaut bien quelques frissons. Enfin, une halte dans un coin sympa vers un plan d’eau et au soleil nous rabiboche avec dame nature.

            

Oublié le froid ! Je sens le plaisir revenir ! Ma chère et tendre apprécie aussi cette halte chaleureuse. Je m’aperçois que nous ne sommes pas les seuls à avoir retiré la capote. Nos amis à la 2CV cabriolet (et oui, c’est un kit qui se vendait à l’époque) ont aussi fait ce choix. « Pas trop froid ?» leur dis-je plein de malice et de compassion ! Malgré leur jeunesse, je vois bien que le chauffage légendaire de la 2CV n’a pas rendu leur situation plus envieuse que la notre, voire peut-être pire. « On s’est gelé » me répond le chauffeur ! Comme je le comprends … !

Après cette halte salvatrice, nous reprenons la route. Le thermomètre à pris quelques degrés et c’est tant mieux. Une nouvelle halte vers le barrage de Vouglans nous permet de faire quelques photos de groupe.

               

Puis de nouveau, nous reprenons la route jusqu’à St Claude où nos amis de la pipe nous ont réservé un parking. Entre nos motos, nos autos et les leurs, il faut bien tout ça.

          

Après le verre de l’amitié, direction le restaurant où nos deux groupes occupent pratiquement toute la salle. Quelle ambiance … !

Suite au repas et à une petite balade digestive dans St Claude, nous reprenons nos autos pour nous rendre chez un collectionneur fou de motos, mobylettes et autres engins à 2 et 3 roues. Une pleine grange sur deux étages. Un vrai régal pour les amateurs de vieilles mécaniques que nous sommes. Le groupe de voitures ayant augmenté, nous voilà près d’une trentaine sur cette petite route près de la grange. Quel beau spectacle que toutes ces anciennes alignées !

                      

Après la visite, nous repartons vers le lac Genin .

                     

Une halte amicale où notre groupe décide de régaler nos amis Sanclaudiens avec quelques tartes au sucre accompagnées d’un verre de Cerdon (un seul par chauffeur). Une petite photo de groupe et nous voilà reparti sur la route pour rejoindre notre QG (l’auberge de Varambon) puis nos domiciles respectifs. Une supère journée sans panne et sans soucis contrairement à ce qu’avait évoqué notre cher président lors du pot de l’amitié. Il attendait la panne de Titine et de la Traction conformément à nos habitudes. Il n’en fut rien. Quelle mauvaise langue ! Et toc… !

Visite DE LA fondation Berliet :

25 juin 2016 : Le club organise une sortie pour visiter la fondation Berliet. J’avais répondu présent pour participer à cette escapade avec Titine mais la météo de ces derniers temps ne me dit rien qui vaille. Sortir Titine avec la pluie ne me réjouit pas spécialement. Cependant, une certaine frustration titinesque me titille le cortex. Au vue de la météo du jour, j’hésite. Titine ou C5 ? L’hésitation est de courte durée… Ce sera Titine et tant pis s’il pleut. Le rendez-vous étant fixé à 13h30, je mange en vitesse et sort la belle de dessous sa bâche. J’ose même retirer la capote alors que j’entends un grondement sourd, signe d’un orage en approche.

13h20 : je démarre et sort Titine sur la route. Tiens ! Une goutte d’eau sur le pare-brise. Bah ! Au regard de l’aspect du ciel, rien à craindre… J’aurai jamais pu travailler chez météo France car arrivé au bout de la rue, voilà que les gouttes deviennent de plus en plus serrées. Que faire ? Tant pis, j’accélère pour rejoindre rapidement le lieu de rendez-vous. Etonnamment, en roulant à une certaine vitesse, la pluie n’arrive plus sur les sièges. Le profile carré de Titine doit déplacer les masses d’air par-dessus l’habitacle en fonction de la vitesse ce qui doit détourner les gouttes d’eau sur l’arrière du coffre. Sur ce constat scientifique, j’évite de ralentir tout en sachant qu’une fois arrivé à destination, la vitesse tombant à zéro, la pluie tombera à l’intérieur de mon espace vitale. En effet, arrivé sur place, je déplie rapidement la capote afin de protéger la moquette et les sièges en simili véritable.

                             

Ouf ! Cette opération, menée de main de maître, se termine juste avant une bonne averse. J’en profite pour me mettre à l’abri dans notre restaurant préféré qui nous sert de QG et de lieu de rendez-vous. Je commande un café avec notre ami Roger, l’homme à la traction Citroën qui me fait concurrence au niveau des pannes.

Autre soucis quand il pleut : les essuie glaces, ou tout du moins ce qui devrait servir à dégager le pare brise des gouttes d’H2O, insectes suicidaires et autres projections. Ce type d’accessoire, qui normalement fait partie des organes de sécurité (tout du moins côté chauffeur), s’avère être d’une inefficacité redoutable. Malgré des balais changés récemment (voir plus haut pour le mariage de mon fils), et un graissage intensif de toutes les biellettes, il faut compter 5 secondes environ pour un cycle complet, allé et retour en vitesse lente, et 4,99 secondes en vitesse rapide. De plus, à chaque trajet des balais, j’ai l’impression que les bras vont se décrocher ou se casser. Cette sensation est provoquée par des mouvements saccadés de la tringlerie sans doute dus à des jeux excessifs. Autant dire que la visibilité par temps de pluie reste approximative. Il faudra revoir tout ça avant une détérioration irrémédiable.

13h30 : Il est l’heure de se mettre en route. La pluie a diminué mais ne s’est pas arrêtée pour autant. Je suis Roger à une allure de sénateur, ce qui me va bien.

                             

L’eau n’a pas l’air de trop pénétrer dans Titine mais les essuie glaces sont toujours aussi peu efficaces. Je reçois bien une petite goutte d’eau de temps en temps mais rien d’alarmant. Le moteur tourne rond et de ce côté-là, l’humidité relative de l’air n’a pas l’air d’être gênante. Après 4 ou 5 km, la pluie cesse et la route est de nouveau sèche. Les nuages de pluie font place à un beau ciel bleu parsemé de petits cumulus non menaçants. Il commence à faire chaud dans Titine mais impossible de s’arrêter pour baisser la capote sans perturber la caravane. Je pousse la clim à fond (la ventilation) pour ramener un peu d’air frais dans l’habitacle et chasser la buée. Cette fonction, que j’utilise rarement, me rappelle qu’elle aussi présente quelques soucis. En effet, le ventilateur, poussé à sa vitesse max, émet un doux bruit de crécelle comme si le ventilateur hachait des feuilles mortes. C’est peut être ce qui se passe après tout ! A moins que ce ne soit une pale qui s’envoie en l’air. Va falloir vérifier ce point rapidement.

A Chalamont, nous rejoignons un groupe d’anciens dont un seul à sortie sa mémère (je parle de voiture évidemment). Il s’agit d’une DS (une vraie) de couleur marron.

                             

Je profite de cette halte pour décapoter, vu que le ciel ne me semble plus menaçant et que la température dans l’habitacle de Titine commence à flirter avec les 30°C. La pose est courte et nous reprenons la route, toujours en convoi.

                              

Nous voilà déjà sur place. Je dis déjà car j’aime rouler dans la campagne, la casquette au vent, et que cette fin de parcours m’a paru trop courte (à peine douze kilomètres). Laissant Titine sur le terreplein de la fondation, je me sens obligé de remettre la capote pour le cas où la météo décide de me contrarier.

                            

                                    

La visite, au demeurant très intéressante, de la fondation s’achevant, nous reprenons la route pour rejoindre notre QG. Je ne reviens pas seule, car la copine de notre ami Thierry m’a demandé de faire la route avec elle, histoire de faire un tour de cabrio. Titine serait-elle un piège à minette ? Evidemment, pour ce retour, la capote de Titine rejoint son lieu de stockage à l’abri derrière les sièges sinon cette demande n’aurait pas de sens. La température ayant fraichi, je demande à ma passagère si elle n’a pas froid. Que nenni ! Cette dernière est ravie d’avoir quitté la GTI de son homme pour rouler cheveux au vent. Nous papotons un peu en route mais le niveau sonore de Titine oblige à hausser le ton, ce qui n’est pas terrible pour les cordes vocales.

Après nous être désaltéré chez notre ami restaurateur et avoir rendu ma passagère à son homme, je retourne au bercail où Titine rejoint son abri sous la bâche qui commence à vieillir et qu’il faudra envisager de changer prochainement (avant l’hiver sans doute). Encore une belle journée sans problème ! Quel pied ! Pourvu que ça dure…

Ca recommence...

Dimanche 10 juillet 2016 : Deux rassemblements sont prévus cette journée. La chaleur de ce dimanche matin est déjà accablante. Même le goudron est pâteux et colle aux pompes. « Rendez-vous à 9h30 » avait dit notre président par SMS ! Cet horaire, même s’il n’est pas indécent, m’oblige à me lever à 6h30 car j’ai du pain sur la planche côté jardin. Après un jardinage intensif, je regarde ma montre : déjà 9h20 et il me reste à me laver, faire des courses, poser des affiches pour le club, nettoyer Titine côté habitacle et … Bon, j’ai pas le temps ! Laissons tomber tout ça (sauf la toilette) et rejoignons le groupe.

9h30 : Je suis sur le lieu de rendez-vous et là ne trône que la traction de Michel. Bizarre ! Je regarde encore une fois le SMS et pas de lézard, il avait bien dit 9h30. Je vois Michel à la terrasse de notre restaurant préféré. « T’es tout seul » lui dis-je de loin ? Question stupide vu qu’autour de lui, il n’y a que des chaises et des tables vides. « Je suis le premier ! ». Là-dessus, il m’invite à boire quelque chose. « Un café s’il te plait » dis-je à la restauratrice. Le soleil commence à plomber sérieux et nous nous disputons le petit coin d’ombre de la terrasse. Titine est à l’ombre et heureusement car le soleil sur le Skaï noir des sièges fait monter la température de ceux-ci au point de transformer votre postérieur en steak grillé. Au bout de 10 minutes, quelques membres du groupe arrivent. Nous restons à boire à la terrasse jusqu’à l’arrivé de notre président, soit à 9h50. J’aurai dû prendre mon temps ou faire au moins un brin de nettoyage à Titine. Bon ! C’est pas grave. L’essentiel c’est d’être enfin en groupe pour ce premier rasso de l’année et si Titine à quelques graviers sur les tapis de sol, personne n’y trouvera à redire.

Le premier rassemblement n’est qu’à 3 ou 4 kilomètres mais le plaisir est là. Que demander de mieux ! Du soleil, des copains et une Titine qui tourne comme une horloge. Rien ne devrait gâcher cette journée… Pourquoi est-ce que j’utilise le verbe devoir ?

Arrivé sur place, on nous donne un ticket pour un café et on m’indique une place au soleil ce que je décline gentiment (pour la place) et je demande à être à l’ombre. Pas de problème ! Titine se retrouve donc dans l’herbe à côté de la traction commerciale de mon ami Michel (Ce n’est pas le même Michel que celui possédant la Porsche 914).

                     

                     

Un petit tour du parc de voitures pour voir de belles réussites en matière de restauration ou d’entretien mais aussi de drôles d’engins comme un Roadster jaune canari, un Slingshot Polaris dont la traduction est : Lance pierre qui roule (sorte d’engin de vitesse à 3 roues), un Trike blanc magnifique et quelques Ford Mustang plus ou moins tuner. Après avoir pris quelques photos de tout ce joli monde, direction une table à l’ombre où sont déjà installés mes collègues. Il fait de plus en plus chaud. Le mercure monte en même temps que le soleil vers le Zénith. Nous décidons cependant de déjeuner à cet endroit avant de rejoindre l’autre rassemblement situé à 23 km de là.

Après nous être restaurés et suite à l’arrivé d’un des motards du club venu avec son Side, sa femme et ces deux gosses, nous décollons de ce premier rendez-vous. Quand je dis 'décollé', je suis proche de la vérité. En effet, dès la première ligne droite libre, le groupe qui me précède commence à mener un train d’enfer. Titine fait ce qu’elle peut pour suivre mais dans les accélérations, elle tire la langue. Il faut dire que ce petit groupe de malade est constitué d’une Porsche 944, d’une 205 GTI et d’un gros Side. Les autres voitures du groupe, qui auraient pu faire ralentir ces Fangio, nous ont quittés au moment du repas pour différentes raisons familiales. Je n’ose pas décrocher car j’ai oublié de demander l’adresse exacte du deuxième point et que, ce que j’aime aussi, c’est rouler en convoi. Heureusement, de temps en temps, nous redescendons un peu sur terre grâce à quelques véhicules qui se lambinent sur la route dans des zones où le dépassement est interdit. Pour une fois, ils sont les bienvenus. Cependant, je crains le pire. Je sais que sur le trajet il y a une zone à 3 voies et que là, les SCHUMARER, PROST et SENNA du dimanche vont se défouler. J’ai vu juste ! Titine essaie de suivre dans un premier temps. Un œil rapide sur le compteur me montre une aiguille dans une zone encore jamais atteinte par le petit cabriolet. Ca, c’est pas sympa de la part de mes collègues. Mais en regardant le tachymètre, mon œil averti voit deux autres choses qui font tilt dans mon crâne très ventilé malgré la chaleur accablante. Un voyant rouge de charge batterie franchement allumé alors qu’à cette vitesse moteur, il devrait être complètement éteint, et une aiguille de température d’eau qui, s’en doute shootée par l’adrénaline produite par cette vitesse excessive, tente de gravir au pas de course le sommet de l’Everest que représente la zone rouge. Plus d’hésitation, il faut décrocher et lever le pied. Malgré ce retour à une vitesse inférieure à la normale, l’aiguille continue d’escalader cette pente qui va la mener où je ne veux surtout pas qu’elle aille (voir mes expériences précédentes). Cette fois, plus questions de rejoindre les autres tranquillement. Il faut s’arrêter. Je connais bien cette portion de route et je sais qu’il y a deux petits parkings. Je mets les feux de détresses (Titine étant équipée de cet accessoire), passe au point mort et laisse filer la belle en roue libre jusqu’au premier parking. J’espère seulement que la vitesse encore correcte de mon destrier blanc va permettre une entrée d’air suffisante au niveau du radiateur pour refroidir un peu celui-ci. Le moteur tournant au ralenti, ce qui est nécessaire pour entrainer la pompe à eau, celui-ci ne devrait pas trop produire de chaleur. Hélas, sur les 50 mètres me séparant de ce refuge, l’aiguille continue à monter et le début de la zone rouge est franchie. « Que se passe-t-il » me susurre mon Neurone de l’inquiétude ? « Nous sommes allés trop vite et il fait trop chaud » me souffle le neurone de l’optimisme. Une fois à l’arrêt, je saute de Titine et ouvre vite le capot. Comme d’habitude, je trouve des traces de liquide de refroidissement en ébullition un peu partout mais rien de vraiment transcendant comme quand j’avais crevé le radiateur. Un petit tour au niveau des durites mais là aussi, rien ! Cependant, le neurone de la mécanique me signale quelque chose d’anormal. « T’as vu que le ventilateur ne tourne pas alors que le moteur tourne encore au ralenti » ? Ca, c’est pas normal ! Je coupe vite le contact et tente de faire tourner le ventilateur à la main. Boudiou ! C’est trop chaud pour y mettre la main. Je vais attendre que la température baisse. J’en profite pour joindre notre président au téléphone.

  • « Je suis en panne sur la déviation de Lagnieu » lui dis-je !

Je m’attends à une remarque amusée du genre : « ça m’étonne pas ! ». Mais non !

  • « Qu’est ce qui t’arrive » me répond-il inquiet !
  • « J’en sais rien ! Je vais jeter un œil dès que le moteur aura refroidi ! Je pense que nous sommes allés un peu vite».
  • « C’est vrai que nous avons un peu abusé » me rétorque mon interlocuteur. « T’as besoin d’aide ? »
  • « Pas pour l’instant »
  • « Appelle-moi dès que t’as trouvé »

Pour passer le temps, je sors quelques outils et un chiffon pour ouvrir le bouchon du radiateur. Heureusement, j’ai toujours ma panoplie du parfait garagiste dans le coffre. Je commence à dévisser la patte de fixation du radiateur histoire de pouvoir passer la main pour toucher le ventilateur. Oups … ! Je constate que la courroie d’accessoires n’a pas sa configuration habituelle. En regardant bien, elle ne passe plus par l’alternateur. Ça c’est pas top ! Mon neurone optimiste me suggère « la vitesse excessive a fait sauter la courroie ». Mais mon œil mécano voit un détail inquiétant. Au niveau du ventilateur, la courroie s’est adonnée au contorsionnisme. De plus, elle a l’aspect du caoutchouc fondu. Alors là, c’est pas top du tout ! Je mets en branle tous le reste de mes neurones pour trouver une solution. Après mure réflexion, la solution du démontage de la courroie s’impose. Comme le radiateur peut être déplacé vers l’avant après le desserrage de sa patte de fixation, j’arrive à extraire la source de mon problème de son logement. En effet, cette courroie présente quelques dégâts non négligeables et son remontage ne me semble pas être une bonne idée.

 

Je ne sais pas si vous connaissez bien le cheminement farfelu de cette courroie autour des différents accessoires mais l’ingénieur qui a pondu ça devait être un serial killer de courroie. La pauvre doit se vriller dans tous les sens comme pour un essai d’endurance destructif. Il faut dire qu’elle doit entrainer le ventilateur située sur le devant de la voiture à partir d’une poulie située perpendiculairement sur le côté du moteur (sortie vilebrequin d’un moteur transversal) tout en passant par la poulie du tendeur incliné à 30 degrés et la poulie d’alternateur qui se trouve être placée presque à l’horizontale. On ne peut pas faire plus compliqué. L’invention du ventilateur électrique et l’entrainement de la pompe à eau par la courroie de distribution à dû enlevé une épine du pied aux designers. En attendant, Titine est en panne sur le bord de la route avec des camions qui la font sursauter à chaque passage et sous un soleil de plus en plus chaud. Le dévissage du bouchon du radiateur ne provoquant plus le pchiiiit caractéristique d’une vapeur brûlante présente, je remets un bon litre de liquide frais. Je remonte la patte de fixation du radiateur, remonte dans l’habitacle et mets le contact. L’aiguille du thermomètre monte jusqu’à mi échelle. Bon ! Je dois pouvoir redémarrer Titine et rejoindre les autres car il me reste à peine deux kilomètres à parcourir. Le petit 1300 redémarrent bien et me voilà de nouveau sur la route. Pas pour longtemps car cette foutue aiguille remonte à vitesse grand V vers la zone rouge. Mais qu’est-ce qui l’attire si vite vers les sommets interdits ? Deuxième parking en vue ! Je lance un peu Titine et passe au point mort tout en coupant le contact. L’avantage de ces voitures, c’est qu’il n’y a pas de direction assistée et que de ce fait, même moteur coupé, la direction reste souple. Quant aux freins, avec ou sans assistance, il n’y a pas une grosse différence. De plus, ces derniers ne seront sollicités qu’une seule fois, pour l’arrêt sur le refuge visé. La route étant légèrement en pente, aucun souci pour arriver à destination. Une fois à l’arrêt, je lève le capot pour aider au refroidissement. A ce rythme là, je ne suis pas encore arrivé. Mais avec de la patience et la sérénité d’un maître tibétain, on arrive à tout. Il me reste à peine un kilomètre à faire. Après un temps d’arrêt que j’estime suffisant, je relance Titine en espérant que ce sera la dernière fois avant ma destination finale. Dans le village, je loupe l’entrée du parc. Dans d’autres circonstances, cela n’aurait aucune importance mais là, il faut économiser les temps de fonctionnent du moteur. L’aiguille est de nouveau près de la zone rouge. Vite ! Demi-tour pour rejoindre l’entrée du parc expo (le terrain de foot municipal). Un responsable à l’entrée commence à me baratiner pour me préciser les modalités. « Pas le temps » lui dis-je en forçant presque le passage. « J’ai cassé la courroie et je dois vite me mettre en place ». Là-dessus, il me donne vite les papiers et je rentre sur le terrain. Un autre responsable me fait signe de me stationner avec d’autres cabriolets. Après une marche arrière rapide (pour une fois, les pignons n’ont pas chanté la mort du signe lorsque j’ai placé le levier en position), je me gare aux rétros entre une MG et une Peugeot récente rouge puis je coupe le contact. Ouf ! Enfin arrivé ! Aussitôt descendu, je lève le capot. Pas de fumerole ni de liquide aspergé et c’est tant mieux.

                                     

A peine arrivé, un jeune m’aborde. Il voit l’autocollant ‘amicale Peugeot 204/304’ apposé sur mon pare-brise. Cela suffit pour engager la conversation. Après lui avoir narré mes déboires, je pars rejoindre mes collègues en lui promettant de revenir discuter avec lui. Je rencontre l’ami Michel qui me précise que sur le parc, il a vu des vendeurs de courroies. Si les Dieux sont avec moi, je vais trouver mon bonheur. Je ne sais pas ce que je leur ai fait dernièrement mais cette fois, les voies du Walhalla ou de l’Olympe sont restées impénétrables. Sur les centaines de modèles de courroies à vendre, aucun ne correspond à celui de Titine. Toutes sont soit trop grandes, soit trop petites, soit trop larges, soit trop raides, soit tout à la fois. Fichtre, diantre, me voilà mal barré ! L’idée d’en prendre une légèrement plus grande me traverse l’esprit mais, ayant déjà dû régler la tension de la courroie lorsque Titine était sur un pont élévateur (voir le passage sur le traitement du dessous carrosserie), je sais que le réglage du tendeur est déjà au taquet et que je ne pourrai jamais jouer sur celui-ci pour compenser la différence de longueur. Ach ! Scheise comme diraient nos amis d’outre Rhin. Réfléchissement Nanar ! … Appeler JP !... Dans mon affolement du matin, j’ai oublié de prendre mes lunettes pour faire son numéro. Mais bon ! En essayant de jouer sur l’autofocus défaillant de mes mirettes qui consiste à écarquiller les yeux puis à les refermer légèrement pour avoir quelques secondes de netteté, j’arrive à retrouver son nom dans ma liste de correspondants téléphoniques. Pourvu qu’il soit là, ou à défaut, que je puisse le joindre ! Hélas, point de JP !... C’est pas mon jour ! Côté fiston, même résultat. En attendant de trouver une solution, je vadrouille sur le parc pour quelques photos et retrouve le jeune de l’association Peugeot 204 /304. La chaleur est accablante et mes Neurones sont en train de griller. Cependant, avant qu’ils ne rendent l’âme et me fasse tomber dans l’hébétude de l’explorateur qui vient de traverser le Sahara à pied et sans eau, un dernier sursaut d’intelligence me rappelle que je suis assuré pour le dépannage à partir de Zéro kilomètre. Reste à trouver le numéro de téléphone de l’assistance. C’est sur la vignette glissée sur le pare-brise que je trouve ce numéro. Vite, un petit tour à l’ombre pour faire le numéro et amener un peu de fraicheur au neurone responsable de la conversation intelligente et claire. Première tentative. Je tombe bien sur l’assistance mais le correspondant me fait basculer immédiatement sur un message d’attente. J’attends… Dans ma tête, je vois mon forfait se dégrader à vitesse grand V. Manquerait plus que la batterie me lâche ou que le message « votre forfait est épuisé, veuillez recharger… » ne remplace la musique lancinante accompagnant le message me demandant de patienter ! Je raccroche au bout de 5 bonnes minutes. Deuxième tentative. Ouf ! Après une petite minute, ça décroche. « Assistance ‘… ‘ » me dit une voix avec un accent fort d’asiatique indien ! Après avoir décliné mon identité, il me demande le type de voiture.

  • « Une Peugeot 304 » …
  • « Une 404 ? »
  • « Non !, une 304 »
  • « Une 404 ? »

Ma parole, il y fait exprès ou il ne connait que la 404.

  • « Une 304 » je lui réponds pour la troisième fois.
  • « Vous êtes où ? »
  • « à St Sorlin dans l’Ain »
  • « Je n’ai pas de St Sorlin dans l’Ain ». « Je n’ai que St Sorlin dans le Rhône »

Pfffffffffffff !

  • « à St Sorlin en Bugey »
  • « Quel code postal ? »

Si ça continue comme ça, je suis mal barré !

  • « Je n’ai pas le code postal mais à ma connaissance, il n’y a qu’un St Sorlin en Bugey dans le 01 »
  • « Attendez… »

Encore une minute de forfait qui fout le camp.

  • « Je vous envoie un dépanneur. Il sera là dans 30 à 45 minutes… Laisser votre téléphone à portée de main et branché pour que le dépanneur puisse vous retrouver facilement… ».

Sur ce, le brave Indien à l’ouïe défaillante ou au français approximatif raccroche. Reste plus qu’à attendre. Je retrouve mes collègues. Je leur explique ce qui va se passer.

  • « Ca va te coûter combien ? » « Ils vont te garder ta voiture ? » « Ils te la ramèneront chez toi ? ».

Autant de questions que je ne me suis pas posées sur le moment. Je verrai avec le dépanneur. En attendant ce brave homme (enfin j’espère qu’il est brave), je retourne sur le site pour quelques nouvelles photos.

17h10 : appel du dépanneur.

  • « Vous êtes où exactement »
  • « Entrez dans St Sorlin et je vous ferai signe »

Je me précipite à l’entrée du parc auto et vois apparaître le camion. Un signe de la main pour que le brave homme me repère.

  • « Elle est où votre voiture ? »
  • « Là ! C’est la blanche à côté de la MG verte »
  • « Ah ! On m’a parlé d’une 404... »

Grrrrrrrrrrrrrrrr. Indécrottable l’Indien !

Une fois le camion installé, je redémarre Titine pour la monter sur le camion car mieux vaut éviter de la monter avec le treuil. La pente est raide (plus de trente degrés) mais la brave petite voiture monte quand-même.

- « Serrez bien le frein à main et enclenchez une vitesse » me dit le dépanneur.

Pas besoin de me le dire vu que je ne tiens pas à voir Titine partir seule en marche arrière et s’arrêter je ne sais où ni dans je ne sais quoi (une MG verte peut-être ?). Enfin, le plateau du camion revient à l’horizontal.

                           

Reste plus qu’à regagner mon domicile. Très sympathique ce dépanneur qui m’a l’air d’être aussi un vrai garagiste carrossier. De plus, il me confirme qu’il s’arrangera directement avec l’assurance. Que du bonheur !

Arrivé à la maison, le fiston est là. Il m’aide à descendre Titine de son plateau et à la ranger à sa place sous sa bâche. Je lui montre la courroie et il n’en revient pas. « Elle était neuve quand j’ai refait le moteur » me dit-il perplexe ! « Ben oui ! Mais là, elle est pourrie » lui rétorque-je ! Il est vrai qu’en la pliant, on découvre une amorce de rupture à chaque cran. Que s’est-il passé pour qu’une telle courroie passe de vie à trépas en seulement 3 ans et 2000 km ? Encore un mystère titinesque !

Bon, pour la réparation, je vais faire appel à Monsieur Internet afin de trouver une nouvelle courroie rapidement. Je tape donc les mots clefs ‘courroie accessoire 304S’. Plusieurs sites me sont proposés dont Osc…o. On me demande le numéro d’immatriculation que je rentre sans problème vu que je commence à le connaitre par cœur. Un message d’erreur apparait : « Ce numéro d’immatriculation ne correspond à aucun véhicule connu ». Comment ça … pas connu ? Je vérifie sur la carte grise des fois que le neurone mémoire soit en grève ! Ben non… j’ai bien rentré le bon ! J’essaie donc avec le type de véhicule et là, ça marche. La page des pièces détachées correspondantes s’affiche. Je clique sur courroie accessoire et… « cette pièce n’est pas disponible ». Flute ! Ca commence mal. J’essaie un autre site : même réponse concernant la plaque et même résultat concernant la disponibilité de la courroie. C’est pas vrai ! Ils vont pas me refaire le coup du cylindre récepteur d’embrayage… Troisième site : Euréka, ils ont la pièce, livrable approximativement le 13 juillet. Je commande aussitôt et vais me coucher. Il fera jour demain.

Remplacement courroie :

11 juillet 2016 soit CC+1 (cassage courroie plus un jour). La nuit portant conseil, je décide de ne pas attendre ma courroie commandée mais d’en trouver une autre le jour même. Celle qui a été commandée me servira de secours vu que la bête à l’air de se rompre facilement. Je commence par mon ami JP. Je lui fais voir l’objet incriminé et de suite, comme à son habitude, il laisse tomber ce qu’il est en train de faire pour aller chercher dans son magasin (son bric à brac), une courroie pouvant correspondre. Hélas, malgré toute sa bonne volonté, la cinquantaine de courroies, rangées dans deux caisses, ne convient pas. Quelle poisse ! Il m'en passe cependant une plus petite mais avec la bonne largeur. Ceci me parait être une bonne solution, vu que le réglage du tendeur est à fond dans l’autre sens (encore ce verbe paraitre).

De retour à la maison, j’engage les travaux pour le montage de cette courroie raccourcie.

Première étape : retirer la calandre. Je ne fais plus d’intervention dans le capot sans avoir retiré cet accessoire qui a tendance à ne pas supporter la pression du mécano qui s’appuie dessus, même si ce dernier fait partie de la catégorie poids moyens (comme moi).

                 

Deuxième étape : vidanger le radiateur pour le retirer. Cette opération me parait indispensable, vu le peu d’espace restant pour passer mes mimines. De plus, je pourrai reprendre le réglage de l’électro-embrayage inaccessible avec le radiateur en place. Pour la vidange, je reviens vers une solution déjà éprouvée à savoir, le coup du bidon découpé.

                 

Pour le retrait du radiateur, pas trop de problème. Après avoir débranché les deux fils du thermo contact...

                   

Le radiateur ne tient que par trois vis et deux durites.

  

C’est une de ces dernières qui me prend la tête. Pour atteindre le collier de la durite du bas, il faut essayer de passer le bras dans un espace où toute tentative se solde par l’ablation de quelques cellules épithéliales. C’est donc après avoir laisser quelques brins de mon épiderme sur le radiateur que je réussis enfin à retirer cette dernière durite et le dit radiateur.

                     

Troisième étape : remonter la nouvelle courroie. Je vous rappelle que l’ancienne a été retirée la veille au bord de la route. Cette opération ne devrait pas présenter de difficulté à condition de desserrer le tendeur. Mais là, même en le dévissant à fond, impossible de faire passer cette foutue courroie. J’entreprends donc de le démonter carrément pour essayer de gagner les quelques centimètres manquants.

                   

Rien à faire ! Quand la courroie passe, la poulie du tendeur touche le carter moteur. Grrrrr ! Il faut me résoudre à trouver une autre courroie de la bonne longueur. Et si les revendeurs du coin en avaient une ?

Je téléphone donc à un premier revendeur.

- « Nous n’avons qu’un seul modèle en largeur 10 mais pas la longueur que vous souhaitez » !

Ma cote de confiance commence à être sérieusement grignotée. Deuxième revendeur :

- « j’ai ce modèle mais il ne m’en reste qu’une… »

- « Gardez la moi de côté ! J’arrive immédiatement …»

Enfin, la chance me sourit ! C’est déjà chez lui que j’avais trouvé les récepteurs de frein. Je fonce donc chez ce brave homme dont la boutique se trouve à Meximieux, à une vingtaine de kilomètres. En effet, il a bien la même courroie. Je règle l’addition et retourne vite auprès de Titine pour engager le remontage.

Pour ce faire, il suffit de procéder en ordre inverse à savoir remonter grossièrement le tendeur en mettant le réglage au max dans le sens détention (le contraire de tension… car cette brave pièce n’a pas mérité la prison…). Une fois la courroie en place, le constructeur préconise de faire deux repères sur celle-ci espacés de 100 mm puis de tendre la courroie jusqu’à obtenir un espace de 101,5 à 102 mm. Facile me dis-je avec l’assurance d’un Bac+3 devant un problème de Cours Préparatoire !

                            

- Premièrement, choisir un endroit ou la courroie à un bout de section droite accessible pour mettre les deux repères ! Je vous ai déjà dit que ce foutu bout de caoutchouc armée suivait un stage de contorsionniste. Aussi, les bouts de sections droites d’au moins 10cm peuvent se compter sur le doigt d’un ongulé. Une seule possibilité ! Entre la poulie de la pompe à eau et celle de l'alternateur.

- Deuxièmement, tracer deux repères. Là, le problème du BAC +3 devient un exercice de BAC + 2. Beaucoup moins évident car la courroie, en caoutchouc armé comme je vous l’ai dit, refuse qu’on lui inscrive des traits dessus, que ce soit avec un stylo, un feutre ou un crayon à papier. Grrrr ! Bon ! Réfléchissement Nanar … « Ben ! T’as qu’à mettre deux bouts de scotch, benêt… ! ». Solution adoptée mais pas forcément facile à mettre en œuvre car une fois le premier bout placé, il faut placer le deuxième à 100mm pile tout en tenant le mètre et le bout de scotch. Tantôt c’est le mètre qui tombe, tantôt c’est le bout de scotch qui va se coller dans un endroit graisseux ou inaccessible (la fameuse loi de l’emmerdement maximum déjà évoquée plus haut). Enfin ! Au bout de 10 minutes, le deuxième bout est en place à 100mm. Il ne reste plus qu’à jouer avec le tendeur pour obtenir les 102mm. Comme je viens de tous graisser, pas de soucis côté tendeur mais quelques soucis côté mesure. Enfin, tant bien que mal, j’arrive à un résultat satisfaisant et je peux attaquer le réglage de l'entrefer de l'électro embrayage. Cette opération ne présente pas de difficulté à condition d'avoir les bonnes clefs et un bon jeu de cale, ce que je trouve facilement dans la succursale de chez casto qu'est le coffre de Titine.

- Troisièmement : comme pour le démontage, le remontage de la durite du bas amène une partie de l’épiderme de mon avant bras droit sur la surface rugueuse du radiateur et sur quelques pattes de fixation mal placées. C’est le bras griffé comme après une attaque sournoise de notre Minouchette que j’aboutis enfin au serrage de cette maudite durite.

                                  

- Quatrièmement : Reste plus qu’à remettre le liquide de refroidissement dans le radiateur. C’est après en avoir versé une bonne partie à côté que je décide d’utiliser un entonnoir pour cette opération.

Tout étant remis en place, sans avoir oublié de rebrancher le thermo contact, je procède aux essais. Le petit 1300 démarre au quart de tour. Un regard inquisiteur sur la courroie me laisse présager que tout va bien de ce côté-là. Elle ne flotte pas et suit gracieusement les courbes que l’ingénieur concepteur du lion, un sadique de la courroie, avait décidé de lui faire prendre. J’ai mal pour elle… A première vue, pas de fuite ! Un regard sur l’aiguille de température…

                        

Tout va bien aussi de ce côté-là. J’attends que le ventilateur démarre sur température haute… Check aussi de ce côté. Je remonte donc la calandre pour aller faire un petit tour de Titine. J’en profite pour aller acheter un bidon de liquide de refroidissement et le nécessaire pour faire une première vidange du circuit d’huile. C’est devant le magasin d’accessoires autos que je m’aperçois que de l’eau coule. En effet, la maudite durite fuit au niveau de son raccord avec le radiateur. Ne pouvant intervenir sur place, je décide de remettre un complément d’eau pour pouvoir rentrer à la maison. L’idée de repasser mon bras droit à la râpe à fromage ne me réjouis pas trop mais je vais y être obligé.

Arrivé à destination et après avoir attendu que tout soit froid, je décide de démonter la patte supérieure du radiateur pour avoir un peu plus d’espace et surtout, pour voir d’où vient réellement cette fuite. Mon œil averti diagnostique immédiatement le problème. C’est le collier qui est légèrement en travers et qui n’assure pas un serrage homogène de la durite sur la sortie basse du radiateur.

Après avoir remis comme il faut ce collier, plus de fuite. Je vais pouvoir attaquer la vidange… Mais ça, c’est une autre histoire…

Première vidange :

13 juillet 2016 : Des vidanges, j’en ai déjà réalisées quelques centaines depuis les années 1970 et sur pas mal de modèles de voitures. Aussi, je n’ai aucune appréhension quand je décide de faire celle de Titine. Il me faut juste un filtre à huile et 5 litres d’huile pour moteur essence. Comme évoqué précédemment, je profite d’un essai de Titine pour acheter ces deux éléments. J’ai simplement oublié que Titine à plus de 43 ans et qu’un simple filtre à huile n’est pas forcément disponible chez le premier marchant du coin. La 304 n’étant plus référencée dans le listing mis à disposition des clients de ce magasin, je demande au guichet.

  • « Vous avez un filtre à huile pour 304S s’il vous plait ? »
  • « Une quoi ? » me dit le brave homme.
  • « Une 304 Peugeot » lui dis-je !
  • « Mais c’est vieux ça ! »
  • « Oui ! Elle a 43 ans »
  • « Nous n’avons pas ce genre d’article en magasin. Je vais quand même regarder si je trouve une référence équivalente »

Le brave vendeur sort son bréviaire, une sorte d’encyclopédie dans laquelle on doit sans doute retrouver le type de goupille de roue équipant le char de Ben hure.

  • « J’ai bien une référence mais il va falloir la commander ! »
  • « Bon ! J’ai pas le temps ! Je vais voir si je trouve ça ailleurs ! »

Je prends quand même les bidons d’huile et de liquide de refroidissement et décide de voir mon autre vendeur, celui qui m’a trouvé la courroie.

  • « Il y a deux modèles » me dit-il !
  • « Et vous avez les deux ? »
  • « Non, je n’ai que le filetage de 18mm ! L’autre est en pouce et fait environ 19mm »
  • « Bon ! Donner moi toujours celui que vous avez ! »
  • « Si ça va pas, vous pourrez toujours me le ramener mais ne le salissez pas ! »

Le problème avec la cartouche de filtre à huile, c’est qu’une fois qu’elle est démontée, il faut en mettre une nouvelle avant de remettre l’huile. Ce qui veut dire que si je veux vérifier si c’est la bonne, il y a intérêt à ce que la neuve que j’ai en main aille. Je pourrai prendre le risque mais dimanche, c’est la journée du club et Titine doit être disponible. Etant donné que demain, c’est le 14 juillet, il ne me restera plus que vendredi pour finir la vidange. C’est trop juste pour tenter la manip. « Réfléchissement … ! ». « Ben, t’a qu’à aller voir JP… Lui doit avoir ce qu’il faut ». C’est donc une fois de plus que je vais casser les pieds à ce brave JP.

  • « Je dois avoir ce qu’il faut car j’ai deux modèles »
  • « Super ! tu me sauves la mise une fois de plus»

Comme à son accoutumé, il laisse tomber ce qu’il est en train de faire pour aller fouiller dans son bric à brac. Malgré l’impression de désordre qui règne dans son magasin (ce n’est pas pire que mon bureau), je m’aperçois qu’il sait exactement où sont les choses. Impressionnant ! Cependant, il a beau regarder toutes les boites, il ne trouve qu’un modèle. Pourvu que ce ne soit pas le même que celui que je viens d’acheter ? Un petit coup de pied à coulisse me rassure immédiatement. Il s’agit bien de l’autre. Ouf ! La loi de Murphy m’a foutu la paix cette fois.

De retour à la maison, je place ma cuvette spéciale vieille huile sous Titine et démonte le filtre. Après avoir vidé l’huile noirâtre qu’il contenait, je mesure le diamètre du filetage avec mon pied à coulisse puis le compare à celui des deux filtres neufs. Euréka ! Celui de mon vendeur correspond. Après avoir nettoyé la portée sur le bloc moteur et avoir huilé légèrement le joint du nouveau filtre, je remonte ce dernier et le serre à la main comme indiqué. Tout va bien ! Une première étape réussie. Je reprends confiance ! Pour le reste, tout devrait aller comme sur des roulettes. Toujours ce foutu verbe « devoir ».

Pour la vidange proprement dite, je me couche sous Titine dans la position du cafard flytoxé, position qui me permettrait de buller à l’abri des regards si je n’avais pas autre chose à faire. A première vue, le bouchon de vidange est accessible et bien visible. Ça, c’est bien ! A deuxième vue, la clef permettant de le dévisser doit être une clef à emprunte… carrégonale ou hexa carrée ? J’entends déjà vos remarques outrées : « mais ça n’existe pas ces empruntes ! ». En théorie…vous auriez raison ! Mais dans la pratique, c’est ce que j’ai sous les yeux. A l’origine, c’était bien un carré mais lors d’une vidange précédente, quelqu’un a dû s’amuser à vouloir serrer le bouchon avec une clef non adaptée, sans doute trop petite, ce qui a déformé l’emprunte en question. J’ai devant les yeux un trou carré dont les côtés sont complètement déformés.

 

J’essaie cependant d’y glisser ma clef spéciale vidange. Rien à faire, celle-ci ne rentre pas. Grrrrrrrrrr ! Que faire ? Je mets en branle quelques neurones dont celui de la logique, celui de l’expérience vécue et ceux qui ont mémorisé la liste des outils à ma disposition. Pour la logique, il faut glisser un outil male ! Pour l’expérience, j’ai déjà réussi à dévisser des têtes abimées à l’aide de tournevis et de clefs ou avec des pinces multiprises ! La liste des outils à ma disposition est assez importante pour avoir celui qui va me sortir de ce mer…ier. Après une heure d’essais de toutes sortes avec tous les outils à ma disposition, le bouchon est toujours en place. Impossible d’abandonner. Mon honneur de mécano à la Mac Gyver est en jeux. Nouveau réfléchissement ! Je ne peux utiliser l’emprunte pour le desserrage ! J’ai essayé de serrer la tête avec une multiprise mais la position du cafard flytoxé ne permet pas d’avoir une bonne prise et la pince ripe à chaque fois, entrainant quelques pinçons sur les doigts et la main. Et si j’essayais avec la pince bloque ! Après quelques tentatives infructueuses, j’arrive à trouver le bon réglage et la pince reste accrochée au bouchon. Je force légèrement dans le sens desserrage et… Youpiii ! Ce maudit bouchon a bougé suffisamment pour envisager un desserrage complet avec d’autres méthodes. En effet, après avoir retiré la pince, celui-ci se dévisse sans problème à la main. Je place vite la cuvette de récupération dessous l’orifice et laisse couler l’huile usagée tranquillement. Je peux examiner l’objet de mes tracas en toute sérénité.

Celui-ci est équipé d’un bout aimanté et mon œil averti visualise quelque chose d’anormale. Un bout de métal est accroché à l’aimant. J’aime pas ça du tout. Je retire donc cet élément incongru et après l’avoir essuyé délicatement, l’examine de plus près. Cela ressemble à un bout de clinquant de très faible épaisseur et très chiffonné. Je téléphone aussitôt au fiston pour voir si, dans le circuit d’huile, il existe une pièce présentant cette caractéristique.

  • « Il doit s’agir d’une rondelle de calage de l’embrayage »
  • « Et ça fait quoi ? »
  • « Si c’est la plus fine, c’est pas trop grave ! Regarde l’épaisseur avec un palmer ! »

N’ayant pas cet outil à ma disposition, je me contente du pied à coulisse au cinquantième.

  • « Elle fait 5 à 6 centièmes d’épaisseur ! »
  • « C’est la plus fine donc c’est pas trop grave » me répond le fiston !
  • « Je peux rouler ? »
  • « Oui ! ça ne joue que sur l’embrayage ! »

Bon ! Ça ne me rassure qu’à moitié mais comme c’est mon grand qui a remonté l’ensemble, il connait mieux que moi cette partie là. Je continue donc ma vidange. L’huile s’étant déjà bien écoulée, je jette un œil par l’orifice d’évacuation et vois quelque chose briller. Ayant un tournevis aimanté, j’approche ce dernier du dit orifice quand un bout de métal vient se coller sur l’aimant. Après l’avoir retiré délicatement, je m’aperçois que celui-ci fait partie de la même pièce que celui retiré précédemment avec le bouchon mais il mesure presque 10 cm. Oups!

                 

Je reste inquiet malgré les paroles rassurantes du fiston. Un petit coup d’œil avec l’endoscope ne me montre aucun autre morceau. Je peux même voir la crépine d’huile qui me semble en bon état. Je décide cependant de conserver ces bouts de métal pour les montrer à JP.

Reste le problème du bouchon. Je n’ai pas le temps d’attendre l’arrivée d’un nouveau. Je décide donc de tenter une réparation de fortune sur celui-ci. C’est à coup de Dremel équipé d’une fraise que j’arrive petit à petit à refaire un semblant d’emprunte carrée, histoire que la clef puisse rentrer suffisamment pour effectuer un serrage correcte du bouchon. Après avoir équipé celui-ci d’un joint neuf et l’avoir remis en place, reste plus qu’à faire le plein d’huile. Pour cette opération, pas de problème. J'ai quand même commandé un bouchon neuf pour la prochaine vidange.

 

                      

Un petit tour d’essais pour vérifier que tout va bien et voilà Titine prête pour le dimanche 17 juillet qui est la journée du club.

A cette occasion, nous attendons près de 200 voitures anciennes et de prestiges plus quelques 4cv dont c’est le 70 ème anniversaire cette année, et quelques Golf GTI dont c’est le 40 ème anniversaire. Une balade d'une trentaine de kilomètres est prévue dans la matinée. Seules deux voitures du club y participeront. Une Citroën Traction commerciale et… Titine. Cette dernière sera la voiture de queue de la balade alors que la traction sera la voiture de tête. Nous avons limité le nombre de participant à 40 voitures ce qui fera sans doute un beau défilé sur nos routes de campagne. Pourvue que Titine ne nous refasse pas un de ces caprices…

La journée du CLUB :

Vendredi 15 juillet 2016 : je passe une partie de mon vendredi après-midi à bichonner Titine. J’effectue une retouche carrosserie sur l’aile arrière gauche. Cet endroit avait été un peu enfoncé, il y a quelques temps, suite à une mauvaise manœuvre de ma remorque. Celle-ci, manœuvrée à la main et trop chargée, avait du mal à suivre la trajectoire que je souhaitais. Le timon était venu chatouiller Titine, juste au dessus du pare choc arrière, écaillant la peinture et enfonçant un peu la tôle sur quelques centimètres. La dame en rouge ayant commencé à grignoter cette dernière, il me faut faire une réparation rapidement. Un bon coup de ponçage jusqu’à la tôle saine, un traitement au Rustol à l’intérieur du trou qui commence à se former, quelques fines couches de mastique, un bon coup de ponçage et de mise en forme puis une finition au papier 800, deux couches d’apprêt et enfin deux couches croisées de peinture et il n’y parait plus. Je suis assez content du résultat. Pour le reste de la carrosserie, un bon coup de Polish et quelques coups de stylo à peinture sur les petits éclats et la voilà comme neuve. Un petit passage d’aspirateur dans tous les coins et du nettoyant à vitre et Titine est parée comme une jeune mariée. Vais-je oser la sortir ? Evidemment ! Quelle question ! Même si elle est propre comme l’âme d’un curé non pédophile, il n’est pas question de la laisser dans un écrin.

Samedi 16 juillet : Nous passons la journée à tout mettre en place pour la journée annuelle du club. Cette dernière est l’occasion d’inviter tous les amateurs de voitures anciennes ou de prestiges de la région (ou même de plus loin), qu’ils fassent partie d’un club ou qu’ils viennent à titre individuel. C’est une journée festive organisée autours de quelques stands, d’une restauration sur place et d’une buvette. En ce samedi, nous sommes une quinzaine pour dresser les Barnum, mettre les tables et les bancs, préparer le nécessaire pour la cuisine et la buvette et placer toutes la signalisation sur les routes. Une bonne ambiance règne sur le chantier. Titine est restée à la maison pour éviter qu’elle se salisse.

           

Dimanche 17 juillet 2016 :

7h45 : Je descends avec Titine sur le lieu de notre rassemblement. Elle est rutilante comme un sou neuf. Il commence à faire chaud. Je sais qu’elle va rester au soleil toute la journée mais je ne peux me résoudre à lui mettre des housses ou à la recapoter. Je la gare avec les autres voitures du club entre une Porsche et une Ford Focus.

             

Il faut qu’elle puisse sortir pour la balade prévue à 10h30. Trente membres du club participent à la logistique de cette journée, dont nos collègues motards pour l’aide à la circulation. Personnellement, j’ai pour rôle de prendre un max de photos et de fermer le convoi de la balade avec Titine.

8h00 : les premières voitures arrivent. On me sollicite pour ramener un collègue chez lui. Il tient le garage Peugeot et la station d’essence de mon village. Il doit exposer deux voitures. Une Peugeot 204 berline et une Renault 4L. Il est un peu surpris par la musique que fait le moteur de Titine et par le punch de son petit 1300. Pourtant, il y a peu de différences entre le moteur de mon petit cabriolet et sa 204. C’est peut-être cette petite différence qui fait que je trouve tant de plaisir à avaler des kilomètres à son volant !

8h20 : Nous retournons sur notre lieu de rassemblement, lui dans sa 4L et moi dans Titine. Il roule plus vite que moi mais je n’essaie pas de le coller. J’ai encore, en tête, le souvenir de la courroie cassée. Arrivé sur place, je replace la belle entre la Porsche et la Ford.

10h15 : Après avoir accueilli une bonne centaine de voitures dont certains propriétaires ont exprimé le souhait de participer à la balade, vient le moment de cette petite promenade sur nos routes de campagne. Nous avons limité à 40 le nombre de participants pour des questions de sécurité et de logistique. Les heureux candidats se placent en file indienne à la sortie du terrain avec la traction en première place.

                  

Tous ont été briffés, par notre président, sur les modalités du parcours, sur le respect des consignes indispensables pour rouler en nombre et sur le respect du code de la route. Il leur a été notamment spécifié que le convoi sera fermé par une 304 blanche cabriolet (Titine) qui sera en charge de signaler à la voiture de tête, tout participant qui aurait des soucis et qui devrait s’arrêter au bord de la route. Comme notre président n’en rate pas une, il précise qu’il aurait dû prévoir une dépanneuse pour cette voiture de queue. Grrrr…

Je suis au volant de Titine accompagné de mon petit-fils de 12 ans qui se fait une joie de rouler avec son papy.

                

Je le charge de faire quelques photos avec son appareil car même si je pense en faire tout en conduisant, il aura d’autres plans qu’il me sera impossible d’avoir. Le moteur de Titine tourne comme une horloge. J’évite de laisser le pied sur l’embrayage suite à ce que j’ai découvert lors de la vidange. Enfin ! Le dernier inscrit, une Opel coupée blanche, passe devant moi et je démarre à sa suite.

                   

Quel plaisir de rouler en convoi à vitesse modérée (pas plus de 70km/h) ! Les 40 voitures ne passent pas inaperçues quand nous croisons d’autres usagers de la route ou lorsque nous traversons les villages. C’est un beau spectacle que les jeunes et moins jeunes ont l’air d’apprécier, vu leurs mines réjouies et leurs applaudissements. L’avantage d’être en cabriolet, c’est que nous pouvons entendre tous les commentaires et les encouragements exprimés par les badauds. Mon petit fils est aux anges et il mitraille sans arrêt avec son appareil photos. Moi-même, compte-tenu du train de sénateurs auquel va la file indienne, je n’hésite pas à faire quelques clichés par-dessus ou à travers le pare brise. Comme les deux appareils sont des numériques, on fera le tri entre ce qui est bon et ce qui est raté à la maison.

                    

Cependant, à chaque changement de vitesse, j’ai une petite appréhension car je crains d’entendre un bruit sinistre au niveau de l’embrayage. Mais tout se passe bien. Le paysage campagnard défile, accompagné du son rauque de l’échappement de Titine. L’air est tiède et parfumé par les sous bois et les foins récemment coupés. Nous sommes heureux.

Puis nous faisons une petite halte dans un village où le restaurateur nous invite tous pour un pot de l’amitié. La quarantaine de voitures arrive tant bien que mal à se stationner, puis le collègue à la traction distribue des tickets aux participants. Ces petits bouts de papier nous donnent droit à une boisson accompagnée de petits amuses gueules. Nous sommes une soixantaine car certains spectateurs de notre rassemblement ont exprimé le souhait de monter dans une des 40 voitures pour le plaisir de la balade. Quelle ambiance ! Mon petit fils en profite pour admirer toutes les belles autos qui constituent notre groupe et pour faire quelques clichés supplémentaires.

                 

Puis vient le moment de quitter les lieux et d’effectuer le retour à notre point de départ. J’attends que la dernière voiture passe pour me glisser derrière elle. Après un petit kilomètre, je vois une traction noire dans le rétroviseur. Zut, il en restait une. Je ralenti pour la laisser passer et me revoilà en voiture de queue. J’entends mon téléphone qui sonne mais impossible de décrocher. Tant pis ! Ils rappelleront.

Arrivé sur le lieu de notre rassemblement où le nombre de voitures exposées a augmenté notablement, j’apprends que le coup de fil reçu émanait de notre président. Il souhaitait savoir à quelle heure nous arrivions pour faire une annonce au micro. Bon ! C’est un petit loupé mais le respect du code interdit le téléphone au volant. Dans ce cas là, c’est pas top.

                    

Je passe le reste de cette belle journée au niveau de l’accueil après m’être restauré à la buvette. Vers 19h00, les derniers invités étant partis, nous nous réunissons pour commencer à ranger, finir quelques restes et faire un premier bilan. Titine n’est pas tombée en panne ni aucun autre véhicule et au total, 220 voitures ont été exposées. C’est donc une belle réussite compte-tenu que nous avions un concurrent de taille : le tour de France cycliste qui passait à proximité…

Déçu qu'il n'y ait pas eu un coup de Trafalgar ...?

Une sortie sous la pluie (partie 1)

18 septembre 2016 : Serais-je devenu maso ! Voilà que je vais sortir Titine avec une météo qui réjouit toutes les grenouilles et les limaces du jardin. Bon ! Remettons un peu les pendules à l’heure. Nous venons de traverser 3 semaines de super chaleur et, lorsque je me suis engagé pour participer, en tant que photographe, à ce premier Roadbook du club, je n’imaginais pas du tout que nous allions passer d’un climat style Afrique du Nord à un autre du genre Europe du Nord. Certes, nous attendions la pluie avec impatience … pour le jardin … mais pas ce jour là. On n’est jamais content. En principe, Titine et la pluie ne font pas bon ménage et je m’étais juré de ne jamais la sortir par mauvais temps. A première vue, c’est raté pour cette fois. Précisions indispensables à ceux qui ne connaissent pas le principe du roadbook. C’est une sorte de rallye avec questions sur des points remarquables. Il faut être minimum deux par voiture, un qui lit les indications sur le parcours et l’autre qui conduit. Le copilote a, à sa disposition, un document de plusieurs pages format A4 avec seulement des indications de distance, de direction, de ville à traverser et les repères où se trouvent les réponses aux questions qu’il a sous les yeux. De plus, il faut respecter un temps et un kilométrage, mesurés au préalable par les organisateurs, tout en appliquant le code de la route à la lettre. Tout erreur sur le temps entraînant une pénalité de 1 point par minutes en plus ou en moins. En fait, c’est un gros jeu de piste pour adultes.

Mon brave petit cabriolet est là, sous son abri ouvert au quatre vents, la capote et le capot encore mouillés de la veille. Pourquoi mouillés me direz-vous ? Parce que la veille, j’ai voulu prendre Titine pour faire une course sur Ambérieu (ça me démangeait). Je vous raconte ! Le trajet aller se fait avec la chaleur et un soleil encore piquant. Pour le retour, je suis joueur et fais le pari que je reviens à la maison sans recapoter et ce, malgré de gros nuages noirs qui me narguent et semblent me dire : « essaie un peu pour voir ! T’es pas cap ! ». Je vois bien des traînées d’averses au loin, sur les forêts de la Côtière, mais elles ne semblent pas être au-dessus de mon hameau (toujours ce fameux verbe « sembler »). J’essaye donc ! J’ai presque gagné… quand ils décident de lâcher les vannes alors qu’il ne me reste plus que deux kilomètres à faire. Les traîtres ! Je m’arrête en urgence alors que de grosses gouttes commencent à s’écraser sur les sièges et la moquette de Titine. Pour corser la difficulté, j’avais mis le couvre capote et baissé les deux vitres de portière (j’en ai pas d’autre) ce qui ne m’aide pas au capotage rapide. De plus, la capote étant restée pliée depuis plusieurs semaines, je galère comme un malade pour son déploiement. Au bout de trois ou quatre minutes, cette maudite capote est en position pour couvrir l’habitacle. Il ne reste plus qu’à la crocheter. D’habitude, cette opération ne présente pas trop de difficultés mais là, dans la précipitation, impossible de faire rentrer les tétons de centrage dans leur logement. Je galère encore quelques minutes pour que tout soit en place. Pendant ce temps, Zeus déverse tout ce qu’il a en réserve sur ma pauvre Titine. La buée commence à envahir le pare brise et les vitres latérales remontées à la hâte. Ouf ! Je suis enfin à l’abri ! Je tire les essuie-glaces de leur léthargie estivale, met en route le ventilateur avec son bruit de feuilles mortes que l’on passe au mixeur, place la tirette de chauffage à fond et allume les feux de croisement. Me voilà reparti sous une pluie battante. Malgré son âge, le désembuage fonctionne rapidement et, si les essuie-glaces n’étaient pas nés quelque part dans une île du Pacifique, vu la vitesse à laquelle ils travaillent, rouler sous la pluie n’aurait pas été trop désagréable. A première vue, quelques gouttes seulement s’invitent de temps en temps à l’intérieur de l’habitacle mais pas de quoi transformer Titine en baignoire sur quatre roues. C’est en la garant sous son abri que je m’aperçois que dans la précipitation, je n’ai pas agrafé les deux flasques latéraux (morceaux de la capote situés juste derrière les portières). Cependant, bien que ceux-ci aient dû s’écarter en roulant, il n’y a que quelques traces d’eau sur le semblant de siège arrière. Un petit coup de chiffon pour essuyer tout ça et plus de trace d’humidité dans l’habitacle. Contrairement à d’habitude, la carrosserie et la capote étant trop mouillée, je décide de ne pas remettre la bâche de protection pour la nuit d’où ma remarque du début.

Je reviens sur cette journée du 18 septembre 2016 : Tout a été organisé et me voilà dans l’obligation morale de remplir ma mission photographique. Mon éthique m’empêche de tout laisser tomber. J’ai eu beau regarder la météo en long, en large et en travers ces derniers jours, aucune amélioration en vue pour la journée. Pire, la pluie qui tombe déjà va s’intensifier dans l’après-midi. Il est 7h50. J’ai rendez-vous entre 8h00 et 8h15. J’hésite quelques secondes. C5 ou Titine ? Me voilà dehors. J’ai nos cinq voitures en vue et mon cœur va vers … Titine. Tant pis pour la pluie. Il est vrai que rien ne m’oblige à prendre mon petit cabriolet. Je pourrai très bien faire les photos avec la Citroën mais en tant que photographe du club, je me dois d’être à l’unisson des participants. Petite précision : ce roadbook est ouvert aux véhicules de plus de 25 ans. De plus, si ça se trouve, la météo locale s’est trompée et la pluie va se calmer ! Rappelez-vous ! C’est déjà arrivé lors de la visite de la fondation Berliet !

Vous dire que je vais rouler décapoté serait vous prendre pour des lapins de six semaines. Je place donc mon appareil photo dans l’espace derrière les sièges. Capote relevée, on pourrait y rentrer un éléphanteau. N’ayant pas cet animal à porter de main, je me contente d’y placer mon matériel ainsi que des vêtements de pluie et un sac à dos avec mes papiers, des moyens de paiement et des chaussettes de rechange. Une fois installé, une petite tirette sur le starter, quelques coups sur la pédale d’accélérateur et je lance le petit 1300. L’humidité relative de l’air rend un peu difficile le démarrage mais après quelques hésitations, le petit moteur me fait entendre sa musique caractéristique. Une fois sur la route, j’allume les feux de croisement et les essuies glace. Ces derniers ne semblent pas avoir plus de courage que la veille. Il me semble entendre leur dialogue :

« Sa se li. Li se pou tonen pou yo travay. Lente, mwen pa kapab swiv ou.! »

Traduction : Ça y est. Il faut reprendre le travail. Va doucement, je n’arrive pas à te suivre.

-« hey! Vous! Ou jwenn jouk sa kaba! W ap gen pou yo pran yon KABICHA mouri, yo! » Ronnnn !

Traduction : Hé ! Attend ! On arrive au bout ! Il va falloir faire une sieste pour se reposer ! Ronnnnn :

-« Vini non! Leve non! Tounen nan lòt chemen an!»

Traduction : Ho ! Réveille-toi ! Il faut repartir dans l’autre sens !

- « Silans ou, se pa prese non!»

Traduction : Calme-toi, on n’est pas pressé !

- « Èdchèch lè yon moun retrete!

Traduction : Vivement la retraite !

- « Mwen te jis frape kawoutchou a! Sa m' ap fè?»

Traduction : Je viens de toucher le caoutchouc ! Qu’est-ce que je dois faire ?

- « Vous! M ap panse! Ronnnnn ! Tounen nan lòt chemen an!»

Traduction : Attend ! Je réfléchis ! Ronnnnn ! Il faut repartir dans l’autre sens !

-« Sa se travay a pou kraze! »

Traduction : C’est fatiguant ce job !

Et oui, il faut parler le Créole hawaïen…

Chauffage à fond, le désembuage est efficace. Reste à savoir comment Titine va se comporter sur sol mouillé. Les premiers virages passés à vitesse réduite sur sol détrempé me rassurent sur ce fait. J’ai déjà eu une expérience similaire avec une Dauphine et même avec des Renault 21 et je peux vous assurer que ma petite Peugeot est beaucoup plus rassurante. Titine : One point ! Arrivé à mi-parcours, mon sang ne fait qu’un tour ! J’ai oublié l’indispensable… La caisse à outil et le bidon d’essence ! Vite ! Demi-tours ! Impensable de faire une sortie sans ma succursale de « Auto Distribution ». Me voici de nouveau devant la maison. Ma caisse à clous se trouve dans le coffre de la C5 et le bidon d’essence se trouve… ? Où l’ai-je laissé ? Je le cherche pendant 5 minutes et le trouve enfin sous un monticule de bâches et de caisses. Heureusement que je suis ordonné sinon …. ! Vite, il me faut repartir car il est déjà 8h13.

Arrivé sur le lieu de rendez-vous, à Varambon, une quinzaine de voitures sont déjà là. Je prends vite connaissance du parcours afin de me placer aux bons moments et aux bons endroits pour faire de bons clichés. Le premier point n’est qu’à un ou deux kilomètres du départ, vers une statue de la Vierge à l’enfant. Parfait ! Cependant, j’ai encore oublié de faire deux choses essentielles à savoir … le plein de Titine et retirer un ou deux billets pour le cas où ! J’ai une petite demi-heure devant moi et fonce à Pont d’Ain, la ville la plus proche. La station d’essence est déserte et c’est super. Pas le temps de faire la queue !

                                 

Le plein fait, petit tour vite fait au distributeur ! Là aussi il n’y a personne. J’ai vraiment de la chance. Au total, je n’ai mis que 15 minutes pour tout faire.

De retour à Varambon, je peux vite faire quelques photos des participants présents et prendre un petit café croissants offert par le club. Pendant ce temps, d’autres arrivent et j’en profite pour faire des photos de tous les véhicules présents. Je suis obligé d’essuyer l’objectif toutes les 2 minutes afin d’éviter que les gouttes d’eau ne transforment mes clichés en caléidoscopes psychédéliques ou en flous pas très artistiques.

                           

Tout le monde est là sauf une Alpine restée en rade, mais le propriétaire arrivera à midi avec un autre véhicule, une Subaru. Ah oui ! Petite précision : la journée est découpée en deux parcours distincts, séparés par la pause méridienne avec repas organisé par le club. L’heure de départ approchant, je monte dans Titine pour rejoindre le premier point "question". Ce dernier est en haut d’une côte et si je me place bien, je dois pouvoir prendre toutes les voitures de face sur une distance respectable. Je me gare un peu plus loin et me cache derrière un arbre afin de ne pas perturber ou influencer les participants.

                                             

Les premiers arrivent et la séance photo commence. Comme le départ se fait toutes les une ou deux minutes, j’ai le temps d’ajuster mes pauses. Certains s’arrêtent à ma hauteur pour trouver la réponse à la première question, d’autres passent devant moi en me faisant coucou. Bon, je dois les perturber ou alors, ils connaissent la réponse ! Zut… ! J’ai oublié de demander combien ils sont ! Je m’aperçois aussi que je n’ai pas compté ceux qui sont déjà passés ! Quel gland je fais ! J’arrive cependant à en interroger un qui me précise qu’il en reste encore une bonne dizaine. Il pleut de plus en plus et je commence à être trempé. J’espère ne pas retrouver Titine transformée en piscine ! Il fait trop froid pour se baigner…

Bon ! Voilà le vingt-cinquième et dernier (je le sais parce qu’il me l’a dit). Après avoir essuyé mon objectif pour la trentième fois, je remonte vite dans Titine pour le deuxième point photo. Agréable surprise ! A part une ou deux gouttes d’eau sur le siège passager, l’intérieur me semble sec. Je passe la main sur la moquette. Là aussi, pas de trace d’humidité suspecte ! Ouf ! A part une grosse buée sur toutes les vitres, qui se résume au pare brise et aux deux vitres de portière (je vous rappelle que c’est un cabriolet des années soixante dix), tout semble Ok. Le moteur redémarre bien et c’est dans le bruit de crécelle du ventilateur accompagné du slow langoureux des essuies glace que je consulte le roadbook pour le rendez-vous suivant.

Zut… ! Ce deuxième point me parait trop proche. Il aurait pu être sympa car placé vers le golf de la Sorelle, mais cela fait presque trente minutes que les premiers sont passés et même si je prends des raccourcis, je risque de n’avoir que les derniers. Vite… ! Je décide de rejoindre la première ville étape que je connais : Chalamont. Comme la route m’est familière, je n’hésite pas à lancer Titine à la vitesse max autorisée par l’administration fiscale, juste sous le seuil pouvant déclencher un impôt supplémentaire. Pour une première vraie sortie sous la pluie, je trouve que mon petit destrier blanc se comporte bien. Rien à dire côté tenue de route et je me surprends à sourire quand je vois que, malgré la vitesse, l’eau ne semble pas pénétrer dans l’habitacle. Pourtant, je sens des courants d’air et entends les sifflements au niveau des joints qui fuient mais la pluie, sans doute guidée par un aérodynamisme des plus douteux, ne daigne pas rendre visite à mes sièges ni à l’espace se trouvant derrière eux (là où devrait se trouver l’éléphanteau cité plus haut).

Me voici à l’entrée de Chalamont et je cherche un coin pour me stationner, pas trop loin de l’endroit où doivent passer les voitures. J’aurai dû me rappeler que les places de stationnements libres sont aussi rares que les hommes politiques intègres. Je finis par me garer où je peux, à savoir sur un bout de trottoir à l’angle d’une petite ruelle. A peine ai-je quitté mon siège que je vois déjà poindre une des voitures. Vite… ! Pas le temps de fermer Titine… Je fonce près de la statue qui trône un peu plus loin et sur laquelle se trouve une des réponses aux questions du roadbook.

                                            

J’arrive à prendre une ou deux photos mais je suis perplexe. Les deux ou trois voitures qui viennent de passer ne me semblent pas être partie dans les premières ? D’après mes souvenirs (qui sont aussi fiables que la parole d’un mafioso), l’ordre de passage ne correspond plus à celui du départ. Bon ! Cela commence mal pour mon shooting car je n’ai pas pensé que les concurrents pouvaient se tromper de route ou louper des étapes questions ou même, revenir en arrière… De ce fait, impossible de savoir si le dernier est passé. Après quelques hésitations, je remonte dans Titine pour consulter un peu plus le roadbook. Il y a une plus grande ville, Chatillon sur Chalaronne, où tous doivent passer. Vu le peu de détours que l’organisateur de cette sortie a prévu entre Chalamont et Chatillon, il va falloir faire vite si je veux pouvoir photographier quelques passages. Je relance donc ma petite Peugeot sur les routes détrempées afin d’arriver à temps.

Sur le trajet, je vois des participants sortir des petites routes adjacentes ou emprunter des chemins de traverse. Heureusement, aucun ne tente de me suivre car mon parcours n’est fait que de raccourcis, ce qui pour eux reviendrait à tricher. Arrivé en ville, je cherche une place pour me garer près d’un passage où je pourrai prendre les voitures avec un décor un peu sympa. Pour le décor, c’est pas le pied ! Je ne trouve qu’un terre-plein central bien fleuri. Si j’avais pu étudier ce roadbook avant le départ, j’aurai pu repérer des meilleurs coins. Pour le stationnement, même galère que précédemment. Je me gare donc comme je peux dans un coin d’un grand parking où le nombre de places libres peut se compter sur les doigts d’un manchot. Heureusement, la pluie s’est atténuée (je n’ai pas dit s’est arrêtée). Je me mets donc en position pour les photos, l’appareil planqué sous mon ciré qui commence à dégouliner. J’espère que personne ne va s’imaginer que je planque un engin explosif quelconque, déjà que je suis barbu … Je sors donc de temps en temps mon appareil (photo… bande de pervers) pour rassurer la foule qui, vu la météo, ne se bouscule pas trop en ce moment. J’attends patiemment de voir se pointer un concurrent… Le temps me parait long et je commence à avoir les pieds humides. Si Titine ne prend pas trop l’eau, ce n’est pas le cas de mes baskets. Je n’allais quand même pas conduire en botte, je ne suis pas un breton ! Enfin, il me semble apercevoir la Ford Granada bleue.

                                                   

Bon ! J’ai l’espoir de ne pas être arrivé trop tard et de pouvoir faire quelques images. En effet, suite à la Ford, arrivent une des Opel GT, suivie de près par une Alpine et par la R16. D’après mes souvenirs (toujours aussi fiables), la R16 était la dernière à partir de notre point de rassemblement. J’attends encore une ou deux minutes mais à mon avis, auquel je me rattache le plus souvent, plus personne ne passera car ce sont sans doute les derniers participants.

De retour dans Titine, un petit coup d’œil sur le roadbook m’indique que la prochaine étape est un point de contrôle obligatoire. Là, si je n’arrive pas trop tard, je suis à peu près sûr de pouvoir faire un point sur qui est passé ou non. Hélas pour moi, ce point de contrôle n’est atteignable qu’en suivant moi aussi les indications du roadbook. N’ayant pas le choix, il va falloir conduire tout en déchiffrant les indications. Ce serait facile si j’avais un passager mais je suis seul, car ma chère et tendre épouse a décidé de rester à la maison à cause de la météo. Pour elle, rouler dans notre petit cabriolet avec la capote relevée ne présente aucun intérêt. Je ne peux lui donner tors. De plus, la connaissant, cette aventure ne l’aurait pas du tout amusée, voir même fortement agacée. Aussi, c’est donc seul que j’essaie tant bien que mal de suivre ces foutues indications. Si j’avais un peu plus de mémoire que Dory dans Némo, je pourrai mémoriser le point de repère suivant mais là, je dois rafraîchir cette maudite mémoire toutes les minutes. Je vous brosse un peu le tableau… Il pleut de nouveau à verse ! J’ai des lunettes pour presbyte (et non casse couille) sur le bout du nez (impossible de voir net plus loin que le volant avec ce type de verres) ! Je dois garder le roadbook sur les genoux pour ne pas avoir à le récupérer par terre à chaque virage ! Je ne connais absolument pas la route qui, soit dit en passant, est aussi droite que la trajectoire d’un mec bourré et aussi large qu’une traboule (se renseigner auprès d’un vrai lyonnais pour la définition) ; le tout en regardant à travers un pare brise balayé par des essuies glace qui n’ont toujours pas compris leur rôle. Si vous rajoutez à ça le fait que, comme signalé plus haut, je dois rafraîchir ma mémoire toutes les minutes, vous comprendrez que la vue de mes collègues attendant au point de contrôle ne peut que me remplir de joie. Comme quoi, le bonheur tient à peu de chose… J’arrête donc Titine au bord de la route et les rejoint pour m’enquérir du nombre de voitures passées ainsi que du nombre restant.

                           

Il reste dix candidats dont l’un d’eux est resté en rade suite à une panne d’alternateur. Afin de ne pas le laisser sur le bord de la route, deux ou trois de ses collègues se sont arrêtés pour tenter un dépannage de fortune en permutant leur batterie. Cela fait partie des joies des vieilles voitures et la solidarité inhérente à tout passionné d’anciennes (voitures) prend là tout son sens. Dans mon fond intérieur, je souris presque car celui qui est tombé en panne est le même que celui qui se foutait de moi quand Titine était un peu moins fiable.

Après avoir vu passer les retardataires, je décide de rejoindre notre point de départ afin de participer à notre repas champêtre et de prendre connaissance du parcours de l’après-midi. La pluie est toujours là, mais comme le repas se fait sous abri, ce dernier se déroule dans la bonne humeur. Quelques photos des convives, un petit café et me voilà en quête du programme qui attends les participants pour l’après-midi... 

                                

 

Une sortie sous la pluie (partie 2)

Après un tour en Dombes le matin, ce sera la vallée de l’Ain cet après-midi. Le parcours est moins long mais pour moi, plus beau. Avec mon collègue Thierry, on tombe d’accord sur « le » point photo : Le viaduc de Cize-Bolozon ! C’est un super Viaduc en pierre à double niveau. Le niveau supérieur, situé à près de 75 mètres au dessus de l’Ain, est occupé par le rail (voie TGV). La route, à une seule voie, passe à travers des arches au niveau inférieur. C’est le passage des concurrents sous ces arches qui va donner de belles photos (enfin… je l’espère).

Me voilà à bord de Titine, en route pour ce point photo. Faisant confiance à ma mémoire … je décide de rejoindre le site en me disant qu’il ne devrait pas y avoir de difficulté ! Encore une idée à la c… ! Je sais qu’il faut rentrer dans Poncin puis à la sortie … A droite ou à gauche ? Ma mémoire me dit à droite et c’est pour ça que je prends à gauche… Je me connais ! La pluie est toujours là, plus forte par moment, mais Titine roule bien. Nouvelle intersection… A droite ou à gauche ? Vu que j’ai dû traverser une fois l’Ain, ce sera à droite si je ne veux pas m’éloigner de la rivière. Je ne reconnais pas le paysage mais il faut dire que la dernière fois que je suis allé à Cize, il faisait beau. Je roule encore quelques temps avant de me rendre à l’évidence… Je ne sais absolument plus où je suis ! Nouvelle intersection… là, c’est trop ! Je m’arrête et extirpe de derrière les sièges, une vieille carte routière que j’avais prise par précaution. Première constatation : elle est sèche ! Ce qui prouve que Titine n’a pas pris d’eau dans l’habitacle. Je chausse mes lunettes et essaie de me repérer ! Boudiou ! Je constate que je suis sur une route que seules les cartes d’état major ou Michelin peuvent mentionner. Où se situe ce foutu pont ? Evidemment, le nom de cet ouvrage n'apparait pas sur les cartes mais mon sens logique m’indique que, vu le peu de ponts traversant l’Ain dans cette région, ce dernier devrait se trouver pas très loin de Cize. Après l’avoir repéré, je prends la direction en question en suivant les panneaux indicateurs, comme au bon vieux temps, quand le GPS n’existait pas. J’en ai bien un dans la boîte à gant de Titine mais je ne l’utiliserai que si je vois un panneau « Frontière Suisse : 2 km »… Signe que je me serais lamentablement fourvoyé. Pendant ce temps, les concurrents ont dû prendre la route et, même si celle que j’ai prise me semble être un raccourci, il me faut rejoindre le pont au plus vite. Je passe donc en mode « conduite rallye » et fait rugir les 74 Cv de Titine. Je sais ! Les chevaux ne rugissent pas mais je rappelle que Titine est une Peugeot avec comme emblème… Un lion ! Cette conduite dans les tours a un avantage ! Le moteur tournant plus vite, il refroidit mieux dans les côtes. Bon ! La conduite rallye avec Titine se résume à pousser les régimes et à effectuer des freinages le plus tard possible. Je ne vais pas jusqu’à la faire partir dans les virages car je ne tiens pas à lui faire faire du hors piste pour une visite du décor. J’en serai malade !

Me voilà à destination. Je n’ai rencontré aucune voiture de notre roadbook. Question ! Sont-elles déjà toutes passées… ou sont-elles derrière moi ? Je gare Titine à la sortie du pont et me place pour faire les photos des voitures entre les arches.

         

Je vois aussi la route de l’autre côté, ce qui va me permettre d’anticiper pour les clichés. Après quelques instants, je vois arriver une MG capotée. Ne me souvenant plus avoir vu ce type de voiture dans le groupe, j’attends pour voir. Non ! Ce ne sont que des hollandais avec une plaque faisant référence à un rallye. Ils passent devant moi puis s’arrêtent et font marche arrière. En tant que bon samaritain, je commence à m’avancer pour voir s’ils n’ont pas besoin d’aide. Ils me baragouinent une sorte de réponse dans leur langue qui est un mélange d’allemand mal prononcé, d’anglais des bas fonds de Londres et de Flamand de Bruxelles. En un mot : « incompréhensible ». Je les laisse donc à leur manœuvre, un coup en avant, un coup en arrière sur le pont. Ce n’est que lorsque l’homme descend après s’être contorsionné dans tous les sens que je comprends leur but. Ils sont là, comme moi, pour prendre une photo de leur petite auto verte avec les arches du pont en décors. La photo prise, ils redémarrent en vitesse car leur cabriolet gène une autre voiture qui emprunte aussi ce pont. Rappelez-vous qu’il n’y a qu’une seule voie de circulation. Heureusement, le trafique est aussi fluide que celui d’une route du Larzac en plein hiver.

J’attends encore. Tiens ! Une autre voiture ancienne avec la même plaque ! Ce sont aussi des hollandais. Hasard ? Non ! Eux aussi s’arrêtent pour faire une photo de leur voiture sur le pont. Décidément, c’est une manie ! Ou alors, cette photo fait partie du contrat de leur rallye ? Cette hypothèse semble être la bonne puisque j’ai pu dénombrer une dizaine de hollandais en voitures anciennes exécutant le même rituel. Bon ! C’est bien beau tout ça mais ça ne me dit toujours pas si je suis en avance ou si, comme un gros gland, je me suis fait dépasser par nos amis du roadbook ! J’en suis là dans mes réflexions quand j’entends le son bien caractéristique de la Clio RS. En effet, je la reconnais lorsqu’elle s’engage sur le pont. Vite ! En position pour les premières photos.

Quelques appels de phares pour me saluer me prouvent que ce sont bien nos amis. Ouf ! Je suis arrivé trop en avance. Là-dessus, l’arrivée des voitures s’enchaine à raison d’une ou deux par minutes. Cette fois, je les compte pour être sûr de ne pas attendre comme un gland à la fin ou de partir avant le passage de la dernière. Tout le monde aura le droit à sa photo. Entre deux voitures, j’essaie, comme un gros nigaud que je suis, de me mettre à l’abri sous le pont. Mais le tablier étant à plus de 20 mètres au dessus de ma tête, autant me servir d’un timbre poste comme parapluie. Je continue donc à me tremper les arpions sous la pluie tout en protégeant mon appareil photo sous mon ciré. Au passage, j’en profite pour faire une ou deux vues de Titine pour ma collection personnelle et pour mon fond d’écran d'ordinateur.

                                              

Après la vingt-cinquième, j’attends encore 10 minutes puis je reprends la route pour un retour à Varambon. A la sortie d’un virage, je vois quelques voitures du groupe arrêtées sur le bas-côté. Comme il n’était pas prévu de question à cet endroit, je gare Titine au bord de la route et viens aux nouvelles.

  • « On attends le propriétaire du chien » me dit l’une des participantes.

En effet, je vois un pauvre toutou, trempé comme une soupe, attaché par une ficelle à un petit arbre.

  • « Il était comme ça ? » dis-je inquiet.
  • « Non, c’est nous qui l’avons attaché là car il ne voulait pas rester vers nous. Il a un collier avec un numéro de téléphone et une balise GPS. On a appelé son maître. Il arrive dans 30 minutes »

Cette bonne action pouvant pénaliser ces bons Samaritains, je leur propose de garder le chien pour qu’ils puissent reprendre le cours de leur roadbook. De plus, je n’ai plus de photos à faire sauf sur le parc à Varambon. Cela ne me coûte donc rien de rester seul avec Médor.

Après un petit quart d’heure de caresses pour le rassurer, les maîtres arrivent. Ils m’expliquent que le chien était en chasse lorsqu’il a suivi une bête. Il a donc parcouru plusieurs kilomètres avant de se perdre. Là-dessus, ils font grimper Toutou dans le 4X4 en me remerciant au passage. Bon ! L’important, c’est que toutou va retrouver son foyer.

Me voilà de retour à Varambon. Titine attire le regard de 2 jeunes :

- « On n’en voit plus beaucoup des comme ça » me dit l’un d’eux !

C’est vrai que les 304 cabriolets sont plutôt rares car très peu prisées à leur sortie dans les années 70. Maintenant, il en reste quelques centaines en état de rouler en France. Malgré ces défauts, je suis toujours fan de cette petite auto au volant de laquelle, je ne prends que du plaisir.

Après le pot de l’amitié et la remise des prix, chacun retourne dans ses pénates. Titine rejoint son abri, sans pour autant retrouver sa bâche, vu le taux d’humidité très important qui la recouvre. La pluie est toujours là. Je sortirai les affaires du coffre demain !

Surprise :

Lundi matin : Je jette un œil à l’intérieur de l’habitacle : pas de trace d’eau. Super… ! J’ouvre le coffre pour y retirer les outils. Tiens ! La boîte de clef à cliquets présente des traces d’une condensation avancée. Comme c’est du métal, je ne m’inquiète pas outre mesure. Il fait frais ce matin et la boite froide a dû favoriser cette condensation. Je retire la caisse à outil en plastique… même constatation. Le métal, je veux bien, mais le plastique ? Je retire aussi la revue technique (en papier) posée délicatement sur la moquette du coffre (en réalité en vrac vu que tout a été chamboulé dans le coffre suite à ma conduite « style rallye » de la veille) et… Boudiou ! Elle pisse l’eau ! Là, c’est pas top du tout ! Il en va de même de tout ce que je retire de cet espace à savoir : les bidons, d’huile, de liquide de refroidissement, de liquide lave-glace, d’eau, de liquide de frein, le cric, les manivelles, la clef en croix, quelques tuyaux et durites, une tête d’allumeur avec ces fils, une caisse à gâchée (tiens ! qu’est-ce que ça fait là ça ?), une clef dynamométrique…etc. Comme Mary Poppins, je n’arrête pas de sortir des objets de ce coffre, tous plus mouillés les uns que les autres. Après avoir fait un tas de ces objets que j’estime indispensables en cas de panne (à part la caisse à gâchée), je tâte la moquette. Oups… ! Mes doigts mouillés indiquent la présence certaine de l’élément H2O en quantité relativement importante. Bon ! Pi de panaque… Heu ! Pas de panique ! Je soulève la moquette et m’aperçois que l’élément aquifère s’est insidieusement infiltré sous celle-ci. La tôle du coffre présente même, par endroit, des traces orangées, signe que sa présence ne date pas d’hier et que dame rouille a commencé son travail de grignotage. Vite ! Un coup de chiffon pour sécher tout ça et retrait complet de la moquette pour la mettre au sec sous le beau soleil de septembre. Après avoir bien séché la tôle, un coup de bombe de Rustol sur tout le plancher va couper l’appétit de la dame en rouge. Pour la cause de cette entrée d’eau, je verrai ça plus tard…

Malgré cet incident hydraulique, la journée d’hier fut super. Il aurait été dommage de louper ça ou de prendre la Citroën…

Problème Cardan mais pas que...

En ce dimanche 23 octobre 2016, quel plaisir de reprendre Titine pour ma petite balade dominicale. Je la prends juste pour aller chercher le pain, plus quelques courses, mais ça me fait du bien. Pour moi, c’est un bon remède contre le stress. Il est vrai que cette fois, je trahis un peu mon serment en laissant la capote relevée mais avec l’humidité relative et une température qui frôle les 6 degrés, les belles promesses ont tendance à hiverner. Après avoir retiré la bâche de protection, je prends place à bord, tire le starter, pompe deux ou trois fois sur l’accélérateur pour amener un peu de carburant dans les cylindres et met un petit coup de démarreur. Premier constat, ce dernier n’est pas très virulent. Conséquence de cette légère somnolence : aucune pétarade ne se fait entendre. Deuxième coup de démarreur… Toujours rien. Etant du genre têtu, je relance une troisième fois ce foutu démarreur mais cette fois, je ne relâche pas la clef. Je sens que la batterie faiblit mais je tiens bon. Ce sera elle ou… vrooooom. Le petit 1300 se décide enfin à émettre un autre bruit que celui caractéristique du démarreur à bout de souffle. Ouf ! J’ai bien cru que ma petite balade allait s’arrêter là. Puisque c’est ça, je vais en faire une plus grande, histoire de recharger la batterie. En même temps, il n’y a pas de mal à se faire du bien.

Après avoir rejoint la route, j’accélère un peu et repousse le starter, le petit moteur tourne comme une horloge. Soixante dix, quatre vingt, quatre vingt dix, cent. Les bruits de vieilles tôles, de capote fuitarde et de suspensions un peu raides se combinent étrangement avec des vibrations parasites dignes d’une table vibrante testant un matériel devant embarquer dans une fusée Ariane. Les rétroviseurs se mettent à l’unisson de cette bloblotte ainsi que le volant. Pas très agréable tout ça. De plus, vu l’âge canonique de Titine, j’ai peur que ces vibrations ne la disloquent comme la 2CV de Bourvil dans le corniaud. Et si je poussais à cent dix pour voir ? Tiens ! Plus de vibration ! Ne pouvant rouler en permanence à ce train d’enfer (pour Titine évidemment), je redescends à quatre-vingt dix kilomètres heure. Le passage de la barre des cents s’accompagne de tremblement puis plus rien en dessous. Petite précision ! Un cent compteur correspond en réalité à un petit quatre-vingt dix chrono, vu que le compteur de Titine est aussi précis que les horaires des TER de la région lyonnaise. Mon expérience de vieil automobiliste tire la sonnette d’alarme. Problème d’équilibrage ou de cardan ? Il va falloir regarder ça vite fait car cela se produit juste à ma vitesse de croisière habituelle. De plus, ces vibrations, en dehors du fait qu'elles sont désagréables, ne présagent rien de bon.

Après avoir soldé la liste des courses de ma chère et tendre épouse, je prolonge ma balade en passant par Varambon, Pont d’Ain puis décide de faire une boucle par Ambérieu en Bugey pour revenir à la maison. Un petit crachin breton m’accompagne et m’oblige à mettre les essuie-glaces. Ces derniers sont plus virulents que les fois précédentes vu que j’ai copieusement aspergé de silicone en bombe et de graisse, leur mécanisme. Ils n’ont pas encore la fougue d’ados shootés au Red bull un soir de techno parade mais ils ont quitté la nonchalance des autochtones des îles du pacifique. Le peu d’eau qui humidifie le pare brise ne suffit pas à booster leur ardeur. Un petit coup de lave glace et… Tiens, le lave glace ne fonctionne plus ? Que suis-je bête, à force de changer de voiture, je me suis trompé de commande et je viens d’actionner le klaxon. Oui ! Mais dans ce cas, comme je n’ai rien entendu, c’est le klaxon qui ne fonctionne plus !

Bon, c’est pas grave ! Je verrai ça en rentrant. Un petit coup d’œil à la montre de Titine pour voir si je dois me dépêcher de rentrer et… Tiens ! Elle non plus ne fonctionne pas !

Décidément, c’est la poisse. Si ça se trouve, il y a un lien entre ces deux pannes. A voir !

De retour à la maison, je remets à plus tard mes investigations électriques et replace la bâche sur Titine car c’est presque l’heure du repas. Mon cerveau ayant toujours en tâche de fond le problème de vibrations, je fonce sur Internet pour voir combien coûte un cardan. Cela fait longtemps que je n’ai plus cherché de pièces pour mon cher cabriolet et j’ai complètement zappé un élément important : la loi de Murphy, dit aussi loi de l’emmerdement maximum. Comme vous vous en doutez, pas de cardan pour une 304S sur toute la toile ! Seuls les soufflets sont en vente. Grrrrr ! Décidément ! Bon, il n’y a pas péril en la demeure vu que la saison Titinesque est pratiquement terminée et que ma brave petite voiture va dormir tranquillement sous sa bâche pour tout l’hiver. J’ai donc le temps de voir.

Mardi 25 octobre : Il est presque 17h00 et la nuit va bientôt tomber. Je ne peux m’empêcher de jeter un œil sous le capot de Titine pour mon problème électrique. Première chose à faire, vérifier les fusibles car s’il y a un mode commun, c’est par là qu’il faut commencer. Mes yeux experts voient immédiatement l’objet du délit : L’un d’entre eux présente la rupture caractéristique du fusible qui a rempli son rôle de protection au péril de sa vie.

 

Bon ! Il n’y a plus qu’à le remplacer. Cependant, en temps que professionnel de l’électronique et de l’électricité, je me dois de vérifier s’il n’y a pas de court-circuit après le fusible. Chose que je ne fais pas, évidemment. Plaçant un nouveau fusible, celui-ci me claque dans les doigts immédiatement. M’en fous ! Même pas mal ! Maintenant j’en suis sûr ! Il y a bien un court-jus. Un petit coup d’ohmmètre confirme mes craintes. Reste à jeter un œil averti sur le schéma de la RTA.

 

Je m’aperçois que ce fusible protège plusieurs choses non coupées par le contact à savoir : la montre, le klaxon, l’allume cigare, la lunette arrière chauffante (sur un cabriolet ! je pouffe…) et le plafonnier. Ca me fait toujours sourire cette histoire de plafonnier sur ce cabriolet sachant que ce dernier est placé sous la planche de bord côté passager (un peu bas de plafond quand-même), très pratique pour se maquiller le soir ou pour lire une carte de nuit comme chacun sait.

Personnellement, je m’en moque puisque je me maquille rarement mais il ne faut pas oublier que ce type de petit cabriolet avait une clientèle cible féminine à l’époque. Bon ! Pour revenir à mon analyse, le fait que le klaxon ne fonctionne plus correspond bien au fusible claqué. Cependant, j’élimine le problème de ce côté-là puisque le fusible se trucide, même quand je n’appuie pas sur la commande du dit klaxon. Idem pour l’allume cigare ! Côté montre… c’est possible, mais peu probable. Reste ce foutu plafonnier ! Je me glisse à l’intérieur de Titine, toujours dans la position du cafard flytoxé et vois immédiatement le problème. L’arrivée du courant sur le plafonnier se fait par un petit fil gris qui présente une absence flagrante d’isolant sur un bon centimètre, juste à l’endroit où ce petit fil traverse la tôle maintenant la planche de bord.

Euréka ! Il ne me reste plus qu’à isoler cette partie avec du scotch d’électricien et le tour est joué. En effet, tout rentre dans l’ordre après cette petite intervention.

Tout heureux d’avoir pu solder ce petit problème, je tente un démarrage de Titine. Premier coup de démarreur, le moteur ne tousse même pas. J’insiste. Toujours rien. Comme pour la fois précédente, je maintiens la clef. Le démarreur commence à rechigner mais rien ne se passe. Même pas un petit pet dans l’échappement. L’air est très humide. Aussi, je jette un œil dans la tête d’allumeur. Il y a quelques traces d’humidité que j’essuie rapidement puis je retente un nouveau démarrage. Toujours rien. Foutu pour foutu, j’insiste jusqu’à ce que la batterie soit à plat. Nada ! Bon ! Ne pouvant plus rien faire, il ne me reste plus qu’à démonter la batterie pour la charger au chaud tout en me promettant de reprendre une révision complète de l’allumage prochainement. Avant de remettre la bâche de protection, je place une couverture sur le moteur, histoire d’éviter que l’humidité ne continue à s’insinuer dans tous les circuits.

Je retenterai un démarrage dans un ou deux jours.

Vendredi 28 octobre : Il est temps de remettre en place la batterie, celle-ci étant restée en charge plus de 3 jours. Après avoir retiré la couverture du capot et fixer la fameuse batterie, je me retente un démarrage. Le petit 1300 démarre au quart de tour. Impressionnant ! Est-ce grâce à la couverture ou tout simplement à un temps plus sec ? Toujours est-il que le moteur tourne rond, ce qui me met du baume au cœur. Cependant, le voyant de charge reste allumé plein feu ! Un petit coup de voltmètre m’indique une tension de 15,2 volts sur la batterie. C’est un peu trop. En accélérant, la tension monte à 15,7 volts mais pas au-delà. Bon ! Il va encore falloir régler le régulateur de tension de l’alternateur.

Tout en réfléchissant à ce problème, je vois une légère fumée se dégager d’entre le radiateur et le bloc moteur. Je perçois aussi quelques gouttes de liquide de refroidissement se pavanant sur le berceau avant.

 

Encore une petite fuite de durite sans doute ! Tout en inspectant les alentours du radiateur, une odeur pas très catholique vient me chatouiller les narines, agrémentée d’une fumée blanchâtre inquiétante. Oupsss ! Mes quelques neurones de mécanique entre immédiatement en alerte et mes yeux presque bioniques situent immédiatement la source de ces fumerolles. De la graisse tombe sur l’échappement.

Pas besoin d’être le devin plombier des Shadocks pour comprendre que si je laisse tourner le moteur, je risque de voir Titine se transformer en bonze. Je coupe, donc immédiatement le contact. La fumée se calme puis disparait. Ouf ! J’ai eu chaud, c’est le cas de le dire. Inutile de chercher bien loin l’origine de cette graisse. Elle émane du soufflet de la transmission droite. Immédiatement, je fais le rapprochement entre les vibrations décrites plus haut et la présence de cette graisse. Il doit y avoir un trou dans le soufflet qui a permis à la graisse du cardan de s’échapper, entraînant sans doute un fonctionnement à sec de celui-ci et une usure anormale des croisillons. Que faire ? Changer la transmission ? Je n’en ai pas trouvée sur le web ! Remettre de la graisse et tenter de reboucher le trou avec un mastic souple ? Pas sur que ça fonctionne ! De toute façon, je ne peux plus rouler comme ça, car voir Titine se transformer en torche est tout simplement inconcevable. Il me reste encore la possibilité de placer, provisoirement, une tôle de protection sous la transmission pour éviter que la graisse ne tombe sur l’échappement en attendant de trouver une autre solution. Cela ne me parait pas trop compliqué. A voir dès que j’aurai le temps.

Une sortie hivernale

Il sera dit que rien n’arrêtera mon envie de sortir Titine. Je vous avais laissé sur le problème cardan avec le cruel dilemme qui consistait à choisir entre la solution « rafistolage provisoire » ou la réparation digne d’un bon mécano c’est à dire, remplacer le soufflet ou au pire, le cardan. Ayant été absent quelques temps et n’ayant toujours pas reçu les rondelles spéciales qui me permettraient de sortir ce foutu cardan, impossible d’envisager la deuxième solution pour l’instant. L’hiver étant là, « il n’y a pas le feu au lac » comme disent nos amis genevois. C’était sans compter sur une fin d’année riche en sorties de toutes sortes.

Pour ce week-end de début décembre, je ne dénombre pas moins de cinq sorties potentielles. Je résiste mais je me retrouve dans l’attitude du cannibale affamé devant un buffet d’homme grenouille. L’envie de reprendre le volant me déclenche des fourmillements dans le cortex rachidien et le démon « titinesque » me pousse à enfreindre toutes les règles du bon sens et du raisonnable. Que faire ? Utiliser Titine sans rien faire dessus reviendrait à lui faire suivre le sort de Jeanne d’Arc au moment le plus chaud de son existence. Suivant une idée développée par mes quelques neurones ayant suivi les cours du soir du grand maître Mc GIVER, je décide, en ce vendredi 2 décembre 2016, d’opter pour la solution 1 évoquée plus haut, à savoir : « rafistolage provisoire », tout en me promettant de ne pas le faire durer (les promesses n’engagent que ceux qui y croient). Cette solution consiste à placer une tôle entre le soufflet du cardan qui fuit, et la ligne d’échappement qui passe juste en dessous. Cette tôle devrait, d’après mes calculs balistiques, canaliser la graisse qui s’échappe du soufflet et la diriger vers le sol plutôt que sur l’échappement. Ne connaissant pas le point éclair de cette graisse, inutile de réitérer l’expérience des merguez sur le barbecue (mais si !, vous savez ! cette graisse qui transforme de gentilles braises inoffensives en volcan de la Soufrière en pleine éruption, et vos merguez en vulgaires charbons de bois immangeables). J’ai repéré deux vis sur le berceau avant, celui qui supporte entre autre le moteur. Elles devraient me permettre de fixer cette tôle. Ne pouvant réaliser cette bricole ce vendredi, je décide de reporter ça au samedi soir, juste après être rentré de Lyon (j’ai un planning digne de celui du premier ministre quand celui-ci travaille).

Samedi 3 décembre : Il est 17h00 et la nuit est presque là. Le démon de la procrastination me tente mais celui de l’envie de sortir demain est plus fort. Sans réfléchir, je fonce me mettre en bleu, prends un projecteur avec une rallonge électrique pour éclairer le chantier, un mètre à ruban et un pied à coulisse. Il fait presque zéro dehors mais je n’ai pas envie de faire marche arrière. Arrivé devant Titine, je lui retire sa bâche de protection, allume le projecteur pour éclairer ses dessous (rien d’érotique dans mes propos) et me place dans la position du cafard flytoxé, seule position qui me permet de glisser ma tête sous la caisse. Je vois les deux boulons qui vont me servir à fixer la plaque. Je prends l’écartement de ces derniers pour faire les trous de fixation dans cette même plaque, la cote que devra faire celle-ci puis, puis quitte ma position inconfortable pour reprendre la position qui a valu son nom à l’homo erectus.

Ayant coupé et percé la plaque à l’atelier, me voilà de nouveau couché sous Titine pour l’installer. J’avais envisagé, dans un premier temps, de retirer la première vis, de placer la tôle, de resserrer légèrement celle-ci en tournant la tôle pour dégager la deuxième vis, de défaire cette dernière, de replacer la tôle pour que le deuxième trou corresponde, et de replacer, puis resserrer le tout. La théorie est une chose, la pratique en est une autre. Une fois la première vis placée, impossible de tourner suffisamment la tôle pour dégager la deuxième (pas suffisamment de dégagement). Vous allez me dire « mais pourquoi cet olibrius ne défait-il pas les deux vis en même temps pour placer sa foutue tôle » ? Et moi de vous répondre : « ben par ce que je ne sais pas ce que tiennent les deux vis en question et qu’enlever les deux en même temps ne garantit pas que quelque chose ne va pas se casser la figure ». J’ai beau éclairer le chantier et me contorsionner dans tous les sens, impossible de voir ce que fixe ces foutues vis. Bon ! Soit joueur Nanar et tente le tout pour le tout ! Défait les deux vis doucement et regarde ce qui va bouger ! C’est ce que je fais délicatement. Apparemment, rien ne tombe et aucune contrainte ne vient perturber le desserrage. Ouf ! Seule une contre plaque sur le dessus du longeron a bougé mais son repositionnement ne présente aucune difficulté. Je peux donc mettre ma plaque et resserrer les deux vis sans soucis. A l’heure où j’écris ces quelques lignes, j’ignore encore à quoi servent ces deux vis. Une fois en place, je cintre un peu la tôle pour éviter que celle-ci ne cogne contre le tuyau d’échappement en provoquant un bruit supplémentaire, le reste de Titine émettant déjà un niveau sonore suffisant. Bilan : je suis assez satisfait de ma solution « provisoire » et je peux envisager plus sereinement une sortie.

Vis

 

                                        

D’ailleurs, c’est précisément ce que des picotements dans mon bulbe rachidien m’incitent à faire de suite. Inutile d’aller se coucher avec une grosse frustration. Il fait nuit et il fait froid mais qu’importe, la tentation de prendre le volant est trop forte. Après avoir retiré la couverture qui protège le moteur de l’humidité, je tire le starter et tourne la clef de contact.

Tous les voyants s’allument normalement ce qui est déjà un bon signe. Un cran supplémentaire sur la clef et le démarreur se met en rotation en entraînant le petit 1300. Premier essais de démarrage raté ! Aucun pet dans l’échappement. Je relance… Toujours rien ! La batterie ne semble pas faiblir malgré le froid. Troisième tentative. Cette fois, je ne relâche pas la clef et laisse le démarreur enclenché pendant une quinzaine de secondes. Toujours aucun signe que le moteur veuille bien démarrer. Quatrième tentative… je maintien toujours la clef tout en pompant avec l’accélérateur et en jouant du trombone à coulisse avec la commande du starter. Un premier pet se fait entendre. Je maintien toujours la clef et au bout de quelques secondes, le petit 1300 se met enfin en route. Ouf ! Il va falloir quand même réviser l’allumage ou vérifier s’il n’y a pas de désamorçage de la pompe à essence. Le temps d’ouvrir le portail et je vois, dans la lumière des phares, une légère fumée sortir par la calandre. Un coup d’œil sous le capot me rassure. Ce n’est que le liquide de refroidissement qui goutte par le tuyau de trop plein du radiateur (enfin j’espère). Après une petite virée justifiée par la nécessité de recharger la batterie, rien à signaler sauf un voyant de charge trop éclairé. D’habitude, ce dernier fonctionne à demi-feu suite à quelques résistances de contact générées par de la connectique légèrement obsolète. Quand j’aurai le temps (sans doute vers 2050 ou 2060), Je remettrai en état tous les connecteurs de Titine. De retour à la maison, après avoir replacé la couverture sur le moteur et remis Titine sous sa bâche, je regarde un peu quelle sortie faire ce dimanche. Mon choix se porte sur une expo d’anciennes à Villereversure car elle ne dure que la matinée et que le village n’est qu’à une trentaine de kilomètres de la maison. De plus, cela me permettra de revoir des collègues que je n’ai pas vus depuis plus d’un an.

Dimanche 4 décembre 2016 : Il est 7h00 et il fait - 4 degrés. Brrrrrrrrrrrr… ! De plus, il y a une légère brume matinale qui limite la visibilité à … 20 mètres. Le rendez-vous avec les collègues est prévu à 9h30, ce qui permettra peut-être à la brume de se lever (ce n’est pas parce que c’est dimanche qu’elle doit rester couchée). 9h20 : J’ai eu beau me lever 2h30 avant le rendez-vous, je suis à la bourre. Ma chère et tendre épouse qui vient de se lever me fait une remarque tout à fait justifiée : « tu ne vas pas rouler décapoté ? ». Elle me connait bien et si je lui disais « bien sûr que si ! », elle pourrait me croire, tout en me traitant de fêlé. N’étant pas adepte de la critique inutile, je la rassure de suite : « évidemment que non, il fait - 4 °»… ! Là-dessus, je me précipite dehors, débâche vite Titine et retire la couverture du moteur. Je prie St Christophe pour que le moteur démarre rapidement. Ouf ! Ce brave Saint m’a entendu ! La brume est toujours là et le froid aussi. N’ayant jamais roulé avec mon petit cabriolet sous une température presque polaire, j’ai enfilé des grosses chaussettes, un Damar, un pull à col roulé, un polaire et une grosse veste chaude, sans oublier la casquette pour maintenir au chaud mes quelques neurones, surtout ceux formés par le grand Mc GIVER. Une fois sur la route, pendant quelques centaines de mètres, Titine tousse et manque caler à plusieurs reprises. J’ai quelques scrupules à la sortir par un temps pareil mais c’est une bonne occasion pour voir son comportement. Au bout d’un kilomètre, je repousse le starter. Le petit moteur tourne rond et mon plaisir grimpe petit à petit. A présent, à la brume extérieure vient se rajouter la buée intérieure. Elle tombe mal puisque je suis dans une zone de virages. Il manquerait plus que je croise d’autres voitures. Je prie de nouveau St Christophe pour qu’il m’évite de croiser quelqu’un. Hélas, ce dernier a dû retourner se coucher car je n’arrête pas de croiser d’autres utilisateurs de la route. Comme dirait notre regretter Coluche : « on s’demande où ils vont ces c.. là le dimanche ? On s’demande où ils vont… ! ». En attendant, à chaque rencontre, je suis obligé de ralentir et de regarder côté barrière, car c’est la seule chose que je vois bien. Ce n’est qu’après deux ou trois kilomètres que je m’aperçois que le ventilateur de chauffage/désembuage n’est pas en service. Il faut dire que ce dernier, même s’il est très bruyant, passe inaperçu dans le tintamarre ambiant généré par le moteur, les bruits de tôles qui craquent, et le hurlement provoqué par l’air qui s’engouffre au niveau de l’ajustement, très approximatif, des vitres de portières avec le joint de capote. Une fois la tirette du ventilateur en bonne position (eh oui ! à cette époque, les ventilateurs de climatisation étaient commandés par des tirettes placées sur le tableau de bord), la visibilité s’améliore et je commence à deviner où se situe la route et surtout, les autres usagés.

Parallèlement, la brume extérieure diminue et le soleil pointe son nez. En arrivant sur le parking du rendez-vous, le ciel est devenu bleu et un franc soleil nous éclaire (j’ai pas dit nous réchauffe car je me gèle toujours). Sur place, il n’y a que la corvette blanche du collègue organisateur. Je me gare à côté. Gros contraste entre le petit cabriolet et la grosse corvette. Quelques curieux jettent un œil amusé à ce curieux mélange. Une dizaine de minutes plus tard, une deuxième corvette nous rejoint. Celle-ci est rouge et magnifique. Même si Titine semble toute timide à côté de ces deux grosses cylindrées, je reste fier d’elle, surtout quand j’entends leur propriétaire faire le bilan des problèmes rencontrés sur ces bolides. Beaucoup d’électronique donc… beaucoup de problèmes, pas toujours simples à résoudre. Puis arrive notre ami Lulu avec sa Simca 1000. Enfin une voiture à la bonne taille. L’équilibre est rétabli. Après un petit quart d’heure, aucune autre voiture n’étant venue nous rejoindre, décision est prise de prendre la route en direction de Villereversure.

Notre ami Lulu connaissant bien la route qui nous permettra de rejoindre notre destination, c’est donc lui qui passe en tête, et quelque part, ça m’arrange. Les corvettes en tête de convoi ne m’inspiraient pas trop. Dans un premier temps, nous nous traînons à un petit 80km/h mais ça me va bien. Nous sommes en dessous de la vitesse où Titine se transforme en table vibrante pour rester soft (en gadget érotique pour les adeptes). Mais voilà que notre ami Lulu pousse un peu la Simca. Hélas, il plafonne juste à la vitesse critique. Je commence à sentir des vibrations importantes dans le volant, les pieds, les mains, les oreilles… Si ça continue, je vais avoir les os qui vont tomber au fond. Heureusement, la route présente quelques sinuosités bienfaitrices qui, même si l’ami Lulu ne lève pas le pied, me permettent de ralentir avant et accélérer pendant les courbes, me faisant passer alternativement en dessous puis au-dessus de la zone désagréable. Je commence aussi à avoir les mains gelées et je ne comprends pas de suite pourquoi ! Le chauffage est à fond et je sens l’air chaud sur mes pieds. C’est en plaçant une main vers le pare-brise que je m’aperçois qu’à ce niveau, l’air qui sort vient directement de Sybérie. Quel couillon je fais ! J’ai oublié que sur Titine, le levier situé au-dessus du tableau de bord sert à récupérer, soit l’air extérieur, ce qui est le cas, soit l’air du chauffage, ce que je préférerai nettement.

Cela s’avère exact après avoir manipulé délicatement ce petit levier. Je dis délicatement car il ne faut pas oublier qu’après quarante ans de cyclage thermique, le plastique a perdu de sa solidité. Ne critiquons pas trop ! Celui de Titine reste encore en très bon état. Me voilà donc mains et pieds au chaud. Hélas, c’est précisément le moment où nous arrivons à destination.

Sur place, il y a de vulgaires Porsche 911 et 944 et quelques voitures anciennes dont une très jolie Renault Caravelle.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’à cela ne tienne, j’aime ces petites réunions de passionnés. Le brave homme qui nous accueille nous offre un ticket pour un café gratuit. Très sympa. Une fois garé entre les deux Corvettes et la Simca 1000, un curieux m’aborde et me voilà parti dans une narration portant sur ma brave Titine et les quelques déboires rencontrés.

Lui-même ayant une R16, nous échangeons sur nos connaissances et astuces de mécanos amateurs. Que du plaisir…

Puis arrive une autre 304 cabriolet … Celle-ci est bleue avec l’intérieur marron. La capote est en mauvais état mais le reste semble correct. J’engage la conversation avec les propriétaires. C’est un jeune couple qui vient juste de l’acquérir.

Après un petit verre de vin chaud pris à la buvette des organisateurs, je décide de rentrer seul (le verre était trop petit et ne suffit pas pour m’accompagner) car j’ai promis à ma chère et tendre épouse de revenir pour midi. De toute façon, je commence à me les geler et malgré le soleil bien présent, j’ai les arpions comme des glaçons. Une fois à bord de Titine, j’essaie de fixer le GPS sur le pare-brise via sa ventouse mais celle-ci refuse de rester coller. Je n’ai pas mémorisé par où nous sommes passés en venant et, compte-tenu de l’heure, je ne tiens pas trop à prendre le chemin des écoliers. Le GPS reste donc utile, voire indispensable. Ayant tout essayé pour faire tenir cette foutue ventouse, depuis le léchage de celle-ci pour augmenter son pouvoir d’adhésion (il faut souvent lécher avant d’adhérer…) en passant par une étude approfondie du système pour comprendre comment ça fonctionne (et surtout, pourquoi ça fonctionne plus), je décide de coincer le support dans le cendrier. Et ça marche !

Mes quelques neurones initiés par le prince de la bricole, notre grand maître à tous, j’ai nommé Mc GIVER, ne sont donc pas complètement frigorifiés. Tout n’est pas parfait car dans cette position, l’écran du GPS se retrouve un peu bas et légèrement opacifié par le reflet sournois du siège passager. Mais qu’à cela ne tienne ! GPS voulant dire « la Gourde qui Parle toute Seule », c’est à la voix de la gourdasse que je vais me guider. Le volume poussé à fond pour couvrir les quelques bruits émanant de toutes les structures de Titine (et de ce qui y pénètre), je parcours les premiers kilomètres, jusqu’à ce que je retrouve une route connue. Une fois sur celle-ci, je fais taire la gourdasse car elle commence à me taper sur le système. Ce GPS étant assez vieux, je n’ai que deux possibilités : me taper la voix de la gourde en question ou celle d’un mâle virile. Mon orientation philosophique… me pousse à écouter la première, mais je pense que le constructeur aurait pu trouver mieux, comme plus suave ou plus tendre. Bon ! Je ne lui en veux pas trop car cette petite bête m’a très souvent éviter des kilomètres en trop.

Après m’être arrêté pour acheter du pain, je rentre au bercail, bien content de ma mâtinée. Un petit coup d’œil sous le capot pour vérifier que tout va bien ! Rien à signaler. Que du bonheur…

 

Un démarrage difficile

Nous sommes le 21 décembre 2016, premier jour de l’hiver, et l’envie de rouler avec Titine me vient « comme une envie de vidanger ma réserve de déchets liquides biologiques », traduisez « comme une envie de pisser ». J’ai des courses à faire ce qui tombe à pic. Débâchage rapide de la petite auto, bâche qu’il va falloir remplacer rapidement car elle commence à partir en sucette, puis retrait de la couverture sensée protéger le moteur de l’humidité. Là, j’avoue ne pas avoir eu le trait de génie qui me caractérise habituellement car je constate une certaine brillance sur les fils de bougie et le cache culbuteur, signe que l’élément H2O s’est sournoisement infiltré sous la couverture et y a élu domicile. Je présage d’avance que le démarrage ne va pas être facilité. Une fois installé au volant, je tourne la clef de contact. Tous les voyants s’allument, ça, c’est top. Un cran supplémentaire et le démarreur émet son ronronnement presque normal. Le régime n’est pas au max mais suffisant. Aucune pétarade dans l’échappement ne se fait entendre, signe que le carburant refuse de s’enflammer dans les cylindres. Deux causes possibles : pas d’essence ou pas d’allumage. Deuxième tentative… Toujours rien. Cette fois, je maintiens la clef en espérant entendre un prout d’échappement. Hélas, rien ! La batterie commence à présenter une certaine fatigue. Inutile d’insister ! Je vais donc devoir prendre la C5 pour les courses. En allant vers la Citroën, une grosse frustration m’envahit. Je fais demi-tour et remonte dans Titine. Troisième tentative… Rien à faire… Le petit 1300 ne veut rien savoir. J’essaie quand même jusqu’à ce que la batterie rende l’âme.

Bon ! Je n’ai plus qu’à recharger cette dernière. Pas de problème pour la retirer. Je la mets au chaud et branche le chargeur. On verra demain… !

Jeudi 22 décembre : J’ai encore des courses à faire et l’envie de reprendre Titine frôle l’état de manque. Je récupère la batterie et la replace dans le capot. Après avoir remis les câbles, je passe au volant et tourne la clef. Premier cran… Tout est Ok. Deuxième cran : le démarreur émet un joli bruit et tourne à plein régime. Y a pas à chier, ça devrait démarrer ! Hélas, j’ai beau jouer du trombone à coulisse avec la tirette du starter, de la pédale Oua oua avec l’accélérateur, rien n’y fait. Cette fois, je tire le starter à fond et enfonce la pédale d’accélérateur à lui faire traverser le plancher. Je lance le démarreur et ne relâche pas la clef. Quelques pétarades se font entendre. A un moment, le petit 1300 semble vouloir tourner de façon autonome mais sur deux ou trois pattes. Je ne relâche toujours pas la clef ! La batterie commence à faiblir. Le démarreur ralentit mais le moteur ne tourne toujours pas. Grrrrrrrrrrr. Quelle poisse… ! Avant de me résigner à reprendre la Citroën, je jette un coup d’œil dans le capot. Les fils de bougie me paraissent très humides (comme le temps d’ailleurs et tout le reste de Titine). Et si j’essayais le Start Pilote… ? Après avoir cherché la petite bombe pendant plusieurs dizaines de minute sans la trouver, je me rends à l’évidence… St Christophe ne veut pas que je prenne Titine. Me voilà de nouveau parti en course avec la C5.

Vendredi 23 décembre : Je retourne toute la maison pour trouver cette foutue bombe, persuadé que je suis que c’est ce qui va m’aider à faire démarrer Titine. Toutes mes affaires étant rangées avec gout et logique, je devrais la retrouver facilement. C’est dans un de mes nombreux sacs de produits voiture en tout genre que je retrouve cette petite bombinette. Me voila donc dans le capot de Titine à essayer de trouver un moyen d’injecter le produit miracle. Je trouve deux petits trous au dessus du filtre à air et je pulvérise le liquide miracle. Il reste encore un peu de batterie, sans doute suffisant pour relancer le moteur. Je tire le starter à fond et tourne la clef. Le démarreur émet un son rauque, signe que je ne vais pas pouvoir tenter plusieurs essais. Cependant, aucune pétarade ne se fait entendre. J’insiste et insiste encore… Rien de rien ! Un petit tour dans le capot et une odeur d’essence me chatouille les narines. Plus de doute, c’est un problème d’allumage. Je décide donc de jeter un œil sur la tête de l’allumeur. J’essaie de faire sauter les deux clips de retenue mais ces cochonneries résistent. Enfin ils cèdent… En retournant la tête, je m’aperçois que le charbon central a disparu, cassé net à raz l’isolant.

Pas étonnant que j’ai du mal à démarrer. Je ne retrouve pas de trace de ce morceau de carbone dans le reste de l’allumeur. Il a dû être réduit en miette.

Ayant gardé l’ancienne tête dans le coffre de Titine, au milieu d’un bric à brac digne du marché au puce de St Ouen, je décide de remonter celle-ci et de tenter un nouvel essai. Hélas, la batterie est trop faible et l’odeur d’essence me pousse à croire que les bougies sont noyées. Une fois de plus, je décide de recharger la batterie au chaud. Je referai un essai en tentant un démontage des bougies, juste pour vérifier si celles-ci sont encore en bon état.

Dimanche 25 décembre : Pour Noël, j’ai eu… une pharyngite ! Cependant, je veux bien croire au Père Noël et suis certain que Titine va me faire entendre le doux son rauque de son petit moteur. Je m’installe au volant, tourne pour la moultième fois la clef de contact, et attends désespérément un petit toussotement du 4 cylindres… Rien à faire ! Cette fois, je ne souhaite pas insister jusqu’à épuisement de la batterie. Je jette un œil dans le capot ! Il y a toujours cette humidité qui, à part faire briller le moteur, ne sert qu’à me faire ch…. Je démonte la tête de l’allumeur et constate que même là, le foutu liquide qui trouble le pastis est présent sous forme de gouttelettes. Qu’à cela ne tienne ! Je récupère la tête que j’ai enlevée la veille, celle au charbon cassé mais qui est plus récente, et décide d’intervertir ce petit contact. Il suffit de tirer dessus pour l’enlever. Cela marche bien pour celle que je viens d’enlever mais pour l’autre, je suis obligé de sortir le petit ressort de dessous avec une pince à épiler (je n’ai plus de prise à cause du charbon cassé). Après avoir galéré un bon quart d’heure, je réussis enfin à remettre le charbon en bon état dans la tête d’allumeur la plus récente. Reste plus qu’à rebrancher les 5 fils en faisant attention à l’ordre d’allumage (1-3-4-2). Nouvelle tentative de démarrage… Nib ! Toujours rien ! Grrrrrrrrrrrrrr… Je ressens comme une certaine lassitude ! Je n’ai plus beaucoup de temps en ce matin de noël mais je décide quand-même de démonter la bougie du cylindre numéro 4, juste pour voir. Sans surprise, je constate que cette dernière a bu la tasse et s’est noyée. Je l’essuie en vitesse avec un chiffon et la remonte rapidement. Il va falloir faire la même chose sur les trois autres. On verra ça demain car ces dernières sont beaucoup moins accessibles.

Lundi 26 décembre : Le cinquième jour, Dieu créa sans doute les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, mais de mon côté, les bougies sont toujours noyées et Titine ne peut toujours pas prendre son envole. Il faut avouer que je ne suis peut-être pas le Dieu de la mécanique non plus. Ce sera donc une journée démontage, nettoyage et si on me laisse le temps, réglage de l’allumage. Je prends donc la panoplie du parfait garagiste de campagne à savoir, ma caisse à outils, puis je commence à démonter le filtre à air afin d’atteindre les bougies des cylindres 1, 2 et 3. Sans enlever ce filtre, atteindre les bougies reviendrait à essayer de passer la douille de la clef, la rallonge et mes petites menottes à travers un espace où, ni la lumière, ni mon regard n’arrive à pénétrer. Une fois l’espace dégagé, je démonte la première bougie : A part les traces d’humidité sur les électrodes, cette dernière ne me parait pas mal en point. Idem pour la deuxième. Pour la troisième, le desserrage est un peu plus délicat et mon regard perçant transmet à mes neurones spéciaux mécaniques, une anomalie au niveau de l’aspect du joint. Ce dernier semble recouvert d’une pellicule de terre ou d’oxyde de je ne sais trop quoi. Oups ! Il va falloir investiguer dans le coin avec des moyens adaptés.

Je sens que je vais de nouveau avoir recours à l’outil du proctologue pour, d’une part éclairer et voir le puit de la bougie numéro trois, et d’autre part, pénétrer à l’intérieur des trous…. de bougie (coquins va !), pour visualiser la tête des pistons. Dans un premier temps, je descends au sous sol et au chaud pour nettoyer les 4 éléments d’allumage. Un petit coup de brosse métallique pour enlever la crasse accumulée depuis mon dernier démontage.

... et un petit réglage de l’écartement des électrodes pour les remettre conformes aux données constructeur.

L'écartement tourne autour de 7 à 8 dixièmes de millimètres pour 6 dixièmes préconisés par l’insigne du lion. Cet écart pourrait, à lui seul, justifier les difficultés de démarrage par temps froid. Un petit coup de marteau sur la tête (de l’électrode, par sur la mienne) suivi d’un petit contrôle à la cale d’épaisseur et voilà mes 4 bougies prêtes à reprendre du service pour les 10 000 prochains kilomètres. Je n’irai pas plus loin aujourd’hui car des amis viennent de débarquer à l’improviste et je me dois de laisser tomber la mécanique pour passer un moment avec eux. On verra la partie endoscope et réglage de l’allumeur demain… sans doute !

Mardi 27 décembre : Comme dans le film « le sixième jour » avec Dalida, « le sixième jour, ou bien on meurt, ou bien on ressuscite… ». C’est bien vers cette deuxième solution que je compte ramener Titine en me dirigeant vers elle, armé de ma caisse à clous, les bougies nettoyées au fond de la poche. Le soleil est bien là mais comme la température a encore fraichi (il fait presque zéro degré) et que j’ai toujours ma pharyngite, je suis sapé comme si je voulais traverser le cercle polaire. C’est aussi pour rassurer ma chère et tendre qui ne comprend pas pourquoi je veux faire de la mécanique en étant malade et par un froid pareil. Ah passion, quand tu nous tiens !

Je commence par récupérer le cric de la C5 pour lever la roue avant gauche de Titine.

Pourquoi, me direz-vous, lever cette roue pour régler un problème d’allumage ? Et moi de vous répondre : « ben parce que le repère de réglage de l’avance est visible à travers un trou de l’aile intérieure, derrière la roue gauche et que, pour faire tourner le moteur lentement à la main, il suffit de faire tourner la roue en ayant pris soin de passer la 4ème »

Je retire ensuite la tête d’allumeur et, que vois-je… ? Le petit morceau du charbon qui manquait sur l’ancienne tête, coincé vers les vis platinées !

Une raison de plus pour que Titine refuse de démarrer ! Reste à retirer cet élément incongru ! C’est ce que je fais à l’aide d’une pince à épiler subtilisée dans les affaires de toilette de Madame.

Me voilà donc prêt à passer à la phase contrôle des réglages. Première chose, amener le frotteur des vis sur le sommet d’une came de l’arbre d’allumeur pour obtenir l’écartement max des vis.

Pour cela, il suffit de tourner légèrement la roue levée dans le sens de la marche. Bon ! C’est un peu au pifomètre car étant de constitution normale, j’ai du mal à être à 4 pattes vers la roue gauche et à voir, en même temps, le dessus de l’allumeur situé à droite. Dommage que je ne suis pas l’inspecteur Gadget, j’aurai utilisé le « Go-Go ! Gadget-au-cou ». Je dois avoir le coup de main car mon tour de roue place juste le frotteur sur le sommet d’une came. Je glisse la cale d’épaisseur de 0.4 mm entre les deux contacts. Celle-ci glisse comme papa dans maman. J’essaie avec celle de 0.5 mm. Le passage est plus difficile, comme… ! Non, je vais rester soft ! Le test de l’écartement des vis est concluant.

Passons maintenant à celui du calage statique de l’avance à l’allumage ! La manip est un peu plus compliquée car il faut tourner la roue jusqu’à détecter le début de l’écartement des contacts des vis. Il existe plusieurs méthodes pour repérer ce début d’écartement. Pour ma part, je débranche le fil qui part des vis et qui va sur la bobine et place un ohmmètre sur la position « test diode » entre ce fil et le pôle moins de la batterie. Sur cette position, l’appareil émet un sifflement aigu permanent quand il y a un contact franc (court-circuit). Lorsque ce casse oreille cesse, cela signifie que le contact vient de s’ouvrir (fin du court-circuit). En tournant la roue très lentement dans le sens de la marche, ce qui fait tourner le moteur dans le bon sens, et en écoutant attentivement, on arrive à arrêter cette rotation juste au moment où le sifflement cesse. Il suffit alors de vérifier que la position du repère sur la poulie de la courroie tombe en face du repère 5° de l’indexe placé sur le carter de distribution. Mais si… celui qu’on visualise par le trou de l’aile côté roue gauche ! A signaler aussi que cette concomitance des repères n’arrive que tous les 2 tours moteurs. C’est pourtant simple non… ?

Evidemment, le fait que les bougies soient retirées facilite grandement cette rotation en supprimant le dur provoqué par les compressions. Bon ! Pour ceux qui veulent comprendre le rôle et le fonctionnement de l’allumeur, voici un site sympa :

http://www.fiches-auto.fr/articles-auto/fonctionnement-d-une-auto/s-1506-l-allumage-d-un-moteur-essence.php..

Pour revenir à nos moutons, j’ai la délicieuse surprise de constater que mon réglage initiale, fait il y a presque 2 ans, n’a pas bougé d’un poil. Je n’ai donc pas de réglage à reprendre et c’est tant mieux, vu le temps qu’il fait et le temps qu’il me reste (d’habitude, j’aime bien tout tripoter…). Reste plus qu’à tout remonter. Je ferai un test dynamique à la lampe stroboscopique plus tard.

Je commence par revisser le fil sur la bobine. Pour cette manip, il faut des doigts de fée car l’espace disponible se réduit à celui de la fente d’une boîte aux lettres. Essayez de placer et visser un écrou de 7 mm sur une vis située à 5 cm à l’intérieur de la boîte ! De plus, je sais que si l’écrou m’échappe, je vais devoir le rechercher dans le gravier en faisant du ramping sous Titine. Pas top vu mon déguisement, la température extérieure et la luminosité qui baisse (ainsi que ma vue). C’est donc avec moult précautions que j’arrive à faire les premiers tours de serrage qui m’assurent que cet écrou ne va pas jouer les filles de l’air. Je finis le serrage avec une clef de 7 à rallonge que je glisse à travers les durites d’eau. Ouf ! Ca, c’est fait… !

Je poursuis en replaçant la tête d’allumeur. Aucune difficulté pour cette manip. Puis, avant de revisser les bougies, je jette un œil sur les puits. Quand je dis un œil, c’est plutôt un coup d’endoscope que je devrais dire, vu le peu de visibilité qui existe dans ce coin.

Je constate que le puits de la bougie qui avait le joint douteux présente une certaine trace d’oxydation.

Ne souhaitant pas remonter la bougie avec de telles traces, je passe à la phase nettoyage. Un chiffon et un tournevis font l’affaire.

Nouveau coup d’endoscope…

Bon ! Cette fois, ça me plait mieux. Reste plus qu’à remonter les 4 bougies, le filtre à air et à tenter un xième démarrage.

En remontant le filtre à air, je constate un premier défaut. Alors que nous sommes proche d’une température polaire, le volet automatique qui permet de récupérer l’air chaud au dessus de l’échappement est dans la position été… Un truc à voir plus tard !

De retour dans l’habitacle de Titine, après avoir tiré sur la commande du starter, je tourne une fois de plus la clef de contact, le cœur battant, agrémenté d’une légère angoisse. Le démarreur tourne péniblement, signe que je ne vais pas avoir le droit à trente six essais. A la première tentative, le moteur émet quelques toussotements. C’est déjà bon signe, même s’il ne démarre pas. Deuxième tentative… Le petit 1300 tourne quelques secondes puis cale. Troisième tentative… je sens que la résurrection est proche. Cette fois, je laisse la clef enclenchée… Le moteur a des ratés sur deux, puis trois cylindres. Je ne relâche pas la clef… Le démarreur commence à ralentir mais j’insiste. Titine toussote, crache et fume mais cette fois, même si elle ne tourne que sur trois pattes, son moteur ne cale pas. Quelques secondes de plus et le cylindre retardataire décide de se mettre au boulot. Quel plaisir d’entendre de nouveau son petit son rauque. Je ramène un peu le starter pour éviter de le noyer. Le régime se stabilise à 1200 t/mn. Je décide de la laisser chauffer sur place en laissant la tirette du starter à moitié sortie. Quelques bruits étranges sont émis dans le compartiment moteur. Je soupçonne l’alternateur de vouloir me faire des misères ou de revendiquer une amélioration de ses conditions de travail. Pendant que le moteur monte doucement en régime avec la montée en température, j’en profite pour vérifier la tension de la batterie. Mon voltmètre indique 13,95 V ce qui en soit, n’est pas encore trop élevé, même si le voyant batterie me suggère le contraire. Un deuxième problème à régler plus tard.

Je lance mon œil scrutateur dans tous les recoins du capot et prête une oreille attentive au moindre bruit suspect. Je devrais dire au moindre bruit suspect… supplémentaire, car des bruits non conventionnels, il y en a plein. Je perçois bien quelques grognements d’ours côté alternateur et un son grave, non répertorié jusqu’à présent, au niveau de la distribution (surtout quand j’accélère) mais je ne m’affole pas… Je verrai ça plus tard. Ce qui me turlupine pour l’instant, c’est la persistance de cette vapeur d’eau au niveau du radiateur.

Je scrute, j’ausculte, j’enquête mais ne vois pas la source. En réalité, cette vapeur à l’air de sortir de partout. J’en trouve entre le moteur et l’habitacle, entre le moteur et le ventilateur et entre le radiateur et la calandre… Avec tous ces suspects, je vais avoir du mal à clore l’enquête. Clac… ! Le ventilateur vient de s’enclencher ce qui signifie que Titine a atteint la bonne température de fonctionnement. Je regarde au thermomètre dans l’habitacle et… Tiens, l’aiguille est proche du froid alors qu’elle devrait être un peu en dessous de la zone rouge !

J’ai beau donner quelques claques techniques sur le galva, rien n’y fait. L’aiguille n’est donc pas coincée… Un troisième problème à voir plus tard. Décidément… ! Je retourne dans le capot après avoir enfoncé complètement la commande du starter. Le ralenti est très correct. Je tire un peu sur le câble d’accélérateur au niveau du carburateur pour augmenter le régime moteur et… Tiens ! Que vois-je ? Non pas une, ni deux mais pleins de gouttes d’eau qui tombent d’une durite à intervalles rapprochés. Je relâche l’accélérateur et les gouttes disparaissent.

En regardant bien, je vois une petite flaque de liquide de refroidissement remplissant une des aspérités du moteur, à l’aplomb de la présumée fuite. Il y a aussi un résidu verdâtre sur un collecteur situé en dessous.

Je viens de trouver un premier coupable à mes fumeroles. Nanar… one point !

Je vais pour entreprendre une deuxième recherche quand j’entends la voix mélodieuse de ma chère et tendre : « Bernard, où est l’appareil photo… Vite… ! ». Me voilà comme Ulysse, attiré par le chant de ma sirène. Impossible de tenter une quelconque résistance. J’abandonne donc là mes investigations en coupant le contact et en récupérant le dit appareil photo réclamé d’urgence, tout ceci pour garder en mémoire, le trémoussement très amusant d’une de nos petites filles de 20 mois.

Ma recherche sur les causes du non démarrage de Titine étant apparemment soldée, je vais pouvoir me pencher sur les autres problèmes, mais ça… ce sera pour une prochaine fois !

Dernière sortie pour 2016

Samedi 31 décembre 2016 : Il ne sera pas dit que je n’aurai pas tout fait pour sortir Titine avant la fin de l’année. Je sais, depuis ma dernière auscultation, qu’elle est un peu incontinente mais ses fuites sont faibles et je devrai pouvoir rouler pour faire les dernières courses avant le réveillon. Me voilà donc au volant, prêt à prendre un peu de plaisir. Un petit coup de démarreur et, surprise, elle démarre au quart de tour. Il faut dire que ma révision de l’allumage, plus la petite tirette sur le starter juste après avoir coupé le contact lors des derniers essais, y sont sans doute pour beaucoup. Il parait que le coup de la tirette est ce qu’il faut faire l’hiver pour éviter à l’humidité de trop rentrer dans le carbu… J’ai dû lire ça dans un vieux grimoire de la mécanique antique (à ne pas confondre avec la mécanique quantique dont les résultats sont peu probables… ça, c’est pour les physiciens…).

Me voilà parti sur les routes, avec quelques degrés en dessous de zéro, chauffage à fond sur les mains et sur les pieds. Une buée commence à s’installer sur le pare-brise, buée que j’essuie avec la main, n’ayant pas de chiffon à ma portée. Le résultat est lamentable car j’y vois encore moins qu’avant. Je m’arrête et attends quelques minutes que le moteur chauffe. Ca marche… ! Me voilà reparti le cœur battant comme chaque fois que je suis au volant de mon petit cabriolet (capoté pour l’heure). Je regarde l’aiguille de la température d’eau… Cette dernière frôle le zéro absolu. Un petit coup sur le cadran… L’aiguille reste dans les bas-fonds. Une claque plus franche et… cette dernière remonte légèrement. La claque technique, ça marche toujours (jusqu’au jour où c’est la vitre qui va péter). J’en suis là dans mes réflexions sur la méthode pour contrôler le galvanomètre et la sonde de température d’eau quand Titine se met à tousser. J’aurai pas dû sortir… Elle est en train d’attraper froid ! Bon ! Ce n’est qu’une quinte de toux et après quelques dizaines de mètres, tout rentre dans l’ordre ! Arrivé sur la ligne droite avant Ambérieu, voilà que ça recommence. Mince ! Qu’est-ce qu’il lui arrive ? Mes Neurones de la mécanique se mettent immédiatement en branle… Quatre causes possibles viennent me titiller immédiatement l’encéphale gauche. La plus évidente me fait faire le rapprochement entre la fuite de la durite évoquée dans mon dernier récit, et l’allumage. Comme si j’avais un œil bionique traversant le capot, je vois le liquide de refroidissement s’échapper de la durite et venir arroser la pauvre bobine d’allumage située à proximité, provoquant des amorçages intempestifs, nuisibles à ceux qui devraient avoir lieu sur les bougies. La deuxième cause serait un problème d’arrivée d’essence. Mais là, je mettrai un bémol vu que le réservoir a été entièrement retapissé à la résine, me faisant éliminer un problème de saleté. Ne frôlant pas le niveau très bas détresse au niveau carburant, j’élimine aussi le problème de désamorçage éventuel de la pompe. Je garde quand même ce problème carburant sous le coude au cas où… Troisième cause possible : un givrage du carburateur ou du filtre à air. Pour cela, il faudrait que les degrés Celsius descendent beaucoup plus bas, même si le problème du volet de réchauffage de l’air n’est pas résolu. Je mets ça aussi de côté pour l’instant. Quatrième cause, un problème de soupapes qui ferment mal. J’ai déjà eu ça avec une R12 mais à l’époque, j’avais un peu trop titillé la zone rouge du compte-tour à froid. Résultat : une soupape d’échappement grillée. M’étant beaucoup assagi depuis, je ne ferai jamais subir de tels outrages à Titine. De plus, ce problème entrainerait plutôt un fonctionnement sur 3 pattes ce qui ne semble pas être le cas. Je valide pas…

Toujours dans mes réflexions, me voilà arrivé au premier magasin. Je fais mes courses puis repart. Le redémarrage à partir de celui-ci ne pose aucun problème. Deuxième magasin : tout va bien… Je commence à peine à souffler que la quinte de toux lui reprend. Que faire ? Rebrousser chemin et prendre la C5 ? Pas question… Je continue. Le troisième magasin est à 10 km. Cette fois, après avoir roulé correctement pendant la moitié du parcours, les symptômes d’une bronchopneumonie suraiguë se font sentir. J’arrive presque jusqu’au calage… Quèsaco ? En jouant un concerto d’embrayage et d’accélérateur, j’arrive à faire redonner du souffle au petit 1300…un peu comme la claque qu’on file dans le dos de Mamie qui s’étouffe avec le choux à la crème avalé tout rond pour pas qu’on se rende compte qu’elle en est à son vingtième ! Ouf ! Heureusement que ça repart car je me vois mal planté au milieu de cette grande ligne droite réputée dangereuse, surtout que la nuit est là. J’arrive tant bien que mal au magasin pour ces avant dernières courses. De toute façon, je ne peux que continuer vu que j’ai fait presque une boucle et qu’il me reste à peine 5 kilomètres à faire. Toujours pas de problème pour redémarrer et partir de ce dernier lieu. C’est arrivé au feu (évidemment au rouge) que ça se gâte ! Alors que le ralenti était bon, Titine se met à tourner sur 2 ou 3 pattes. J’ai beau accélérer, le petit moteur s’arrête en émettant des claquements désordonnés. Gloupssss… ! Là, le lieu et le moment sont mal choisis car le feu vient de repasser au vert. Un petit coup d’œil dans le rétro… Personne ! Ouf ! Je tente un démarrage mais là, le petit 1300 rechigne à démarrer. J’insiste ! Enfin, après quelques secondes, deux, puis trois cylindres veulent bien reprendre du service. Un grand coup d’accélérateur réveille le quatrième. Pas le temps de voir si le feu est repassé au rouge ! Titine démarre en trombe en faisant crisser ses pneus. Sauvé ! Pour une fois, j’ai hâte de rentrer car je sens qu’elle va de mal en pis (ah la vache… !). C’est après avoir failli caler de nouveau dans la dernière côte que j’arrive enfin à la maison. Quelle galère ! Malgré ça, à postériori, je suis heureux de se petit tour. Pour la panne, je verrai ça en 2017… « Y’a pas l’feu au lac ! »

   ANNEE 2017

Premières réparations de 2017

Mercredi 4 janvier 2017 : Cette fois, je suis parti pour tordre le coup à cette trachéite Titinesque. Je ne peux pas la laisser avec cette toux. Ayant procrastiné toute la journée, me voilà remonté pour bricoler. Est-ce la neige qui tombe qui me booste ?

Après avoir enfilé quelques vêtements chauds et des moon boots, je me dirige vers la petite auto. Je la débâche en prenant quelques précautions car cette couverture continue vraiment à partir en loque. De plus, avec le froid, elle est raide comme une feuille de verre…

         

 

 

 

 

 

 

 

J’ouvre le capot et commence par vidanger une partie du circuit d’eau afin de pouvoir débrancher la durite supérieure du radiateur.

Pour récupérer le liquide, j’utilise mon bac spécial course, fabriqué à partir d’un vieux bidon d’eau déminéralisée (voir le chapitre « remplacement courroie »). Le petit tuyau connecté sur la sortie du robinet de vidange étant complètement gelé, donc souple comme un verre de lampe, impossible de l’orienter comme il faut vers le bidon placé sur le gravier.

Manque de bol, le fait de l’avoir bougé provoque une fuite, ce qui fait que la moitié du précieux liquide se retrouve prêt à rejoindre la nappe phréatique (c’est pas bien ça…!). Inutile d’attendre que le radiateur soit vide. Je ferme le robinet pour limiter la pollution. J’entreprends ensuite de démonter la durite. Celle-ci étant placée idéalement sous la prise d’air du carburateur, il me vient l’idée saugrenue de démonter cette dernière pour avoir plus de place.

Pour les deux écrous sur le cache culbuteur, pas de problème. J’ai seulement oublié que pour retirer ce cornet complet, il faut accéder à une vis placée sur le bas du bloc et accessible… en démontant le radiateur ou en s’arrachant la peau du dessus des mimines. Pour ça, pas glop… Je laisse tomber et tente un retrait de la durite à la wanegaine, c’est-à-dire, à l’arrache ! Après lui avoir fait subir les pires positions du contorsionniste, j’arrive à visualiser le contour et l’intérieur de cette durite au niveau du collier. Quelques traces de rouille et un peu de dépôt mais rien d’alarmant. Idem sur la partie mâle du radiateur. Un bon serrage devrait faire l’affaire pour cette partie… si fuite il y a.

Ne souhaitant pas démonter d’autres durites, persuadé que je suis, qu’un bon coup de clef sur tous les colliers fera des miracles, je remets le liquide de refroidissement dans le radiateur. Tiens ! Malgré la quantité non négligeable qui a rejoint directement le gravier, il ne semble pas en manquer beaucoup dans le radiateur ? Petit calcul… ! Si je multiplie la longueur par la largeur, puis par la hauteur de la boite à eau du radiateur, sachant que dans le bidon il devait y avoir que la moitié du liquide retiré, que ce bidon devait contenir environ 2,5 litres… Il devrait manquer environ 2,377 cm de liquide ? Bon ! Le petit radiateur étant incapable de faire un tel calcul… je laisse tomber !

Je décide donc de resserrer les colliers de toutes les durites d’eau en espérant que les différentes fuites proviennent d’un mauvais serrage. Il est vrai qu’avec une clef de 7 à pipe (rien à voir avec St Claude ni avec Mme Claude non plus), ce serrage est facilité et plus efficace. Je fais quand même attention de ne pas trop forcer car je me connais, je suis capable d’exploser les colliers en forçant comme un bourrin ! Cette première opération « serrage globale » étant réalisée, je démarre Titine. Une fois le moteur un peu chaud, je jette un œil un peu partout. J’ai toujours un peu de liquide qui suinte au dessus du radiateur mais je ne vois pas d’autre fuite. Je suis prêt à me réjouir quand tout à coup, le moteur cale dans un hoquet maladif. Zut et rezut… ! Petit tour d’horizon au niveau de l’allumage. Oups ! Je constate une humidité très prononcée sur la tête de la bobine. Ha ça… pas bon du tout ! L’eau et l’électricité ne faisant pas bon ménage, il me faut séparer les deux protagonistes. Un bon coup de chiffon et l’humidité disparait. Deuxième démarrage… pas de problème !

Un coup d’œil dans le capot et… Tiens ! Qu’elle est donc ce bruit de claquage qui accompagne les ratés moteurs ? Je reconnais rapidement le son caractéristique d’un amorçage. Je jette l’autre œil vers la bobine et perçois un arc électrique qui claque subrepticement.

Oups ! Une petite monté en régime en tirant sur le câble d’accélérateur et je vois nettement quelques gouttes d’eau s’échappant, sournoisement et de façon rapprochées, de la durite de chauffage.

Mon resserrage de collier n’a donc rien solutionné de ce côté-là. Je passe un doigt inquisiteur sous ce bout de tuyau et le verdict est sans appel : j’ai le doigt mouillé.

En d’autre circonstance, que la pudeur et la morale m’interdit de préciser ici, cette humidité aurait été un bon signe… mais là… ! Pas glop, pas glop (pour les aficionados de petit Pifou). Je suis maintenant persuadé que tous mes problèmes sont liés. En résumé et selon mon avis personnel auquel je me rallie le plus souvent, la fuite de la durite de chauffage éjecte du liquide de refroidissement sur la bobine d’allumage, provoquant, comme tout bon électricien doit s’en douter, un amorçage intempestif, nuisible au bon fonctionnement du moteur. Pour ceux qui ne connaissent pas forcément le principe, la bobine génère une tension de l’ordre de 20 000 V au moment où les vis platinées s’écartent, c’est-à-dire au moment précis (j’insiste sur le mot précis) où les bougies doivent enflammer le mélange air / essence au-dessus du piston. Si les 20 000 volts n’arrivent pas sur les bougies à cause d’un arc qui a décidé d’aller se balader ailleurs (cas de l’amorçage cité plus haut), les bougies ne peuvent plus jouer leur rôle et le moteur a des ratés (voir même s’arrête).

Sur ce constat sans appel, je coupe le contact. Confondant vitesse et précipitation, je commence par débrancher la durite en question, en oubliant de vidanger de nouveau et partiellement le circuit d’eau (tu parles d’un mécano à la gomme… !). Etonnamment, peu d’eau s’écoule. Je m’attendais à voir le circuit se vidanger par cette brèche provoquée par votre serviteur mais plus rien ne coule. Il faut dire que cette durite est sur un point haut du circuit, mais quand même ! Et voilà que toute ma science fait le rapprochement entre tout ce que j’ai constaté. Je suis comme l’inspecteur Bourrel à la fin de son enquête : « mais bon Dieu… mais c’est bien sûr !». (Bon ! ça, les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !) Regardons les indices :

  • Titine a des ratés quand j’accélère… !
  • J’ai une fuite d’eau, concrétisée par quelques gouttes et des traces sur le moteur… !
  • J’entends nettement un amorçage (constaté aussi visuellement)… !
  • Peu d’eau coule par la durite du chauffage douteuse quand je la débranche… !

Alors … ? Allez ...! Je vous donne le résultat de mon enquête !

Lorsque j’accélère, la pompe à eau ramène du liquide dans la durite de chauffage qui fuit (c’est le rôle de la pompe de pousser le liquide dans tous les circuits). Ce pseudo remplissage fait monter la durite en pression ce qui a pour conséquence de laisser couler quelques gouttes de liquide (au ralenti, la durite doit être vide ou à faible pression). Ce dernier est projeté sur la bobine quand Titine roule ou que le ventilateur est enclenché. L’élément aqueux (mouillé comme tout élément aqueux qui se respecte), rencontre une zone où la tension électrique est très élevée deux fois par tour moteur. Cette rencontre des frères ennemis provoque un amorçage intempestif, supprimant des allumages dans les cylindres, ce qui entraîne les ratés... ! CQFD !

J’arrête la coupable (la durite) et lui coupe la tête (au secours Badinter… !). Je ne lui retire que quelques centimètres seulement car cette foutue durite n’est pas forcément remplaçable dans son intégralité. En effet, c’est un tuyau qui traverse le compartiment moteur pour passer dans l’habitacle avec une boursoufflure pour l’étanchéité.

Après l’avoir rebranchée, resserré son collier, et passé un coup de chiffon pour sécher la bobine, je redémarre. Le doigt inquisiteur ne détecte plus d’humidité. Ouf… ! J’accélère un peu et entends nettement quelques amorçages accompagnés de ratés moteur. Scheisse… dirait-on outre Rhin ! Comme il fait nuit, je coupe la baladeuse qui éclaire mon chantier et scrute attentivement l’arrière du moteur. De beaux éclairs illuminent cette partie du capot, juste sous la durite d’essence et toujours sur la bobine.

Alors là, c’est pas cool… Des arcs se forment toujours au même endroit, même après avoir tout essuyé. Il faut que je peaufine le séchage du câble haute tension. J’arrête de nouveau le moteur car je ne tiens pas à finir comme Claude François. Même si le risque de rester sur le carreau est très faible, ce genre de coup de jus fait trop mal. Après avoir bien essuyé l’isolant de la bobine et l’intérieur de la tétine du câble HT, je remonte le tout et redémarre. Clac… ! « Comment ça Clac… ? ». Y aurait-il encore des amorçages ? Je coupe la baladeuse pour faire le noir et le verdict est implacable ! De beaux arcs électriques chatouillent ma rétine, exactement entre l’isolant du fil HT et la borne plus de la bobine. Rien n’a changé.

Comme tout est sec, je ne vois plus qu’une cause possible… l’isolant du câble est poreux ou percé. Il faut donc le remplacer. Heureusement, j’ai gardé l’ancien câble dans le coffre de Titine.

Après avoir déniché l’objet convoité dans le foutoir très ordonné du coffre, je le monte à la place de celui défectueux. Il est rouge et les autres fils d’allumage sont noirs mais qu’importe ! J’suis pas raciste…

                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette détérioration de l’isolement du câble m’intrigue quand même, vu que j’ai remplacé tout le faisceau après l’épisode de la traboulée.

A l’époque, n’ayant pas encore trouvé la cause de la grève du cylindre numéro 4, j’avais remplacé tout le faisceau d’allumage et la tête de l’allumeur. Hors elle aussi vient de s’avérer défectueuse (charbon cassé). La qualité des pièces modernes aurait elle à pâlir, face à celle des anciennes ? Ou serait-ce du Made in China ? Trêve de baliverne ! Je replace donc l’ancien câble et démarre Titine. Après avoir pratiqué l’extinction des feux en coupant la baladeuse, j’observe attentivement en direction de la tête de la bobine. Je traque le moindre éclair ! Rien… Quedal… Nib… Pas la moindre trace de l’arme de Zeus. Ouf… ! Le moteur tourne rond et c’est un vrai plaisir. Mes yeux s’étant un peu habitués à l’obscurité, je perçois cependant quelques effluves électriques au niveau des fils de bougie (petits arcs violets).

Ce n’est sans doute pas grave mais, de mémoire de mécano amateur, je n’avais jamais remarqué ce phénomène. Il faut dire aussi que je répare rarement un moteur dans le noir. Ces fils seraient-ils aussi poreux ? Comme le moteur tourne comme une horloge suisse, je laisse tomber provisoirement ce problème.

Après avoir rallumé la baladeuse, je décide de m’occuper d’un autre problème : jeter un œil sur le volet permettant de récupérer l’air chaud.

Je démonte le couvercle du filtre à air où se trouve l’organe de commande automatique de ce volet.

J’étudie quelques instants l’ensemble pour comprendre le fonctionnement. Pas très compliqué ! C’est quand le trifouilleur à pédale pousse le shmilblic que le polivalveur à bretelle tire sur la chevillette ce qui fait basculer le clapet compulsif… Ca, c’est l’explication qu’aurait donné un garagiste sans scrupule (tu es d’accord avec moi Francis… ?). Mais la réalité est plus simple. En réalité, dans le couvercle du filtre, il y a un petit cylindre dans lequel se trouve (sans doute) une cire qui se dilate avec la température.

Si j’ai bien compris le fonctionnement, cette cire pousse un petit piston qui, par l’intermédiaire d’un petit levier, tire sur le câble qui fait basculer le volet.

           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un ressort tire sur le volet dans l’autre sens quand la température baisse et que la cire se contracte, permettant au volet de prendre la position hiver. C’est plus clair ? Non… ? Tant pis ! Je vous ferai un dessin si vous voulez. Bon ! En attendant, je constate que le volet est en position été…

… alors que, sauf si la neige se met à tomber pendant la saison chaude à cause du dérèglement climatique, la température polaire devrait l’avoir placé en position hiver.

Le câble est donc trop tendu ! Je desserre donc le petit serre-câble qui permet le réglage jusqu’à ce que le volet prenne la bonne position.

Reste plus qu’à voir si ce volet reprendra la position été quand la température va se réchauffer (dans quelques mois).

Vendredi 6 janvier : J’ai beaucoup de courses à faire et j’ai trop envie d’essayer Titine. Je récupère donc les clefs, retire la bâche de protection et m’installe au volant. Il fait -4 degrés mais qu’importe ! Le soleil brille et les routes sont sèches. Quand je tourne la clef pour entraîner le démarreur, ce dernier tourne à l’extrême ralenti. Ah la barbe… Cependant, à ma grande surprise, le moteur démarre quand même… Je n’en reviens pas ! Mon petit contrôle de l’allumage et le nettoyage des bougies porteraient-ils leurs fruits ? Je refais plusieurs démarrages dans la journée et à chaque fois, le petit 1300 démarre au quart de tour, même si la batterie a du mal à retrouver sa pêche.

Samedi 7 janvier : Même envie que la veille et… même constat. La température étant encore plus basse (-10 degré au réveil), la batterie a encore plus de mal a fournir l’énergie nécessaire au démarreur. Cependant, le petit moteur part au quart de tour quand même… Que du bonheur. Je fais ainsi presque 100 km pour faire mes courses mais surtout, pour le plaisir. Ce que j’aime ça… hummmm ! De retour à la maison, je recouvre Titine de sa bâche non sans avoir tirer le starter pour faciliter le prochain démarrage…

23 janvier 2017 : Je vous vois venir ! Vous vous dîtes : « mais qu’est-ce qui peut lui arriver en plein hiver avec un froid pareil. Il devait attendre le printemps pour sa prochaine sortie ! » ! Et vous auriez en partie raison. Qu’est-ce qui me prend de vouloir sortir Titine par -7 degrés?

A vrai dire, le paysage entièrement givré m’inspire pour faire des photos et je vois bien Titine dans ce décor blanc.

Il est 10h00. Je profite de l’opportunité de faire des courses pour envisager un petit tour vers Chalamont. Je sais qu’il y a un bel étang qui doit être tout gelé en ce moment. Je débâche Titine et m’installe au volant. En tournant la clef de contact, j’ai un premier doute. Les voyants s’éclairent mais comme pour veiller les morts. M’est avis que la batterie n’a plus beaucoup de coco. Cela s’avère exact quand au deuxième cran de la clef, le petit 1300 ne tourne qu’à 1 tour par seconde. C’est sûr qu’à cette vitesse, il est pas près de démarrer. J’insiste un peu, des fois que cela donne un peu de chaleur à cette batterie frigorifiée. Je tire sur le démarreur encore quelques secondes puis je capitule. Ne voulant pas abandonner pour autant l’idée des photos avec le petit cabriolet en décors, je retire la batterie pour la charger au chaud une heure ou deux. En attendant, je fais quelques courses avec la C5 et reporte ma balade pour cet après-midi.

14h00 : je récupère la batterie pour la remettre en place.

 

Je décide quand même de bien fixer la batterie car depuis les trois dernières sorties, elle était juste posée dans son logement. Quatre heures de charges ont dû suffire et, comme je suis joueur, je pars du principe que je n’aurai pas à la redémonter de suite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En effet, au premier coup de clef, le démarreur s’élance au bon régime et le petit moteur démarre en faisant entendre le son joyeux de son échappement archaïque. Super ! Je vais pouvoir faire mon shooting…

Me voilà parti sur la route de Chalamont. Comme la température extérieure n’a rien à envier à celle d’un congélateur, je décide de mettre en service le ventilateur de chauffage pour éviter les engelures aux mains et aux pieds. De plus, la buée commence à s’installer sur le pare brise ce qui n’est pas top pour croiser les autres usagers et visualiser, à temps, d’éventuels sangliers ou autres bêtes à poil ou à plume.

Je ne sais pas pourquoi, mais au moment précis où j’enclenche le ventilateur, mon regard se porte sur le tableau de bord. Tiens ? Coïncidence ou pas, le voyant de charge batterie vient de s’allumer plein feu.

Je repousse la tirette du ventilo … le voyant s’éteint !

Je remets le ventilo, le voyant se rallume… ! Etrange ? Je laisse donc le hacheur de feuilles mortes à l’arrêt un moment, juste pour voir. Rien ! Le voyant reste en léthargie. Ben mince alors ! Qu’est-ce que c’est que ce bin's … Par acquit de conscience, après 5 minutes d’attente, je relance le moulin à vent… Bim ! Le voyant repart au rouge. Cette fois, je le laisse quelques secondes et, malgré le boucan qui règne dans l’habitacle (Titine fait encore plus de bruit quand il fait froid à cause, sans doute, des joints congelés), je ne perçois aucun son provenant du circuit de chauffage. Ben manquerait plus que ça ! Voilà que le ventilo part en grève à son tour. Décidément ! Pourquoi ai-je racheté cette usine … à gaz où tous les employés se mettent en grève les uns à la suite des autres ? Ou alors ! Le dit ventilo est pris dans la glace ... Il va falloir que je vois ça après le dégel !

Sur ce constat d’échec, je passe un petit coup de lingette sur le pare brise. Bof ! Le résultat n’est pas heureux mais c’est mieux que rien. Je décide cependant de poursuivre mon idée de shooting au bord de l’étang. C’est pas que je suis têtu, mais je refuse de baisser les bras devant cette provocation !

Arrivée sur place, le décor est à la hauteur de mes espérances. Il manque peut-être un peu de neige mais qu’importe. Je place le pied photo et fait quelques shoot !

  

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne souhaitant pas avoir une mauvaise surprise au démarrage, je laisse le moteur tourner. C’est aussi une bonne chose puisque je peux laisser les feux allumés, ce qui donne un plus de peps aux photos.

Après m’être bien gelé les arpions, je retourne à la maison, bien content de ma petite séance. J’y vois un peu mieux qu’à l’aller, même si la buée ne peut toujours pas être éliminée. J’évite seulement de respirer pour ne pas voir la vapeur d’eau issue de mes poumons se rajouter à celle présente dans l’atmosphère.

Autres conséquences de la grève du ventilo : le chauffage est aussi efficace que celui d’une 2 CV, c’est-à-dire que le peu d’air qui sort des bouches est à peine plus chaud que l’air de l’habitacle. Cela ne m’empêche pas de savourer mon plaisir et de ne rien regretter.

Encore une petite sortie sympa … et un problème de plus à résoudre. Que du bonheur !

Problèmes électriques mais pas que !

En ce beau vendredi 27 janvier, voilà que je décide de reprendre Titine. Ca m’est venu comme une envie soudaine alors que je j’étais parti prendre la C5 pour faire des courses. Il faut dire que la température a légèrement augmenté et que ça sent presque le printemps (bon, il fait encore -3 degrés mais un pâle soleil pointe son nez, ce qui n’était pas arrivé depuis belle lurette). Je débâche donc mon destrier blanc et m’installe à son bord, non sans avoir récupéré les clefs au préalable.

Premier cran du contact… tiens ! Aucun voyant ne s’allume ? Je sens déjà poindre le verdict : batterie complètement HS ! Un de mes neurones n’a pas dû percuter sur ce premier constat. Il aurait dû me faire descendre immédiatement mais contre toute attente, ma main tourne un cran de plus la clef de contact. Titine fait un bon en avant. Surprise ! Le démarreur veut bien bosser alors que mon pied gauche a déjà capitulé et a lâché la pédale d’embrayage (je laisse toujours une vitesse enclenché car avec le froid, le frein à main n’est pas recommandé). Gloups ! La batterie a donc encore du jus ? Cette fois, je retente un démarrage dans les règles de l’art et le petit 1300 part au quart de tour. Youpiii ! Allais-je dire si le tableau de bord se mettait à l’unisson du moteur. Mais ce dernier reste tous feux éteints. Même la jauge à essence refuse de décoller du niveau très bas détresse. Bon ! C’est pas ça qui va m’empêcher de rouler.

Je pars donc donner quelques pièces de voitures commandées par erreur à mon ami J.P. En route, j’entends un bruit suspect que j’ai du mal à définir. Cela ressemble au son d’un vieux bout de tôle qu’on ferait tourner autour d’un axe. Quelle partie du moteur peut bien faire un son pareil ? L’alternateur ? Un petit coup d’œil sur le voyant de charge… Mer… c’est vrai qu’il ne fonctionne pas ! Quoi d’autre ? La pompe à eau ? Même coup d’œil et même remarque que pour le voyant de charge ! Elle ne fonctionne pas non plus ! Bon ! Comme il n’y a pas péril en la demeure, je verrai tout ça une fois à l’arrêt chez JP.

Une fois chez lui et après lui avoir refilé mes pièces, j’ouvre le capot et … Zut ! Une camionnette veut rentrer dans son allée et je gène ! Bon ! je repousse mes investigations à l’étape suivante, le magasin de graines pour oiseaux.

Arrivée sur place et après avoir acheter 15 kg de graines pour nourrir tous les oiseaux du département qui se précipitent chez moi en période de disette, j’ouvre le capot et jette un œil scrutateur. En premier lieu, sur la pseudo boîte à fusible ! Rien ! Tous les fusibles sont Ok. Aucun ne s’est sacrifié pour protéger une partie quelconque de ce circuit électrique qui frôle la ruine. La panne du tableau de bord vient donc d’ailleurs et j’ai bien peur que la révision des circuits, que j’avais prévue en 2080 dans un premier temps, ne soit à envisager au plus tôt ! Encore une histoire de connectique obsolète… Je dévisse ensuite délicatement le bouchon du radiateur pour vérifier le niveau d’eau. Le petit pschittttttt de dégonflage se fait entendre quelques secondes. Après le retrait du bouchon et malgré la petite fuite persistante sur le sommet du radiateur, le niveau semble correct. J’entends bien quelques gargarismes de tuyauterie, signe que ce circuit a avalé de l’air, mais le niveau ne bouge pratiquement pas. Je refais quand même un petit complément, referme le bouchon et relance le moteur. Le bruit de vieille tôle en rotation se fait de nouveau entendre par moment mais, compte-tenu du niveau sonore du reste du moteur, impossible de localiser l’instrumentiste dissonant. Je soupçonne la pompe à eau dont le rouet est en train de vouloir jouer cavalier seul. Je vérifierai ça ultérieurement, quand il fera plus chaud. Je tâte un peu les durites pour voir si elles sont toutes à la bonne température mais ne remarque rien de particulier, sauf qu’elles ne sont pas chaudes comme elles l’étaient cet été. Rien d’anormal à ça puisque le mercure ne veux pas grimper au dessus de la température de la glace fondue. Je referme le capot et redémarre.

Jetant un œil machinal sur le tableau de bord, je constate avec surprise que tout semble être revenu à la normale ! Ben mince alors ! La jauge à essence et la température d’eau indique de nouveau quelque chose et le voyant de charge est, comme quand tout fonctionne bien, éclairé à demi-feu. Je n’aime pas du tout Les pannes qui vont et qui viennent ! Allez chercher une panne qui a disparue ? Autant jouer à cache-cache avec un fantôme ! Comme le jour commence à décliner, j’allume les feux de croisement. Ah ! La part contre, le voyant vert et les lampes du tableau ne s’allument pas. Vu la puissance démoniaque des phares de Titine, impossible de voir si ceux-ci sont bien éclairés. Il me semble bien voir le reflet d’une légère lueur jaune dans la carrosserie de la voiture qui me précède mais il n’y a rien d’évident. Je vais donc devoir rentrer en vitesse car si la nuit tombe vraiment et que les feux ne brillent pas leur présence, je vais être obligé de me guider à la lampe de poche.

J’arrive juste à rentrer alors que la nuit tombe. C’est en arrivant à la maison que je vois bien le reflet jaune des phares contre le portail. Bon ! Ce n’est que l’éclairage du tableau de bord et les voyants vert et mauve des phares qui font grève.

Je vais tâcher de trouver le mode commun dès que je pourrai mettre le nez dans le capot ou sous le tableau de bord …

Vous avez dit problèmes électrique ?

Vendredi 3 février à 13h30: Allez savoir pourquoi je décide de prendre Titine pour aller faire quelque course alors que le ciel est menaçant ? Sans doute ce sixième sens qui vous pousse à faire quelque chose d’irrationnel alors qu’il existe des solutions très logiques qui font appel au bon sens. En l’occurrence, l’utilisation de la C5, qui est déjà sortie, aurait relevé du BSP (Bon Sens Paysan). Mais … ! Quand le démon de « je ne sais pas quelle heure » vous titille le cortex (celui de midi est déjà pris par ce que vous savez), difficile de lutter contre son instinct. Je débâche dont mon petit destrier blanc, m’installe à son bord et tourne la clef de contact. Pas de surprise de ce côté-là puisque les voyants, conformément à la sortie précédente, ne s’allument toujours pas. Le contraire aurait été décevant car la recherche de pannes est mon jeu favori. « Maso … » allez vous dire ! Je consulterai un psy plus tard pour valider.

Deuxième cran sur la clef : le petit 1300 démarre au quart de tour. Quel bonheur d’entendre le son harmonieux de ce petit moteur ! Quand je dis harmonieux, il s’agit bien du sens étymologique du terme à savoir : une Succession d’accords, par opposition à la mélodie. Et là des accords il y en a de toutes sortes. Je passe sur tout ce qui peut émettre un son étrange quand le moteur tourne, car la liste, sans doute non exhaustive, ressemble déjà à celle des 2 furets dans la publicité bien connue. Mais si ! Vous savez ! Quand ces deux charmantes bestioles déroulent leur liste d’assureur devant le maitre d’école avant de se faire coiffer d’un bonnet d’âne ! Concernant ma liste de sons, il n’y en qu’un que je n’aime pas trop car il n’apparait que par moment : celui de crécelle ou de tôle en rotation. C’est sans doute pour aller plus loin dans mes investigations que je décide de sortir Titine en cette journée.

Me voila donc sur la route en direction d’Ambérieu. Je dois d’abord passer par la poste. Je m’arrête devant un bar où un bon client, à la dégaine fière et titubante, vient jeter un œil sur le petit cabriolet.

  • « Elle est pas jeunes » me dit-il sans utiliser le « mec bourré première langue ».
  • « De 1973 » lui dis-je avec un bon sourire.
  • « Ah ! Je suis un tout petit peu plus vieux qu’elle »
  • … ?

A la vue de son aspect général, je me demande ce qu’il entend par le « un tout petit peu … » ?

Je poste donc une première lettre. Le bureau de poste étant fermée, comme chaque fois que j’essaie d’y pénétrer (celui-ci ne doit ouvrir que le matin de 9h00 à 9h05 les Trois premiers jours de la semaine), je rejoins Titine pour aller à l’autre bureau situé au centre ville. Je dois peser et affranchir ma deuxième lettre. Deux autres habitués des sièges de comptoirs tournent autours de ma petite auto. A croire que mon piège à minette s’est transformé en piège à piliers de bar !

Arrivé à destination, quelques gouttes de pluie commencent à tomber. Le temps de me stationner sur un parking et la menace hydraulique semble s’éloigner.

Après la poste, je dois passer à l’assurance dont les bureaux sont à une cinquantaine de mètres. Les nuages me regardent toujours du coin de l’œil semblant me dire, avec un sourire narquois : « Prend ton temps ! On t’attend … ! »

Au sortir des bureaux, je fonce vers Titine pour rejoindre mon troisième point, une jardinerie. C’est là que les premières vraies gouttent commencent à nous arroser. Que faire ? Rentrer à la maison ou tenter les 10 km supplémentaires me permettant de rejoindre cette fameuse jardinerie ? Allez ! Soyons fou ! Tentons la jardinerie… A peine ai-je pris cette décision que Zeus essaie de m’en dissuader. Le voilà qui s’amuse à déverser une partie de sa réserve sur ma pauvre Titine qui, comme les trois quidams de tout à l’heure, n’aime pas du tout l’élément H2O. J’enclenche donc les essuie-glaces et … ! Mer… ! Ces derniers refusent d’obtempérer à mes injonctions. Ils restent désespérément à leur place sans émettre le moindre signe de reprise du travail. Grrrrr… ! Je croyais avoir fait le nécessaire pour les stimuler ! C’est en jetant machinalement un œil sur le tableau de bord que j’aperçois le voyant de charge allumé plein feux. Alors ça… ! Je bascule l’interrupteur des essuie-glaces en position arrêt et le voyant s’éteint. Je me retrouve donc avec le même problème que celui du hachoir à feuilles mortes qui sert de ventilateur pour la « climatisation ». Il est donc inutile d’incriminer ce dernier. Je dois chercher un mode commun à la défaillance de ces deux protagonistes. En attendant, plus question d’aller chercher des cacahuètes pour les oiseaux à la jardinerie. Il faut rentrer rapidement à la maison, sans essuie-glaces et sans ventilateur pour la buée. Je n’ai que dix kilomètres à faire mais ça va quand même être du sport.

Heureusement, en me rapprochant du domicile conjugal, la pluie diminue légèrement. Sans doute que les nuages n’avaient pas prévu que je prendrai cette direction. Par contre, la route étant mouillée, c’est la voiture qui me précède qui me projette une eau beaucoup moins propre avec ces roues. Je ralenti donc, pour éviter au pare brise d’accumuler un mélange boueux, ce qui n’arrangerait pas mon affaire.

J’arrive enfin à la maison avec la pluie qui a repris de la vigueur, plus un vent à décorner les bœufs. Je gare Titine sous son abri qui, compte-tenu des éléments déchainés, n’arrive plus à remplir son office. Malgré le toit, la pluie continue de frapper mon pauvre petit cabriolet. Inutile donc de remettre la bâche de protection   pour l’instant. Cela ne pourrait qu’encourager la dame en rouge de grignoter la vieille carrosserie. De plus, j’ai bien l’intention, quand la pluie cessera, de jeter un œil sur le circuit électrique pour voir d’où viennent ces pannes simultanées. En attendant, une fois rentré au chaud, je jette un œil sur la revue technique pour comprendre ce qui peut se passer. Je n’ai pas le temps de trop enquêter car la mission « cacahouètes oiseaux » n’a pas été remplie. Je laisse donc tomber pour l’instant et prend la C5 pour m’acquitter ce cette tâche importante.

De retour à la maison, je replonge dans la revue technique. Je suis les différents circuits et commence à rassembler les pièces du puzzle. Quels sont les faits ?

  • Les essuie-glaces ne fonctionnent pas,
  • Le ventilateur ne fonctionne pas,
  • Quand j’enclenche l’un ou l’autre, le voyant de charge s’allume,
  • Les voyants d’éclairage du tableau de bord restent éteints quand j’allume les feux
  • Le voyant vert et le voyant bleu de signalisation des feux de croisement et de route ne s’allument jamais

Ça, ce sont les faits. Comme tout ne peut pas me lâcher en même temps (sauf en cas de grève générale avec blocage du 12 volt), je dois trouver le serial killer du jus. Le schéma global est trop touffu et trop petit (pour ma vue qui baisse).

Pour ce, je décide de refaire le schéma électrique de Titine en virant tout ce qui n’a rien à voir avec le problème.

 

Schéma que j’ai redessiné pour simplification en vue d’une analyse approfondie.

C’est en réalisant cette tâche que mes soupçons se portent sur l’absence presque certaine du 12 volts sur les bornes du fusible numéro 3. Je m’explique ! Pour les néophytes en électricité auto, je vais tâcher de rester simple (un petit cours d’électricité de base ne fait pas de mal !):

Le schéma simplifier montre que le 12V d’alimentation du ventilateur (borne 27) vient de ce fusible numéro 3 (j’ai déjà vérifié que ce dernier n’est pas passé de vie à trépas en se faisant sauter comme un vulgaire kamikaze).

      

La partie essuie-glace est alimentée par les fils 61 et 33 reliés aussi au fusible F3 via les connecteurs P et B et le fil 33A

 

L’alimentation des voyants du tableau de bord semble aussi passer par ce fusible (borne 29 reliée aussi à la borne 27 du ventilateur)

Une des bornes du voyant de charge doit être reliée à l’alimentation de l’éclairage du tableau (borne 29). Si mes soupçons sont exacts (ce que je refuse de mettre en doute pour l’instant), dans cette configuration, le moins des lampes d’éclairage doit être relié à la masse via le commodo des phares.

 

L’autre borne du voyant de charge (borne 7A) est reliée à la sortie auxiliaire de l’alternateur qui fournit un + 12v quand le moteur tourne et que l’alternateur fonctionne bien. Cette précision est importante pour la suite de mon raisonnement

Que se passe-t-il ? Si je n’ai pas de 12 volts sur les bornes du fusible 3, le ventilateur et les essuie-glaces ne fonctionnent pas ! Jusque là, vous me suivez ?

SCHEMA SIMPLIFIE MOTEUR TOURNANT ET VENTILATEUR A L’ARRET (avec panne)

Lorsque je mets en marche le ventilo ou ces foutus essuie-glaces, je ramène un « moins » sur les bornes 27 et 29 à travers les moteurs d’un de ces 2 énergumènes (via les bornes 33, 33A ou 61 côté essuie glace) ! C’est toujours OK ?

Combien en ai-je largué ? Beaucoup ? Bon ! Petite explication supplémentaire pour ceux qui le sont (largués). Un moteur électrique, continu ou alternatif, présente une résistance faible au passage du courant quand ils ne tournent pas (quand il n’y a pas assez de puissance électrique disponible pour le faire tourner, elle est équivalente à celle d’un simple fil). Dans le cas qui nous intéresse, on peut donc considérer que les bornes 27, 29, (33 et 61 aussi) sont pratiquement à la masse. Pas de doigt levé ? Donc je continue… !

Que se passe-t-il au niveau du témoin de charge ? Je vois les yeux de certains qui pétillent car ils devinent ce qui se passe ! Vrai… ? Bon ! Toujours pour les néophytes ! Cette masse pas franche ramenée sur la borne 27 permet d’allumer l’ampoule car d’un côté, elle a le « plus » 12 volt issu de la sortie 7A de l’alternateur et de l’autre côté, le pseudo « moins » issu de la borne 27. 

 

 SCHEMA SIMPLIFIE MOTEUR TOURNANT ET VENTILATEUR ENCLENCHE (avec panne)

Vous suivez toujours ? Pour les vrais de vrais néophytes, une ampoule 12 volt s’allume quand elle a 12 volt à ses bornes (un « plus » d’un côté et la masse de l’autre). C’est Ok cette fois ? Bon ! Si certains n’entravent vraiment rien à l’électricité, cela n’a aucune importance pour suivre la suite de mon récit.

Le point commun de tous mes défauts se situe donc au niveau du fusible numéro 3. Ce dernier recevant normalement un « plus » à partir du Neman (position parking), il va falloir vérifier si j’ai bien une absence de 12 volts quand je tourne le premier cran de la clef de contact. Ceci validera ma démonstration ! Sinon, je vais encore passer pour un con, mais ça, j’ai l’habitude comme vous l’avez constaté depuis le début de mes aventures.

Je vous explique quand même le fonctionnement normal car ce circuit n’est pas forcément un exemple de pannes permanentes.

SCHEMA APRES AVOIR PLACE LA CLEF DE CONTACT AU PREMIER CRAN

Le schéma ci-dessus montre ce qui se passe quand on tourne la clef de contact au premier cran. On voit bien que le voyant de charge s’allume, ce qui n’est plus le cas actuellement. Ce même schéma est valable quand le moteur tourne mais que l’alternateur ne fait pas son boulot. Pour ce dernier cas, le voyant fait vraiment ce pour quoi il est payé.

Le dessin ci-dessous représente le même circuit mais cette fois moteur tournant et sans problème de charge. C’est simple non ?

CONTACT MIS ET MOTEUR TOURNANT (VENTILATEUR EN MARCHE)

L’absence de 12v sur le fusible 3 (F3) peut avoir plusieurs origines, à commencer par un mauvais contact sur ses bornes ou sur la cosse du fil 33. Autres causes, un mauvais contact dans le Neman, un fil coupé (Fil 33) ou un mauvais contact sur le connecteur « M » (voir schéma simplifié global).

En allant un peu plus loin dans mon enquête, je constate que ce même Neman alimente, en position contact (soit le deuxième cran de la clef), le fusible numéro 4 qui protège les deux indicateurs du tableau de bord à savoir, la jauge à essence et la température d’eau. Comme ces deux éléments avaient cessé de travailler en même temps que le ventilateur et qu’ils avaient repris leur job sans intervention de ma part, je soupçonne un faux contact au niveau de ce foutu Neman ou du connecteur « N »

Bon ! Je viens d’entendre la nuit tomber. Je laisse mes coupables en garde à vue et repousse leur interrogatoire à la prochaine occasion. Pour l’instant, je me contente d’essuyer Titine et de lui remettre sa bâche de protection.

Recherche de pannes

Vous connaissez la différence entre fiction et réalité ? Non … ? Et bien, dans la fiction, tout semble vrai, tout est possible, même les aberrations technologiques alors que dans la réalité, nous sommes confrontés à toutes les difficultés dues aux lois physiques de notre univers ! Et bien là, dans mon enquête pour trouver ma panne électrique, j’étais dans la fiction ! En effet, tout parait clair et logique sur mon schéma. Mais une fois sur place, alors que je m’apprête à faire la preuve de ma belle théorie, voltmètre à l’appuie et appareil photo à la main, je me retrouve confronté à quelques incohérences.

En 1 : Le réceptacle qui sert de boîte à fusible compte 5 fusibles et non 4 comme sur le schéma.

 

Bon ! J’ai simplement oublié que le cinquième a été rajouté par votre serviteur pour alimenter la cucaracha. Si en plus je corse la difficulté ! Ça frôle le masochisme … Petit rappel quand même : Le gadget tonitruant alimenté par ce fusible ne fonctionnait pas non plus. Et pourtant là, j’ai bien 12 volts dessus ?

En 2 : Le nombre de fils par fusible ne semble pas correspondre ! Sur le numéro 3, je devrai avoir 4 fils d’un côté et 3 de l’autre (d’après le schéma) et là, j’en n’ai qu’un de chaque côté ? J’aurai dû m’en douter ! Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours le modèle de voiture qui correspond à aucune données constructeur. Ça vous arrive aussi …?

En 3 : En mettant le contact, aucun voyant ne s’allume. Il en va de même de la jauge à essence et de la température d’eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vois déjà à votre expression que vous doutez de mes facultés mentales puisque ce mauvais comportement de Titine est précisément la cause de cette recherche de panne ! Laissez-moi finir… ! Jusque là, rien de nouveau, certes ! Mais quand je mets le ventilateur en marche, le voyant de charge ne s’allume plus ! Alors là, c’est pas glop du tout. Je vois déjà toute ma belle théorie tomber à l’eau et le bonnet d’âne de l’élève qui n’a rien compris  arriver sur mes oreilles. Par conte, je n’entends pas non plus le bruit de crécelle ou de feuilles broyées que ce foutu ventilo devrait émettre. Toute ma théorie est basée sur l’éclairage du voyant, simultanément à la mise en route des essuie-glaces ou du ventilo ! J’essaie aussi les essuie-glaces ! Même constatation ! Bouuuuuuh ! Les symptômes ne sont plus les mêmes …

Je mets quand même le contact et lance le moteur ! Rien ne bouge sur le tableau de bord à part le compte-tour ce qui veut dire que ma panne est toujours là.

Petit tour dans le capot pour tester tous les fusibles.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand je les teste, il n’y à plus aucune logique. Le fusible qui devrait être le numéro 3 reçoit bien le 12 volts, contrairement à ce que voudrait ma théorie.

Le Numéro 4 n’a, dans un premier temps, aucune tension qui lui arrive dessus. Bon ! Cela correspond bien au défaut jauge et température. Mais quand je remonte dans Titine, la jauge fonctionne ? Retour vers le fusible… Tiens, cette fois j’ai bien 12 volts. Ça, ça sent le faux contact à plein nez. Un petit coup de jaja dessus et tout semble rentrer dans l’ordre. J’en profite pour asperger tous les fusibles avec la bombe miracle.

Pour vérifier ce qui se passe sur le fusible 1, je mets les veilleuses. Le voyant vert ne s’allume pas, ce qui est normalement anormal. Mais lorsque je mets le voltmètre sur le fusible 1, quelques choses change à l’avant de Titine… Ce sont les loupiotes des veilleuses qui viennent de s’allumer. Retour dans Titine et là ; oh surprise, tous les voyants brillent normalement et les deux indicateurs eau et essence ont repris le travail. Là aussi, ça sent le faux contact. Je lance le ventilo de climatisation (ça me fait marrer ce therme)… Il est aussi vif qu’un junkie shooté au LSD. J’essaie les essuie glace. Même constat ! Ils mettent presque dix secondes pour faire le parcours allez et retour. A cette vitesse, les gouttes d’eau n’ont qu’à bien se tenir…

Bon ! Je vais attendre d’avoir plus de temps pour investiguer plus profondément … Entretemps, je décide, au chaud, de jeter un œil sur le câblage du tableau de bord. En fouillant chez mon copain Internet, je débusque, après moult recherches, une photo du circuit imprimé de 304S qui semble correspondre tout à fait à mon tableau de bord. Je repère bien tous les voyants et les deux connecteurs … Super !

J’aurais pas dû me réjouir si vite car le câblage du premier voyant, celui qui m’intéresse, en l’occurrence le voyant de charge, ne correspond pas du tout au brochage de la revue technique. Ben voyons … ! Cela confirme le point 2 de ce chapitre. Il faut dire aussi que tous les manuels techniques que j’ai achetés, pour entretenir ce cabriolet, version simulateur de panne pour recyclage mécanicien, concernent uniquement les modèles de 304 d’avant 1972, Alors que Titine est de fin 1973. J’arrive pourtant à dénicher un schéma électrique correspondant aux modèles d’après 1973. Je devrais donc retrouver mes petits…Non ?

La dessus, je me lance dans un exercice que j’adore à savoir : essayer de retrouver le bon brochage des connecteurs à partir de l’implantation des voyants sur le circuit imprimé. J’en tire le brochage suivant (a une ou deux incertitudes près concernant la jauge à essence et la température d’eau).

Le tableau de bord a dû changer entre temps, car là aussi, rien ne correspond. Pour les fans d’électricité auto, on peut voir que même avec ce schéma plus récent, l’ordre des fils n’a rien à voir avec la réalité (si réalité il y a).

Bon ! Je me fais une raison et décide de reprendre l’enquête à zéro avec le peu d’informations exactes dont je dispose, à savoir :

  • C’est une Peugeot 304S
  • Elle a bien une boite à fusible
  • Elle est bien équipée d’un tableau de bord à compteurs ronds
  • Elle ne fonctionne pas correctement

Je sais ! C’est maigre … ! C’est pour cette raison que je décide d’en rester là pour aujourd’hui. Je verrai ça un peu plus tard, au grand jour et au calme…

ProblèmeS électriqueS KO :

Lundi 13 février : Il est 17h00 et je suis bien décidé à tordre le coup à mon problème électrique. Même si ce 13 février ne tombe pas un vendredi, je crois à ma chance. En fait, la chance n’a rien à voir là dedans. Il suffit de procéder avec méthode. Comme les schémas électriques que j’ai à ma disposition sont faux, je vais procéder en partant de la source.

Premièrement, trouver une bonne masse pour le moins de mon voltmètre. Je la trouve en coinçant ma pointe de touche dans l’écrou de fixation du cric. Vérifier ensuite les arrivées du 12 volt sur ma « pseudo » boîte à fusible et ce, dans toutes les positions de la clef de contact. Problème mathématiques de CE1 : j’ai 5 fusibles et 3 positions, combien dois-je faire de mesurages ? Quinze mesurages Monsieur … (sans calculette) ! Corsons la difficulté ! J’en profite pour vérifier si j’ai la même chose de l’autre côté de chaque fusible ! Trouvez le nouveau nombre de mesurages … Oups ! Cela fait 30 mesurages ! Comme ma mémoire est aussi fiable que celle de Dory la Dorade dans Némo, je décide de prendre des photos du voltmètre et de ma main faisant la mesure ainsi que de la position de la clef de contact. Je ferai une analyse à postériori et à tête reposée.

                                       

 

 

Bon ! Je vous fais grâce de toutes les photos mais je vous jure que je les ai toutes prises. J’en mets juste 5 pour le principe ! Celles-ci sont prises avec le contact coupé (position « A »).

Je fais la même chose avec la clef en position garage (position « G » … mais ça n’a rien à voir avec le point que certains cherchent encore chez leur dame). Tous les fusibles ont 12 volts aux deux bornes sauf le « F1 » et le « F4 » qui ont 0 Volt. Vous devez me croire sur parole car sinon, je vous colle toutes les photos … Non mais … !

Rien d’anormal puisque le « F1 » correspond aux veilleuses (d’après le schéma de la RTA) et qu’elles sont éteintes, et le F4 correspond à un 12 Volt après contact (position suivante de la clef). Toujours d’après le schéma, c’est ce fusible « F4 » qui alimente le voyant de charge et sans doute aussi, la jauge et la température d’eau.  

Petite précision : j’ai nommé le premier fusible « F0 » car c’est celui que j’ai rajouté pour la Cucaracha. Déjà que c’est pas clair pour ceux qui veulent suivre, je ne souhaite pas entrainer de confusion dans vos esprits.

Bon ! J’en ai largué combien parmi vous ? Aucun ? Menteurs … Allez, c’est pas grave ! Je continue. C’est bientôt fini !

Troisième position de la clef : position « M » comme « Marche ». Aucun voyant ne s’allume au tableau de bord, et la jauge à essence ne sourcille même pas pour m’indiquer ne serait-ce qu’un réservoir vide. Aucun signe de vie … Je suis presque soulagé car ma panne est toujours présente. Il n’y a pas pire qu’une panne qui s’en va et qui revient ! Allez chercher une panne qui n’existe pas ? C’est un peu comme chercher la maison du père Noël dans le Sahara. Vous êtes pas près de la trouver …

Retour à mes mesurages. Le 12 volts (en réalité 10 volts) apparait bien sur tous les fusibles (sauf le F1) côté arrivée mais le voltmètre indique un beau 0 volt sur le départ du «F4 ».

 

 Ah ! Enfin quelque chose qui marche pas ! Le jus ne traverse pas le fusible « F4 ». Je vous entends chuchoter !

  • « Ben c’est qu’il est mort son fusible … ! ».

Voilà la photo du mort !

Vous le voyez mort vous ? Ben pas moi ! Un petit coup de contrôleur (ohmmètre) dessus me donne raison (m’enfin… !). Ce fusible se porte à merveille. J’entends vos critiques : « il nous prend pour des lapins de six semaines avec sont fusible mort vivant … ! ».

J’oserai pas ! La vérité est ailleurs (tiens, ça me rappelle un feuilleton de science fiction ça !). Allez, je vous dévoile le pot aux roses ! En réalité, une couche d’oxyde s’est formée entre le contact du fusible et la petite languette qui le supporte. Même en tournant le fusible sur lui-même, comme beaucoup le fond (moi le premier), cette pellicule ne part pas. De ce fait, pas de 12 volt sur le tableau de bord (Fil 29 du tableau de bord) et donc, pas de fonctionnement des voyants ni de tout ce qui est mis en service par la clef de contact (position « M »).

Je ris intérieurement car tout mon raisonnement précédent (voir chapitre Recherche de panne) est conforme à la réalité et je ne passerai pas pour un con… (Pour ce dernier point, je ne suis qu’à moitié rassuré !).

Bon ! C’est pas tout d’avoir trouvé le défaut. Il faut y remédier. Je retire le fusible de son support et, avec un petit bout de papier de verre à gros grain, je nettoie tant bien que mal la petite languette. J’en fais de même côté fusible (un brin de toilette ne fait jamais de mal !) puis je remonte le tout, non sans avoir aspergé l’ensemble avec du produit spécial contact.

Je remonte dans Titine. Instant de vérité. Je tourne la clef en position « M » et …Euréka !  Ça marche… Le voyant de charge s’allume ainsi que celui du frein à main et la jauge à essence indique un réservoir à moitié plein (ou à moitié vide… c’est suivant votre humeur !).

Petite vérification au voltmètre… J’ai bien 12 volt des 2 côtés du fusible « F4 ». Je lance le moteur et place la manette du ventilateur à fond. J’entends de nouveau son doux bruit de hachoir … et le voyant de charge ne s’allume plus. Je lance les essuie-glaces … Ceux-ci démarrent à une vitesse plus que raisonnable compte-tenu que le pare-brise est sec de chez sec et le voyant de charge ne s’allume pas non plus. I am happy … (Je suis heureux … pour les réfractaires de la langue de Shakespeare). Je laisse tourner un moment le petit 1300 pour vérifier si le thermomètre d’eau décolle bien de la position correspondant à la température de l’azote liquide… Tout va bien de ce côté-là aussi. Un petit coup de veilleuse… Le voyant vert s’allume normalement ! Feux de route … Le voyant bleu brille de tous ses éclats contrairement aux feux qui eux, sont du même acabit que les lampes à huile équipant les premières voitures (comment ai-je pu rouler avec de tel feux quand j’avais 18 ans ?). Que demande le peuple ? Je retrouve enfin une Titine avec toutes ses fonctions. Que du plaisir !

Côté bruit de crécelle dans le moteur, je pense avoir trouvé la cause. Apparemment, ce serait la tôle que j’ai placée sous le cardan qui vibrerait contre le pot d’échappement.  Je règlerai ce problème plus tard car pour l’instant, je ne tiens pas à transformer mes doigts en saucisses grillée au vu de la température qui règne sur l’ensemble. Je reste cependant un peu septique car je perçois bien un autre bruit, moins net, côté pompe à eau.

Dernière petite chose qui aurait pu avoir une certaine importance. En regardant le schéma d’un peu plus près je viens de me rendre compte que le fusible 4 alimente aussi l’électro embrayage du ventilateur moteur (Fil 57). Alors ça, c’est pas top car si le problème était arrivé par grosse chaleur, j’aurai encore transformé Titine en geyser … Pauvre joint de culasse !

Ne boudons point notre plaisir ! Mon petit cabriolet fonctionne normalement et je pense saisir une prochaine occasion pour faire une bonne balade…

Une bonne balade :

Mercredi 15 février 2017 : L’occasion que j’attendais pour faire un tour avec Titine se présente aujourd’hui. Je viens de décider de passer chez mes parents et, si dans un premier temps l’idée de prendre la C5 me parait logique, l’envie de prendre le petit cabriolet commence à germer, voir à me déclencher des picotements dans l’hypothalamus. Je pèse le pour et le contre car vu le temps qui m’est imparti, je vais devoir prendre l’autoroute. Vaulx-en-Velin me parait loin pour Titine mais à bien y réfléchir, je n’ai qu’un peu plus de 50 kilomètres à parcourir. Une paille à côté de nos sorties groupe qui tournent souvent autours des 100 à 130 kilomètres. Cette première objection levée, reste la prise de l’autoroute. Il faut dire que je n’en garde pas un très bon souvenir. La première fois que j’ai fait cette tentative (voir le chapitre « la Traboulée »), cela s’était soldé par le coup du piston en grève … Je lève aussi cette objection en me disant que Titine va beaucoup mieux et que rouler 40 kilomètres à 110 kilomètres à l’heure, ça devrait le faire. Dernier point : Stationner ma petite voiture dans Vaulx-en-Velin ! Cela revient à laisser un lingot d’or sans surveillance, à porter de main d’un joueur compulsif en dette avec un bookmaker mafieux. Peu de chance qu’elle reste en place le temps de ma visite. Comme mes parents habitent dans une résidence d’anciens, fermée avec un gros portail électrique digne de Fort Knox, je lève aussi cette dernière objection. 

Me voilà donc en train de charger Titine avec la caisse à outils indispensable, mon appareil photo pour le cas où je doive faire un petit topo sur une panne intempestive … (les pannes peuvent elles être autres qu’intempestives ?), le bidon d’essence (vu la précision de la jauge), le bip du télépéage (j’ai du mal à ouvrir les vitres au péage) plus tout ce qui traîne naturellement dans ce coffre plus magique que le sac de Mary Poppins. Comme il ne fait que 6 degrés, et que je dois prendre l’autoroute, je décide de ne pas décapoter. La température ressentie étant égal à la température ambiante moins la vitesse du vent divisée par dix, à cent-dix kilomètres heure, mes oreilles seront soumises à la température de la glace fondue. C’est pas top !

Une fois paré, je mets le contact … Tous les voyants s’allument normalement … Ouf ! Je lance le démarreur … oups ! Il est à la limite de la crise de tétanie. J’entends les compressions arriver les unes après les autres avec la lenteur d’un paresseux flegmatique. La batterie a dû être très affaiblie par les essais de recherche de pannes électriques. Ou alors, elle a un problème, ce qui serait dommage vu que je l’ai changée l’an passé. Mon moral est prêt à rejoindre mes chaussettes quand le moteur démarre impeccablement ! "Ça, je l’aurai pas cru !" Je me loue d’avoir révisé l’allumage depuis peu. Je recule un peu et ouvre le portail électrique avec la télécommande que j’ai récupérée dans la C5. Zut ! Voilà que Titine cale juste dans l’entrebâillement du portail ! Je relance le démarreur ! Oups ! Il est encore plus mou que la première fois. Dilemme ! Si la batterie me lâche complètement maintenant, je vais devoir sortir vite de la voiture pour verrouiller le portail avant que celui-ci ne décide à se refermer automatiquement. Sinon, Titine va jouer au jambon beurre entre deux tranches de pain et çà, ce n’est même pas envisageable ! Par miracle, le petit 1300 repart après un tour de démarreur seulement ce qui me permet de reculer assez loin pour être à l’abri de l’étau des deux vantaux.

Le temps d’attacher ma ceinture de sécurité et me voilà parti pour prendre l’autoroute. Je repousse légèrement le starter (mais pas à fond) car je ne tiens pas à caler une deuxième fois. Le moteur tourne rond, la jauge indique un niveau quelconque compris entre je ne sais combien de litres et le vide total. Je me fie au compteur kilométrique journalier pour estimer si je peux faire les 50 kilomètres sans ravitaillement. Ce dernier indique 170 kilomètres depuis le dernier plein. Sachant que Titine consomme environ 10 litres au 100 kilomètres et que le réservoir a une capacité utile de … ? A vrai dire, je n’en sais rien ! Tan pis! Ce que je sais, c’est que depuis que j’ai remis ce réservoir en état après résinage et remplacement de la jauge, je refais le plein tous les 250 kilomètres. Vu ce premier trajet de 50 kilomètres, ça devrait coller ! Côté voyants, tout va bien. Celui de charge reste complètement éteint ce qui n’est pas dans ces habitudes, même si c’est parfaitement normal avec un alternateur qui fonctionne bien. Aurais-je solutionné un autre problème sans le savoir ? C’est possible ! Aussi, je reste serein face à ce mystère. Côté température d’eau, elle monte jusqu’à mi course puis redescend dans la zone blanche. J’ai ce problème depuis sa dernière bouffée de chaleur. Cette foutue température, après avoir atteint des sommets interdits, refuse depuis de passer le milieu de la zone tempérée et ce, quelques soient les circonstances. Une vérification de l’ensemble sonde et indicateur semble nécessaire. Je verrai ça plus tard.

C’est donc avec une Titine parfaitement sure … que j’aborde le péage de l’autoroute. C’est là que j’apprécie d’avoir pris le télépéage car la manœuvre des vitres, à l’ancienne, avec la poignée et le poignet, tout en tenant le volant d’une main dans une zone relativement étroite, reste une opération délicate. Surtout que sur cette auto, il faut des bras de camionneur pour les monter ou les descendre ces vitres! J’ai bien déjà essayé de graisser l’ensemble du mécanisme, mais cela a eu autant d’effet que de pisser dans un violon.

Me voilà sur cette fameuse autoroute et tout va bien. Même si j’ai dû glisser Titine derrière un trente cinq tonne, n’ayant pas pu atteindre la vitesse nécessaire pour lui passer devant en bout de piste d’accélération, le petit 1300 tourne comme une horloge. Au fil des kilomètres je le sens se décrasser ! L’aiguille du compteur atteint même les 120 kilomètres heure (110 chrono). Comme il y a une alerte antipollution avec obligation de réduire sa vitesse de 20 kilomètres heure, mon allure de croisière ne gène pas les autres usagés. Je peux donc doubler les poids lourds sans complexe et sans faire ch... tout le monde. Tout baigne et je commence à savourer mon plaisir.

J’arrive déjà à Vaulx-en-Velin où mon père m’ouvre le portail depuis son appartement. Je gare Titine entre deux voitures le long d’un trottoir. Même si la direction assistée n’a pas encore été installée sur ce modèle, et que, pour tourner le volant sur place, il est nécessaire d’avoir fait un peu de culturisme, le rayon de braquage de cette petite 304 est tout simplement remarquable. Avant elle, je n’ai jamais eu de voiture capable de faire un demi-tour sur route en une seule manœuvre. Aussi, faire des créneaux devient un jeu d’enfant (musclé quand même) Le lion avait fait très fort sur ce coup là.

A 16h00, je décide de quitter les lieux pour retourner chez moi. Le démarreur retrouve toute sa vigueur. La batterie a donc repris de la charge, signe que l’alternateur à bien rempli son rôle. Le compteur kilométrique journalier indiquant 225 kilomètres, un passage à la pompe s’impose. Je sais que, juste avant le péage de l’autoroute, il y a une grande surface délivrant de l’essence pas trop chère (tout est relatif car Titine tourne au Super 98).  Je me dirige donc vers ce lieu de ravitaillement.

Après avoir fait le plein, soit 26 litres, une envie folle de décapoté me chatouille le bas des reins. Sur la station d’essence, je mets Titine en version cabriolet et me voilà reparti, casquette au vent. L’air est toujours un peu frais mais c’est très supportable. Arrivé au premier rond point, avant de reprendre l’autoroute, je décide de laisser tomber la solution rapide et de revenir chez moi par la nationale.

Je passe donc par St Maurice de Beynost tout en sachant que ce trajet comporte environ 500 feux tricolores et qu’atteindre ne serait-ce que les 70 kilomètres par heure frôle l’utopie. Je goutte enfin à la joie de rouler en sentant toutes les odeurs extérieures. Des odeurs de pains cuits en passant devant la boulangerie, de parfum de fleurs devant le fleuriste et de … gaz d’échappement en attendant au feu rouge (tout peu pas être parfait...!)

Au sortir de La Boisse, je vois le panneau Tramoyes. Ce nom de patelin me rappelle mon enfance car mon grand-père allait chasser par là (ou il en parlait souvent pour d'autres raisons). Un coup de clignotant à gauche et me voilà parti sur les routes de campagne en direction de Tramoyes. Et si je poussais jusqu’à Rillieux ? Pourquoi Rillieux me direz-vous ? Parce que j’ai la moitié de mes origines dans cette petite ville. J’y ai aussi tous mes meilleurs souvenirs d’enfance. D'ailleurs, j’en profiterai pour passer au cimetière !

Le parcours sur ces petites routes est un vrai bonheur. Le moteur ronronne de plaisir. La température d’eau reste désespérément en dessous de la zone normale mais je sens la douce chaleur du chauffage sur mes jambes et mes mains, signe que ce n’est, sans doute, que l’indication qui est fausse. 

Arrivé à Rillieux, je suis déçu de voir que la rue Pasteur où habitaient mes grands- parents est barrée pour travaux. Je prends donc la route de Strasbourg où je tombe sur un bouchon. Ca me rappelle les grands départs en vacances quand, avec mon frère, on regardait toutes ces voitures et camions bloqués sur la route, à travers le portail de notre oncle,. Si j’avais su que je me retrouverai bloqué au même endroit 50 ans plus tard ! J’avance au pas et la température monte légèrement sans toutefois dépasser le milieu de la zone normale.

Après un bon quart d’heure et 500 mètres parcourus, je décide de passer par un autre chemin. Heureusement que je "crois" connaitre le coin ! Quand je dis croire, c’est le mot exact car, après avoir fais 3 fois le tour du quartier, je n'ai toujours pas trouvé le cimetière. Comme par hasard, je me retrouve systématiquement au même endroit.

Au quatrième tour, je demande à une première femme sur le trottoir (Non ! Elle marchait sur le trottoir… Canaillous va… ! ).

  • « Désolé, je ne suis pas du coin ! ». me dit-elle gentiment.

Une autre femme (Pas besoin de descendre la vitre à chaque fois puisque la capote est baissée) :

  • « Je ne sais pas ! »

Décidément … ! A l’intersection suivante, je vois un brave homme sur le bord de la route. Je m’arrête à sa hauteur.

  • « vous savez où se trouve le cimetière s’il vous plait … ? ».

Le quidam se rapproche de Titine, se penche par-dessus la portière et … Rien ! J’attends une dizaine de seconde en regardant dans le rétro pour voir si je ne gène personne. L’homme est toujours là, penché, les yeux dans l’attente de quelque chose, mais aucun signe d’une quelconque activité cérébrale ! Merde ! Il a buggé … La question était-elle trop compliquée ? J’attends encore quelques secondes quand soudain, sa phase de réinitialisation se termine.

  • « Vous allez jusqu’au rond-point puis vous prenez à droite et de nouveau immédiatement à droite ».
  • « Ah ! Merci beaucoup !» Ouf, je me voyais déjà responsable d’un homicide par imprudence… !

Le quartier changent tellement vite que je ne reconnais plus rien. De plus, ils ont collé une grande surface juste à côté du cimetière ce qui a complètement déboussolé mon Neurone de l'orientation.

En ressortant, je décide de repasser devant chez mon oncle, route de Strasbourg. Je rencontre le même bouchon mais dans l’autre sens. La cohue des vacances d’il y a cinquante ans s’est transformée en cohue journalière. « M’en fou ! J’suis pas pressé… ! ». Cependant Titine supporte mal ce « roulé pas à pas ». Même si madame la sonde m’indique toujours une température largement dans les normes, d’autres signes me font pressentir une chauffe légèrement excessive (faut vraiment vérifier cette sonde). Je ressens une légère odeur d’huile chaude, de liquide de refroidissement passé en phase vapeur et de fièvre d’embrayage. De plus, pour une raison qui m’échappe, voilà que le petit 1300 décide d’accélérer sans que je lui demande rien. L’aiguille du compte-tour indique 1500 tours minutes alors que quelques instants plus tôt, elle restait sagement à 900 tours minutes. Un petit coup sec sur la pédale d’accélérateur et le régime, montant dans un premier temps à 3000 tours, revient doucement à 950 tours. Je pense qu’il doit y avoir un phénomène de dilatation au niveau de l’embase du carburateur qui génère une entrée d’air. Ce phénomène est d’autant plus amplifié que cette embase est parcouru par le circuit de réchauffage du carburateur. Petite erreur de conception ou future panne en perspective ? C’est dans cette phase de réflexion que je sors enfin de Rillieux après avoir parcouru 1500 m en 20 minutes (je fais beaucoup mieux à pied … !)

Au sortir de la ville, j’ai le choix entre rentrer par Villard les Dombes, ou passer par Miribel et Meximieux. C’est ce deuxième trajet que je choisis.

Au Mas Rillier, je descends par la Montée Neuve (pas ma faute… ! C’est comme ça que s’appelle cette descente). Quand j’étais Gamin, nous l’appelions la descente de la Madone à cause de la statue gigantesque de la Vierge qui se trouve dans un virage en épingle, presque à son sommet (pour ceux qui auraient l'idée de prendre ce virage trop vite sans doute !). Avec Titine, pas de problème car je la laisse descendre au frein moteur, juste pour le plaisir d'entendre les douces pétarades de son échappement (un mélange un peu riche, sans doute !).

Arrivé en bas, je me retrouve de nouveau dans un flot de circulation qui, s’il m’empêche de profiter pleinement des 76 chevaux (faut faire avec ce qu’on a), évite de me cailler les meules en limitant la vitesse à 50 kilomètres heure maximum. De ce fait, je suis bien… mais bien… mais bien ! Zen … ! Trop Zen sans doute car malgré l’air, je suis en train prendre un coup de pompe ! Bon ! S’agirait pas de venir  sniffer l’arrière de la voiture qui me précède avec le capot de Titine. Heureusement, la cadence s’accélère un peu avant Meximieux, sur une belle ligne droite nommée « La Grande Dangereuse ». Cependant, nous ne dépassons pas les 70 kilomètres heure à cause d’un gland qui se traine devant. Je tenterai bien un dépassement mais, soit il y a quelqu’un en face, soit il y a une bande blanche ! Je vois enfin une zone dégagée mais hélas, je sais qu’a environ 500 mètres, il y a une boîte à recette fiscale. Même en accélérant à fond pour doubler et en freinant, je n’aurai pas le temps de redescendre en dessous de la barrière d’imposition forcée…Tant pis ! Je reste derrière Monsieur le gland.

Arrivée dans Meximieux, comme cela fait longtemps que Titine tourne à un régime qu’elle n’aime pas (en quatrième à 2000 tours minute), je décide de prendre une route que j’affectionne particulièrement, même si elle me rallonge un peu. Je prends donc la direction de Chalamont. C'est une belle départementale avec de superbes lignes droites et surtout, avec peu de circulation.

Ce que je ne vous ai pas encore dit sur mon petit cabriolet, c’est que ses rapports de boîte sont assez mal étagés. Les trois premiers servent uniquement à passer les 60 kilomètres heure. Après, vous pouvez rouler sans problème de 60 à 156 kilomètres heures en quatrième. C’est pratique sur route et autoroute, mais terriblement chiant entre 50 et 70 kilomètres heures vu qu’en troisième, le moteur tourne trop vite et qu’en quatrième, il tourne trop doucement.

A partir de Chalamont, je peux rouler pénard et profiter de ces derniers instants de sensation de liberté en humant l’air frais, l’odeur de la terre humide, des sous bois et autre parfums de la nature. Malgré le bruit, j’entends quelques oiseaux.

En résumé, j’ai parcouru un peu plus de 140 kilomètres.

Sur la dernière partie du parcours, j’ai fait un petit bout de film pour partager cet instant de plaisir (les odeurs en moins). Que du bonheur ...!

(voir la vidéo ci-dessous) 

 

Vidéo prise sur le parcours ci-dessus !

Préparation pour première expo …

Vendredi 24 février 2017 : Le printemps approche et j’envisage une première sortie en groupe ce dimanche. Il y a une foire expo d’anciennes (voitures) à Villette d’Anthon et je compte bien y aller avec Titine. Petit coup d’œil sur la météo … tout devrait être bon ! Le petit cabriolet n’ayant pas eu de toilettage depuis le mois de septembre 2016, il est peut être temps de lui redonner un peu de brillance, et surtout, de lui passer un coup d’aspirateur à l’intérieur.

J’envisage de faire cette toilette après avoir géré une urgence : une fuite sur le circuit d’eau froide de la maison. J’espère ne pas perdre trop de temps avec cette tâche subalterne car le nettoyage de Titine est autrement plus intéressant. Pour une fois, tout ce passe bien côté urgence, et même s’il persiste une minuscule fuite (1 goutte par heure), rien ne me détournera de mon objectif de la mâtinée.

Je profite que ma chère et tendre soit partie pour sortir tous les sacs où sont rangés mes bombes « rénovateur de plastic », mes « Polish », mes crèmes a bronzé pour les chromes, le pschitt pschitt pour laver les carreaux et mon pulvérisateur de produit pour les jantes. Pourquoi « mes » me direz-vous ? Tout simplement parce que dès que j’ai eu Titine, je me suis mis en quête du produit miracle qui la rendrait comme neuve. J’ai donc acheté petit à petit, toute une panoplie de produits en tout genre (en double ou en triple) qui s’avèrent être aussi efficace (ou inefficace) les uns que les autres.

Je commence par les chromes et les jantes. Je passe ensuite à la phase nettoyage des vitres. Cette opération (que j’évite de faire pour la maison) ne doit pas me poser de problème (toujours ce verbe devoir …). Tout va bien jusqu’au moment où je décide de nettoyer la glace du phare avant gauche ! Un petit coup de pschitt pschitt puis un petit coup de chiffon et …Bling … le phare se décroche ! Tel l’alpiniste venant de chuter suite à une prise loupée, le bloc optique pend lamentablement, juste retenu par les fils d’alimentation de l’ampoule ! Boudiou … ! Dire que je roulais comme ça ! Bon ! Peut-être qu’avec le capot fermé, le bloc ne serait pas tombé, mais quand-même !

Le problème, je le connais. Les optiques sont retenues, sur la partie inférieure, par deux ergots en plastique rigide qui font office de ressort.

 

La partie supérieure est maintenue par un ressort et par le système permettant de corriger l’assiette de la voiture quand le coffre est plein (ce qui est pratiquement toujours mon cas). C’est de la partie inférieure que le problème vient. Un des deux ergots est usé et ne fait plus son boulot (encore un gréviste ou un presque retraité).

Le phare tiens donc parce que c’est la mode mais c’est pas sérieux…

Le remède : démonter le support complet de phare pour donner un petit coup de lime sur le morceau de plastique incriminé afin de lui redonner une arrête vive (voir dessin).

 

Après ce petit coup de lime expert et le remontage du support, le phare retrouve enfin une fixation digne de ce nom. Reste plus qu’à finir le nettoyage.

Petit inventaire de tout ce qui traine sur la moquette et sous les sièges avant de passer l’aspirateur. Je trouve les sempiternels papiers publicitaires récoltés généreusement au fil des rassemblements, le dossier roadbook datant du 18 septembre 2016, quelques pièces de 5 et 10 centimes, des bouts de tuyau vinyle ( ?), des clips, des … en un mot, une poubelle. Tout ça parce que je ne jette rien sur la route (contrairement à ce que font certains gorets) et parce que, une fois arrivé à la maison, j’oublie de vider ce que j’ai délicatement jeté sous les sièges. Bon ! Après avoir soigneusement rassemblé tout ce fourbi pour le placer dans le réceptacle à ordure de la maison, (sauf les pièces de monnaie, les bouts de tuyau, les différents petits clips et autres), je passe un bon coup d’aspirateur sur la moquette et sous les sièges. Je vois déjà vos remarques : « mais qu’est-ce que tu as jeté alors ? »… « Et qu’as-tu fais de tout ce fourbi ? ». Et moi de vous répondre : « Seuls les papiers ont atterri dans la poubelle. Le reste à rejoint la caisse à gluttes placée dans le coffre de Titine, on sait jamais… !».

Encore un coup de bombe à plastique sur le tableau de bord et sur les portières et voilà Titine propre comme un sous neuf à l’intérieur.

Après le nettoyage des jantes, je passe un coup de Polish sur toute la carrosserie. Pour le coffre, je démonte la Véronique. Une fois le coffre bien briqué, je remonte le petit porte bagage chromé. Ce dernier est maintenu par 4 sangles en cuir reliées à 4 crochets venant s’encastrer dans les nervures du coffre. Je commence donc par fixer les sangles du côté droit puis attaque celles du côté gauche. Pour que la véronique soit bien arrimée et centrée, je tire sur la troisième lanière au maximum. Il me reste à fixer la dernière. Comme pour la précédente, je tire dessus pour atteindre le petit trou quand crac… Je me retrouve avec deux bouts de cuir indépendants…

Et mer…! ça, c’est la tuile ! Sans sangle, pas de Véronique et sans Véronique, Titine est toute nue, donc pas présentable. Il faut dire que la vache sur laquelle a été pris le cuir de cette sangle a dû connaitre Louis XVI. Vu que j’ai tiré dessus comme si je voulais cintrer le coffre, il fallait donc s’attendre à ce qu’elle rende l’âme. Bon ! Réfléchissement Nanar …

- « Ben t’as qu’à chercher sur Internet … »

- « Ben non puisqu’il faut qu’elle soit réparé dimanche … »

J’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas comment trouver une lanière en cuir rapidement. Mais tout au fond de mon cerveau embrumé, une petite voix me susurre :

- « et si t’achetais une ceinture en cuir que tu découperas… ! »

Pas con la petite voix ! Reste plus qu’à foncer sur Ambérieu et passer chez un marchant de vêtement.

Premier magasin, j’ai de la chance (pour une fois). Il y a un lot de ceintures accrochées à un présentoir. Reste à choisir la bonne. J’ai pris un morceau de l’ancienne lanière comme modèle. Parti dans un premier temps sur une ceinture noire, le peu de choix dans cette couleur me fait bifurquer sur une de couleur marron. Coup de chance, j’en trouve plusieurs de 32 cm sur le présentoir. N’ayant pas trouvé de ceinture pour cochon d’inde avec des trous proches de la boucle, j’acquière 4 ceintures « made in china » en cuire de vachette véritable pour une quarantaine d’Euros.

Pourquoi 4 ? Parce que je compte bien remplacer les 4 lanières de la Véronique pour une question d’esthétique et parce que les trois autres vont sûrement me faire le coup de la rupture.

De retour à la maison, je pars à la recherche d’un emporte pièce pour faire des trous supplémentaires. Ce matériel ayant été rangé par ma tendre épouse, je le trouve rapidement. La chance continue à me sourire.

Pour ne pas me gourer dans les cottes, je remplace les sangles une par une en commençant par celle qui est cassée.

Je passe la ceinture par le même chemin que la vieille sangle et tire dessus pour savoir où je vais placer le trou. Un petit coup de crayon à papier sur le cuir et voilà mon premier repère.

Je place ensuite la ceinture sur une vieille enclume qui traîne dans le coin, pour faire mon trou à l’emporte pièce…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je replace la ceinture nouvellement percée pour vérifier si le trou est placé à l’endroit qui me permettra de bien tendre la lanière…

Puis je coupe l’excédent en laissant une longueur suffisante pour tirer dessus lors du prochain démontage …

 

Nikel … ! Il n’y a plus qu’à répéter trois fois cette opération !

Et voilà le résultat… Pas mal non ? Sans être fétichiste, je garde quand même les morceaux de cuir coupés ainsi que les anciennes lanières et leur boucle. Cela pourra toujours servir si les coutures faites par des petites mains chinoises viennent à lâcher ce qui risque d’arriver après quelques heures de soleil et de pluie (je ne pourrai pas leur en vouloir puisque les ceintures ne sont pas faites pour ça). Si c’est le cas, le pourrai toujours refaire des sangles avec les bout restants en replaçant les coutures par des rivets. La vachette chinoise doit être aussi résistante que la vachette française non … ?

Après ces deux réparations, Titine est enfin prête pour sa première présentation de l’année 2017 … Tout ira bien … Je croise les doigts !

première sortie en petit groupe DE 2017 :

Dimanche 26 février : C’est le jour tant attendu de cette première sortie groupe du cru 2017. Titine attend sous sa bâche, propre comme un sou neuf. A 14h00, je dois rejoindre un petit groupe du club à la brasserie des rives de l’Ain, devenue notre QG. L’objectif est de faire la route ensemble jusqu’à une expo d’anciennes (je parle de voitures et non d’une résidence de personnes âgées féminines) à Villette d’Anthon.

 

Ce matin, pour être sûr qu’il n’y ait pas de problème avec Titine, je décide de la prendre pour aller faire mes courses du dimanche. Le soleil brille et après 2,376 secondes d’hésitation, je déplie la capote. C’est vrai qu’il fait encore un peu frisquet en cette fin février mais si je ne roule pas trop vite, je ne devrai pas atteindre la température de la cryogénisation qui me transformerait en Hibernatus …(pour ceux qui connaissent leurs grands classiques avec Louis de Funès). Avant de décapoter, je vérifie quand même que le Dieu RA ait suffisamment tiédi le vinyle du toit synthétique car je ne souhaite pas réitérer l’expérience que j’ai faite avec notre autre Peugeot cabriolet. Pour précision : la capote de la 205 s’est carrément cassée (et non déchirée) suite à une manœuvre par temps froid et sec. Pour Titine, la capote est, au touché, a environ 15,73 degrés, ce qui est suffisant pour la manœuvrer sans risque.

Une fois à bord et après avoir quand même enfilé la tenue qu’aurait porté un africain subsaharien pour se promener vers le pôle nord, je lance le démarreur (pas par la fenêtre mais avec la batterie...). Oups ! Celui-ci émet le râle du cochon agonisant… Cette foutue batterie ne tient donc vraiment plus la charge…Va falloir envisager son remplacement ! Cependant, après 3 tours, le petit moteur démarre quelques secondes puis cale. Avant de faire une deuxième tentative, je place le starter à l’endroit qui me semble le plus judicieux et pompe 3 coups sur la pédale d’accélérateur pour mettre un peu d’essence dans le carbu. Le lancement du moteur de Titine dans ces conditions, nécessite un Bac plus 6 en mécanique antique. Deuxième coup de clef… Malgré la lenteur administrative du démarreur, le petit 1300 démarre et, cette fois, semble vouloir se maintenir. Ouf… J’ai bien cru que ma petite virée matinale allait se transformer en démontage de la batterie et mise en charge au chaud.  

Une fois sorti de la maison, je monte un peu en vitesse, et descend aussi en température. Il est vrai qu’au soleil, ça passe… Mais les passages à l’ombre me rappellent cruellement que février, malgré le réchauffement climatique, est toujours en hiver. Etant obstiné (et non point têtu), je persiste à rouler décapoter tout en évitant de dépasser les 70 kilomètres heure (atteindre 90, c’est 2 degrés de moins).

Après les courses, je décide de prolonger la balade pour continuer à recharger la batterie mais en passant dans Varambon, j’aperçois la patronne de la brasserie à sa terrasse et l’envie de prendre un petit café bien chaud me fait oublier la raison de ce détour. Je m’arrête donc tout en laissant Titine garer au soleil.

Après une bonne heure d’arrêt et deux cafés, je reprends la route. Le moteur démarre normalement ce qui laisse présager que je n’aurai pas trop de problème côté batterie dans la journée, et c’est tant mieux… Je décide quand même de prolonger la balade en avalant quelques kilomètres supplémentaires nécessaires à une bonne recharge. Je ne nie pas que le plaisir de rouler dans mon petit cabriolet justifie aussi ce petit détour, même par une température quasi polaire.

13h50 : Il est tant de rejoindre mes collègues du CMBA (Club Mécanique des Bords de l’Ain). La température a grimpé de quelques degrés et cela fait du bien. Arrivé à la brasserie, il n’y a que 2 voitures du club : La Porsche de notre président et la 205 GTI de notre ami Thierry.

Nous attendons un petit moment la venue d’éventuels retardataires. En attendant, je me tape un troisième café offert par la mère de notre président. Si ça continu, je vais finir complètement speed.

14h30 : Nous ne sommes toujours que 3 voitures. Tant pis ! Nous prenons la route en direction de Villette d’Anthon. Malgré un petit réchauffement, la température n’a pas encore atteint une valeur suffisante pour éviter les engelures aux mains, les lèvres gercées et les yeux rouges. Sachant que mes deux collègues ne vont pas rester sous la barre fatidique des 100 kilomètres heure compteur, j’enfile une paire de gant et met des lunettes de soleil. Pour les lèvres, je remonte le col de ma polaire. C’est ainsi paré que je prends la route en suivant tant bien que mal la Porsche rouge de mon président. La 205 file devant, oubliant parfois que nous sommes 3.

Je ne sais pas si vous avez déjà roulé en cabriolet en suivant une Porsche équipée d’un pot style Devil ou DTM mais le ronflement de cet équipement sport empêche toute analyse auditive de ce qui se passe dans votre propre véhicule. Comme je conduits la plus part du temps au bruit (sauf à ceux de carrosserie pour les manœuvres), je me retrouve un peu handicapé. Je fais donc confiance au compte-tour et à la mécanique de Titine. Nous suivons quelques temps quelques quidams qui roulent pépère (mais en faisant ch… les autres usagés) à 70 kilomètres heure. Je sais que cette accalmie ne va pas durer puisque nous allons aborder la déviation de Lagnieu qui me rappelle de tristes souvenirs (voir l’histoire de la courroie cassée). En effet, en abordant cette belle portion à 3 voies, mes deux compères poussent les chevaux de leur monture et me laisse un peu en plan. J’enfonce l’accélérateur et j’entends les 75 Cv de Titine qui rugissent. Je peux les entendre cette fois car la Porsche à pris une petite centaine de mètres d’avance. Je vois déjà votre sourire goguenard ! « Des chevaux, ça rugit pas…! ». Je vous rappelle pour la moultième fois que Titine est une Peugeot et que le sigle de cette marque est … est … ? Un lion… ! Et que fait un lion quand il s’exprime ? Hein ? Et ben il rugit… ! Et toc ! Je disais donc que j’entends et ressens toute la puissance du petit 1300 en doublant les quidams précédemment cités, tout en surveillant le compte-tour et l’organe administratif permettant de ne pas me retrouver en infraction avec la maréchaussée. L’aiguille de ce dernier taquine la graduation 115. Pas glop … même si je me déculpabilise en me rappelant que cet instrument est relativement optimiste sur mon petit destrier blanc, cette allure ne me plait pas trop. Mis à part le sentiment d’être un peu border of line, le blizzard qui me titille les oreilles (puisqu’il n’y plus que ça qui peut être atteint vu mon déguisement) me rappelle cruellement la loi physiologique qui précise que la température ressentie est égale à la température ambiante moins la vitesse du vent divisée par dix.  En l’occurrence, même si le compteur est relativement faux, et compte-tenu des 7 degrés ambiant, je me retrouve à rouler avec une température de – 3 degrés. Fait pas chaud… Mes deux compères, qui ont pris un peu le large, se retrouvent coincés au rond-point suivant, ce qui me permet de les rejoindre. Ouf … Pour la suite du trajet, quelques traines savates, plus un percepteur d’impôt indirect et flashant, font ralentir la cadence. Un avantage cependant de rouler au-delà de la graduation 100, c’est l’absence de vibration dans la direction. Et oui ! J’ai toujours ce problème récurrent…

Arrivée sur place, je comprends mieux pourquoi nous ne sommes que 3 du club. Un gros panneau indique que seuls les véhicules de plus de 30 ans sont acceptés.

Pour Titine, no problem puisqu’elle a fêté ses 43 ans en septembre. La Porsche 924 a été fabriquée entre 1975 et 1989 ce qui la rend éligible. Pour la 205 GTI, sa première année de fabrication date de 1984 ce qui passe aussi. Par contre, les 309 GTI (1989), et autres R19 cabriolet (1991), ça passe plus.

Il reste quelques places suite au départ de quelques voitures que nous venons de croiser. Je me gare entre une LN et une 2CV.

 

Je rejoins ensuite Patrick, notre président et fais un tour avec lui parmi les stands de vente de pièces en tout genre. Je suis tenté par un rétro tout neuf qui pourrait remplacer celui de droite dont le contour en plastique de la glace commence à présenter un certain degré d’obsolescence. Je reporte à plus tard cet achat et continue mon tour. Je profite aussi de l’occasion pour faire, comme d’habitude, des photos de toutes les anciennes exposées. Il y a beaucoup de Citroën traction et de 2CV normales et cabriolets. Je vois à votre étonnement que le mot cabriolet pour une 2CV vous turlupine ! Et bien, pour ceux qui ne connaissent pas, il a existé (et il existe sans doute encore) des kits permettant de transformer une 2cv 4 portes, à l’origine découvrable, en 2CV cabriolet à 2 portes. Le résultat n’est pas toujours heureux, voir même carrément laid, parfois c’est sympa, mais tous les goûts sont dans la nature…

 

Sur le parc, on trouve aussi une magnifique 203 cabriolet …

quelques DS (des vraies), des américaines, un vieux panier à salade (tube Citroën) avec son gyrophare et sa sirène de police,

une R8 Gordini et autres belles pièces pratiquement toutes dans un état impeccable.

 

 

Après deux heures sur place, Patrick et moi décidons de rentrer. Le retour se fait calmement, toujours dans le feulement rauque et les relents d’échappement de la Porsche. Arrivée près de la maison, je donne un petit coup de Cucaracha à Patrick pour le saluer car il habite un peu plus loin. Oups ! Seul le « Cu » est sorti ! Ou sont passées les autres notes ? Sans le « Caracha », ce klaxon est stérile et réduit à une bête corne de brume pour barcasse de rivière !  Je tente de passer sur le klaxon de ville ! Rien ! Même pas un « bronk » ou un « cloc » ! Décidément, encore un accessoire en grève ! Il ne me restera plus qu’à trouver la panne un de ces 4 ! Il me semblait bien que la journée ne pouvait se passer sans un petit problème de derrière les fagots…

Balade en Ardèche :

Vendredi 17 mars 2017 : Nous devons descendre dans l’Ardèche chez des amis de longue date et ça tombe bien car la météo nationale annonce un temps pourri sur la France. Je vois à vos yeux exorbités que vous ne comprenez pas : « pourquoi ça tombe bien ? » D’habitude, on aime sortir par ce qu’il va faire beau non ? Ben nous, c’est le contraire, car les beaux jours sont consacrés aux jardins et, vu les travaux en cours, un jour perdu est un jour perdu. Par contre, en janvier, quand nous nous étions accordés sur la date de ce séjour, j’avais envisagé de prendre Titine. Mais là, je me retrouve déçu comme le quidam moyen à la veille d’un week-end pourri, car qui dit pluie, dit pas de cabriolet … C’est donc la C5 que je prépare ce vendredi matin pour partir ces 4 jours. Départ prévu à 14h00 pour arriver à Viviers à 17h30 ou 18h00 tout en évitant les bouchons quotidiens de fin de journée sur Lyon.

Le planning du matin : petit lavage de la Citroën dans une station d’Ambérieu, le plein de carburant, et passage de l’aspirateur quand je serai de retour à la maison. Tout aurait été super et dans le bon timing si je n’avais eu à m’occuper que de la voiture. Mais la loi de Murphy a décidé de ne pas me lâcher les basquets en cette belle matinée.

Pendant que je suis sur Ambérieu, je décide de passer chez le pépiniériste pour refaire le plein de graines de tournesol. ça, c’est parce que tout les oiseaux sauvages de la région on décidé, depuis plusieurs mois, de se donner rendez-vous chez Nanar, restaurant gastronomique 3 étoiles, fichés au guide du routard des emplumés et que là, la cambuse est vide … C’est en rentrant chez le pépiniériste, pour acheter les 5 kilos de graines que les mésanges morfales consomment en 3 jours, que je croise un ancien collègue de boulot. Nous discutons le bout de gras quand, je ne sais pour quelle raison obscure, je lui parle de notre sortie du week-end, lui glissant au passage :

  • « vu la météo pourrie. On aurait rien pu faire au jardin ! »

Sur ce il me répond :

  • « j’ai regardé ce matin et ils n’annoncent plus de pluie … ! »
  • « T’es sûr ? »
  • « Ben oui ! J’ai regardé hier, ils annonçaient de la pluie et ce matin, sur le même site, plus rien ! »

Voilà que l’empilage bien rangé de mes tâches à effectuer avant le départ prend l’allure d’un immeuble chinois après un séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter. Tout est chamboulé. J’essaie de continuer la discussion tout en envisageant les possibles qui s’offrent à moi. Pas question de reporter notre visite dans l’Ardèche car nous sommes attendus avec impatience, mais par contre, l’envie d’une descente avec Titine commence à me titiller la pompe à ocytocine. Je finis ma discussion, fonce acheter ces graines bénites (car sans elles, je serais resté sur le week-end pourri), et rentre en quatrième vitesse à la maison (même si la C5 en à 6… des vitesses).

Première chose à faire, vérifier les dires du collègue sur Internet. J’ouvre le site qui m’inspire le plus confiance et que j’ai consulté 2 jours avant.  Bon sang ! Il a raison le bougre … Plus de pluie annoncée et même, côté Ardèche, une bonne luminosité et de la chaleur ! Que faire ?

11h00 : ma chère et tendre est partie faire des courses et je ne peux lui parler de ce changement de stratégie. En attendant qu’elle revienne, je sors le matériel pour finir de nettoyer la C5 mais sans conviction. Si on prend Titine, il va falloir aussi faire le plein ! J’en suis là dans mes réflexions quand mon œil averti vise le pneu avant gauche de la 106 du fiston de ma dulcinée. Rêv’je ? Mince ! Il est aussi plat qu’une crêpe de foire ! (pas le fiston… le pneu). Mon neurone à solutionner les emmerdes se met immédiatement en branle ! Première chose : signaler au dit fiston le problème en espérant que celui-ci sache se débrouiller tout seul pour changer une roue. Bon ! De ce côté-là, c’est raté ! Il y connait rien et n’a jamais appris ça… En bref, cela veut dire que je vais devoir lui faire un cours particulier et en même temps me coltiner cette réparation urgente. Pendant ce temps là, le chrono tourne.

11h30 : je viens de clore le problème de la roue crevée. Je sais ! Je suis très loin des temps mis par les équipes travaillant dans les paddocks de formule 1 ! Mais eux, ils sont plus nombreux, n’ont pas un cric pondu par un type qui n’a jamais changé une roue de sa vie, sur une voiture garée dans du gravier en légère pente et dont le frein à main est aussi efficace que celui d’un char à bœuf du moyen âge.  

11h40 : Je m’attaque enfin au nettoyage intérieur de la C5. Ne connaissant pas les intentions de ma douce épouse, je suis obligé de jouer sur plusieurs tableaux, en envisageant des solutions de replis pour le cas où la solution Titine la laisse froide comme un iceberg !

12h15 : La C5 est presque propre et Madame arrive enfin. Je lui expose les faits concernant la météo du week-end et lui susurre l’idée de prendre le petit cabriolet pour descendre. A ma grande surprise, elle est partante et trouve même l’idée super ! Bon ! Changement de programme ! Je laisse tomber la Citroën, range l’aspirateur et la rallonge électrique et m’apprête à partir faire le plein. Je suis arrêté dans mon élan suite à la décision de passer à table rapidement.

  • « Tu feras le plein en partant » me dit ma chère et tendre !
  • « Si tu veux » dis-je, pas contrariant pour deux sous, et trop content de faire une grande balade avec Titine ! Depuis le temps que j’attends ça …

Dans ces moments là, je suis prêt à tout accepter. En parlant de grande balade, j’ignore totalement la distance à parcourir. Un petit tour sur Internet pour voir ! Oups … ! Un bon 220 kilomètres et, par la nationale, 3h46 sans circulation … Si nous partons à 14h00 comme prévu, nous serons chez nos amis à 18h00. C’est juste, mais ça va le faire.

13h30 : Le temps presse et je prends l’idée de recharger la batterie du GPS car je ne connais pas la route pour arriver chez eux. Je le connecte sur le port USB de mon PC et voilà que cet engin de mort m’averti que si je veux qu’il m’indique un itinéraire, j’ai tout intérêt à le mettre à jour. Je m’exécute et attends… Attends … Attends ! Vingt minutes plus tard, il semble prêt à me rendre le service pour lequel on me l’a offert à savoir, m’indiquer le chemin à parcourir et l’heure approximative d’arrivée. Mince ! Il m’indique une heure d’arrivée à 19h00 si je passe par la nationale ! Ca c’est pas glop.

14h10 : je ne sais pas ce que nous avons glandé mais nous sommes toujours à la maison, les valises ne sont pas faites et le plein non plus. Là-dessus, ma moitié me propose de passer prendre du vin à St Pierre de Bœuf. Dans un premier temps, je n’y vois pas d’objection car c’est sur la route. Par contre, je vois les délais se rallonger. C’est un peu comme quand vous acheter une voiture. Au départ, vous avez un certain prix qui semble acceptable mais au fur et à mesure, le vendeur vous rajoute des options et des formalités obligatoires et payantes et la note fait exploser votre budget. Ben là, c’est pareil. Depuis ce matin, la loi de Murphy me rajoute du temps et le retard envisagé pour notre rendez-vous dépasse les limites du raisonnable. Si ça continue, on va arriver demain… Il faut donc envisager une solution pour regagner du temps.

  • « On peut plus passer par la nationale » dis-je plein de contrition ! Il va falloir prendre l’autoroute …
  • « Tu crois ? Ca risque rien ?  Elle va pas tomber en panne au moins ? »

Je reconnais bien l’optimisme débordant de ma chère épouse !

  • « Mais non ! Je ne dépasserai pas le 110 kilomètres heure … Et puis, j’ai déjà pris l’autoroute avec … Alors ! De plus, on n’a pas d’autre solution si on veut arriver à l’heure ! »

C’est avec ces arguments que je clos le débat et commence les valises.

14h50 : Nous voilà presque prêt. Nous ne sommes plus dans le quart d’heure bugiste, celui qui consiste à arriver avec 15 minutes de retard par simple politesse … (enfin, c’est ce qui se dit dans ma région !). Il manquerait plus que Titine fasse des siennes pour démarrer et cette fois, notre balade devra changer à nouveau de destrier. Mais non ! Après avoir fait le checklist indispensable avant tout décollage, elle démarre au quart de tour. Elle a dû sentir le danger. Ouf… ! Je récupère quand-même le télépéage sur la C5 et installe le GPS sur la 304. Ah oui ! J’ai oublié de vous préciser que depuis la dernière fois où j’ai utilisé la Gourde qui Parle toute Seule, j’ai acheté une nouvelle ventouse pour le pare-brise et celle-là, elle tient. Bon ! Il reste à charger les valises, le sac à chaussures la caisse à outils et divers vêtements qui ne se mettent pas dans la valise (vestes, manteaux et autres habits chauds). Tout ça doit rentrer à côté des différents bidons de secours et des quelques pièces de rechange. Je vois à votre sourire goguenard que vous me prenez pour un gros mytho … Et pourtant, tout est rentré. C’est incroyable ce que l’on peut mettre dans ce petit cabriolet.

15h10 : Nous sommes installés à bord, la capote a été pliée et protégée par son couvre capote, le moteur tourne rond et nous partons. Nous avons à peine parcouru 3 kilomètres que je me rappelle avoir oublié mes vestes. Vite ! Retour à la maison ! Avec Titine, pas de problème car elle est capable de faire un demi-tour sur une route normale, en une seule manœuvre et sans toucher les bords. Bravo le lion … !

15h25 : Cette, fois nous sommes partis pour de bon, tout du moins jusqu’à la station service car je vois la jauge tirer la langue vers le bas et le compteur kilométrique journalier avoisiner les 280 kilomètres. Arrivé à la station, j’attends derrière une mamie (pas une auto mais une dame cette fois) très très lente qui met presque 5 minutes pour commencer à se servir. Une fois servie, elle essaie à 10 reprises de raccrocher le tuyau de la pompe. Ne tenant pas à prendre encore un quart d’heure de retard supplémentaire, je descends lui raccrocher son tuyau. Encore 2 ou 3 minutes pour rejoindre sa portière, monter dans sa voiture et démarrer, et me voilà enfin à la pompe. Pas de super 98 à cette station mais du 95 fera l’affaire.

15h40 : Ca y est ! Nous sommes enfin sur la route du départ. Nous prenons l’autoroute à Château Gaillard et l’aventure commence. Titine rejoint très vite la vitesse de croisière que je lui ai fixée à savoir 120 kilomètres heure au compteur (soit un petit 110 chrono). L’air est un peu frais mais très agréable. Bien que nous doublions quelques camions, il faut avouer que notre allure de sénateur n’incite pas les autres usagés à rester derrière. Nous nous faisons doubler sans cesse avec parfois des petits gestes de sympathie ou des petits coups de klaxon. J’adore… ! La circulation est relativement fluide et nous arrivons au péage de Beynost. Jusque là, tout va bien sauf que je viens de m’apercevoir que j’ai oublié l’appareil photo. Tant pis ! Plus question de faire demi-tour.

Nous prenons ensuite la « rocade Est » pour éviter les bouchons du périphérique lyonnais. Peine perdue puisqu’au niveau de Communay nous nous tapons les bouchons de fin de journée de la rocade. Roues à l’arrêt, le ralenti commence à grimper dans les tours, mais un petit coup sec sur la pédale d’accélérateur et tout rentre dans l’ordre. Il faut savoir s’imposer… !

  • « Tu trouves pas qu’elle sent le chaud ?» me dit, inquiète, mon épouse adorée
  • « Mais non… c’est les autres qui sentent ! »

Il est vrai qu’en cabriolet, nos narines sont taquinées par des senteurs que nous n’avons plus trop l’habitude de sentir dans nos voitures modernes et aseptisées. En l’occurrence, dans le cas présent, notre sens olfactif est perturbé par des odeurs d’embrayages et de plaquettes échaudés, de liquide de refroidissement (ça, c’est peut-être Titine), de gaz d’échappement de tous ordres, de fumée de cigarette (de ceux qui fument fenêtre ouverte en pensant qu’ils seront moins intoxiqués) et même de fosses septiques ! Ce sont toutes les fragrances qui émoustillent quotidiennement les narines des habitués du bouchon crépusculaire et des riverains qui n’attendent qu’une chose, faire comme nous, prendre leur voiture pour respirer le bon air… des bouchons du week-end !

Après Communay, nous laissons sur la file de droite, la queue interminable de voitures et de camions qui se dirigent sur St Etienne. Titine reprend sa vitesse de croisière. Hélas, je dois de nouveau ralentir vite car, dans le virage, la boite à image du percepteur attend l’automobiliste distrait pour le ponctionner de quelques Euros supplémentaires.

Nous roulons à présent sur l’A7, l’autoroute du soleil. Elle porte bien son nom car ce dernier est bien présent, même si une certaine fraîcheur commence à se faire sentir. La Gourde indique encore 22 kilomètres avant la sortie prévue quand ma moitié me dit :

  • « C’est là qu’il faut sortir … ! »
  • « Où là ? »
  • « Sortie Condrieu, c’est là qu’il faut sortir !

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Je bifurque pour prendre la sortie indiquée tout en faisant remarquer que le GPS conseillait la sortie suivante !

  • « Ben pourquoi t’es sorti ? »
  • « …….. ??? »
  • « Fallait suivre ton GPS … ! »
  • « On fait demi-tour alors ? »
  • « Non, on n’a qu’à continuer par la nationale ! On passera devant ma coiffeuse mais on ne s’arrêtera pas ! »

Arrivant vers la barrière de péage et bien qu’ayant relâché la pédale d’accélérateur, Titine refuse de ralentir. Je suis obligé de freiner. En débrayant, je m’aperçois que le ralenti prend des tours comme si l’accélérateur avait gardé en mémoire la vitesse précédente. Pourtant, il ne me semble pas qu’il y ait un régulateur de vitesse sur notre destrier ? Mystère et boule de gomme ! Nous avons dû trop rester à la même vitesse et elle a bogué. J’appuie un coup sec sur l’accélérateur tout en maintenant la pédale de gauche enfoncée (n’y voyez aucune allusion à un certain homme politique au costume sombre …). Là-dessus, le compte-tour se stabilise dans une zone qui me plait un peu mieux ! Ouf… !

La balade par la nationale est très agréable. Il fait un peu moins frisquet car nous dépassons rarement les 70 kilomètres par heure. La circulation n’est pas dense mais comme il est impossible de doubler, nous subissons l’humeur lymphatique de quelques traines savates. Impossible de rouler à 90. Quand ce ne sont pas les traines savates, ce ne sont pas les indications des panneaux de signalisation, posés au petit bonheur la chance, pour satisfaire l’appétit vorace des vautours du fisc qui sucent le porte monnaie des pauvres automobilistes, l’œil rivé sur les dangers de la route au lieu de fixer assidument leur compteur de vitesse.

L’heure tourne vite et les kilomètres lentement mais le plaisir est là. Nous arrivons enfin à notre premier point d’arrêt, un caveau de bon vin. Ne croyez pas que cette balade m’ait donné soif ! C’est juste pour offrir à nos amis ! Pas besoin de déguster non plu car nous connaissons le produit. J’essaie de trouver une place pas trop loin du dit caveau car, comme la capote restera pliée et que nous avons tous nos bagages aux yeux et vu de tous, je préfère garder un œil sur Titine. Je trouve une place à tout juste 42,75 mètres de la porte d’entrée… Chouette ! Mais là, le petit 1300 refuse de nouveau de ralentir. J’appuie sur la même pédale que tout à l’heure et le compte-tour monte à 3000 tours minute sans avoir l’intention de redescendre aux alentours de 900 tours. Un nouveau petit coup sec sur l’accélérateur et l’aiguille redescend vers les 1200 tours. C’est encore un peu haut mais tant pis … Pendant la manœuvre pour me garer, je fais grincer quelques dents de la marche arrière, histoire de faire voir que je me gare. Il faut dire que sur ce modèle de voiture, la marche arrière n’est pas synchro. C’est ce que j’ai cru lire dans différentes documentations … et ça me déculpabilise de faire craquer.

Après avoir fait nos emplettes alcoolisées (les emplettes, pas le chauffeur et encore moins sa passagère), nous repartons en passant par des petites rues de plus en plus étroites.

  • « On va pas rester coincer au moins ? » me dit inquiète ma chère et tendre épouse
  • « Non ! On devrait pouvoir ressortir sans démonter la voiture … »

En effet, nous ressortons un peu plus loin sur la route principale que nous reprenons allègrement. Nous passons ensuite vers un pont qu’il aurait fallu emprunter pour reprendre l’autoroute. Vu la queue de véhicules qui souhaitent prendre cette direction, il me vient une idée :

  • « On continue par la route ? »
  • « Pourquoi pas » me dit ma passagère …

Et nous voilà partant gaillardement sur le Nationale 86 quand son regard se pose sur la Gourde ventousée sur le pare brise.

  • « C’est quoi ces chiffres sur le côté ? »
  • « Où ? »
  • « Là … ! »
  • « Ben c’est l’heure actuelle et l’heure à laquelle on doit arriver … ! »
  • « On arrive à 20h50 ? »

Oups ! C’est pas possible … ! On met pas 2 heures de plus par la route quand même ? Je lui demande :

  • « Qu’est ce qui est indiqué sur le premier chiffre ? »
  • « 19h00 … ! »

Mince ! J’ai oublié de remettre l’engin à l’horaire d’hiver ! Il est vrai que la dernière fois que je l’ai utilisé, c’était en été pour la sortie à Villereversure. Bon ! Ça ne me rassure qu’à moitié car même en enlevant 1 heure, on va se pointer chez nos amis à 19h50… ! Là, le quart d’heure bugiste prend un coup dans l’aile. On frôle la ponctualité du TER Ambérieu Lyon ou encore mieux, la vision très approximative de de ce qu’est arrivée à l’heure pour ma belle-sœur … Une heure de retard ! Inacceptable !

  • « Et par l’autoroute ? » me dit ma dulcinée.

Je reprogramme le juge de paix en choisissant la réponse « Non » à la question : « Voulez-vous éviter les péages ? ». Question un peu piègeante au début car, sur cette merveille de technologie, la voie disgracieuse ne fait entendre que … « Péage », ce qui pousse à répondre le contraire de ce que l’on souhaite ! Mais à force on s’y habitue. En essayant de régler l’autofocus de ma vision défaillante (mes lunettes sont planquées quelque part), je peux répondre à ma compagne de voyage :

  • « Arrivée prévu à 18h50 en tenant compte de l’horaire d’hiver ! »
  • « Alors, on reprend l’autoroute …. »

J’insiste un petit moment pour voir si notre guide voit une entrée d’autoroute en suivant la direction prise, mais la seul chose qu’il est capable de nous dire c’est : « faîte demi-tour dès que possible ». Ce message commençant à me faire l’effet d’un purgatif, je décide d’obtempérer et de retourner sur nos pas. Tant pis pour le bouchon précité… Comme déjà mentionné, un demi-tour avec Titine est un jeu d’enfant puisqu’elle est capable de le faire sur une largeur de route en une fois. Pas mal pour une ancienne … !

Nous voici de nouveau au niveau du pont englué de véhicules mais qui va nous permettre de rejoindre l’A7. Ce petit détour nous a fait perdre encore quelques minutes que je compte bien rattraper sur les 95 kilomètres restants. J’ai oublié un petit détail, certes insignifiant, mais qui nuit fortement à mes prévisions. D’habitude, ça marche, mais avec la C5. Hors là, notre vitesse de croisière étant inférieure à la vitesse limite et surtout à celle calculée par notre gadget satellitaire, ma chère et tendre constate que notre retard augment au fil des kilomètres. Que faire … ? Vu la température qui diminue drastiquement avec la descente de l’astre du jour vers sa position nocturne, accélérer reviendrait à atteindre une vitesse qui risquerait de nous transformer en produit de chez Findus … Je décide donc, après l’accord de ma douce épouse, de continuer sur cette lancée et de ne pas ralentir, ni d’accélérer.

Nous passons Valence où la vitesse est limitée à 90. Cela n’arrange pas nos affaires côté retard mais permet de faire remonter la température ressentie. Il nous reste encore 50 kilomètres à parcourir. Ma pauvre petite femme commence à avoir le nez qui coule.

  • « Tu veux qu’on s’arrête pour recapoter ? » Lui dis-je plein de tendresse !
  • « Non ! C’est pas la peine … ! »

Je pense qu’elle est comme moi. Ces petits moments passés à rouler cheveux au vent lui plait au point d’accepter de subir un certain refroidissement. Je pousse quand-même le chauffage à fond, ce qui a pour conséquence d’amener un peu de chaleur sur nos pieds et nos mains mais aussi de faire descendre la température du moteur de Titine. L’aiguille du thermostat redescend en dessous de la zone normale.

Il nous reste encore trente cinq kilomètres à parcourir quand je sens une étrange vibration au niveau du siège.  Je cherche la cause de ce phénomène quand je me rappelle que j’ai mon téléphone dans ma poche et que ce dernier est en train de vibrer comme un malade. Le temps de le sortir de ma poche et ça raccroche. Titine n’est pas équipée d’un système Bluetooth qui aurait pu être utile dans ce cas là. Mais bon ! Il faut accepter de vivre à l’ancienne quand on roule en ancienne. Je passe quand-même le bigo à ma puce pour voir qui m’a appelé, même si je me doute de l’origine de cet appel. C’est notre ami qui s’inquiète… Et il y a de quoi ! Il sait que nous venons avec notre petit destrier blanc et la confiance dans sa fiabilité n’est pas totale. Pourtant, cette fois, Titine n’y est pour rien et je dirai même que son comportement est exemplaire. Brave petite auto…

19h10 : Notre ami Philippe vient de nous récupérer sur le parking d’une grande surface pour nous guider jusqu’à son home. Il a préféré nous rejoindre car le GPS n’aurait fait que nous perdre (d’après lui). C’est possible, car les parcours préconisés ne sont pas toujours des plus judicieux quand ils ne sont pas entachés d’erreurs (routes qui n’existent plus ou sens interdits oubliés). Ce n’est qu’une fois dans sa cour que je remets la capote de Titine. Pas question de prendre le risque de la transformer en piscine si jamais la météo s’est trompée et que Jupiter décide de me jouer un sale tour. Ce ne serait pas la première fois …

Une fois sur place, notre petit cabriolet reste bien gentiment garé, sauf le samedi matin car je dois aller refaire le plein d’essence et acheter un extincteur chez le chat aux yeux vert du coin. Madame mon épouse ayant pris aussi la « titinite », maladie psychologique qui nous rend amoureux de ce tas de ferraille, elle m’a convaincu d’acheter cet article pour le cas où notre cher petit cabriolet décide de s’immoler par le feu. J’en profite pour en acheter un deuxième pour l’autre cabriolet, petite cousine de Titine de vingt ans sa cadette, une 205 CJ acheter pour madame et en cours de réfection. Ne vous affolez pas ! Je ne fais aucune infidélité à ma petite 304.

Pendant le week-end, nous changeons de stratégie pour notre retour. Les phares de Titine étant aussi efficaces qu’une flamme de bougie dans une rue mal éclairée, nous décidons de reporter notre départ au lundi matin alors que celui-ci était prévu le dimanche soir après le dîner. Nos amis sont tout contents de nous avoir un peu plus longtemps avec eux. C’est après avoir pris cette décision que nous décidons aussi de revenir par le chemin des écoliers. Si dans un premier temps j’avais envisagé de revenir par la mythique nationale 7, Philippe me conseille de prendre la D86, route beaucoup plus pittoresque et sympathique à faire en ancienne (voiture cette fois).
 

L' Ardèche, le retour:
 

Lundi matin 8h50 : Après avoir joué à Mary Poppins à l’envers, c’est-à-dire remettre toutes nos affaires dans le coffre et derrière les sièges, ce qui parait impossible au vu du volume que ça occupe à l’extérieur, nous saluons et remercions chaleureusement nos amis pour leur accueil et reprenons la route du retour. Pour ce, nous décidons d’un commun accord de rouler cheveux aux vents en baissant la capote. Bon, il fait un peu frisquet mais le soleil est là et, comme nous n’envisageons pas de prendre l’autoroute, ça devrait le faire.

Conformément aux dires de Philippe, cette départementale est vraiment très agréable. Nous traversons ou passons à proximité de nombreux villages médiévaux ou pittoresques (l’appareil photo me manque…). Titine est dans son élément, même si son âge canonique est sans commune mesure avec ses vieilles pierres. Cette fois, pas question de naviguer au GPS. Je coupe la sifflette à la gourde et me fie aux panneaux indicateurs. Ça me rappelle le bon vieux temps où une bonne carte et la signalisation nous permettaient de traverser la France sans nous perdre, ce qui n’est pas tout le temps le cas avec le GPS.

Bien que nous remontions au Nord, j’avais envisagé que la température resterait stable, voir se réchaufferait avec la monté du soleil au zénith. Grosse erreur stratégique … Plus le temps passe, et plus nous nous les gelons ! Ma chère et tendre commence à récupérer une petite laine derrière les sièges. Ça suffit quelques temps mais plus nous rapprochons du cercle polaire (dont la limite se situe vers Lyon pour les marseillais) et plus la température baisse. L’avancée dans l’heure ne compense plus la remonté vers le 46ème parallèle. Il faut dire aussi que la couverture nuageuse s’épaississant, le Dieu Ra a de plus en plus de mal à réchauffer nos carcasses.

Il est presque midi quand nous arrivons en vue de Condrieu. Nous avons parcouru 125 kilomètres en presque 3 heures ce qui donne une moyenne de 45 kilomètres par heure. Ce n’est certes pas une moyenne de rallye, mais pour une balade en cabriolet, et compte-tenu de la température ambiante, c’est pas si mal.

Comme c’est presque l’heure de déjeuner, nous décidons de nous arrêter dans Condrieu. Après avoir repéré un petit resto ouvert (ce qui est rare un lundi), nous garons Titine sur une placette située en face. Pour déjeuner tranquille, je remets la capote ce qui ne prends qu’une minutes, étant devenu un pro du capotage décapotage rapide.

Après un repas rapide, nous reprenons la route mais ma douce épouse me suggère de ne pas descendre la capote.

  • « Il fait plus assez chaud et je ne veux pas tomber malade ! Déjà que je sens pointer un rhume … »
  • « Ok ! En plus, si ça se trouve, on va chopper la pluie … »

Je ne me sens pas frustré pour autant, compte tenu du fait que nous avons bien profité de la position cabriolet jusqu’à présent. De plus, l’agrément de conduite est toujours là. Nous reprenons tranquillement la direction de la maison. Arrivé au niveau de Vienne, nous traversons le Rhône et prenons la direction de L’Isle-D’abeau puis Crémieu, Loyettes, Lagnieu et Ambérieu en Bugey avant de rejoindre la maison. Quand je vous disais que nous allions prendre le chemin des écoliers …

Malgré les kilomètres, j’ai un petit pincement au cœur quand je gare Titine sous son abri. Il y a comme un goût de trop peu. Elle s’est comportée à merveille, même si tout n’a pas été parfait comme on le demanderait à une voiture d’aujourd’hui. Il y a toujours ce petit problème de ralenti qui fait des siennes quand le moteur est chaud, les entrées d’air au niveau des oreilles du passager et les odeurs de liquide de refroidissement quand la capote est relevés ainsi que les bruits intrinsèques de suspensions, carrosserie et autres éléments moteurs qui nous empêchent de somnoler. Mais c’est tellement agréable de retrouver ces sensations ressenties quand j’ai commencé à conduire (vers l’âge de 10 ans) et Titine est tellement stable et légère à conduire (sauf pour les manœuvres sur place), que je suis comme un gamin qui doit quitter un manège. J’en veux encore. A quand une descente dans le midi ? En attendant, ce weekend n’a été que du bonheur …

Balade aux Rousses

Dimanche 9 avril 2017 : Notre club a décidé de faire une sortie en groupe aux Rousses dans le Jura. Evidemment, je saute sur l’occase pour sortir une fois de plus Titine. Ma chère et tendre est partante pour m’accompagner et c’est vraiment top. La météo de la semaine dernière annonçait des risques de petites ondées mais au fur et à mesure qu’on se rapprochait de la date attendue, cette même météo chassait les nuages et annonçait une belle journée. Tout va donc être pour le mieux.

Le programme de la journée comprend, la montée aux Rousses, un déjeuner, soit au restaurant, soit un casse-croûte sorti du sac, et une visite d’une cave d’affinage. Nous optons pour le casse croûte et pour ce, nous emportons notre glaciaire avec tout ce qu’il faut pour déjeuner sur l’herbe. Le trajet total prévu est de 250 kilomètres avec un retour par une route différente de l’aller. Une bonne balade quoi ! Je charge donc le coffre de Titine avec toute la centrale d’achat de chez Casto pour être sûr de pouvoir me dépanner en cas de problème, plus quelques bidons de fluide divers, notamment ma petite réserve d’essence pour le cas ou quelqu’un d’autre tombe en panne. Hier, j’ai fait le plein du réservoir et du bidon. Il n’y a aucune raison pour que Titine ne fasse pas la distance prévue avec simplement le réservoir. Cependant, depuis que j’ai fait ce plein, une odeur d’essence me taquine le sens olfactif et j’espère que cela ne gênera pas trop Madame. Cette odeur, dont la source vient du coffre, ne peut provenir que d’une légère fuite au niveau du joint de la jauge ou du bidon dont le bouchon ne doit pas être au top au niveau étanchéité. Pour m’affranchir de cette dernière éventualité, j’enroule quelques tours de ruban téflon autour du pas de vis de ce bouchon avant de le serrer comme un malade. Je laisse un peu le coffre ouvert pour évacuer les gaz, le temps de tout préparer 

7h55 : Pour une fois, en cette belle mâtinée qui augure d’une belle journée, nous sommes prêts relativement tôt. Titine démarre au quart de tour et j’aime bien quand ça commence comme ça. La température n’est pas vraiment estivale et notre rendez-vous à 8h00 avec l’équipe n’incite pas Madame à rouler décapoté. Il fait un petit 9 degrés. Pas de quoi congeler un chat, mais suffisant pour qu’avec la vitesse, nous frôlions la température de surfusion de l’élément H2O, constituant principale de nos cellules épidermales. En bref, qu’on se gèle la couenne ! C’est donc couvert que nous descendons à notre point de ralliement avec la ferme intention de ne pas faire tout le parcours comme ça. Arrivés sur place, nous dénombrons 4 voitures déjà présentes. Il y a 3 Porsche 924 rouges et un petit cabriolet blanc dont l’aspect se rapproche d’une anglaise mais dont la calendre et les ailes ne me disent absolument rien. Après renseignement, il s’agirait d’un Kit équipant un châssis et moteur de Citroën 2CV. Il est vrai que je retrouve les phares et les jantes typiques d’une 2 pattes mais toute ressemblance avec la première voiture que j’ai conduite à l’âge de 10 ans s’arrête là.

Je fais remarquer à ma douce et tendre épouse que ce petit cabriolet est décapoté, allusion à peine camouflée à notre propre situation, mais j’obtiens une fin de non recevoir. Nous resterons donc avec la capote, à minima jusqu’au premier arrêt.

8h20 : Nous attaquons un petit déjeuner sur place en attendant les autres participants.

8h35 : Les autres viennent d’arriver. Nous sommes 10 voitures au total plus quelques motos.

  

 

9h15 : Après un petit topo briefing de notre président, plus quelques cafés et morceaux de brioche dans l’estomac, nous prenons le départ. Comme nous devons traverser plusieurs patelins avec des feux et autres empêcheurs de rouler tranquille, nous avons tous une sorte de Roadbook pour être sûr de bien suivre la même route. Une des Porsche, en tête, ouvre le cortège et une autre Porsche, celle de queue, assure le rôle de voiture balai, des fois que l’un d’entre nous reste à la traîne ou tombe en rade ... Les deux voitures resteront en liaison téléphonique. Côté motos, nos collègues prennent une autre route car le plaisir n’est pas le même (ni la vitesse d’ailleurs). Nous devons nous retrouver sur un petit parking à la sortie de Morez

Après Pont d’Ain, nous organisons un premier arrêt pour nous regrouper. Puis nous montons par le Cerdon. J’adore cette route, la D1084, tout en lacets et courbes lentes à flan de montagne. Lorsque Titine est décapotée, le son rauque de son échappement raisonne contre les parois de la montagne et je retrouve l’âme gamine de mes 20 ans, quand je rêvais de faire des courses de côte ou des Rallyes. Ma passagère apprécie un peu moins ma façon de prendre les virages et semble inquiète quand le régime moteur monte un peu. Là, c’est pas ma faute car notre petit cabriolet à une quatrième très longue qui m’oblige à rétrograder en troisième si je ne veux pas revoir un geyser au niveau du radiateur. Comme je l’ai déjà expliqué, le ventilo est entrainé par le moteur et sa vitesse est donc proportionnelle à celle de ce dernier.  De ce fait, si le moteur tourne trop lentement, ce qui est le cas vers 70 kilomètres heure, le ventilateur a la même capacité de refroidissement qu’un glaçon d’apéro dans une couscoussière en pleine ébullition. On se retrouve donc avec deux paramètres alliés à savoir : un moteur qui chauffe parce que ça monte et que nous devons ralentir l’allure à cause de la Ford Granada du groupe qui n’avance pas, et un ventilo qui veut rien foutre parce que le moteur tourne trop lentement. Pour refroidir, il faut donc monter en régime en passant la troisième. Hélas, toujours à 70 kilomètres heure, le régime en troisième est suffisamment élevé pour inquiéter Madame.

  • « Tu n’as qu’à mettre le chauffage » me dit ma dulcinée !

Elle me surprend parfois par ses bonnes idées. En effet, en mettant le chauffage et en poussant le ventilo de l’habitacle, je me retrouve avec un deuxième radiateur et un deuxième ventilo. Certes, ces deux derniers ne sont pas aussi efficaces, mais ils amènent un complément nécessaire et suffisant au refroidissement moteur. Je pousse donc le chauffage à fond ce qui a pour conséquences de faire baisser la température moteur mais aussi de faire monter celle de l’habitacle. Ce deuxième effet est nettement moins sensible quand on roule décapoté… Mais là ! Un troisième effet Kiss cool vient se rajouter : un Dieu Ra très présent et assez haut pour nous bombarder de ses rayons à travers un pare-brise aussi tinter que l’eau claire et une capote en vinyle noire, absorbant toute l’énergie et la restituant intégralement dans notre petit réduit. En résumé : dehors, on caille et à l’intérieur, on cuit. Heureusement, nous arrivons en haut du Cerdon et je peux réduire la voilure côté refroidissement moteur et chauffage interne.

10h00 : Après avoir traversé Montréal La Cluse (non, nous n’avons pas fait un détour par le Canada), nous arrivons dans Oyonnax. Un point de rencontre est prévu à la sortie de la ville. Bonne idée car, vu le nombre de feux tricolores, de ronds points et compte-tenu de la circulation, impossible de maintenir notre convoi groupé. Ce dernier s’effiloche, se recrée puis s’effiloche de nouveau au fur et à mesure que nous traversons la ville. Heureusement que nous avons notre Roadbook sans quoi, il y aurait eu toute les chances pour que certains prennent la direction de Marseille pendant que d’autres continuent sur Paris en passant par Strasbourg. Enfin, tout se passe pour le mieux puisqu’aucun ne manque à l’appel au point de rendez-vous.

 

C’est lors de cette brève halte que je décide de baisser la capote de Titine. Oufff ! On va enfin pouvoir rouler comme j’aime ! Le fond de l’air s’est suffisamment réchauffé pour ne pas nous transformer en produit de chez Picard.

10h30 : Nous repartons direction Lons le Saunier … Notre allure de sénateur me permet de faire quelques clichés des deux voitures de devant, tout en roulant, mais sous le regard courroucé de Madame… Promis, je le ferai plus … avec toi !

 

 

Notre road book indique une forte côte. Qu’à cela ne tienne, Titine en a vu d’autres et elle va grimper ça allègrement … C’est ce que je croyais avant de voir la dite côte. Boudiou ! Ils auraient pu nous prévenir qu’on montait l’Everest en ligne droite par sa face nord … Quatrième, troisième puis seconde … Le petit 1300 s’évertue à rester dans les tours mais la vitesse diminue, diminue et la température du moteur augmente, augmente … C’est là que je me loue d’avoir trouver le problème qui transformait Titine en cocote minute l’an passé. Qui va arriver en premier ? Le petit cabriolet en haut de la côte ou l’aiguille de température d’eau en haut de la zone rouge. Sur ce coup là, c’est Titine qui l’emporte d’une courte tête et le retour sur le plat ramène tout le monde dans la sérénité (moi itou …).

Malgré les kilomètres parcourus et le fait que nous soyons décapotés, j’ai toujours cette odeur d’essence qui me titille le sens olfactif ! Si dans un premier temps j’avais pu mettre en cause le joint de la jauge, il faut reconnaître que ce dernier peut difficilement être impliqué à présent, vu que le niveau dans le réservoir a bien descendu. Nous avons parcouru environ 90 kilomètres et, compte tenu de la sobriété notoire de notre petit destrier, il doit manquer environ 9 litres, ce qui, pour un réservoir dont la capacité théorique est de 42 litres, représente environ un quart de la hauteur.  Il me reste deux sources d’émanation nauséabonde : Le bidon dans le coffre, ou une fuite sur l’ancienne sortie qui a été colmatée depuis la remise en état du réservoir. Cette dernière hypothèse ne me rassure pas, car le pot d’échappement passe à proximité. Transformé Titine en navette Challenger ne me tente pas du tout. Je verrai ce problème rapidement au prochain arrêt.

10h50 : Nous arrivons à notre destination intermédiaire à savoir le parking du Regardoir situé sur la D470.

 

 

  

Cette halte de 15 minutes aurait pu être une pause pipi s’il y avait eu des toilettes pour Dame. Mais des toilettes, point il y en a, et je sens monter une petite contestation chez la gente féminine. Il y a bien un restaurant mais celui-ci est fermé. Un détail que notre organisateur et organisatrice n’avaient pas prévu. A intégrer en priorité dans le retour d’expérience si on ne veut pas avoir les Femen sur le dos. Malgré cet inconvénient urinodéfaillant, le paysage est magnifique, surtout sous ce soleil bien présent qui réchauffe nos plus ou moins vieilles carcasses. J’en profite pour vérifier d’où vient cette odeur d’essence ! Apparemment, il s’agirait bien du bidon qui doit dégueuler par le bouchon quand il monte en pression avec la chaleur. La moquette du coffre empeste le super sans plomb 98. J’ouvre un peu le bouchon pour le dégazer et éviter que le précieux liquide ne continue à parfumer le coffre à trésor de Titine. Un pschitt, qui n’a rien à voir avec le signe de fraicheur d’une boisson gazeuse, se fait entendre un court instant avant que je ne referme le bouchon en le souquant comme un malade. Nom d’une pipe ! Ça ne devrait plus fuir !

11h10 : Nous devons repartir mais lorsque j’actionne le démarreur, celui-ci refuse d’exécuter la tâche pour lequel il a été créé ! Sale bête … J’essaie plusieurs fois mais je n’entends que le clac du Bendix. Ma chère épouse commence à paniquer en voyant les autres voitures quitter petit à petit notre halte. Je descends rapidement et, après avoir enclenché la quatrième, essaie le « un coup j’avance, un coup je recule ». Mais impossible de réveiller l’autre faignasse. Grrrr … ! Me voyant descendre puis remonter dans Titine, quelques collègues, non encore en ligne pour le départ, s’inquiètent :

  • « T’as un soucis ? »
  • « Elle démarre plus ! »
  • « Problème de batterie ? »
  • « Non ! C’est le démarreur qui fait encore des siennes ! »

Ça, ils connaissent puisque ce n’est pas la première fois que ça m’arrive.

  • « On va te pousser … ! »

Sur ce, ils s’exécutent et commencent en effet à pousser. Cette manip manque tourner au vinaigre puisqu’après avoir pris un peu d’élan sur le parking, voilà qu’une gourdasse vient couper ma trajectoire avec son tas de boue. Je suis obligé de freiner et braquer pour l’éviter, réduisant à néant l’effort de mes pauvres pousseurs. Tout une encyclopédie de noms d’oiseaux tentent d’arrivée jusqu’à mes cordes vocales pour exprimer ce que je pense de cette façon de conduire et cette absence de jugeote mais le self contrôle que je travaille depuis des années bloque carrément la sortie de ces invectives. Tant mieux pour elle… ! Mes collègues recommencent donc à pousser et, après avoir mis le contact et enclenché la seconde, le petit 1300 démarre au quart de tour dès que je relâche la pédale d’embrayage. Ouf… ! Tout va bien, mais il va vraiment falloir que je démonte à nouveau ce foutu démarreur pour l’opérer une troisième fois.

11h15 : Nous sommes en route vers notre destination finale, les Rousses et sa cave d’affinage. Passage par Clairvaux les Lacs puis direction Saint Laurent en Grandvaux par la D678, Morbier et Morez. C’est 2 kilomètres après Morez que nous devons retrouver nos amis motards, sur un petit parking vers un arrêt de bus. C’est aussi l’occasion de faire quelques photos de notre petit groupe de voitures car les deux roues ne sont pas encore là. Pourtant, il est déjà 12h20 et compte tenu de notre allure de sénateur qui est sans doute loin de leur train d’enfer, c’est eux qui auraient dû nous attendre.

 

 

Je laisse tourner Titine car ma moitié craint une nouvelle grève du démarreur. Au bout de 5 minutes, l’attente étant un peu longue, je coupe quand même le contact pour éviter le coup de chaud fatidique, l’aiguille de température commençant à vouloir gravir allègrement les pentes du Stromboli.

  • « t’aurais pas dû … On va pas pouvoir redémarrer ! » me dit ma dulcinée avec optimisme.
  • « On se fera pousser ! »

En attendant, pas de motard à l’horizon. L’avènement du portable est une chose sympa et utile dans ce cas là puisque nous apprenons que les retardataires ont changé leur fusil d’épaule et qu’ils sont tranquillement en train de pique niquer un peu plus loin. Il nous attendrons vers la cave pour faire la visite avec nous.

12h30 : La tentative de démarrage est presque un succès. Le dormeur à du prendre un café puisqu’il répond instantanément quand je tourne la clef de contact. Madame est rassurée, même s’il faut tirer un moment dessus (le démarreur) pour que le moteur daigne enfin démarrer. C’est le problème avec cette petite auto. Quand elle est chaude, l’essence doit se vaporiser trop vite (problème de vapor lock) et elle a du mal à démarrer. Je pense que les deux circuits de réchauffage du carbu ne sont pas innocents dans cette histoire. J’envisage, plus tard, de faire un essai en reliant les 4 durites pour bipasser le carbu ce qui supprimera ce réchauffage sans doute inutile par temps chaud.

Nous reprenons donc tranquillement la direction des Rousses. La route est belle et sinueuse et même si les passages à l’ombre nous amènent une certaine froideur, je ne boude pas mon plaisir.

12h40 : Nous voilà arrivé à destination et nous nous garons tant bien que mal le long de la route en face du restaurant où une partie du groupe doit déjeuner.

 

Bon ! C’est pas tout, mais il va falloir trouver un coin pour déjeuner, sachant que ma chère femme et moi-même n’avons pas prévu d’aller au resto. Nous avions envisagé de partager notre repas avec les motards mais ceux-ci ont décidé de faire cavalier seul. C’est là que notre président nous informe que deux autres collègues ont prévu de pique niquer aussi. Tant mieux ! On se sentira moins seuls. Grâce à un GPS sur Smartphone et à la connaissance du coin de l’épouse de l’un d’eux, nous décidons de nous installer à un ou deux kilomètres de là sur une aire de pique nique de la station des Rousses. Arrivé sur place, pas d’aire de pique nique mais les restes déneigés des pistes de ski. Qu’à cela ne tienne ! Nous garons les voitures un peu à l’ombre et installons une couverture à même le sol, près d’une plaque de neige tout en évitant les bouses de vache qui tapissent le sol par centaines. Un vrai déjeuné sur l’herbe comme on aime …

 

 

  

    

Même si le fond de l’air est frais, accentué par une petite bise issue directement du Pôle Nord, ce repas champêtre, c’est le pied. Nous sommes tellement bien que nous ne voyons pas le temps passé. C’est donc un peu dans la précipitation qu’il faut quitter ce lieu idyllique pour ne pas louper le rendez-vous fixé avec le reste du groupe.

14h05 : Nous sommes de nouveau regroupés pour nous diriger en convoi vers le château servant de cave d’affinage. Ce dernier n’est pas très loin et 5 minutes plus tard, nous arrivons sur place. Le guide de la visite nous enjoint à ne pas utiliser le parking mais propose de nous placer le long des pelouses du domaine, devant l’entrée réservée aux visiteurs.  

 

Bien que fervent défenseur du fromage français, j’éprouve une certaine gêne, pour ne pas dire dégout, face à l’odeur pestilentielle que dégage ce produit de la haute gastronomie de notre beau pays. Je m’excuse donc auprès de tous les fins gourmets, mais pénétrer dans l’antre de la fermentation lactique est pour moi au-dessus de mes forces. Rien qu’au niveau de la salle d’accueil, je suis repoussé par ce fumet qui s’apparente plus à un mélange d’ammoniaque et de fausse septique qu’à un régale pour les papilles. Je reste donc à l’extérieur et me proclame gardien du parc automobile du club. Ça tombe bien puisque pendant que mes chers collègues et ma douce épouse sont en visite, quelques touristes de passages me posent de nombreuses questions sur les quelques représentes du patrimoine automobile ici présentes. Je tombe sur quelques connaisseurs, mais aussi sur de simples curieux, et échanger avec eux est un vrai plaisir. Que du bonheur pour moi ! Je ne regrette pas ma non visite. Je ferai trois Pater et deux Ave pour me faire pardonner d’avoir dénigré cet incontournable de notre gastronomie.

16h30 : La visite est terminée et nos deux organisateurs sortent des tables pour que nous puissions prendre un petit 4 heures à base de tartes, de jus de fruits et de pétillant du Cerdon (avec modération… le Cerdon).

 

Après cette petite collation, nous reprenons la route du retour qui est plus rapide sur le papier. Le trajet prévoit de passer, via la D25, par Lajoux, Mijoux, Lelex puis Champfromier, Nantua avant de rejoindre Pont-D’Ain (non, ce n’est pas le sketch « les patelins » de Chevallier Laspales).

Nous roulons pépère pendant 60 kilomètres quand je vois la voiture de tête s’arrêter sur un parking, bien avant Nantua. Notre président, qui en descend, passe devant chaque voiture en nous disant :

  • « Nos collègues à motos viennent de me prévenir ! Tout est bouché côté Nantua à cause d’un accident ! Il faut trouver une autre route si on veut pas rester coincer plusieurs heures ! »

L’homme à la 2CV bizarre, qui a l’habitude de circuler à vélo dans le coin, nous indique un autre passage, quitte à faire quelques kilomètres en plus. Je regarde la jauge de Titine ainsi que le compteur journalier … La jauge est dans la zone blanche qui correspond à la réserve … à plus ou moins 20 litres prêt. Eh oui ! Je n’ai jamais tenté l’expérience de tomber en panne sèche pour voir où se situait la position « Empty » (ça, c’est pour ceux qui ont déjà conduit des anglaises ou américaines). Je sais juste que, jusqu’à 280 kilomètres, ça passe, même si la jauge n’indique plus rien. Là, le compteur indique 230 kilomètres, ce qui signifie que, théoriquement, je peux encore faire 50 bornes et qu’après, chaque kilomètre parcouru augmentera mes perspectives d’autonomie pour les sorties futures. Joueur ou pas le Nanar … ? Sachant que j’ai un bidon plein dans le coffre et que celui-ci m’empuantie l’habitacle depuis le départ, je me sens l’âme joueuse.

Je vois déjà vos remarques pertinentes :

  • « Mais la 304 à un réservoir de 42 litres normalement ? ».

Et moi de vous répondre :

  • « C’est sûrement vrai… puisque c’est écrit dans la notice »

Mais sur Titine, le système jauge crépine à été modifié suite à la perte de celle d’origine.

 

Sur le système d’origine, la sortie essence se faisait en partie basse du réservoir et le bouchon de jauge ne comportait que les bornes électriques ce cette dernière. La crépine d’origine, soudée en fond de réservoir, ressemblait à une toile d’araignée traversée par un bourdon en colère équipé d’un turbo … Impossible de garder cette ruine qui risquait de boucher la sortie essence en continuant à se déliter. Impossible aussi de retirer les déchets encore soudés au fond du réservoir d’où l’idée de changer de système.

Actuellement, c’est par une crépine verticale, accrochée à un tube qui traverse le bouchon de jauge, que l’essence quitte le réservoir, et je ne sais absolument pas si ce tuyau va jusqu’au fond ou s’arrête à mi chemin. Impossible de savoir la quantité d’essence qui ne pourra pas être aspirée, d’où grosse incertitude sur l’autonomie.

Pour revenir à ce trajet détourné, nous passons par des petites routes sinueuses et boisées. La pseudo Deuche, qui caracole en tête, nous mène un train d’enfer. C’est dingue ce que cette petite auto est capable de faire. Son moulin n’a que la moitié de la puissance de celui de Titine et pourtant, il se permet de grimper des côtes à une vitesse étonnante. Il doit carburer au nitrométhane et le chauffeur a bouffé du Topset, c’est pas possible… !

Nous passons par Charix, puis près du lac Genin avant de revenir sur Oyonnax. Un petit arrêt dans cette jolie ville permet de nous regrouper.

Certains d’entre nous choisissent de regagner leurs pénates par une autre route. C’est donc avec un effectif plus réduit que nous reprenons la route

Nous nous dirigeons vers Montréal la Cluse (toujours en France) avant de rejoindre Pont-d’Ain par le Cerdon. C’est à Montréal que nous constatons le côté positif de ce détour, car en face, c’est sur des kilomètres que les véhicules, obligés de quitter l’autoroute à cause de l’accident, se retrouvent complètement bloqués. Titine n’aurait absolument pas apprécié se bouchon énorme. J’avais déjà claqué un joint de culasse sur une Super 5 dans une situation similaire en région parisienne (8h00 pour faire 80 kilomètres). Nous longeons ce bouchon jusqu’à Saint Martin du Fresne puis nous reprenons la descente du Cerdon avant de rejoindre Pont-D’ain et Varambon.

A Leymiat, avant Poncin, je fais gaffe à la boîte à image. Comme j’ai le soleil dans les mirettes, impossible, même avec les lunettes, de voir le compteur de vitesse qui de toute façon est faux, C’est donc au jugé que je passe devant le guichet du percepteur ! J’espère seulement que la mère maquerelle ne me ponctionnera pas quelques Euros.

20h15 : Nous sommes revenus à notre point de ralliement du départ. La gente féminine étant trop fatiguée, nous nous séparons afin de regagner chacun notre « home ». Sur le petit trajet qui nous sépare de la maison, je jette un œil sur le compteur journalier et constate que nous avons fait 305 kilomètres. Youpi… ! J’ai augmenté mon autonomie potentielle. Mais je constate aussi que l’aiguille du compte-tour oscille entre 2500 et 8000 tours, sans que le régime moteur ne change. Sont-ce les prémices d’un amorçage, signe avant coureur d’une future panne sur l’allumage ? En attendant, nous avons fait une belle balade et c’est presque avec nostalgie que je remise Titine sous sa bâche.

Je vois que vous restez sur votre fin en vous disant : « mais pourquoi cet olibrius nous a bassiné les manettes avec son odeur d’essence sans plus d’explications ? ». J’y arrive ! C’est en remettant la bâche que l’odeur m’a de nouveau agressé les naseaux. Pas question de laisser le bidon dans le coffre puisqu’apparemment, c’est lui qui est en cause. C’est en sortant ce dernier que ma vue perçante voit, à la lumière du projecteur qui éclaire l’abri, un minuscule jet de vapeur, de la taille d’un cheveu de nouveau nez, sortir de la paroi latérale du bidon… Cette vacherie est percée mais le trou est si petit que l’essence, pourtant hyper fluide, ne sort que sous une certaine pression, c’est-à-dire quand le bidon est chaud. Dans le cas présent, c’est le fait de le sortir précipitamment du coffre, plus une chaleur résiduelle, qui a fait monter cette pression. Pourtant, le fluide malodorant et onéreux ne s’est extériorisé que le temps de faire ouf, mais suffisamment longtemps pour que je débusque cette fuite sournoise sous un bon angle d’éclairage. En fait, j’ai eu l’œil au bon moment. Reste plus qu’à remplacer ce foutu bidon … Satisfait maintenant ?  

 

Balade dans le Vercors  ( L'ALLER):

Lundi 17 avril 2017 : Je reçois un mail de la part d’un collègue qui organise une sortie en voiture dans le Vercors le dimanche 23 avril. Oups ! Le programme à l’air sympa mais vu la balade d’hier aux Rousses, cela risque de faire beaucoup pour Titine ! Je jette un petit coup d’œil sur les prévisions météo du weekend: quelques nuages en perspective mais pas forcément d’eau. La météo n’étant, comme chacun le sais, précise que pour les prévisions du jour qui vient de passer, je vais suivre l’évolution au fil de la semaine. Aspect sympa avec ce collègue, pas besoin de s’inscrire. Il suffit d’être sur place à l’heure pour faire partie du lot. J’ai donc le temps de réfléchir.

Samedi 22 avril : La météo annonce un super temps pour demain. Cette balade me titille le cortex et Titine sous sa bâche semble me dire : « aller ! Emmène-moi au bout du monde ! ». Bon ! Le Vercors n’est peut être pas aussi loin mais c’est 300 kilomètres de plus à lui faire faire. Le programme prévoit les visites d’une grotte et d’un musée de l’automate. Ça me tente. Madame ne tient pas à me suivre sur ce coup là car elle préfère rester tranquillement dans son jardin. J’aime bien être avec elle mais la tentation est trop forte. C’est donc avec une pompe à ocytocine tournant à plein régime que j’accepte l’invitation même si je perçois quelques réticences de la part de ma dulcinée.

  • « Tu trouves pas que ça fait un peu trop pour Titine ?» me dit la voix de sa raison.

Et elle a sûrement raison, mais chez moi, la raison à ces raisons que ma raison ignore. En fin de soirée, je jette un œil sous le capot pour vérifier que tout va bien. Le niveau dans le radiateur me semble correct (je n’arrive jamais à le garder plein). Côté huile, j’en rajoute un peu car la jauge indique un peu plus que le mini. Côté liquide de frein : RAS. J’enlève tant bien que mal une grosse bouse de tourterelle sur le coffre arrière. Ces bestioles, qui sont protégées chez nous, n’ont rien trouvé de mieux que de nicher juste au-dessus de Titine et, pour me remercier de cet accueil, d’attendre que je retire la bâche de protection pour me gratifier d’un magnifique étron, en plein sur la véronique qui équipe le coffre. Après avoir réparé cet incident, tout parait Ok pour demain.

Dimanche 23 Avril 2017 : Encore une belle balade en perspective. Le soleil est bien présent mais pas les degrés. Comme un gros gland que je suis, j’ai oublié de remettre la capote hier alors qu’elle était chaude. Faire la manip ce matin ne m’inspire pas. En effet, cette capote est difficile à tendre par basse température. De plus, depuis l’accident qui m’est arrivé cet hiver avec celle de la petite cousine de Titine (la 205 CJ), je n’ose plus manœuvrer ces toitures en toile. Que je vous explique brièvement ce qui m’était arrivé. Je souhaitais réaliser quelques clichés de la 205 dans un décor hivernal pour un concours photos dont le but était de réaliser le calendrier 2017 du club 205. Au passage, une de ces photos m’a valu le premier prix de ce concours. Pour amener un peu de peps, j’avais décidé de prendre la petite auto avec la capote baissée, mais en manœuvrant cette dernière, j’ai entendu le claquement sec d’un bout de plastique qui casse. Après vérification, cette maudite capote s’était bel et bien cassée (et non déchirée) comme du verre. J’ai donc dû la remplacer par une neuve aux premières chaleurs. Vous comprenez que je puisse avoir quelques réticences à faire cette manœuvre par temps froid, même si la capote de Titine est plus récente et même si le mercure est un peu plus haut dans le tube aujourd’hui. Je fais donc face à l’adversité en partant en version cabriolet. Je rajoute quelques couches de vêtements pour protéger mon épiderme vieillissant, des gants pour mes mimines et mon éternelle casquette pour les quelques neurones qui me restent.

8h15 : Le rendez-vous est fixé à 9h00 à Lagnieu. Avant de rejoindre les autres, il faut encore que j’aille chercher du pain pour mon casse-croûte de midi, et que je fasse mon devoir électoral (et oui, on vote aujourd’hui…). Ma chère et tendre épouse, malgré sa réticence à me voir partir aujourd’hui, a tout prévu pour que je ne tombe pas d’inanition dans l’après-midi. Il ne manquait que le pain pour le casse dalle. Petit coup de démarreur et le petit 1300 démarre au quart de tour. Ouf … ! Direction le centre de mon village.

8h30 : J’ai réussi à passer dans l’isoloir, à la boulangerie et suis de retour à la maison. Quand il s‘agit de se balader avec Titine, je bats tous les records dans la planification des tâches avant départ. Je place la glacière dans le coffre avec tout ce que ma douce femme a préparé avec amour et me voilà en route pour Lagnieu. Le compteur kilométrique journalier indique 90 kilomètres mais j’ai mon nouveau bidon d’essence plein dans le coffre. Ce bidon semble parfaitement étanche et aucune vapeur du précieux liquide ne semble émaner du petit récipient de 10 litres. Tout va donc pour le mieux sauf que je me gèle les naseaux et les esgourdes. Il est encore tôt et je subodore que le Dieu Ra va finir par faire son boulot à savoir, apporter les quelques degrés qui manquent à mon bien être.

9h00 : J’arrive pile à l’heure à Lagnieu et sans faire d’excès de vitesse. Çà c’est du timing ou je m’y connais pas … ! Il y a déjà la Simca 1000 à Lulu et la Traction à Roger.

 

Je vois aussi un petit groupe dont Raph et Thierry mais pas leurs bolides américains. Il s’avère que ceux-ci ont eu quelques gros soucis et sont donc indispo pour cette balade. Pour eux, elle se fera en Mercedes récente ce qui présente beaucoup moins de charme. Pendant que j’avale un petit caoua chaud qui m’indique le parcours exacte de mon tube digestif jusqu’à l’estomac, une quatrième ancienne arrive. Il s’agit d’une belle Ford Mustang bleue (sans doute plus ancienne que Titine).

 

Nous attendons encore quelques minutes des retardataires éventuelles. Comme personne n’est arrivé, notre petit groupe prend la route avec la 1000 qui caracole en tête.

Notre parcours passe par Morestel, les Abrets, Montferrat en longeant le Lac de Paladru. Nous passons ensuite par Chirens, Voiron (célèbre pour ces caves et la chartreuse), Tullins puis Vinay, capitale de la noix de Grenoble.

 

Vinay est notre premier arrêt officiel pour regrouper tout le monde, ce qui se résume aux 5 voitures précitées. Pour certains, cela aurait pu être une pause pipi, mais de pipi-room, point y en a !

 

Après quelques minutes, notre ami à la traction prend les devants pour trouver un petit coin au sortir de la ville suivi par la Mustang. Je reste avec notre ami lulu dont la 1000 ne veut plus démarrer. Elle parait aussi capricieuse que Titine et semble comme elle, victime du vapor lock. Après quelques coups de démarreur, elle repart et je la suis. Nous nous arrêtons sur un petit parking à la sortie de Vinay sans pour autant avoir vu la traction. J’ai arrêté le moteur de Titine car je m’aperçois que l’aiguille de température décide de rejoindre la zone rouge. Il reste encore de la marge mais quand-même ! Je ne m’inquiète pas trop et je mets ça sur le fait que nous roulons trop lentement. En quatrième, à soixante dix kilomètres heure, le compte-tour n’indique que 2000 tours par minute, ce que j’estime insuffisant pour entraîner efficacement le ventilateur. En attendant, où est passée la grosse voiture noire ? Elle n’a pas pu se cacher quand-même ! Tout en discutant sur notre nouvelle halte, on la voit passer sans que celle-ci nous remarque. Il faut dire qu’au même moment, deux autres anciennes passent à contre sens. En réalité, la loi de Murphy a joué en notre défaveur (comme d’habitude). Il se trouve que le collègue au char noir, occupé à regarder ces mamies arrivant à contre sens, ne nous a pas remarqué sur sa droite.
Nous quittons donc notre halte afin de regrouper tout le monde. L’aiguille de température se décide à redescendre mais reste à mie hauteur entre la bouche du volcan que représente la zone rouge, et la banquise où elle glande habituellement. Pour moi, elle est dans une zone normale et, comme tout à l’heure, je ne m’inquiète pas outre mesure.
Nous traversons ensuite St Marcellin, St Romans, pont en Royans puis le pont sur la Bournes et attaquons une zone montagneuse dans la vallée du même nom.
 

La route est belle et le paysage est magnifique. Nous montons à une allure de sénateurs, la traction ayant semble-t-il, du mal à grimper ces côtes.

 
Nous nous amusons comme des gosses avec la résonance des moteurs et klaxons sous les tunnels quand je jette un œil machinal sur la température. Oups … ! Cette dernière a profité de mes instants d’inattention pour filer en douce vers cette foutue zone rouge. Mais qu’est-ce qui l’attire ? Serait-elle comme ces ados qui recherchent le danger pour faire grimper leur taux d’adrénaline ? En attendant, il faut que je la fasse redescendre illico presto avant de voir jaillir le geyser fatidique. J’utilise tous les moyens à ma disposition à savoir, le chauffage et son ventilateur poussés à fond plus un rétrogradage en troisième pour faire monter le régime moteur, et par la même, celui du ventilateur et de la pompe à eau. L’aiguille, après quelques hésitations, commence à revenir dans une zone plus sereine. Je conduis donc un œil rivé sur le petit indicateur et l’autre sur l’arrière de la Ford Mustang. Comme disait un ami d’enfance : « l’a un œil dans le poêle à frire et l’autre qui dit, entention à leu chat … ». Je roule ainsi jusqu’au parking de la Grotte de Choranche que je vois arriver avec soulagement.
12h35 : Comme nous devons déjeuner puis visiter les grottes, la température du petit 1300 à largement le temps de baisser avant de reprendre la route.

 

 

Il fait vraiment beau, et même chaud, et le paysage est grandiose. Un vrai régal …

 

14h40 : Après un petit mâchon, nous visitons les grottes… Il fait frais et humide et cela fait du bien. De plus, quel beau décor !

 
15h30 : Fin de la visite. Nous regagnons nos destriers pour rejoindre notre destination suivante à savoir, le musée des automates à Lans en Vercors. La route sinueuse est toute en descente ce qui me rassure.
 

 

Pourtant, je vois l’aiguille remonter vers la zone rouge sans toutefois l’atteindre. Je laisse le chauffage et utilise un max le frein moteur pour garder un régime élevé. La petite capricieuse ne veut pas réellement redescendre et reste au trois quart de l’indicateur, attendant sans doute un instant d’inattention de ma part pour repartir vers les sommets.
Nous traversons le pont de la Goule Noire, puis Villars de Lans et Lans en Vercors avant d’arriver au musée vers 16h30.

 

 
A suivre ...
 
Balade dans le Vercors  ( LE RETOUR):
 
17h40 : Après la visite du musée, nous reprenons le chemin de la maison via les Gorges d’Engins et Sassenage. Je commence à flipper car l’aiguille frôle de plus en plus la zone rouge. Elle est juste en dessous sans l’atteindre. Il manque un poil d’une partie génitale mâle pour pénétrer dans la zone interdite. Vacherie … ! Je conduis les yeux fixés sur l’indicateur. Je dois avoir un troisième oeil car j’accélère et ralenti en fonction de l’allure de la Ford qui me précède, sans pour autant avoir conscience de la voir. Soudain, je reçois comme un éclair de lucidité. Mais bon, sang, mais c’est bien sûr … ! Il doit manquer de l’eau … ! Mais quel c… tu fais Nanar ! Comme si tu ne pouvais pas regarder avant de quitter les différentes haltes. Je m’en veux d’être aussi stupide, stupidité qui risque bien de me coûter un joint de culasse. Que faire ? Je suis en queue de peloton car la Mercedes nous a quitté depuis le musée pour faire face à un impératif horaire ! Si je m’arrête, est-ce que les autres vont s’en apercevoir ? Je sais que Roger, dans sa traction, souhaitent faire rapidement le plein de son char d’assaut. Je mise donc sur un arrêt proche pour remettre à minima de l’eau (je n’ai plus de liquide de refroidissement dans mes bidons). J’ai un petit espoir en voyant une station d’essence de grande surface. Hélas, aucun de mes prédécesseurs ne met son clignotant, signe qu’aucune halte n’est prévue à cet endroit. J’enrage un peu ! Là-dessus, nous prenons un bout d’autoroute gratuite ce qui me fait envisager une circulation un peu plus rapide et donc moins favorable à une montée de fièvre. Que néni ! La traction fixe la vitesse à 90 kilomètres heure ce qui ne m’arrange pas. Quelques kilomètres plus loin, j’aperçois un panneau indiquant qu’il reste deux sorties gratuites avant d’atteindre la zone à péage. Je sais que notre ami Lulu, qui connait très bien ce coin, va nous faire prendre une de ces deux sorties. En effet, nous prenons la première. L’aiguille taquine toujours la zone du « bas les pattes ou tu vas te brûler » ! Mon niveau d’angoisse frôle aussi la zone rouge quand je vois Lulu mettre son clignotant pour s’arrêter sur une station ! J’allais dire ouf quand mes yeux écarquillés et pleins d’horreur remarque que cette p…. de station est désaffectée… Fausse joie ! Grrrrrrrrrrrr ! Comme mes collègues ne font que transité par les pistes sans presque ralentir, impossible de leur faire comprendre qu’un arrêt rapide s’impose. Et ce foutu klaxon qui ne veut plus marcher au moment où j’en ai besoin pour leur faire signe… ! Impossible aussi de les doubler compte-tenu de la densité de circulation. Quelques kilomètres plus loin, je vois un complexe commerciale avec une autre station ! Mon espoir renaît de ces cendres tel le Phénix ! En effet, je vois Lulu mettre son clignotant. La station est un peu bondée mais tant pis. C’est donc plein d’espoir que je m’engage sur la piste quand je vois l’ami Roger faire signe que ce n’est pas la peine de s’arrêter ! Ah non ! Cette fois c’est trop … ! Je déboucle en vitesse ma ceinture, m’arrête, sors précipitamment de Titine et fonce en direction de la Simca 1000. Cette fois, les Dieux sont avec moi car la circulation l’empêche de reprendre la route. Ouf… ! Arrivé à sa hauteur, je lui crie mon désarroi :
  • « il faut s’arrêter … ! »
  • « Ok ! Je fais signe aux autres … »
Après un rapide topo briefing sur ma situation titinesque, nous faisons halte sur cette station.
  • « Qu’est ce qui t’arrive ? »
  • « Ça chauffe à donf ! »
  • « Problème de ventilo ? »
  • « Non ! Je pense que j’ai plus d’eau ! »
La dessus, après m’être garé un peu à l’écart, je lève le capot ! Pas de fumerolle indiquant une erruption imminente ! C’est déjà ça ! Lulu touche un peu le cache culbu en retirant précipitamment les paluches.
  • « Vingt dieu, tout est chaud ! » me dit-il !
  • « Oui bin ça, je m’en serais douté ! »
  • « Faut ouvrir le bouchon du radiateur avec un chiffon ! »
Je cherche dans le coffre et dans l’habitacle mais ne retrouve plus le bout de tissus bleu que j’avais placé en prévision ce matin. Quelle poisse … ! Je n’ai que la serviette que ma douce épouse a mise dans la glaciaire pour le cas ou je mange salement (ce qui m’arrive jamais … !). Tant pis ! C’est donc avec cette serviette que j’ouvre délicatement le bouchon du radiateur. Je pratique en douceur comme quand j’ouvre le champagne afin d’éviter un dégazage brutal qui, dans le cas du champagne ferait perdre une quantité non négligeable du précieux nectar mais qui, dans le cas présent, transformerait à minima, mes patounettes en viande bouillie pour pot au feu… ! Après quelques degrés de rotation du bouchon, je sens la pression monter en même temps que le pshittt caractéristique d’un récipient qu’on dégonfle. J’attends que ce dernier diminue avant de tourner un peu plus le bouchon, sans toutefois passer le cran de sécurité. Du liquide en ébullitions’échappe de l’espace dégagé, trop content de retrouver sa liberté. Je lâche tout car ce foutu liquide, après avoir trempé le chiffon, commence à me chauffer les pattes de devant. Le bouchon s’agite quelques secondes avant de se stabiliser. Je finis de le dévisser et visualise ce que je craignais. Les ailettes internes du radiateur sont nettement visibles et pratiquement sèches, attestant sans ambiguïté qu’il y a un certain manque de liquide. Ça c’est pas glop du tout ! D’un côté je suis content d’avoir raison mais d’un autre, ce manque de liquide ne me dit rien qui vaille. Reste à savoir quelle quantité a décidé de quitter les lieux sans autorisation préalable. Dans mon malheur, j’ai de la chance car la station, sur laquelle nous avons fait halte, possède une boutique et que cette dernière est ouverte en ce beau dimanche. Je fonce donc acheter un bidon de liquide de refroidissement. Le gérant me laisse le choix entre des bidons de 1 litre et d’autres de 5 litres. Pas d’hésitation, je prends un gros.
De retour vers Titine, je verse le liquide salutaire dans le radiateur. Mes collègues, qui sont arrivés au chevet de la petite auto, regardent le liquide couler dans l’orifice et, inquiets, jette un oeil sous le moteur pour voir s’il n’est pas en train de rejoindre le plancher des vaches. Mais non ! Tout reste dans le circuit prévu. Les litres diminuent dans le bidon sans pour autant recouvrir les ailettes du radiateur. Je sais que la capacité du circuit est de l’ordre de 5 litres. Il est donc impossible que le récipient que j’ai en main ne suffise pas. Au bout d’un moment, je vois enfin le niveau du liquide passer au dessus des ailettes. Je verse jusqu’à ce que plus rien ne rentre. Il ne reste que 2 litres dans le bidons ce qui veux dire qu’il manquait 3 litres dans Titine. Je comprends mieux la non efficacité du refroidissement. Où sont donc passés ces 3 litres ? Pour l’instant, c’est un mystère ! Mettant en cause un dysfonctionnement du ventilateur, je démonte la calandre pour tester le collage de l’électro-embrayage en court-circuitant les deux bornes du thermo-contact. Rien ! Aucun clac ne parvient à mes oreilles !
  • « Et si tu mettais le contact ! » me suggère Lulu.
  • « Quel gland je suis ! »
Mais même après avoir mis le contact, toujours pas de clac … Comme Lulu a touché les fusibles avant cette manip, je jette un œil sur le tableau de bord ! Aucun voyant ne s’allume quand le contact est mis. Ça, je connais ! Je bidouille donc une fois de plus les fusibles et tout rentre dans l’ordre. Nouveau test au niveau du ventilo et cette fois, j’entends le « clac » qui signifie que l’electro-embrayage colle bien. Ouf … ! Après avoir remonté la calandre, je relance le moteur. Ce dernier démarre au quart de tour ce qui est bon signe. Un œil averti sur l’indicateur de température me signale une température très basse. Normal puisque je viens de verser 3 litres de liquide froid. Je pense qu’avec les deux litres très chauds qui restaient, le choc thermique au niveau du bloc n’a pas dû être trop violent. Là-dessus, pas le temps de tergiverser car il nous faut reprendre la route pour ne pas rentrer trop tard.
Nous reprenons le même chemin qu’au départ mais à l’envers (évidemment). Cette fois, l’aiguille de température refuse de quitter la position glaçon. Une petite claque technique sur le tableau de bord et l’aiguille remonte un peu sans pour autant sortir de la zone froide. Décidément, il va falloir réviser tout ça car, si le fonctionnement en zone rouge n’est pas normale, celle dans cette zone froide ne l’est pas non plus. Je sens qu’une vérification de la sonde et du circuit électrique dans son ensemble va être indispensable.
Avec tout ça, je n’ai pas regardé le nombre de kilomètres parcourus depuis le dernier plein pour avoir une idée de la distance qui me sépare de la panne seiche. J’écarquille les yeux et vois le compteur qui indique 340 kilomètres. Chouette ! Record battu … ! Aller, soit joueur Nanar ! Pousse encore un peu plus loin.
La route est belle mais une certaine fraîcheur commence tomber. Il faut dire que RA ne va pas tarder à rejoindre Morphée, même s’il ne sont pas du même pays…

 

Nous passons par Morestel puis Montalieu. C’est dans cette petite ville que nous arrêtons une dernière fois pour faire le plein de la 1000 et pour les « au revoir ». J’en profite pour faire le plein aussi. Le compteur de Titine indique 360 kilomètres et le réservoir engouffre 33 litres avant de déborder. Ça aussi c’est une surprise car malgré des régimes élevés, la montagne et les villes traversées, la consommation est tombée à 9,1 litres au 100. C’est bien mieux que les 10,5 litres habituels. Super Titine …
Nous décollons ensemble de la station puis au fur et à mesure, la Traction nous quitte. C’est ensuite le tour de la Ford qui nous double sur la déviation d’Ambérieu avec le son caractéristique de son V8 montant en régime. En dernier, je quitte Lulu à la sortie de Pont-d’Ain pour rentrer seul à la maison. C’est donc avec une certaine nostalgie et quelques inquiétudes que je rentre Titine sous son abri. « Quelles inquiétudes allez-vous me dire ? ». Et bien, pendant l’ouverture du portail, elle s’est mise à faire un drôle de bruit, comme un bruit de courroie qui voudrait aller moins vite que la poulie qui l’entraîne… Cette musique n’a durée que quelques secondes mais quand même ! Ce petit cabriolet émet suffisamment de sons suspects auxquels je me suis habitué pour ne pas en rajouter. Comme cette étrange mélopée s’est arrêtée aussi vite qu’elle est venue, impossible de savoir qui l’a provoquée. Je tâcherai de faire un check up complet de Titine avant la prochaine sortie qui se profile déjà : la journée nationale des voitures anciennes le dimanche 30 avril.
Je suis quand même super content de cette journée et de cette très belle balade. Encore que du bonheur …
A suivre …

Première cause :

Jeudi 27 avril : Ce foutu problème de chauffe me tracasse depuis quelques jours et ce n’est pas parce que les derniers kilomètres parcourus en rentrant du Vercors se sont passés sans problème notoire que l’incident est clos. Il faut donc que je teste tout ce qui peut l’être. Je prends donc Titine pour aller faire quelques courses et voir ce qui se passe.

Première course de cette mâtinée : aller chercher du matériel pour l’anniversaire de ma sœur. Je descends en ville et me gare sur une placette. Je récupère le dit matériel mais en sortant, je n’en crois pas mes yeux. Je vois mon petit cabriolet faire ses besoins sur le beau goudron bien noir. En fait, une belle tache vert fluo s’étale juste sous le compartiment moteur. Inutile de me faire un dessin : Titine est incontinente et un de ses sphincters vient de lâcher … Je ne suis pas loin de la maison et un retour rapide s’impose. Je poursuivrai mon programme matinal avec la C5. Je jette cependant un œil rapide dans le capot … Il y a bien du liquide sur le pourtour du radiateur mais actuellement, ce dernier reste bien sagement dans les douves radiateuresques. Il va quand même falloir colmater cette fuite plus tard.

 

Ça ne vient donc pas du coin que j’envisageai au départ à savoir la proximité de ce radiateur ! Décidément, tout part en sucette sur ce circuit de refroidissement ! Comme d’habitude, je scrute, ausculte, analyse, réfléchis, enquête avec mes petits moyens intellectuels et ma vue basse. Voyant du liquide vert sur l’alternateur et sachant pertinemment que celui-ci n’a rien à faire à cet endroit, je passe mes mimines sous la durite d’entrée d’air et tâte la durite d’eau arrivant sur le calorstat… Aiiiii ! Ça brûle ! Je retire ma patounette et constate que mes doigts sont imprégnés de liquide verdâtre. Bon ! La fuite a été localisée. Reste à savoir ce qui fuit. En pressant la durite, je vois des bulles et du liquide sortir par un petit trou juste au niveau du collier de serrage. Inutile de chercher plus loin ! Encore une durite percée, vl’a le mécano qui stresse … (cela me rappelle une chanson enfantine sur les vitriers !). La fuite n’est pas trop importante et je peux revenir à la maison avant que les 5 litres de liquide n’aient rejoint le plancher des vaches.

Vendredi 28 avril : Il faut que j’intervienne sur cette fuite sournoise car j’ai une sortie prévue dimanche et samedi, pas question de faire de la mécanique pour cause d’anniversaire. Je scrute de nouveau vers le calorstat et distingue bien du liquide au niveau du collier.

 

Evidemment, pour atteindre ce lieu reculé, il va falloir retirer la durite du filtre à air. Mais avant tout, il faut vidanger le circuit de refroidissement si je ne veux pas transformer l’alternateur en roue à aubes. Je commence donc par retirer la calandre et le bouchon du radiateur …

 

Le niveau n’a pas baissé de façon significative ce qui tenterait à prouver que ma panne du Vercors pourrait bien provenir de cette fuite. Le liquide se serrait barré petit à petit, tel un prisonnier qui cherche à s’évader sans se faire remarquer.

Je récupère ensuite mon bidon « spéciale vidange circuit de refroidissement » déjà évoqué dans un autre paragraphe, le place sous le radiateur et cherche une pince pour ouvrir le robinet. Bon ! Etant très ordonné, impossible de trouver une multiprise. C’est donc avec une clef de 7 plate d’un côté et à œil de l’autre que, grâce à un tournevis passé dans l’œil (de la clef), je réussis à desserrer ce maudit robinet.

 

Je laisse couler jusqu’à découvrir les alvéoles du radiateur.

 

 

Je retire ensuite la durite du filtre à air …

Pour atteindre la zone de l’opération. Tel le chirurgien qui place un drap sur les parties non concernées par l’opération de son patient, je place un chiffon entre l’alternateur et la durite à soigner. Un morceau de vinyle aurait été préférable mais n’en ayant pas sous la main et ne voulant pas ruiner le budget familial en sacrifiant un sac poubelle, je prends le premier chiffon crado que je trouve. Bon, le risque de contamination bactérienne étant nulle, il sera suffisant pour limiter l’entrée d’eau dans l’alternateur quand je retirerai la durite incriminée.

 

Par acquis de conscience, je débranche la batterie car juste en dessous de mon chantier se trouve le câble de charge. Je me méfie de plus en plus de la loi de Murphy qui, a tout les coups, provoquera un court-jus destructif à cause d’un tournevis vagabond ou d’une clef volage…

 

Je dévisse ensuite le collier de la durite malade, laissant au passage quelques cellules épithéliales d’un de mes 10 doigts et un échantillon de mon groupe sanguin. Le retrait de la durite entraine une petite hémorragie Titinesque, vite colmatée par l’introduction du chiffon hémostatique dans l’orifice du calorstat.

 

Une fois retiré, j’ai tout loisir d’ausculter le bout de tuyau déficient. Je constate sans surprise que ce dernier présente une mini déchirure traversante.

Vue la configuration de cette durite et l’endroit où se trouve la zone sinistrée, je décide de n’en couper qu’un petit morceau en aval du trou. En faisant ceci, le collier de serrage se retrouvera en amont du dit trou et serrera le bout de tuyau dans une zone saine.

Un bon coup de cisaille à tôle et voilà la durite raccourcie de quelques millimètres.

 

Vue de l’intérieur, la déchirure me parait plus importante, signe que cette durite n’allait pas tarder à lâcher carrément.

 

Reste plus qu’à tout remonter …

 

Mais avant de remettre le circuit en eau, je profite de cette vidange pour vérifier le fonctionnement de la sonde de température. Cette dernière est évidemment très accessible … quand le moteur est retiré de la voiture. Cependant, je constate qu’en retirant le filtre à air, je devrais pouvoir l’atteindre. 

Pour retirer le fil qui la relie à l’indicateur du tableau de bord, pas de problème, mais pour la dévisser, c’est une autre paire de manche. Avant de faire une co…ie, je teste la sonde avec un ohmmètre : 4200 ohms. Cette dernière n’est donc pas coupée, c’est déjà bien, mais la résistance me semble un peu élevée.

 

Je décide donc de retirer quand même la sonde et de la tester en température. Pour ça, il faut une clef de 21. Mes clefs à pipe ne sont pas assez profondes pour avaler le contact (pas d’allusion graveleuse SVP …). J’aurai pu utiliser une clef à bougie mais celle-ci est trop longue par rapport à l’espace disponible. Seule une clef à œil peut passer… et encore. Quand j’essaie glisser la 21 autour de l’écrou, le peu de débattement ne me permet pas de chopper la bonne dent. C’est avec la clef de 23 que j’arrive à débloquer la sonde en me servant du jeu dû au deux millimètres de trop.

Une fois retirée et après avoir nettoyé le contact, je la teste de nouveau. Cette fois je trouve une résistance plus faible : 2200 Ohms. C’est peut être normal vu que je la tiens entre les doigts et que ma température corporelle est nettement supérieure à la température ambiante. Ne dépassant que très rarement les 37 degrés Celsius, il me faut trouver un moyen de monter jusqu’à 100 degrés. Un petit tour dans la cuisine me permet de trouver le nécessaire pour mon essai. Je fais chauffer de l’eau dans une gamelle jusqu’à ébullition et plonge jusqu’au fond, ma sonde reliée à mon ohmmètre, l’autre borne de celui-ci étant reliée à la casserole.

 

Cette fois, je trouve une résistance de 200 ohms. En la retirant de l’eau et en la reliant comme il se doit à l’ohmmètre, la résistance remonte doucement. Un petit coup sous le robinet d’eau froide et je retrouve presque ma résistance de départ. Tout semble donc normal. Je n’ai plus qu’à remonter l’ensemble et à tout tester sur place.

Manque de bol, en remontant la sonde, voilà que le joint décide de quitter seul les lieux. Il descend le long du bloc moteur et tente de rejoindre les graviers. Hélas, il a dû être intercepté en route car impossible de le distinguer. Je ne le vois ni dessous, ni dans le compartiment moteur. Grrrrrr… Vu le nombre d’obstacles potentiels ayant pu bloquer ce foutu joint, je décide de prendre une fois de plus l’outil du proctologue pour partir à sa recherche. Mais j’ai beau farfouiller dans tous les recoins, impossible de trouver sa planque. De dépit, je décide de le remplacer par un nouveau. Je fouille dans ma boite spéciale qui doit contenir tous les joints de plomberie et d’automobile possible. Comme vous vous en doutez, aucun ne correspond. Le plus gros joint cuivre que j’ai a un diamètre de 16 mais il me faudrait le diamètre au dessus. Je retourne donc sur les lieux du crime et pousse un peu plus mes recherches, reprenant même la position du cafard flytoxé pour bien voir sous Titine. Rien de rien … ! Ça, c’est la tuile. Où acheter un joint comme ça ? Il est 18h20 et je sais que mon magasin de pièce auto favori ferme à 18h30.  Je vais tenter une grande surface sachant que celles-ci ferment au plus tard à 19h00.

Me voilà donc avec la C5 sur le parking de la plus proche grande surface quand je vois brusquement une enseigne de pièces auto que j’avais complètement zappé. Euréka ! Elle est ouverte. J’achète donc une pochette de joint de 18, une de 20 et un bidon de liquide de refroidissement au cas où. La chance me sourirait donc ?

De retour à la maison, je replace un joint neuf sur ma sonde de température. Avec moult précautions pour éviter de transformer le compartiment moteur en collection de joints perdus, j’arrive à visser puis à la resserrer. Ouf ! Un petit coup d’ohmmètre pour constater que tout va bien et je remets le circuit en eau en reversant, dans le radiateur, le liquide récupéré dans mon bidon spéciale course et en faisant un petit complément avec le bidon acheté dans le Vercors.

 

Après avoir remonté le filtre à air et rebranché la batterie, je mets en route le petit moteur. Celui-ci démarre au quart de tour tout en émettant le bruit de frottement de vieille ferraille qui me tracasse depuis quelques temps. Bon ! Ce bruit cesse au bout de quelques secondes, sans raison apparente et je laisse le petit 1300 monter doucement en température. Du liquide coule un peu par le tuyau permettant d’évacuer la surpression du radiateur quand le bouchon servant de soupape de sécurité s’ouvre.

 

C’est normal puisque le liquide chauffe et … ? Je me rends compte brutalement que l’ami Lulu m’a fait faire une co…ie l’autre jour en me faisant remplir à fond le radiateur. Sur Titine, il n’y a pas de vase d’expansion et c’est le haut du radiateur qui encaisse les dilatations du liquide de refroidissement, à condition de laisser un peu d’air au dessus de ce dernier. Sans rentrer dans les problèmes physiques complexes, les liquides ne sont pas compressibles ce qui fait que toute augmentation, même légère, de température de ce fluide dans un milieu clos sans air (ou gaz) entraine une augmentation rapide de pression du circuit. En faisant le plein du radiateur, l’augmentation de température va rapidement provoquer l’ouverture de la soupape du bouchon (qui doit être tarée vers 800 mb relatif), laissant couler du liquide par le petit tuyau. CQFD… De deux choses l’une : soit je vidange un peu de liquide pour laisser le volume d’air nécessaire, soit je laisse faire la nature en laissant l’excédent de liquide s’évacuer doucement jusqu’à ce que tout s’équilibre. Comme le moteur chauffe doucement pendant que mon cerveau fait de même en réfléchissant à tout ça, j’aboutie naturellement à la deuxième solution.

 

En effet, le petit 1300 a atteint sa température max avec démarrage du ventilateur et il n’y a plus de liquide qui coule par le tuyau. Un petit coup d’œil sur le tableau et je constate que l’indicateur de température est bien sortie de sa zone « glace polaire » sans toutefois atteindre la zone « stop tout, ça chauffe ». Je laisse faire quelques cycle de « démarrage-arrêt » du ventilateur et constate avec bonheur que l’aiguille navigue dans la bonne zone.

Avant de remonter la calandre et refermer le capot, je jette un dernier coup d’œil pour vérifier qu’il n’y ait pas d’évacuation suspect de liquide. Mise à part celle sur le haut du radiateur qui entraîne quelques fumeroles, rien d’anormale. Ouf ! Titine est prête pour dimanche. Encore une affaire résolue … Enfin, je l’espère !

Journée nationale des Véhicules d’époque :

Dimanche 30 avril : Aujourd’hui est un grand jour pour les amateurs d’anciennes (voitures … je ne parle pas des gérontophiles). Cette journée nationale, organisée par la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Epoque), a fait naître de nombreux rassemblements sur tout le territoire, un peu comme la journée du patrimoine, mais pour les véhicules.

 

Notre club, le CMBA, associé à trois autres clubs de la région, a organisé un premier rassemblement à Varambon avant que toutes les mamies présentes ne se rendent en convoi à Drom dans l’Ain. Pas question de faire louper ça à Titine. Le rendez-vous à Varambon est fixé à 8h00 pour les membres du club.

8h10 : Je décolle seul de la maison (Quart d’heure bugiste oblige), ma dulcinée ne désirant pas participer à cette manifestation. Il fait un peu frisquet mais la météo annonce une belle journée avec sans doute un peu de pluie vers 21h00. M’en fou puisque à cette heure là, je serai rentré. Cette fois, je n’ai pas fait la bêtise de la sortie du Vercors. J’ai pensé à relever la capote alors qu’il faisait encore chaud vendredi et je regarde le niveau d’eau. De plus, mon épouse et moi avons pris Titine hier pour nous rendre à l’anniversaire de ma sœur, et ma chère et tendre n’a pas souhaité retirer le petit toit de toile de peur d’être décoiffée. Etant rentrés relativement tard de cette tuf familiale, Titine est restée telle quelle, sans même être protégée par sa couverture habituelle. Heureusement, nos invités les tourterelles n’ont pas daigné nous remercier de cet accueil en gratifiant le coffre du petit cabriolet de belles déjections comme elles l’ont fait récemment.

8h15 : J’arrive sur place où quelques voitures sont déjà présentes, tout le monde ne respectant par le quart d’heure bugiste. Les traditions se perdent … !

Ce sont toutes des anciennes du club (les voitures…), même si certaines sont de jeunes anciennes. Même celles un peu rares ou à sortie limitées sont acceptées. Il y a là une Renault 4 (dite 4L pour les intimes), une 309GTI, une Porsche 914, une Ford Focus, une Morgane, une Simca 1307, une Jaguar, une Ford Mustang GT et ma Titine, que je m’empresse de décapoter, vu que Mahomet (ou RA) commence à faire grimper le mercure.

Nous attendons encore une bonne trentaine de véhicules ce qui fera un beau cortège. Pendant que nous sirotons notre café en nous bâfrant de croissants et autres viennoiseries, histoire de se remplumer avant la balade, deux ou trois voitures viennent augmenter l’effectif. J’en profite pour faire des photos individuelles lors de leur entrée sur le parc. Puis un flot continu de mémère arrive en complément. Ce sont sûrement nos amis qui viennent du regroupement de Bourg en Bresse. C’est donc un peu plus d’une trentaine de vieilles carrosseries bigarrées qui égayent notre parc. Un beau spectacle…

 

Un chouette défilé en perspective sachant que notre trajet pour rejoindre Drom doit faire environ 80 kilomètres. Mais avant de partir, je fais un petit tour dans le capot pour voir si tout est Ok. Je ne veux pas renouvelé la dernière expérience malheureuse avec le manque d’eau. De ce côté-là, je ne vois rien d’anormal à part la fuite sur le haut du radiateur. Des collègues présents me donnent quelques idées pour le réparer à commencer par refaire les soudures avec de l’étain et un petit chalumeau. Un autre me donne l‘adresse d’un gars très doué pour faire ce genre de réparation. Encore des frais en vu…Souhaitant m’assurer qu’il n’y a pas de fuite, je démarre le petit 1300. Mes collègues présents et moi-même voyons le bouchon d’huile sur le cache culbuteur pris d’une certaine frénésie. Ce dernier saute comme un Jack Russel attaqué par un régiment de puces affamées. Comme il est à deux doigts de rejoindre le plancher des vaches, il faut que je trouve un moyen de le bloquer provisoirement. Normalement, ce sont deux joints toriques qui le bloquent. Dans le cas présent, l’un a mis les voiles et l’autres est aussi dur qu’un morceau d’ébène. Aucune chance qu’il remplisse sa mission. Ayant tout et n’importe quoi dans le coffre, je déniche un rouleau de scotch électricien bleu. Ça devrait faire l’affaire ! J’entoure donc mon bouchon avec ce scotch de façon à augmenter le diamètre…

Une fois emboîté, plus de problème… Reste juste à savoir si l’huile ne va pas déliter le plastique.

10h30 : C’est le départ pour Drom !

 

Au moment de quitter le parc des Brotteaux (c’est comme ça que s’appelle notre lieu de rendez-vous habituel), voilà que l’aiguille de température redescend dans les tréfonds de l’indicateur…

 

 

Ah non ! Là, c’est trop ! Impossible d’arrêter le convoi ! Je lui donne quelques claques techniques, vous savez, celles qui, si on insiste un peu, transforme la vitre de votre tableau de bord en kaléidoscope psychédélique ! Rien à faire ! J’espère seulement qu’elle va se réveiller comme elle le fait parfois, mais au fil des kilomètres, rien ne se passe. Grrrrr… J’enrage car la loi de Murphy me frappe de nouveau. Comme si ce foutu indicateur ne pouvait pas tomber en rade avant le départ ! J’aurai pu y jeter un œil tranquillement !

Je suis en milieu de peloton et me sens prisonnier.

 

Je décide de rouler en aveugle ce qui n’est pas recommandé vu tous les déboires précédents. Je me rassure en me disant que j’ai de l’eau, que la température n’est pas trop élevée et que pour l’instant, nous roulons cool. Hélas, mes arguments s’effondrent petit à petit. Nous quittons rapidement la grande route pour prendre des chemins de traverses avec vitesse réduite et petites côtes sympas (quand tout va bien). De plus, le Dieu Ra vient de me reconnaître et commence à me chauffer la couenne. Il y a des fois où on regrette les nuages ! J’envisage donc le plan de secours à savoir, mettre le chauffage à fond. Il vaut mieux que ce soit moi qui grille plutôt que le petit 1300. Mais là, rien ne va plus… En enclenchant le ventilateur, je vois le voyant rouge de charge s’allumer plein feu ! Eh m…de ! Même si je connais la cause de ce malaise pour l’avoir solutionné dans le passé après moult réflexion, sur le moment, je ne peux rien faire car impossible de m’arrêter ! Bouuuuuh … ! Mais qui m’a foutu des Gremlins dans le moteur pour me pourrir la vie ? Le pire, c’est que j’ai tout dans le coffre pour diagnostiquer et réparer … Mais pour l’instant, il faut avancer.

Les kilomètres passent et j’utilise la voie C à savoir la montée en régime pour entrainer plus vite le ventilateur (la voie B qui consiste à utiliser le chauffage étant en rade). C’est là que me vient un affreux doute ! Est-ce que le ventilateur fonctionne ? Je ne me souviens plus sur quel fusible il est branché ! Oups ! Si c’est ce que je crains, c’est la tuile … Tout en continuant à avancer, j’essaie de faire appel à la zone atrophiée de mon cerveau qui avait dû servir de mémoire dans mon jeune temps ! Rien ! Impossible de me rappeler ce qu’alimente le fusible numéro 4, celui que je sais être en cause pour le ventilo de chauffage. Je commence à avoir des sueurs froides. En attendant de pouvoir m’arrêter, il me reste l’ultime secours… l’odorat ! Je sniffe, renifle, hume pour dépister une éventuelle odeur de liquide de refroidissement suspecte. Pour l’instant, rien d’anormal ! Il faut dire que je suis légèrement enrhumé mais pas suffisamment pour ne pas dépister un début de geyser titinesque !  

Les kilomètres continuent à défiler mais j’ai du mal à apprécier le décor. N’en pouvant plus, je prends la décision de m’arrêter coute que coute. J’entr’aperçois une possibilité d’arrêt avec en prime, le convoi qui ralenti. Je déboucle ma ceinture pour ne pas perdre de temps, mets les feux de détresse, pour la 2CV qui me suit, et… Bon, les feux de détresse n’ont plus l’air de fonctionner, pas plus que les clignotants. Il est vraiment temps que je m’arrête. Juste avant de stopper, je débloque le capot et, à peine arrêté, je saute hors de Titine. Ceux qui me suivaient me dépassent petit à petit. J’ouvre le capot et commence à trifouiller au niveau des fusibles. C’est en faisant rouler le numéro 3 dans son logement que j’entends le ventilateur de chauffage se mettre en route, juste au moment où la Porsche 924, qui sert de voiture balaie, arrive à ma hauteur.

  • « T’es en panne ? » me dit notre président !
  • « Non ! Juste un problème de fusibles »

Là-dessus, je saute dans Titine et rejoins les autres. Le ventilo fonctionne mais cette foutu aiguille reste désespérément dans les tréfonds de la zone froide. Mise à part le fait que le petit 1300 n’est pas un groupe frigo et que de ce fait, son circuit d’eau n’a aucune raison de faire des glaçons, que la sonde a été vérifiée et que son contact a été nettoyé, il faut que je me rende à l’évidence, tout doit venir de l’indicateur ou d’un connecteur. En attendant, je conduis une petite auto qui a tendance à prendre des poussées de fièvre et tout ça, sans thermomètre. Quelle poisse… Une fois de plus je fais confiance à ma bonne étoile et mets toutes les chances de mon côté en laissant le chauffage à donf et en évitant de rouler avec un moulin qui tourne en dessous de 1500 t/mn.

11h20 : Nous montons à travers les vignes du Cerdon par des petites routes tranquilles qui n’ont jamais du voir autant de voitures en si peu de temps.

 

Je roule devant la voiture balai quand je vois une Mercedes (apparemment récente) et la R16 s’arrêter devant moi, juste vers un embranchement. Mince ! C’est pas le moment de s’arrêter, surtout en pleine côte. J’attends quelques secondes et j’aperçois un des occupants de la Merco descendre et faire signe. Pas la peine de faire un dessin ! La belle Mercedes est en panne. Encore quelques secondes et je vois la R16 se faufiler entre la grosse allemande et le ravin… Si elle passe, Titine doit passer aussi… Heureusement que je suis seul. Je pense que si j’avais emmener mon épouse, j’aurai eu le droit à quelques hurlements de panique, (du style de ceux qu’on entend dans les films lorsque la femme de ménage découvre son patron découper en rondelle au milieu du salon), car lorsque je passe à mon tour, je ne vois plus la route, ni le bord du fossé à ma gauche et les rétros de Titine et de la Merco manquent de s’embrasser. Pourtant la 16 fait 6 cm de plus en largeur, mais il me semble qu’elle passait plus facilement. Illusion d’optique sans doute …

Une fois l’obstacle franchi, nous revoilà en route, mais cette fois, comme nous avons perdu du temps et que nous devons rattraper les autres, le rythme est plus rapide … et c’est tant mieux ! Nous parcourons ainsi quelques kilomètres avant de tomber sur le convoi qui roule au pas, puis s’arrête. Enfin un répit …

 

J’en profite pour ouvrir le capot ! Je jette encore un œil (si ça continue, je ne vais plus en avoir !). Mes collègue, intrigués (ou habitués) par le capot ouvert, viennent aux nouvelles.

 

Je trifouille les fusibles… Clac ! Comment-ça clac ? Je reconnais sans hésitation le collage de l’électro-embrayage du ventilateur ! Mince ! Si ça se trouve, le ventilateur n’a pas fonctionné depuis le départ ! A moins qu’en trifouillant je n’ai pas entendu un premier clac ! Ce qui est sûr, c’est l’absence de fiabilité des contacts de ce support de fusible. Pour m’affranchir d’éventuels problèmes résultant de ce défaut rédhibitoire, je sors la bombe miracle, celle qui nettoie les contacts et, fusible après fusible, asperge jusqu’à les noyer, les connexions en cause. Si j’avais eu du papier de verre, j’en aurai passé un coup dessus mais le coffre de Titine n’a pas encore cet article en stock. Je ferai ça plus tard.

Je remonte à la place du chauffeur et après avoir mis le contact, vérifie si tout va bien. J’entends bien le claquement sec de l’électro-embrayage, le démarrage du ventilateur de chauffage, le clic clac du clignotant et vois bien les voyants du tableau de bord s’allumer ! Mais cette foutue température reste désespéramment dans la zone glaçon pour apéro … Pas le temps d’aller plus loin dans mon analyse car le convoi redémarre après le retour de la Porsche de queue. Cette dernière était restée avec la Mercedes pour ne pas la laisser en rade. Problème connu d’arrivée d’essence parait-il ! La grosse Allemande nous rejoindra à Drom après avoir solutionné cet incident.

 

Vous dire par où nous passons relève de l’utopie…  Non seulement je suis perturbé par mes problèmes indicateurtempératuresques mais le pseudo roadbook distribué au départ ne correspond pas du tout au trajet emprunté (je l’ai su qu’une fois arrivé). Je repère quand même un premier point connu : le viaduc de Size Bolozon… Comment est-on arrivé là ? Mystère et boule de gomme.

 

Puis nous traversons Hautecourt Romanèche, Villereversure pour arriver enfin à Drom, terminus de notre balade.

 

 

Sur place, je découvre une vaste foire, paradis pour chineurs automobilesques…  Après un repas convivial organisé par l’animateur local, je déambule dans les allées à la recherche d’une nouvelle sonde de température, pour le cas où mon défaut viendrait d’une coupure de celle-ci. Mon regard se balade sur tous les étales, cherchant particulièrement cette introuvable sonde quand mon sixième sens me dit qu’il y a quelques choses de particulier dans le brique à braque devant moi ! Je cherche ce qui a créé une requête d’interruption (interrupt request pour les informaticiens) dans ce qui me sert de cerveau, et mes yeux se posent sur un magnifique radiateur qui parait neuf (au moins par sa couleur noire).  Je focalise un peu plus mon regard bionique et vois une inscription peinte dessus : 204/304 ! Incroyable… ! Je m’enquière auprès du détenteur du stand pour en connaître le prix :

  • « Je serais intéressé par le radiateur là… ! » dis-je avec courtoisie !
  • « Je garde le stand d’un collègue qui est parti faire une course ! »
  • « Et il le faites à combien ? »
  • « Je crois qu’il le vend 80 Euros mais revenez dans 20 minutes !»

Oups ! Mes finances vont en prendre un coup !

  • « Je vous le mets de côté ? »
  • « Euh…. ! Oui ! »

Entre temps, je prends conseil auprès de collègues, dont le garagiste Peugeot de mon village.

  • « 80 Euros, c’est pas cher… ! » me dit l’expert du Lion. « Dans quel état est-il ? »
  • « Il parait neuf … »
  • « Tu devrais le prendre… ! »

Que faire ? D’un côté j’ai la solution réparation par soudure avec aucune certitude qu’un tube du faisceau ne va pas lâcher peu après. D’un autre J’ai la solution du réparateur mais à quel prix ? Réfléchissement Nanar … !

  • « Même si c’est une affaire, essaie de faire baisser le prix » me dit un troisième collègue.

C’est donc dans cette optique que je rejoins le stand miracle.

  • « Je serais intéressé mais pouvez-vous me le descendre à 70 ? » dis-je avec l’intonation du mec qui peut pas donner plus !
  • « Non ! Il est neuf et je peux pas faire mieux … De plus, il est tout en cuivre donc plus cher ! »

Il y a des moments où on voit nettement qu’insister ne sert à rien. Je sais qu’un neuf, en plastique et aluminium, me coûterait dans les 70 Euros sur Internet avec le port en plus. Un radiateur entièrement en métal me reviendrait à 250 Euros sans savoir si c’est du cuivre, du laiton ou de l’aluminium. Vu les problèmes de chauffe que je rencontre, la solution Internet bon marché ne me tente pas trop. Tant pis, je prends celui qui trône devant moi ! Me voilà donc avec mon radiateur sous le bras en direction de Titine. Je place ce dernier dans l’espace libre qu’il me reste dans le coffre.

 

Je profite d’être revenu vers mon petit cabriolet pour lever de nouveau le capot, histoire de voir, dans un premier temps, si mon acquisition correspond bien au modèle monté et dans un deuxième temps, pour faire quelques tests supplémentaires côté problème de température. Côté radiateur, pas de soucis puisque celui-ci est la copie conforme de celui qui était sur Titine, avant qu’un objet contondant non répertorié ne transforme son faisceau en charpie (voir paragraphe « Nouvelle galère »). Pour le problème température, je décide d’enquêter en remontant la chaîne de mesure depuis la source. En premier, la sonde ! Après avoir débranché le fil qui la relie au tableau de bord, je teste sa résistance avec l’ohmmètre que j’ai glissé dans le coffre pour le cas, tout à fait improbable vous en conviendrez, où je rencontrerai un problème électrique… !

 

Je lis une valeur de 3200 ohms ce qui me semble apparemment normal au vue des mesurages que j’avais réalisées à la maison vendredi.  Le problème ne vient donc pas de là. Je suis les fils et trouve un connecteur au niveau de l’aile gauche. En débranchant celui-ci, les contacts ne me semble pas très catholique (ni d’une autre religion d’ailleurs). Un petit raclage de l’oxyde avec un mini tournevis plus un bon coup de bombe à jaja dedans et je rebranche le tout. Je mets le contact et regarde l’aiguille de température… La bête ne reprend pas vie. Même si Titine a eu le temps de refroidir, cette maudite aiguille devrait légèrement bouger, mais là, rien, nibe, que tchi, que dalle. Pas l’ombre d’une once de vie ! Je tente de mesurer la tension arrivant sur le connecteur précédemment cité sans le débrancher. Mon voltmètre indique 0 volts ce qui signifie que le problème vient de plus haut dans la hiérarchie. Au sommet de la pyramide se trouve l’indicateur du tableau de bord, alimenté par le même « + » que le reste du tableau de bord. Je récupère le guide pratique qui se trouve dans le coffre et analyse le schéma.

 

Après analyse :

  • Le problème ne peut plus venir du fusible F4 puisque le reste du tableau de bord fonctionne correctement.
  • Il ne peut pas venir de la sonde car celle-ci à l’air de se comporter normalement.
  • Il pourrait provenir d’un mauvais contact du connecteur K (celui sur lequel je viens d’intervenir) mais je n’y crois pas.
  • Il me reste le connecteur A, dont je ne connais pas la planque, le connecteur du circuit imprimé du tableau de bord qui est sans doute inaccessible ou l’indicateur, ce qui me ferait bien ch….

J’en suis là dans mes réflexions quand je vois revenir mes collègues.

  • « On repart ! » dit notre président à la volée.

Nous ne sommes plus que 5 à reprendre la route de Varambon. Evidemment, rien n’a évolué favorablement au niveau de mon problème mais comme nous rentrons à bonne allure, plus d’inquiétude. En roulant, j’essaie quand même quelques petites claques techniques sur la glace du compteur, mais même cette méthode, qui a fait ses preuves chez des centaines de techniciens confirmés, reste totalement inefficace dans le cas présent.

 

Arrivés à notre point de départ, nous nous tapons quelques croissants, arrosés avec des restes de boissons, reliquat du matin. Cependant, je ne résiste pas à l’envie de jeter un nouveau coup d’œil sur ce foutu circuit électrique. Je débranche de nouveau la sonde et mesure sa résistance : 230 Ohms ! Ça, c’est bien car le moteur est chaud et la valeur trouvée correspond à quelque chose de réaliste. Donc, pas de problème côté sonde. Avant de la rebrancher et après avoir mis le contact, je mesure la tension sur le fil : 5,6 volts ! Çà, ça veut rien dire… Je devrais, soit trouver 12 volts si la liaison est correcte et que l’indicateur est OK, soit 0 volt si le circuit est coupé ou que l’indicateur est mort ! Seule cause possible : un méga faux contact en amont du connecteur K. Difficile à imaginer sur un circuit électrique de cette qualité… ! Ne sachant où chercher, je passe une de mes pattes de devant entre la colonne de direction, la planche de bord et quelque chose qui m’arrache des morceaux de mon épiderme, tout ça couché sur le dos avec le levier de vitesse qui me masse doucement les 10 premières vertèbres et quelques côtes. J’ai laissé le contact, et malgré une position indigne de mon grand âge, tout en palpant quelques câbles, je vois, oh surprise, l’aiguille de température rejoindre une position naturelle puis retomber aussitôt dans la zone glaçon. Encore une petite touchette et hop, voilà mon aiguille qui remonte ! Euréka !Je viens de localiser la zone de mes emm…des !

C’est donc sur cette bonne nouvelle que je quitte notre lieu de rassemblement pour retourner à la maison. Reste plus qu’à passer l’outil du proctologue pour voir ce qui se passe là-dessous, mais ça, c’est une autre histoire…  Encore une belle journée passée ! Que du bonheur …

A suivre !

Remplacement du radiateur mais pas que !

Dimanche 14 mai 2017 : Cela fait quelques jours que je passe devant Titine avec l’envie folle de bricoler dessus. J’ai plusieurs projets de rénovation en cours mais le temps me manque. Il me faudrait des journées de 27 heures et des semaines de 10 jours pour espérer voir baisser mon carnet de tâches à exécuter en urgence. Mais aujourd’hui, la frustration est telle que je fais fis de toutes autres occupations. J’ai bien le droit à un peu de bon temps quand-même … !

Comme tâche urgente, j’ai celle qui consiste à remplacer le radiateur fuitard par celui acheté lors de la journée Nationale des Véhicules d’Époque à DROM. C’est un investissement qui dort, depuis cette journée, dans le coffre de Titine et comme tout ce qui dort dans un coffre ne rapporte rien, autant le mettre en place. Cela m’évitera de le remplacer dans l’urgence ou d’être obligé de faire une sortie avec la peur de voir le sympathique liquide verdâtre se répartir sur le macadam au fil des kilomètres. J’ai suffisamment pollué la planète avec mes fuites successives ! Me voilà donc prêt à intervenir. Première chose à faire, enlever la calandre car impossible d’atteindre le robinet de vidange avec ce bout de plastique en place. A propos de calandre, je ne vous ai pas dit ! J’ai réussi à en dénicher une autre qui correspond à celle d’origine de mon petit cabriolet blanc à savoir, une calandre noire avec un lion Peugeot doré. Un vrai miracle ! Il faut que je vous raconte avant de continuer sur le radiateur…

Le 10 février 2017, je reçois un message d’une personne qui, en faisant des recherches sur le Net, a trouvé mon contact. Dans quel forum ou sur quel site ? Je n’en sais rien ! Il faut dire que j’ai tellement jeté de bouteilles à la mer pour trouver des pièces, que la toile doit être saturée de mes demandes au point de ressembler au stockage de récupération de verre de St Gobin. Coup de bol pour le naufragé que je suis, cette brave dame est tombée sur une de ces bouteilles et elle a eu la bonne idée de me contacter. Après quelques échanges, elle m’envoie un certain nombre de photos sur des pièces détachées de 304S. Celles-ci avaient été récupérées sur leur voiture accidentée et encombraient leur local depuis deux ans. Je passe donc en revue ces photos, quand mon regard éberlué tombe sur un objet que je recherchais depuis que j’ai Titine.

 

Une calandre ! Pas de celles que j’avais visualisées depuis 5 ans. Non ! Celle-ci est précisément le fruit de mes recherches quinquennales. Une calandre noire avec le lion doré ! Par courriel, je prends contact immédiatement avec cette personne pour l’informer que quelques pièces m’intéressent et lui demande combien elle en veut. J’attends… ! Malgré une scrutation méthodique de ma boîte mail tous les jours, rien… ! Je pense donc que St Nanar, garant de ma chance, est en train de pioncer et que cette occase m’est encore passée sous le nez. Une semaine plus tard, je reçois un nouveau message de la dame qui me demande de patienter, celle-ci ayant des urgences à traiter en priorité. Ouf… La bête convoitée est toujours disponible.

Nous sommes le 31 mars et je reçois un mail me demandant de choisir les pièces que je souhaite récupérées et d’en fixer le prix. Je vois un démarreur (le mien étant très capricieux en ce moment, son remplacement est envisagé), une bobine d’allumage, un ventilateur et la calandre. Je propose donc une somme faisant le compromis entre mes finances qui frôle le zéro absolu, et le prix exorbitant de ce type de calandre que certains osent laisser sur la toile. A savoir qu’en plus de la somme astronomique, cet objet est classé indisponible (Pourquoi afficher un produit indispo?). Voulant rester honnête, et compte-tenu de la rareté de l’objet, je ne peux lui proposer un prix trop bas. Pour compenser, je ne mangerai plus mon rocher au chocolat quotidien pendant un an … Na !

Arrive le 30 avril : nous arrivons enfin à mettre une stratégie en place pour récupérer les dîtes pièces et effectuer le règlement.

Le 7 mai, ma belle-fille qui habite à Montpellier, pas très loin de la propriétaire du trésor, profite d’une remonté dans ma région pour me ramener les pièces tant attendues. C’est toujours des frais de transport en moins. Elle n’est pas trop mal (la calandre) et je pense que Titine sera « plus mieux très belle » avec ce nouvel avant, conforme à ses origines.

 

J’observe ce rare bout de plastique et constate, sans surprise, quelques petits dégâts au niveau des fixations et de certaines lames, sans doute dus à l’accident où à quelques garagistes maladroits. En effet, ces derniers ignorent, la plupart du temps, que toute intervention sous le capot nécessite une ablation de la calandre sous peine de fractures multiples (de la calandre…pas du garagiste !).

 

 

Il va donc falloir réparer tout ça.

Dans un premier temps, je décide de refaire les pattes à partir de plastique thermoformé. Vous connaissez sans doute ? Il s’agit de granule de PVC que l’on plonge quelques secondes dans de l’eau chaude (supérieur à 60 degrés) et que l’on retire pour les modeler entre les doigts, en s’ébouillantant au passage. Une fois froide, on peut limer, percer ou poncer la pièce. Si celle-ci est ratée, il suffit de replonger le tout et de se rebrûler les doigts pour recommencer l’opération. C’est très pratique…Mais là, impossible de retrouver mes granules. Je décide donc d’aller me ravitailler chez les grandes surfaces du coin, spécialistes de la bricole. Loi de Murphy oblige, aucune ne fait ce genre de produit. Petit tour chez mon ami Google … Mince ! Ça doit pas courir les rues car je ne trouve qu’un ou deux sites qui le propose et encore, à des prix frôlant l’indécence ou en très petites quantités. Pourtant, j’en ai acheté sans problème à une époque ! Quelle poisse. Bon ! Je me rabats sur un de ces sites qui le propose en sachet de 100g pour une vingtaine d’Euros et je passe la commande.

En attendant, je fais quelques réparations de fortune pour pouvoir monter ma belle calandre sur Titine. Quelques coups de colle super forte (censée coller même des objets lourds en 24 heures) pour les lamelles cassées et une belle patte en zinc, fabrication maison, pour la fixation qui manque.

 

Reste plus qu’à visser cette dernière sur le moignon de patte qui reste, n’osant pas lui infliger la contrainte du rivet Pop. Cette contrainte risquerait de se transformer en complainte pour la patte trépassée. Je fouille donc dans ma réserve à gluttes pour trouver deux vis de 3 et deux écrous. Quand je dis fouiller dans ma réserve, je devrai dire renverser le contenu de la boîte sur le sol pour y voir plus clair.

 

Après un quart d’heure de recherche intensive, je trouve deux vis et deux semblants d’écrou qui s’adaptent. Reste plus qu’à tout remettre dans la boîte jusqu’à la prochaine fouille.

 

Quand aux deux autres pattes de fixation, elles avaient déjà été remplacées par des lamelles rouges en plastique souple, riveté sur les morceaux restants.

 

La photo montre ce qui sert de patte centrale. Un petit coup de cisaille à tôle pour mettre en forme ce morceau de plastique informe et le résultat me paraît à peu-près esthétique. Je préfère ne pas tenter de retirer les rivets pour remplacer cette matière disgracieuse par un zinc beaucoup plus noble. Je ne sais pas si vous avez tenté de faire sauter à la perceuse des rivets fixant du plastique mais de mon côté, ça s’est souvent transformé en cata, le plastique fondant lorsque le rivet tourne sous l’action agressive du forêt. Je me contente donc de cette réparation de fortune pas trop mal faite. De plus, elle me semble plus robuste que les patounettes d’origines.

Pour tenir les lamelles encollées pendant que kicoltout tente de les ressouder, j’utilise la méthode du serre-joint Made in nanar. Je me sers de bouts de fils électriques que je torsade jusqu’à ce que la pression soit suffisante, sans atteindre le point où le « crac » fatidique se fait entendre. Pourquoi du fil électrique et non pas du fil de fer me direz-vous ? Pour deux raisons simples :

  • le fil électrique est plus souple et j’en ai en grande quantité
  • du fil de fer de petit diamètre et suffisamment malléable, j’en ai pas…

 

 

Un petit coup de peinture noire juste sur les fixations et la belle calandre paraît comme neuve.

Il ne reste plus qu’à attendre 24 heures en la calant dans un coin de mon sous-sol pour que tout seiche comme il faut, et pour éviter que les chats ne viennent jouer avec, ou dormir dessus. Je les connais mes matous ! Ils adorent dormir ou se frotter sur ce qui est nouveau dans leur domaine, et si la grosse bestiole qui fait près de 8kg décide de se servir de mon bout de plastique comme litière, je ne vous parle pas des dégâts…

Revenons au radiateur ! Le robinet de vidange de celui-ci étant devenu accessible, je place mon bidon made in Nanar dessous Titine, ouvre le bouchon du dit radiateur et laisse couler le liquide verdâtre.

Ce dernier est comme neuf et pour cause… Vu le peu de kilomètres parcourus et la fréquence de remplissage du circuit pour compenser les nombreuse fuites, il a pas eu le temps de vieillir le pauvre ! Cette fois, j’espère que ce sera la dernière vidange avant longtemps.

Une fois le radiateur vide, j’entame le démontage de celui-ci. Il ne tient que par une vis en haut et deux en bas, le tout très accessible pour une fois.

Je passe ensuite à l’opération délicate du débranchement des durites. Pour celle du haut, l’accès est aisé quand la patte fixant le radiateur est enlevée. Par contre, celle du bas reste toujours sportive. Il faut passer la main et le bras entre le radiateur et le bloc moteur tout en tenant une clef de 7 pour dévisser le collier de serrage. J’ai beau avoir le bras long (juste pour le bricolage) et les doigts fins (c’est Madame qui le dit), j’y laisse chaque fois des morceaux de mon épiderme. Il y a tellement de mes cellules épithéliales dans ce coin de Titine qu’elle pourrait servir pour un traçage ADN. J’arrive donc à desserrer ce foutu collier non sans avoir passé mon bras à la rappe à fromage. Je vois déjà des esprits critiques me parler du bleu de travail à manche longue, indispensable pour la sécurité en mécanique ! Et ben dans ce cas, l’utilisation du dit vêtement aurait pour conséquence de détruire quelques ailettes par l’accrochage de fibres textiles dans le fragile édifice que représente la délicate structure réfrigérante. De plus, l’épaisseur supplémentaire générée par ces manches empêche de descendre le bras jusqu’au lieu de l’opération. Pas ma faute si l’insigne du lion à prévu de faire faire cette intervention par l’ET de Roswell

                                     

Bon ! J’arrive tant bien que mal à desserrer le collier et, par contorsion de la durite, à dégager celle-ci de l’orifice inférieur du radiateur. Après extraction de ce dernier, j’envisage de remplacer le ventilateur. Celui-ci avait pris un gnon lors de l’incident survenu pendant le tour cycliste de Neuville sur Ain. Souvenez-vous ! C’est le coup où un objet contondant et toujours non identifié avait transformé le bas du radiateur en morceau de cuivre informe, crevant au passage quelques faisceaux et enlevant un morceau d’une pale du ventilo.

Comme j’ai celui faisant partie du lot acheté avec la calandre, je vais pouvoir le remplacer. En regardant bien le nouveau, je m’aperçois que lui aussi à subit quelques sévices ! Remplacer un cheval borgne par un aveugle ne me tente pas trop ! C’est là que le petit dernier de ma chère et tendre me fait remarquer que l’objet en question semble plus petit en diamètre que celui sur Titine… ! « Ah bon…? » Mais il a raison le bougre ! En les plaçant l’un à côté de l’autre, cette différence est flagrante.

 

Il n’y a pas que ça comme différence. L’un a le bout de pales arrondi alors que l’autre l’a carré. Pas glop tout ça… ! Bon ! Tant pis… ! Je laisse l’ancien en place. Plus grand veut dire plus d’air brassé, et de l’air, le petit 1300 en a besoin. Le nouveau ventilo me servira toujours de rechange au cas où un autre ventilateurivore vienne finir le travail sur l’ancien.

Je peux donc remonter le nouveau radiateur. Mais avant ça, il faut récupérer quelques éléments sur celui qui était en place à savoir, le thermo contact et le bout de tuyau servant à guider le liquide vers le sol quand le bouchon du radiateur joue son rôle de soupape, ce qui ne m’est jamais arrivé… (Je pouffe !).

Pour le thermo contact, un petit coup de clef de 30 et le tour est joué.

Reste à remplacer le joint … Euh ! J’ai beau fouiller dans ma réserve, je n’en trouve qu’en fibre spéciale plomberie. Nous sommes dimanche et toutes les boutiques sont fermées ! Trois possibilités s’offrent à moi :

  • Remplacer le joint cuivre par un joint fibre… mais ça ne se fait pas en mécanique. Ce ne sont pas les mêmes contraintes qu’en plomberie.
  • Remettre l’ancien joint … Mais je m’étais juré de ne plus le faire !
  • Attendre demain que les boutiques soient ouvertes…

Je ferai Trois Pater et deux Ave pour me faire pardonner car je choisis… la deuxième solution. Je sais, je sais ! Aiii ! Pas sur la tête ! Je promets de le remplacer s’il y a le moindre soupçon de fuite. Je replace donc mon thermo contact en le serrant d’abord à la main. Zut ! Il a du mal à se visser… ! En regardant les filets côté radiateur, je m’aperçois que ceux-ci présente une certaine irrégularité. Manquerait plus que ce filetage soit naze ce qui reviendrait à devoir passer un coup de taraud. N’ayant pas l’outil nécessaire pour cette opération, j’insiste quand même et finis par visser ma pièce, de deux ou trois tours à la main. Je termine le serrage à la clef, efficacement mais modérément pour ne pas bousiller le filetage tout en assurant une étanchéité au joint.

Il reste à remettre mon petit tuyau. Comme sur le nouveau radiateur, il manque les petits clips qui le maintiennent, je les récupère sur l’ancien. Pas de problème avec une bonne multiprise.

Pour emboîter mon bout de tube PVC sur le nouveau radiateur, je suis obligé d’enlever un restant de tuyau complétement cuit et peint avec le radiateur, ce qui tenterait à prouver que ce dernier n’est pas neuf mais refait. Me serai-je fais avoir ? Je ne pense pas puisqu’il a dû être réprouvé.

J’enfile ensuite, sur le nouveau radiateur, le tuyau récupéré sur l’ancien après avoir replacé les petits clips.

 

 

Il reste plus qu’à remonter l’ensemble sur Titine. Je repasse par la phase S.M. pour rebrancher et serrer la durite inférieure et voilà mon petit cabriolet avec un radiateur tout neuf (ou presque), comme quand mon grand me l’avait rendu après la casse moteur. Je reverse ensuite le liquide verdâtre dans l’orifice adéquat…

 

et m’assure qu’il n’y a pas de fuite… Ce qui semble être le cas. Je replace le bouchon. Ce dernier force un peu, mais l’essentiel est que le joint soit étanche et que le ressort taré joue bien son rôle de soupape pour éviter la surpression (ce qui n’arrive jamais… Je repouffe).

 Avant tout essais à chaud, ne pas oublier de rebrancher les deux fils du thermo contact…

 

J’en suis arrivé à la phase cruciale, celle de l’essai à chaud. Un petit tour de clef de contact et le petit 1300 démarre au quart de tour. J’attends un peu, puis repousse le starter. Tout est OK et pas de fuite au niveau des durites, ni au niveau du joint du thermo contact. Juste une trace sur le dessus du radiateur que j’efface d’un coup de chiffon. C’est sans doute un peu de liquide qui a du passer à côté de l’entonnoir au moment du remplissage. La température monte doucement. Jusque là, rien d’anormal. J’essuie un peu de liquide sur le dessus du radiateur … !!! Tiens ! Il me semble que j’ai déjà fait ça. Bon ! En observant bien, je ne vois pas d’autres gouttes se reconstituer à cet endroit. J’attends que le ventilateur se déclenche, ce qu’il fait alors que l‘aiguille de température n’est qu’à mi pente. Il vaut mieux qu’il déclenche plus tôt que trop tard. Encore un petit tour sous le capot ! Tout va bien ! J’essuie une petite goutte sur le dessus du radiateur …

 

L’ai-je déjà fait ? Ma mémoire serait-elle aussi fiable que celle du poisson rouge qui a chaque tour de bocal se dit : « tiens, un nouveau canapé ! Tiens, un nouveau canapé, Tiens…. ». ? Non ! Je me pose donc la question : « Serait-ce une fuite … ? ». Si c’est le cas, quelle poisse ! Je verrai à l’usage mais en attendant, il va quand même falloir réparer ou faire réparer rapidement l’autre pour anticiper l’échange au cas où cette fuite s’avérerait réelle. Si je retrouve celui qui m’a vendu ce foutu radiateur … Grrrrrr ! Encore des frais en vue … Comme je dois amener Titine au contrôle technique (et oui ! Déjà… !), je verrai le reste plus tard.

A suivre…

Deuxième Contrôle Technique …

Et oui ! Déjà 2 ans que Titine a eu sa dernière visite médicale. J’en vois qui s’étonne ! « Pourquoi tous les deux ans pour une mamie qui à 44 ans cette année ? ». Ben tout simplement parce que quand je l’ai acquise, je l’ai immatriculée en préfecture sous carte grise normale et non sous C.G. de collection ! « Mais c’est stupide me direz-vous ! » Et moi de vous répondre … « Vous avez sûrement raison ! ». Mais jusqu’à présent, je ne voyais pas l’intérêt de cette carte vermeille pour tas de ferraille encore roulant.

Je prépare donc Titine pour cet examen régulier et onéreux (non remboursé par la sécu) avec une petite appréhension. Même si je sais qu’elle est en bon état, vu côté propriétaire et chauffeur (si si, je vous jure !), l’administration fiscale et les marchants de voitures neuves font tout pour que ces visites transforment nos mamies en futurs robots cuiseurs, après passage dans la marmite du diable des fonderies de l’Europe de l’Est ou pire, de Chine.  Je connais ses défauts et je sais qu’elle n’est pas comme une voiture neuve, mais normalement, comme je roule depuis pas mal de temps avec, tout devrait être OK. Juste deux petits points me turlupinent un peu ! Le phare avant gauche, qui tient parce que c’est la mode et par un bricolage digne d’un Mac GIVER à court d’idée après une nuit de beuverie, plus le soufflet de cardan qui fuit par un trou d’épingle. Pour ce dernier, j’ai passé une commande chez Monsieur Internet mais je n’ai encore rien reçu. Côté phare, je décide de revoir ce dernier avant de prendre rendez-vous.

Pour éviter qu’il ne se déboîte en roulant, j’avais trouvé une petite astuce totalement amécanique (contraire de mécanique) qui a fait quand-même ses preuves puisque ce dernier est toujours en place après quelques milliers de kilomètres. J’avais coincé deux petits morceaux de bois entre les crochets pour les plaquer en bonne position. Je sais ! C’est tordu et digne d’un mécano amateurs des pays de l’est (voir ce qui roule en Roumanie), mais parfois, quand on n’a pas d’autre solution sous la main, on fait avec les moyens du bord.

 

Le problème, c’est que passer Titine au CT avec un tel bricolage ne fait pas très sérieux. Je décide donc de tenter une réparation un peu plus sioux et plus durable.

Première solution : changer le support du phare. Sur une voiture récente, mise à part le coût carrément prohibitif d’une telle opération et le fait qu’il faille retirer tout l’avant du véhicule, ce remplacement ne pose pas trop de problème puisque ce sont des pièces trouvables chez les concessionnaires, sur Internet ou à la casse. Mais pour les mamies, c’est autre chose ! Je trouve bien des photos de ces supports mais plus personne n’en a en stock ! On en trouve pour 204 mais pas pour 304. Les seuls que je vois sur eBay n’ont pas la partie qui m’intéresse, c’est-à-dire les pattes de réglage où le phare se clips dessus ! Comme mon problème vient de là … ! Je dois donc envisager une deuxième solution, trafiquer la pièce pour qu’elle joue bien son rôle.

Je procède donc au démontage de celle-ci et essaie, tant bien que mal, à coup de lime triangulaire, de lui redonner une forme. J’arrive à un résultat qui me paraît correcte sans pour autant être persuadé que cela soit suffisant pour résister aux paluches du contrôleur technique, si celui-ci prend l’idée saugrenue de vouloir régler la position de l’élément d’éclairage avant gauche.

Il me reste encore le soufflet de cardan à revoir ! Ce remplacement me semble assez chronophage et je n’ai toujours pas reçu la pièce neuve. Comme la date limite du CT est dépassée depuis près d’un mois, je donne un petit coup de téléphone au contrôleur pour lui demander un délai supplémentaire. « Ce n’est pas grave ! » me dit le brave homme. « Un soufflet qui fuit n’est pas soumis à contre visite ! Ce sera juste inscrit sur le procès verbal … ! ». Super ! Sur ce, je prends rendez-vous. Il me propose le mercredi 17 mai 2017 à 8h30 ! C’est tôt … Tant pis ! Cela évitera de m’interrompre dans mes travaux de jardinage.

Seulement voilà ! Le mardi 16 mai, la veille donc, je reçois un appel de France 2 nous invitant, ma chère et tendre et moi-même, à nous déplacer sur Paris pour l‘enregistrement d’une émission de télévision, justement le mercredi 17. Oups !!! Je téléphone illico pour décommander le rendez-vous du Contrôle Technique.

  • « Ce n’est pas grave ! » me redit le brave homme, « vous n’avez qu’à me déposer la voiture ce soir, elle sera à l’abri et fermée pour la nuit et vous la récupérerez demain ! »
  • « Oui mais demain, je rentrerai trop tard ! »
  • « Et bien vous la récupérerez jeudi ! »

17h30 : Aussitôt dit aussitôt fait ! Je me change en vitesse et dépose Titine chez le contrôleur en m’arrangeant pour que le cadet de la famille me ramène à la maison         avec sa 106. D’habitude, j’aime bien constater de visu ce que les mécanos ou autres repèrent sur mes autos, mais là, je vais devoir lui faire confiance.

Jeudi 18 mai à 9h30 : Ma chère et tendre épouse me dépose à Pont d’Ain pour récupérer mon petit cabriolet. C’est le collègue de celui que j’ai l’habitude d’avoir qui m’accueille.

  • « Elle est pas passée » me dit l’homme en bleu de travail … »

Mon sang ne fait qu’un tour.

  • « Comment ça, elle est pas passée ? »

Mon pauvre cœur commence à battre la chamade… Je demande fébrilement :

  • « Qu’estce qu’elle a ? »
  • « Quelques défauts non soumis à contre visite et un soumis »

Bon ! Il n’y a déjà pas une liste à la Prévert de réparations. Il me lit le PV et m’énumère une série de défauts que je connais bien et qu’il classe comme non rédhibitoires : Corrosion perforante sur le plancher, fuite d’huile au niveau du cache culbuteur, un soufflet de cardan percé et un cabochon de veilleuse clignotant légèrement fêlé à l’avant. Il finit ensuite par « the » défaut :

  • « Le phare gauche éclaire trop haut et en plus, il ne tient pas »

Ouf ! Je m’attendais à pire.

  • « Je m’en doutais » disje plus décontracté !
  • « Vous avez quinze jours pour la représenter gratuitement ! Après, il faudra repayer »
  • « Bon, je vais arranger çà »
  • « Faîte attention car la prochaine fois, elle passera plus à cause de la corrosion perforante du plancher ! »
  • « ???????? »

Ca, c’est le coup de grâce ! Je sens mes jambes se dérober et je m’accroche au guichet

  • « comment ça ? »
  • « Le parlement européen a voté une loi applicable au 1 mai 2018 stipulant que tout véhicule présentant de la corrosion perforante sera systématiquement refusé »
  • « Mais si je la répare ? »
  • « Le texte précise que les réparations devront être complètes et faîtes par un professionnel … ! Pas de rafistolage ni de tôle de remplacement … !»
  • « Mais c’est idiot … ! »
  • « C’est comme ça … ! »

Alors là, c’est pas glop du tout ! Je sens monter en moi une colère que seul le massacre de quelques députés européens pourrait apaiser. Mais qu’est-ce que ces encravatés pleins aux as ont inventé pour faire ch…. Les collectionneurs ou amoureux de vieilles caisses. Envisager que Titine finisse en robot cuiseur, comme cité plus haut, me donne envie de restituer mon petit déjeuner à dame nature ou sur le comptoir de celui qui se trouve en face de moi et qui ne trouve pas ça extravagant.

  • « Mais pour les anciennes ? »
  • « Il y aura peutêtre une dérogation … ! » Dit l’homme qui reste de marbre devant mon désarroi !
  • « J’espère car sinon, c’est notre patrimoine qui va disparaître … ! »
  • « Sans doûte … ! La vôtre est en carte grise normale ? »
  • « Ben oui ! » disje en entrevoyant une solution de repli … !
  • « Elle sera considérée comme les autres véhicules en CT normale … ! »
  • « Et si je la passe en collection ? »
  • « ça sera peutêtre différent ! »
  • « Mais pas sûr … ? »
  • « Le texte n’est pas très clair sur le sujet mais je pense qu’il y aura une dérogation … ! »
  • « Mais dans quel but cette mesure? »
  • « Pour faire disparaître les voitures trop vieilles et relancer, sans doute, la vente de voitures neuves … ! »

Alors là ! Cette fois c’est trop… Comme si j’allais acheter une voiture neuve à la place de Titine ! Mais c’est n’importe quoi … ! Grrrrrrrrrrrrrrr, Grrrrrrrrrrrrrrr et re Grrrrrrrrrrrrrrrrr !

Après avoir récupéré mes clefs, ma carte-grise et avoir vieilli de 10 ans d’un seul coup, je me dirige d’un pas lourd vers mon pauvre petit cabriolet qui a l’air de me sourire avec sa calandre au lion doré, sans savoir ce que lui réserve des politicards totalement dénués de sentiments. Je jette un œil machinal au phare incriminé et constate qu’il tient avec du scotch … C’est quoi ce bin’s ?  J’ouvre le capot et m’aperçois qu’il manque le petit ressort servant à fixer l’élément d’éclairage à sa partie supérieure. C’est en montant dans l’habitacle que je retrouve cet accessoire sur le siège. Bon ! Je retire le scotch et remet ce dernier en place. Évidemment, le phare en question ne tiens que parce que c’est la mode mais je devrai pouvoir revenir à la maison sans problème, n’ayant que 5,7 kilomètres à faire. Je reprends la route, mes pauvres neurones complétement agités par une colère qui ne veut pas retomber agrémenter par un abattement sans nom, comme le mec qui vient d’apprendre que sa femme l’a quitté, que sa voiture vient d’être volée et que l’administration fiscale lui envoie les huissiers pour tout lui saisir. Je reste cependant vigilant en arrivant dans Varambon et ralenti à l’extrême sur les gendarmes couchés pour ne pas voir mon phare prendre la poudre d’escampette. Je ne tiens pas à le retrouver pendu après son câble électrique tel l’alpiniste qui vient de dévisser ou pire, entendre le bruit sinistre du verre qui se brise sur le macadam si ce harnais de sécurité ne résiste pas au poids du dit phare, sachant qu’il n’est pas prévu pour ça !

J’arrive enfin à la maison et fais part de ces dernières infos à ma douce épouse. C’est un peu comme si j’avais lâché un Pitt bull enragé et affamé en direction des cols blancs siégeant au parlement européens. Cette décision lui fait monter la bouffaïsse comme dirait Noëlle Perna. Je ne retranscris pas sur le papier tous les noms d’oiseaux dont elle les a affublés car je risque de heurter la sensibilité des plus jeunes. Sur ce, elle me demande :

  • « Qu’est ce que tu vas faire ? »
  • « D’abord, réparer Titine … Ensuite, je verrai pour la passer en Carte Grise de collection »
  • « Et la mienne … ? »

C’est vrai que je lui ai acheté la petite nièce de Titine, une 205 CJ de 1993, petit cabriolet qu’elle n’a toujours pas essayé. IL n’est pas en mauvais état mais présente aussi quelques traces de corrosion perforante au niveau des passages de roues arrière. Deuxième coup de massue derrière les oreilles… Je n’avais pas pensé à celui-ci ! Ça, c’est la tuile !

  • « La tienne ne risque rien ! » lui disje pour la rassurer, tout en sachant qu’il faudra faire un max d’arrangement pour le prochain CT de cet autre cabriolet blanc …

En attendant, il faut penser à la contre-visite et pour ça, trouver rapidement une solution efficace. J’envisage deux pistes. La première consistant à trouver un support de phare en bon état et pas trop cher. La deuxième, modifier la pièce défectueuse et inopérante. Il se trouve que je viens de recevoir mes petites granules de plastique pour thermoformage.

 

Je vais donc m’essayer à faire un moulage permettant d’augmenter la surface d’accroche du crochet usée. En attendant, je commande un nouveau cabochon pour la veilleuse/clignotant avant. C’est en consultant Internet qu’une pensée furtive me traverse l’esprit. Comme une image subliminale, un détail me revient. J’ai vu une photo de support de phare il y a peu de temps au milieu d’autres pièces détachées ! Mais où … ? Du fin fond de ma mémoire, cette photo réapparaît comme par enchantement ! C’est sur une des pièces jointes que m’avait fait parvenir la Dame à la calandre. Vite ! Un petit contrôle, et là… ! Eureka ! Il y a bien, non pas un, mais les deux supports de phare. En grossissant l’image, je m’aperçois que les pièces qui m’intéressent sont en bon état sur le support gauche mais qu’une est cassée sur le droit. Qu’importe puisque c’est le gauche qui décocone. J’envoie immédiatement un mail à cette brave personne pour connaître le montant de la facture, mais surtout, pour savoir si elle les a toujours.

Samedi 20 mai :

Je viens de recevoir le cabochon du clignotant. Même pas 24 heures après la commande…Un bon point pour ce site. La détentrice de mon support de phare vient aussi de me répondre. Tout va bien de ce côté. Vu mes finances, je propose de ne lui acheter que le support gauche avec photo à l’appuie pour qu’il n’y ait pas d’erreur. En attendant, j’essaie ma méthode de réparation à base de granules de plastique de moulage. Je démonte donc le bitognot pour être plus à l’aise pour bosser.

 

Je place ensuite mes granules dans une casserole de la cuisine après avoir porté de l’eau à ébullition.

 

Une fois amalgamées, je sors la masse gélatineuse et brûlante de l’eau et n’en prends qu’une partie pour la modeler autour de ma pièce de support.

 

J’essaie de la modeler jusqu’à ce que le plastique soit froid…

 

Bon ! Mauvaise méthode car le plastique de moulage une fois froid, celui-ci n’adhère pas du tout à la pièce en dessous. J’essaie tant bien que mal de la remodeler pour faire une gangue qui, à défaut d’adhérer, serait maintenue par sa forme. Mais là aussi, problème… Soit la pièce est trop grosse et ne rentre plus dans la partie femelle du phare, soit elle rentre mais le plastique devient trop fin et trop friable. Il ne me reste plus qu’à attendre le nouveau support, en espérant que les clips de fixation ne soient pas aussi usés que ceux de Titine.

 

En attendant le support de phare, je décide de changer le cabochon du clignotant. Sur celui que je viens de recevoir, il manque un peu du chromage mais ça ne se voit pas trop.

 

Si j’ai le temps un jour (vers 2085), j’y repasserai un coup de bombe couleur chrome. En démontant l’ancien, je constate, une fois de plus, que la manip ne va pas se faire en 5 minutes. En effet, si le cache est fêlé, le plastique du clignotant, lui, est carrément cassé …

 

Bon ! C’est pas trop grave ! La partie rompue se trouve en dehors de la zone de fixation du cabochon. Un bon coup de colle et ça repartira comme en 14. Pour faciliter le collage, je démonte le bloc clignotant veilleuse après avoir ôté la calandre et démonté le phare. Contrairement aux voitures modernes, même s’il faut désosser une partie de la voiture pour atteindre l’organe défaillant, le démontage reste simple… Enfin, moins compliqué !

Ce plastique n’est pas facile à coller mais j’ai ma colle miracle ! J’en passe un peu sur les champs des deux morceaux et rassemble le tout en serrant fort pendant 3 minutes. Je lâche le bout à coller et… celui-ci rejoint immédiatement le plancher des vaches. Mince ! C’est plus enquiquinant que prévu (je m’en serai douté… !). Deuxième tentative ! Je tiens cette fois plus longtemps en bougeant très légèrement les deux pièces en début de collage ! Ça à l’air de tenir ! J’attends encore une heure. Las ! Le bout recoller gît sur le sol comme un pauvre malheureux. Troisième tentative ! Je réitère ma deuxième méthode mais cette fois, je maintiens les deux pièces en position et reviens au bout de 2 heures. Les deux morceaux ont l’air de tenir. Je remets le joint… Erreur fatale ! Le collage lâche de nouveau ! Bon ! Je remets un peu de jaja et recommence la troisième opération. Cette fois, je décide d’attendre toute la nuit en essayant de bloquer l’ensemble pour ne pas retrouver un des deux morceaux sur le gravier et surtout en ne pleurant pas la colle. Tant pis si je me retrouve avec un bourrelet (le clignotant… pas moi !).

Dimanche 21 : Cette fois, ma réparation tient et je peux refixer l’ensemble sur Titine. Je passe un petit coup de papier de verre et de bombe contact sur la zone de fixation et sur la vis du bloc car j’ai constaté que ce clignotant fonctionne beaucoup plus rapidement que celui du côté droit. C’est en principe le signe d’un mauvais contact, d’une lampe grillée ou d’une ampoule n’ayant pas la bonne puissance. Les deux derniers points ayant été vérifiés au préalable, reste la mauvaise plaisanterie de la dame en rouge. Comme celle-ci a tendance à grignoter Titine dès que j’ai le dos tourné…  Pour le remontage, Je fais quand-même gaffe de ne pas brusquer la bête. Un petit coup de Rustol sur la vis de fixation après serrage ne fait pas de mal. Bon ! Côté clignotant veilleuse, c’est OK. La vitesse de clignotement n’a pas changé mais au moins, j’aurai tenté d’éliminer un des protagonistes de ce fonctionnement erratique.

Le temps passe et je n’ai toujours pas la pièce commandée côté phare. Je n’ai acheté que la gauche pour limiter les frais.

Mercredi 22 mai : Je reçois un mail de la personne qui me vend le support avec accord sur le prix. Elle me l’envoie le jour même. Je reçois mon colis 2 jours plus tard et vérifie immédiatement si la pièce, sujet de tous mes tracas, est bien en bon état. Super ! Pas d’usure en vue. Par contre, je constate avec surprise que cette brave Dame m’a mis le gauche et le droit. Évidemment, comme j’ai pu le constater sur la photo, une des pattes de fixation du support droit est cassée…

mais qu'importe, celles-ci sont démontables et c’est le gauche qui m’intéresse. Je me retrouve donc avec une pièce de rechange en bon état (si je n’ai pas besoin de remplacer le côté droit). Autre constat ! Ces supports de phare sont en métal alors que sur Titine, ils sont en plastique.  M’en fou ! Elle passera au contrôle technique avec un métallique et un plastique. L’essentiel est que le phare tienne et qu’il soit réglable. Je remonte donc ce nouvel ensemble en essayant tant bien que mal de pré régler la position du phare incriminé. En cherchant sur le Net, je trouve une grille indiquant un système permettant d’aligner les deux optiques l’un par rapport à l’autre (pour éviter à Titine d’avoir un strabisme convergent ou divergent). Le réglage paraît très simple… à condition d’avoir un minimum de 10 mètres de recul (ou 5 mètres si on divise certaine valeurs par 2) par rapport à une surface plane et non réfléchissante et que la voiture soit sur une surface plane aussi.

J’attends donc la nuit et essaie la méthode sur les pares-vue de notre piscine. Pas glop, pas glop ! Même sans être bourré, J’ai du mal à voir où se situent l’horizontale et l’axe de la voiture. Je fais donc une approche pifométrique en me disant : « Le garage est bien équipé et me peaufinera bien tout ça ! »

Lundi 29 mai : Je reprends contact avec le centre du contrôle technique pour obtenir un nouveau rendez-vous. Celui-ci est prévu pour le mercredi suivant (le 31 mai).

Me voilà donc avec Titine en ce mercredi matin du 31 mai de l’an de grâce 2017. Je suis assez confiant puisque le contrôle ne porte que sur le phare gauche. Le contrôleur est celui qui a déjà vu Titine il y a deux ans. Il la place devant sont appareil optique pour contrôler sa vision et je le vois ressortir en me faisant signe que tout est OK ! Étonnant ! Il n’a repris aucun réglage de hauteur ou de strabisme ! Serais-je devenu bon en réglage de phare ? Ai-je fait juste ce qu’il fallait quand j’ai fait un ersatz de réglage contre le pare-vue de la piscine ? Je reste un peu surpris et je vois le brave homme (là il est brave) coller le macaron de bonne forme contre le pare-brise.

  • « C’est reparti pour deux ans » me ditil avec le sourire
  • « Je vais sans doute la passer en carte grise de collection… ! »
  • « Dans ce cas, n’oubliezpas de retirer le macaron car en collection, il n’y en a pas besoin et la maréchaussée risque de vous créer des ennuis »

Quelle drôle d’idée ! Ma fois, s’il faut décoller le macaron, et bien on décollera. Reste plus qu’à attendre que les finances remontent et repasser devant l’administration pour changer la carte grise. J’en profiterai aussi pour remettre des plaques noires avec des caractères blancs, beaucoup plus saillants que les plaques modernes.

Depuis ce jour où le médecin de contrôle pour véhicule ayant plus de 5 ans a déclaré Titine apte à circuler sur nos belles routes de campagne, celle-ci est devenue mon traîne couillon de tous les jours. En effet, ayant pratiqué une biopsie de la courroie de distribution sur ma C5, opération qui dure depuis plusieurs jours (vacherie de voiture moderne où l’accès devient plus compliqué que la visite d’une ambassade américaine par un groupe de terroristes cagoulés),  c’est mon petit cabriolet blanc qui me sert pour aller faire les courses. C’est grâce à lui que j’ai pu récupérer quelques outils particuliers et des conseils chez ce brave JP (tiens, cela faisant longtemps !).  Étonnamment, depuis ce jour où je me suis lancé dans cette aventure casse-cou, que même mes collègues mécanos amateurs confirmés avouent ne plus vouloir tenter tout en me prodiguant des « bon courage » (ce qui ne me rassurent pas du tout), ma brave Titine est devenue un exemple de fiabilité. Plus de démarreurs faisant la grève tournante, plus de température jouant au yo-yo en me provoquant des montés d’adrénaline presque fatales, et plus de voyant brillant par leur absence… Le rêve quoi !  C’est un peu comme si elle avait compris que c’est elle maintenant la grande sœur responsable, en attendant que l’autre sorte de convalescence. La torture physique et morale que me fait subir cette opération courroitesque  se trouve atténuée par l’ocytocine que me provoque le fait de rouler pénard avec mon petit destrier blanc, casquette au vent et soleil qui me crame le nez… car en plus il fait beau … Que du bonheur !

A suivre …

 

 

 

 

 

 

Rassemblement en solo :

Samedi 1 juillet : Il fait beau et un bref passage devant Titine me rappelle que je dois regarder cette histoire de soufflet de cardan qui fuit. Ma solution provisoire, a tendance, comme tout provisoire qui se respecte, à se prolonger dans la durée. Rappelez-vous : c’est ce bricolage à la Mc GIVER qui a consisté à placer une tôle sous l’objet du délit afin d’éviter de transformer ce dernier en merguez grillées et Titine en brasero, conséquence probable d’un embrasement de la graisse projetée sur l’échappement.

https://img.over-blog-kiwi.com/1/86/36/89/20161211/ob_0a3d49_soufflet-perce-copier.jpg

Et bien, elle est toujours là. J’ai bien reçu le soufflet de cardan mais son remplacement est relativement chronophage, et du temps, c’est précisément ce qui me manque (avec l’argent qui va avec). C’est après avoir consulté le grand maître « es mécanique », le su nommé JP, que l’idée de trouver le trou dans le soufflet et de le boucher avec une colle bi composants spéciale caoutchouc, m’est apparue comme « plus mieux bien réalisable ». Je décide donc de remplacer, ou compléter, ma solution provisoire par… cette autre solution provisoire.

Première chose à faire : repérer le trou du soufflet ! J’ouvre le capot de Titine et, en utilisant mon fameux outil du proctologue, je scrute minutieusement les contours graisseux de l’objet incriminé. Tout est flou sur l’écran de l’endoscope ! Un petit coup d’alcool sur le bout de la fibre et … Mince ! C’est toujours pareil. Tant pis, je n’utilise que l’éclairage LED situé au bout de la partie flexible pour éclairer la zone de surveillance. Comme j’ai réussi à caler mon appareil dans la bonne position pour avoir le faisceau lumineux au bon endroit, j’ai encore mes deux mains disponibles. L’une me sert à triturer le soufflet afin d’en faire apparaître le défaut éventuel du caoutchouc, l’autre à me retenir à l’aile de Titine pour éviter que mes dents rejoignent le cache culbuteur après un basculement de tout mon être, lorsque mon centre de gravité aura dépassé le bord intérieur de la même aile. Titine étant relativement basse et moi relativement grand, ce point de basculement est très vite atteint (même avec une tête pleine de vide). J’en suis là avec ma lutte contre un basculement intempestif lorsque mes yeux perçoivent une zone du soufflet qui me paraît plus que suspect, car très graisseuse. Une petite pression sur le caoutchouc noir fait apparaître deux petites fentes de quelques millimètres, largement suffisante pour laisser échapper la précieuse graisse.  

J’ai du bol d’avoir trouvé le défaut du premier coup car il aurait pu se trouver en dessous si la transmission avait fait un demi-tour de plus. Reste plus qu’à reboucher cet orifice parasite.

Me voilà donc en train de fouiller dans mon tiroir spécial produit en tout genre à la recherche de cette foutue colle que je crois bien avoir achetée… il y a un certain temps. Mais que nenni… ! Point de colle adéquate il y a ! Encore cette foutue loi de Murphy ! J’ai de la colle pour plastique, pour métal, pour bois, pour polystyrène, pour tuyau PVC, pour coller un mec cravaté au plafond par ses pompes, du mastique pour tout reboucher, pour jointer, pour coller… mais rien qui correspond à ce que je cherche… ! Grrrrrrrrrrrrrrr ! J’en suis quitte pour faire un tour chez tonton la bricole.

 

Arrivé chez ce commerçant où je suis sensé tout trouver, je cherche au rayon colle et mastic. Il y a bien des colles bi-composant pour tout, mais pas pour le caoutchouc. Je m’en serai douté ! Je cherche donc dans les colles « simple tube » et finis par dénicher une colle caoutchouc haute température qui résiste aux vibrations et à la torsion en restant souple après séchage. Le pied quoi … ! Je relis plusieurs fois le mode d’emploi pour être sûr et passe à la caisse pour régler mon dû. C’est une fois dehors qu’une idée lumineuse me traverse l’esprit (plus lumineux en tout cas que le ciel menaçant qui plane au dessus de nous). Et si j’utilisais, en plus, une rustine à vélo ? Ce composant est tout à fait adapté puisqu’il se place sur les chambres à air qui sont aussi en caoutchouc, qu’il subit des torsions et des vibrations tout en conservant l’étanchéité de la chambre. N’étant pas sûr d’en avoir à la maison, je retourne à l’intérieur du magasin et trouve un bristol contenant des rustines pré découpées et un tube de colle adaptée. Juste ce qu’il me faut ! Passage de nouveau à la caisse et retour à la maison.

Me voilà de nouveau penché au dessus de la zone à opérer. Je nettoie la plaie pour enlever la graisse et passe un coup de désinfectant (de l’alcool ménager) à l’aide d’un chiffon. Je prends une rustine et la tartine de colle puis l’applique sur la zone incriminée. Miracle ! La rustine à l’air de tenir… ! Par précaution, je tartine le tour avec mon autre colle achetée le jour même. Reste plus qu’à laisser sécher.

  

Comme je suis dans la bricole titinesque, j’en profite pour voir cette histoire de faux contact dans le tableau de bord. Faux contact qui me fait perdre l’indication de température d’eau quand j’en ai le plus besoin. Ayant l’endoscope à porté de main, je le glisse sous le tableau de bord pour voir si je peux distinguer le fameux connecteur « A », celui que j’accuse de tous les maux. Manque de bol, je suis toujours confronté à la mauvaise visibilité de mon outil. Je reprends donc la position du cafard flytoxé associée à celle de Fosbury lorsqu’il passe la corde. Pour être plus clair, je suis couché sur le dos, sur le siège chauffeur, les jambes pendant à l’extérieur, le frein à main et le levier de vitesse dans les hypophyses de ma colonne vertébrale, la tête inclinée vers le bas en direction de la pédale d’accélérateur pour regarder sous le tableau de bord. Une position que je déconseillerais à tous ceux qui voudraient la rajouter à celles, déjà nombreuses et étranges du Kamasoutra. Mais même dans cette position, impossible de voir quoi que ce soit. Reste plus qu’à zieuter par au dessus, en démontant la planche de bord.

Je repère les 6 écrous qui tiennent la partie supérieure de la planche de bord. Après les avoir dévissés, je retire cette dernière.

Pas glop… ! Impossible de voir ce foutu connecteur, ni l’arrière du tableau de bord ! Je profite quand même de ce démontage pour passer un petit coup de chiffon et enlever la poussière accumulée sans doute depuis l’usine Peugeot où Titine a été fabriquée (de la poussière collector quoi … !). Ceci ne règle pas mon problème ! J’ai beau essayer de me contorsionner, je ne vois rien. Impossible aussi de passer les mains dans cet espace réduit sans y laisser, inutilement, quelques cellules de mon épiderme. Que faut-il démonter pour avoir le champ libre ? Rien ne me saute aux yeux (heureusement pour ces derniers). Par acquit de conscience, je tourne la clef de contact et vois l’aiguille de température bouger légèrement ce qui prouve que le faux contact a disparu. J’essaie de titiller les fils accessibles mais l’aiguille reste dans sa position. Aurai-je solutionné mon problème ? Par quel miracle ?  De dépit, je remonte ma planche de bord et reporte à plus tard la résolution de cette énigme.

Dimanche 2 juillet 2017 : Je jette un œil sur ma réparation rustinesque de la veille. La rustine est toujours là et semble être solidaire du soufflet de transmission. L’envie de me balader avec Titine me prend comme une envie de pisser après 4 ou 5 bières. Pour contrecarrer cette envie, je décide de polischer mon petit destrier blanc et de lui faire un brin de toilette intérieur. C’est pire… ! La voyant brillée au soleil, j’ai encore plus envie de me balader. Je sais qu’aujourd’hui, il y a un rassemblement à Oyonnax. Je jette un coup d’œil sur Internet pour voir l’adresse et s’il n’y en a pas d’autres. J’en vois un deuxième à Montrevel en Bresse. Il est à environ la même distance. Je sens un picotement dans le bas des reins et le désir de rouler commence à me chafouiner les neurones.

  • « T’as pas envie de faire un tour de Titine ?» dis-je innocemment à ma chère et tendre juste après le déjeuner.
  • « Non, je suis fatiguée. Mais si tu veux, vas-y tout seul… ! »
  • « ça t’embête pas ? »
  • « Non ! Je sens bien que tu en as envie … ! »

Ça se voit à ce point ? Il faut dire qu’elle me connaît par cœur.

  • « Il y a une sortie à Montrevel-en-Bresse et une à Oyonnax … ! »
  • « Va plutôt à Oyonnax … »

Super ! Il paraît que celle-ci vaut le coup, même si pour l’autre, ils en sont à leur première édition. Peut-être pourrais-je faire les deux ! De toute façon, je fais ce que je veux vu que mes collègues du club sont sur une montée historique, compétition sur laquelle je n’inscrirai jamais Titine (trop risqué … !)

Il est déjà 16h00 lorsque je sors mon petit cabriolet rutilant. J’ai juste besoin d’enregistrer l’adresse de ce rassemblement dans le GPS afin de ne pas perdre de temps (et de ne pas me perdre par la même).

Je n’oublie pas non plus l’appareil photo, outil indispensable pour les rassos car il y a souvent de belles autos ! Me voilà parti ! Le temps est très couvert mais comme d’habitude, je suis joueur et je refuse de mettre la capote. Tant pis pour le slogan « restez couvert » ! Ah… ! Ça s’adresse pas au cabriolet ? J’ai pas dû tout suivre … !

Je traverse Pont-d’Ain et prend la direction du col du Cerdon, col que Titine connaît bien puisqu’il lui est arrivé quelques bricoles en descendant. Mais là, pas de soucis ! Tout roule… Je fais gaffe quand même avant d’attaquer la grimpette car il y a une boîte du fisc juste avant, dans une zone limiter à 50. Comme le compteur de Titine est aussi précis que les horaires des trains de Katmandou, je scrute ce dernier pour ne pas dépasser la vitesse fatidique, même si je sais que j’ai une grosse marge d’erreur et que celui-ci est très optimiste (il faut rouler à environ 57,634 km/h pour être à 50,000 km/h réels). C’est en fixant l’aiguille tachymétrique (et non les obstacles pouvant surgir devant moi, ce qui d’après la maréchaussée est moins dangereux), que je constate que la température d’eau est proche de la glace polaire. Encore ce foutu faux contact… ! Il me semblait bien que ce dernier ne pouvait avoir disparu d’un seul coup. Un petit tour de paluches sous le tableau de bord, dans la zone approximative où se trouve l’indicateur et, après avoir trituré quelques fils, l’aiguille reprend du service. Ouf ! Je constate aussi que le compte-tours prend de temps en temps ses aises en indiquant brutalement et subrepticement, un nombre de tours qui devrait me plaquer au siège et propulser Titine dans le futur (comme la De Lorean du film bien connu) ! Encore une histoire de faux contact ! Décidément … !

Mon petit destrier blanc grimpe allègrement et tout semble aller pour le mieux. Quelle distance me reste-t-il à parcourir ? Je jette un œil sur la Gourde qui Parle toute Seule. Je ne vois rien à cause des lunettes de soleil. Je les retire et… Tiens ! C’est pareil… ! J’attends une zone d’ombre et m’aperçois que le petit écran est éteint. Flûte !  Je regarde la prise enfichée dans l’allume cigare et constate que le petit voyant rouge est bien allumé. Même chose pour le petit voyant vert sous le GPS. Que s’est-il passé ? J’appuie donc sur le bouton pour redémarrer la bête mais rien ne se passe. Flûte, flûte et reflûte ! Je refais une tentative en laissant le doigt appuyé pendant au moins une minute. Rien ! Il ne se passe rien. Grrrrrrrrrrrrr ! Il faut me rendre à l’évidence, la Gourde à rendu l’âme … Vous allez me dire : « bof ! C’est pas grave ! T’as qu’à faire à l’ancienne, avant l’invention du GPS… ». Oui mais moi, comme un gros gland, j’ai sortie toutes les cartes de Titine et je n’ai pas mémorisé l’adresse ! Je sais que c’est à Oyonnax (c’est déjà pas si mal) ! Mais le nom de la rue …? J’essaie de monopoliser toute ma mémoire, c’est-à-dire quelque chose proche de celle de Dory la dorade dans Némo ! Je sais que le nom de la rue est celui d’un personnage célèbre ! Mais lequel… ? J’essaie d’appliquer une méthode qui consiste à reconstruire les événements ayant contribué à la rentrée du nom de ce personnage dans la Gourde. Un premier indice me vient à l’esprit ! C’est un prénom et un nom … Bof ! Un peu maigre comme indice ! C’est un homme… ça limite un peu le champ ! Français… ! Je me rapproche… ! J’hésite entre Paul Verlaine et Anatole France... ! Je me vois bien rentrer le nom d’Anatole… ça doit être ça ! Je pratique donc la deuxième méthode de mémorisation (utilisée aussi par la fameuse Dory) à savoir répéter sans arrêt le nom. Mais pourquoi cette foutue mémoire ne veut pas fonctionner normalement ? Tout en regardant l’aiguille de température d’eau, la route, les panneaux indicateurs pour la direction d’Oyonnax, et en me rabâchant le nom de la rue, je finis par arriver dans la ville souhaité. Ouf ! Reste le plus dure ! Trouver la rue ! Je me dirige machinalement vers le centre ville quand je vois une brave dame sur le trottoir (il y a peu de gens dans les rues ce dimanche ! Un coup d’œil dans le rétro… Personne ! Coup de bol ! Je m’arrête à sa hauteur et questionne la brave dame citée précédemment (pratique le cabrio, pas besoin de descendre la vitre…):

  • « La rue Anatole France s’il vous plait ? »
  •  « ouhhh ! »

Non ! Rien à voir avec le cri du loup. Ne cherchez pas autre chose qu’une interrogation interne de la brave Dame.

  • « Vous prenez la première à gauche puis vous descendez ! Vous tombez sur la rue Anatole France … ! » 
  • Merci beaucoup et bonne journée »

J’ai du bol ! Oyonnax est relativement grand et tomber à quelques dizaines de mètres du bon endroit, ça appelle le respect !

En effet, en suivant ces quelques indications, je tombe pile sur le rassemblement. Après être entré dans le parc, j’arrive à trouver une place en face d’une Aronde, entre une BM grise et une belle Mustang qui quitte immédiatement les lieux (non, c’est pas moi qui lui ai fait peur… !).

Même pas le temps de couper le contact que quelques badauds viennent me poser des questions sur Titine. J’adore ces rassos car c’est vraiment un lieu d’échange avec des passionnés, des connaisseurs ou de simples curieux qui aiment les anciennes (voitures… je ne parle pas de gérontophilies).

Un petit tour du parc me laisse à penser que j’arrive un peu tard. Idée confirmée par un placeur.

  • « Vous auriez dû venir plus tôt ! Le parc était plein et il y a avait de belles pièces … ! »

Il a sûrement raison le bougre mais on fait pas toujours ce qu’on veut… ! En attendant, je fais le tour de ce qui reste. Sympa… !   

 

 

 

Je rencontre aussi quelques connaissances, bois le café offert, puis décide de rentrer. Je monte dans Titine et tourne la clef de contact… ! Aucun voyant ne s’allume… ! Ah non ! Pas elle ! Pis de panaque ! J’ouvre le capot et titille les bornes de la batterie. Celle de la borne « moins » me semble desserrée. Comme ce sont des robinets, rien de plus simple pour arranger ça. Je remonte à bord, tourne la clef et … ouf ! Les voyants retrouvent leur éclat rougeoyant, sauf celui du frein à main alors que celui-ci est tiré. Bizarre ! Encore un mystère à résoudre ! Là-dessus, je quitte le parc en essayant de me rappeler où se trouve l’autre rassemblement. Mais là, c’est le trou (de mémoire). De toute façon, la gourde ne fonctionnant plus, impossible de trouver une route me permettant de m’y rendre avant la fermeture. Je décide donc de rentrer à la maison ! Je scrute les panneaux et je trouve une direction Bourg en Bresse. Me voilà donc empruntant cet itinéraire quand je me retrouve sur une section gratuite d’autoroute. Heu ! Pas glop ça ! Comme j’ai du mal à savoir de quelle autoroute il s’agit, je prends la première sortie et me retrouve dans une zone industrielle. Ça, c’est pas mieux ! Je tourne, je vire quand au bout de 20 minutes, je me retrouve à mon point de départ. Ne souhaitant pas faire des tours de manèges pour rien, je prends la première à droite puis tombe sur une déviation. Manque plus que ça ! Je sens monter en moi comme une vague de solitude mélangée à une grande lassitude ! Je continue mon chemin quand me vient une idée ! Et si je me guidais par rapport au soleil ? (lumineuse comme idée n‘est-ce pas ?). Ça paraît un peu c.. comme ça, mais je me suis souvent tiré d’affaire en employant cette méthode qui date au moins du temps où la terre était plate pour la majorité des gens. Je parle des anciens qui fument les pissenlits par la racine depuis des milliers d’année, pas des tordus qui croient encore aujourd’hui qu’elle est vraiment plate. Voyons ! Oyonnax est au nord de la maison. Donc si je laisse le soleil sur ma droite, je dois être dans la bonne direction… ! Je m’arrange donc pour prendre toutes les voies qui ressemblent à des routes et qui vont dans la direction choisie. Et bien, croyez moi si vous voulez, je tombe sur un panneau indiquant Montréal La Cluse, une direction que je connais bien puisque c’est par là que je suis venu. Nanar : One Point… ! Va de retro, GPS à la noix…

Une fois la bonne direction prise, plus de problème jusqu’à la maison. J’ai juste à me méfier du receveur des impôts lumineux en bas du Cerdon pour éviter de perdre un nouveau point. Comme j’ai toujours le soleil en face et qu’avec les lunettes adaptées, j’y vois que pouic, je quitte ces dernières et me penche sous le tableau de bord pour voir l’aiguille du tachymètre sans être éblouis. Il paraît que c’est plus prudent que de regarder la route… ! C’est ce que dit la prévention routière : « gardez les yeux sur le compteur … sinon, vous êtes des assassins ! Moi, pas très convaincu … mais comme à cet endroit, j’ai déjà perdu 1 point avec Titine pour 4 km/h de trop, je fais ce qu’on me dit … !

Me voilà de retour à la maison, détendu par cette belle journée et surtout, par cette super balade sans histoire … ou presque ! Que du bonheur …

Ah ! J’allais oublier ! J’ai réussi à dépanner mon GPS en lui pratiquant une autopsie des plus poussée. La Gourde est donc de nouveau opérationnelle. Que demande le peuple … !

 

Entretien préalable :

Il y a des fois où on pense prendre de bonnes initiatives suite à de bonnes idées mais où on s’aperçoit qu’on aurait mieux fait de se les prendre et de se les mordre (Je parle des pieds… ! Vous pensiez à quoi ?). C’est précisément ce qui se passe en ce beau jeudi 14 juillet de l’an de grâce 2017. Encore une initiative sortie d’un cerveau liquéfié par une chaleur excessive et un manque certain de recul.

Pourtant, tout commence bien en ce jour de la fête nationale. Il fait beau, les oiseaux chantent et ma zone de production d’ocytocine commence à tourner à plein but car j’ai 3 balades avec Titine en vue. Une cet après-midi avec ma chère et tendre, dont la destination et le trajet ne sont pas encore définis, une samedi dans l’Isère du côté de Beaurepaire pour une réunion de famille, et enfin, le gros rassemblement annuel organisé par notre club (CMBA). Concernant ce dernier, une balade dans notre belle région est prévue le matin et Titine doit servir de voiture balaie aux 50 voitures qui participeront. Le pied quoi… ! Je ne sais pas si c’est le manque de sommeil, la chaleur ou tout simplement un retard intellectuel dû à quelques neurones en grève, mais l’idée de réviser Titine pour ces trois sorties me traverse l’esprit sans passer par la case « analyse de risques ». Comme cela fait quelques temps que le petit 1300 émet des petits claquements au niveau des culbuteurs (en vérité, depuis sa mise en place dans Titine) et que les démarrages deviennent moins spontanés, des réglages et nettoyages semblent s’imposer. Un réglage de culbu, un bon nettoyage de bougie et une vérification/entretien de l’allumage et tout va rentrer dans l’ordre. Une petite révision du régulateur de tension ne fera pas de mal non plus (très ambitieux au vu du peu de temps dont je dispose… !).

9h30 : Me voilà avec ma caisse à clous et quelques fourmillements de plaisir dans le bas des reins, prêt à intervenir sur des opérations que je connais bien et que je maîtrise … hum ! J’aime trifouiller la mécanique comme chacun le sait. Je commence par débrancher la batterie et retirer la calandre. Impossible d’intervenir dans le capot sans risquer une pression fatale sur cette dernière. Je démonte les quelques durites qui me gênent avec la délicatesse de l’horloger suisse qui intervient sur une Rolex modèle unique. Il ne s’agirait pas que je fasse une connerie qui me paralyse Titine pour les 3 jours… Puis je retire le cache culbuteur.              

Celui-ci est un peu gras à cause de quelques fuites au niveau des 3 vis de fixation. Je verrai à remédier à ça au remontage. Je lève l’avant de Titine pour libérer la roue gauche. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement pour faire tourner le moteur à la main en ayant enclenché la 4éme. Jusque là, ça va ! D’ailleurs, je ne vois pas ce qui pourrait se passer ! Un réglage de culbu est simple comme bonjour ! J’ai en main un jeu de cales de bonne qualité, d’une marque qui n‘a plus à faire ses preuves auprès des mécanos confirmés, et la revue technique de la 304 pour l’ordre de réglage et les cotes à respecter. Je commence par tourner la roue gauche dans le sens de la marche pour amener la soupape d’échappement du cylindre n°1 en pleine ouverture afin de régler l’admission du cylindre N°3 et l’échappement du N°4. Passage des cales : tout va bien… ! Celles au bon calibre passent gras et celles d’épaisseur juste supérieure ne passent pas. Normalement, je devrai trouver un jeu un peu excessif sur un des culbuteurs expliquant les clac clac... ! Je tourne de nouveau la roue pour placer la soupape du cylindre 3 en pleine ouverture. De nouveau passage des cales… Cette fois le jeu me paraît un peu excessif. Je prends la clef de 13 à œil et un tournevis plat pour desserrer l’écrou de la vis de réglage et rattraper l’excédent de jeu.

                          

  Photo RTA

Finger on the noze comme dirait nos amis d’outre manche (même si en langage british, l’expression est différente). Je serre modérément l’écrou car je me connais ; Je suis taillé comme un sandwich SNCF mais Hulk peut se rhabiller quand il s’agit de casser quelques choses avec mes petits bras chétifs. Après ce serrage modéré, même opération pour le cylindre suivant. Toujours pas de soucis. Quatrième et dernier cylindre ! Ce dernier à aussi à un peu de mou au niveau de l’espace entre la queue de soupape et le culbu. Je prends donc la clef de 13, tiens la vis avec mon tournevis et commence à desserrer l’écrou. Il résiste un peu le bougre ! J’insiste un peu et sens ce dernier lâcher prise ! Cependant, ma mimine de mécanos amateurs ayant une longue expérience dans les sensations bizarres, transmet à mes neurones encore disponibles que quelque chose ne va pas ! Une de mes cases mémoires vient de passer au rouge, déclenchant immédiatement un surplus d’adrénaline qui transforme mes jambes en guimauve surchauffée… Oups ! Je continue très lentement le desserrage quand … crac (ou plutôt plop) ! La vis casse net, juste en dessous de l’écrou de serrage.

Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr ! Alors ça, c’est pas glop, mais alors pas glop du tout… ! Sans cette vis, le petit 1300 devient aussi utile, pour propulser Titine, qu’un plâtre sur une jambe de bois ou qu’un congélateur sur la banquise ! C’est la panne de chez panne ! En quelques microsecondes, je passe en revue toutes les solutions possibles pour me sortir de ce pot de pu… ! Internet ? Pas le temps ! Trouver une vis de rechange dans ma boîte à glutes ? Peu de chance que ça marche car à tout les coups, la vis de réglage a un pas à la c… Je regarderai quand même ! Mon fiston ? Une piste intéressante si j’arrive à le joindre ! Ce brave JP ? Pas gagné, car je vous le rappelle, nous sommes le jour de la fête nationale ! Un passage par la case analyse de risque aurait vu cet écueil et aurait mis le holà à cette idée d’entretien à la c… ! Décidément, je dois avoir au moins une cinquantaine de Greemlins qui me tournent autour quand je tente ne serait-ce qu’un petit réglage, rien que pour me foutre des bâtons dans les roues et pour que tout parte en sucette. Bon ! Inutile de me lamenter, il faut agir ! Premièrement, retirer le morceau de la vis restée dans la partie taraudée du culbuteur. Ouf ! Celle-ci n’offre aucune résistance et je peux la sortir rien qu’en la tournant avec les ongles.

Deuxième étape : téléphoner au fiston ! Comme je m’y attendais, je tombe sur son répondeur ! Je lui laisse quand même un message, style SOS ! J’essaie ma boîte à glutes… Je fais aussi choux blanc car comme envisagé plus haut, la vis à un pas à la mords moi le n… Reste ce brave JP (même si c’est férié). Étonnamment, ça décroche à la deuxième sonnerie… !

  • «  Allo JP ? »
  • « Non, c’est ton fils … »
  • « Tu réponds sur le téléphone de JP ? »
  • « Oui ! Il est avec moi … ! »

Coup de bol, j’ai les deux d’un coup ! Les Greemlins auraient-ils pris des vacances ?

  • « J’ai un petit soucis … ! »
  • « Avec … ? »
  • « Avec Titine ! J’ai une vis de culbu qui a cassé … ! T’en as pas une des fois ? »
  • « On n’a qu’à en récupérer une sur la rampe de l’ancien moteur … ! »

Mais il a raison le bougre ! Comment n’ai-je pas pensé plus tôt à cette réserve de pièces détachées !

  • « Elle est chez JP ! » me précise le fiston.
  • « Je peux venir la récupérer ? »
  • « Pas maintenant ! Il est occupé à autre chose ! Ce sera dans l’après-midi … !
  • « En début ? »
  • « Non ! Plutôt au milieu … ! »

Oups ! La balade de l’après-midi tombe à l’eau… !

  • « Tant pis ! Rappelle-moi dès que tu l’as… ! »

Je fais part de mon souci à ma douce et tendre épouse.

  • « ça fait rien » me dit-elle ! « Je ferai du jardinage … Elle sera réparée pour demain ?»
  • « Pas de soucis… ! Je vais chercher la vis cet après-midi »

Bon ! Mon morale remonte un peu ? Il est 11h00 du matin et je me tâte pour attaquer le contrôle de l’allumage et le nettoyage des bougies ! Les descendants du Mogwai semblant avoir déserté les lieux, je décide de contrôler les bougies dans un premier temps. C’est donc avec d’infi